Alