Marc Andrew « Pete » Mitscher, né le à Hillsboro (Wisconsin) et mort le à Norfolk (Virginie), est un amiral de la Marine des États-Unis, pendant la Seconde Guerre mondiale. Spécialiste de l'aéronautique navale, commandant du groupe aérien du porte-avions à sa mise en service, il a été le premier à y effectuer un appontage. Premier commandant du porte-avions , il l'a commandé lors du raid sur Tokyo et à la bataille de Midway en 1942. Placé à la tête de la Force Opérationnelle des Porte-Avions Rapides (Fast Carrier Task Force) au début de 1944, il s'est illustré lors du bombardement de la grande base japonaise de Truk, puis lors des batailles décisives de la guerre du Pacifique, en mer des Philippines, et pour le golfe de Leyte, enfin devant Iwo Jima et Okinawa, en 1945.
Carrière Marc Andrew Mitscher, petit-fils d'un immigrant allemand, est né dans le Wisconsin, en 1887, mais sa famille s'installa en 1889 dans l'Oklahoma. Après une scolarité primaire et secondaire à Washington, il entre en 1904 à l'Académie navale d'AnnapolisMitscher Marc Andrew OHS. Il y reçoit le surnom de « Pete » et sa scolarité n'y est pas brillante, il doit obtenir l'autorisation de recommencer ses deux premières années, et il est finalement diplômé en 1910, classé sur 131. Il a alors servi deux ans comme midship sur le croiseur cuirassé USS Colorado, et est nommé ensign en . Il embarque en sur le croiseur cuirassé USS California, qui protège les intérêts et les citoyens américains au Mexique, secoué par la révolution.
Pionnier de l'Aéronautique navale
vignette|gauche|Le lieutenant (junior grade) Mitscher sur un hydravion de type A1, à Pensacola, en 1916.
Mitscher a très vite montré de l'intérêt pour l'aviation navale, alors qu'il servait sur l'USS Colorado, et sur les destroyers USS Whipple et USS Stewart, mais ce n'est qu'en 1915 qu'il est affecté à la Base Aéronavale de Pensacola en Floride (Naval Air Station Pensacola). Affecté au croiseur cuirassé USS North Carolina, il a été qualifié comme aviateur naval avec le . Sur l'USS Huntington (ex USS West Virginia), il a mené des expérimentations de catapulte, et a effectué des escortes de convois pendant la guerre. Promu lieutenant, il a ensuite commandé la base aéronavale de Dinner Key à Miami () où étaient formés les pilotes d'hydravions. Il a rejoint en , la section Aviation du Bureau du Chef des Opérations Navales, puis a commandé la d'Hydravions.
En , il a participé à un raid transatlantique, de New York (Long Island) à Lisbonne, avec escales à Terre-Neuve et aux Açores, sur trois hydravions Curtiss NC. Seul un des appareils, le NC-4, réussit ce qui a constitué la première traversée aérienne de l'Atlantique. L'appareil de Marc Mitscher (le NC-1) dût amerrir à proximité des Açores. Pour cette mission, Mitscher reçut la Navy Cross.
Entre-deux-guerres
Après deux ans au sein des escadrilles de la Flotte du Pacifique à San Diego, Marc Mitscher fut promu, en , lieutenant commanderMarc Andrew "Pete" Mitscher seconde-guerre.com. En , il a été nommé commandant de la Base Aéronavale d'Anacostia (Naval Air Station Anacostia). Six mois plus tard, il a rejoint le nouveau Bureau de l'Aéronautique (BuAer) de lU.S. Navy, dans une période de négociations ardues avec les tenants de la réunion de toutes les forces aériennes sous un commandement unique, comme le préconisait le général Billy Mitchell. Ce débat aboutit à la création en 1926 de lUnited States Army Air Corps, tandis que l'aéronautique navale (en Naval aviation) restait rattachée à lU.S. Navy.
En 1926, il est affecté à l', premier porte-avions de lU.S. Navy, sur lequel auront été mises au point nombre de méthodes et de techniques de l'aéronautique navale américaine. Mitscher suit alors l'achèvement et la mise en service de l'. En 1928, ayant le commandement du groupe aérien de ce porte-avions, il y effectue le premier appontage. C'est aussi l'époque où le porte-avions participe à de nombreux exercices de la Flotte qui montrent la force de frappe de l'aéronautique navale contre des installations à terre telles que le canal de Panama ou Pearl Harbor (mais la leçon ne sera pas écoutée), l'importance de la recherche des forces aéronavales adverses et la nécessité de s'en protéger réciproquement. Promu commander en 1929, Mitscher est nommé commandant-en-second de l'USS Langley. De 1932 à 1934, il exerce des fonctions d'officier d'état-major au Bureau de l'Aéronautique, puis il est nommé commandant-en-second de l'USS Saratoga. Promu captain, il est nommé commandant de l'USS Wright (AV-1), un bâtiment auxiliaire de soutien d'aviation, en même temps navire amiral de la de la Force de Reconnaissance de la Flotte du Pacifique. À partir d', et pour deux ans, il est l'assistant du chef du Bureau de l'Aéronautique de lU.S. Navy, le contre-amiral Towers, qu'il connait bien.
Le dernier et le plus moderne porte-avions américain, l', était en achèvement aux chantiers navals de Newport News. Le , il est « armé pour essais », à la base navale de Norfolk, avec le captain Mitscher comme premier commandant.
Seconde guerre mondiale
Comme commandant du Hornet L' était la troisième unité de la , construite pour répondre au Hiryu, mis en service par le Japon, en , dès lors que les États-Unis n'étaient plus liés que par un tonnage maximal par unité de , mais à un moment où n'avait pas encore été fait un choix définitif sur les caractéristiques du nouveau porte-avion, alors uniquement désigné comme CV-9, pour constituer le prototype d'une nouvelle classe de porte-avions d'escadre.
Le raid sur Tokyo (avril 1942)
vignette|Pour décoller de l', Doolittle ne disposait que de sur l'avant du pont d'envol.
En , se fit jour, aux États-Unis, l'idée d'un raid sur le Japon, en représailles de l'attaque de Pearl Harbor, par des bombardiers de l'Armée, décollant d'un porte-avions, et qui iraient se poser en Chine. L'amiral King, Commandant-en-Chef de la Flotte des États-Unis s'y montra favorable, et le général Arnold, chef d'état-major des U.S. Army Air Forces, également.
En essais au large de Norfolk (Virginie), le , l'USS Hornet a pu faire décoller de son pont d'envol deux bombardiers moyens B-25 Mitchell. Le , il a appareillé pour gagner la côte ouest par le Canal de Panama, et il est allé, à la base aéronavale d'Alameda, charger sur son pont d'envol seize B-25 des USAAF, et embarquer leurs équipages, sous le commandement du lieutenant-colonel Doolittle, le groupe aérien du porte-avions étant parqué, démonté dans le hangar. Reparti de San Francisco le , il a rejoint, le 13, au nord d'Hawaï, l', qui portait la marque du vice-amiral Halsey et constituait, avec quatre croiseurs, la Task Force 16, qui devait lui servir d'escorte jusqu'à des côtes japonaises. Le , les bombardiers, conduits par Doolittle, ont décollé du porte-avions, malgré le mauvais temps (vent de , creux de ), à plus à l'est que prévu, pour ne pas prendre le risque d'être signalés, puis les bâtiments américains ont rebroussé chemin et sont rentrés à Pearl Harbor, le , en ayant échappé aux forces aéronavales lancées à leur poursuite, notamment celles revenant du raid japonais sur CeylanIJN Akagi (Flotte Combinée). La TF 16 est repartie, dès le , pour rejoindre les forces qui avaient été envoyées en mer de Corail, mais elles sont arrivées trop tard pour prendre part à la bataille.
La bataille de Midway (4-6 juin 1942)
Un mois plus tard, le , les et de la TF 16, aux ordres du contre-amiral Spruance, remplaçant le vice-amiral Halsey, hospitalisé pour maladie, ont appareillé de Pearl Harbor. Du décryptage de messages japonais, l'amiral Nimitz avait acquis la conviction qu'une attaque contre l'atoll de Midway était imminente. Il avait donc décidé d'envoyer ses porte-avions à au nord-est de Midway, et la TF 17, aux ordres du contre-amiral Fletcher, a suivi le , dès que l' a été en situation de reprendre la mer, après la réparation des dégâts qu'il avait subis à la bataille de la mer de Corail. Des reconnaissances aériennes ont repéré une force navale importante, le , à à l'ouest de Midway, que l'aviation américaine basée à Midway est allée attaquer, sans résultats notables. vignette|gauche|Les 15 "Devastators" de l'escadrille VT-8 s'éloignent de l'USS Hornet. Le , aucun ne reviendra. Le vers du matin, ce sont deux porte-avions japonais qui ont été signalés à au nord-est de Midway. Le contre-amiral Fletcher a donc demandé au contre-amiral Spruance de les attaquer dès que possible. Toutefois, il a souhaité garder les escadrilles de l' en réserve, car il pensait que d'autres porte-avions japonais pouvaient être à la mer. Comme les équipages de la TF 16 n'avaient pas l'expérience du combat aéronaval que l' avait acquise en mer de Corail, les premières escadrilles des et n'ont décollé que vers , celles de l' ont finalement décollé vers . vignette|Des “Dauntless” de l'USS Hornet vont piquer sur le Mikuma qui brule, le La recherche des forces japonaises s'est faite dans des conditions assez calamiteuses : sur l'USS Hornet, le lieutenant commander John C. Waldron, commandant l'escadrille des bombardiers-torpilleurs VT-8, en désaccord avec le commandant du groupe aérien et avec le captain Mitscher, sur le cap à suivre pour trouver les porte-avions japonais, choisit de suivre la route qu'il jugeait (et était) la bonne, mais cette attaque effectuée sans chasseurs d'escorte aboutit à la perte des 15 “Devastators” de l'escadrille VT-8. Bien que sans résultats en termes de dégâts portés, cette attaque et celle, aussi inefficace, des avions torpilleurs de l'USS Enterprise, a amené la chasse embarquée japonaise à opérer à basse altitude et au nord-est des porte-avions japonais, ce qui a facilité, peu après, l'approche, à haute altitude et par le sud, des escadrilles de bombardiers-en-piqué VS-6 et VB-6 de l'USS Enterprise qui ont mis hors de combat le et l', et l'approche par l'est de l'escadrille VB-3 de l' qui a mis hors de combat le Sôryû. Mais au total, pour l'USS Hornet le matin du , seule l'escadrille VT-8 a réussi à atteindre les bâtiments japonais, les autres escadrilles n'y sont pas parvenues, et 50 % des appareils ont été perdus, notamment en se retrouvant à court de carburant, et obligés d'amerrir.
Dans l'après-midi du , l'aviation embarquée de l'USS Hornet a participé à la mise hors de combat du porte-avions Hiryū, qui avait auparavant si gravement endommagé l'USS Yorktown qu'il a fallu l'abandonner.
Le , au sein de la Division de Croiseurs japonais, que commandait le vice-amiral Kurita, et qui avait été lancée en avant-garde contre Midway, deux croiseurs se sont abordés à la suite d'une fausse manœuvre, et très ralentis, ont fait route vers l'atoll de Wake. D'abord attaqués sans résultats par de l'aviation basée à Midway, le a été très gravement endommagé et le Mikuma coulé par l'aviation embarquée de la TF 16, le lendemain .
Commandements à terre dans le Pacifique (1942-1943) La bataille de Midway a été incontestablement une victoire américaine, mais l'action de l'USS Hornet n'a pas correspondu aux attentes de Marc Mitscher, ni du contre-amiral Spruance, ou de l'amiral KingMitscher The Pacific War Online Encyclopedia. À la suite de la nomination du contre-amiral Spruance comme chef d'état-major du Commandant-en-Chef de la Flotte du Pacifique, le commandement de la Task Force 16 est passé au contre-amiral Kinkaid, mais c'est le contre-amiral Murray, qui commandait jusqu'alors l'USS Enterprise, qui a reçu, courant juilletBio Mitscher Naval History and Heritage Command, le commandement de la Task Force 17, alors qu'il avait été promu contre-amiral quelques jours après Marc MitscherMurray The Pacific War Online Encyclopedia, à la fin . Celui-ci ne reçut pas de commandement à la mer, comme il l'aurait souhaité, mais celui de la , basée à Hawaï.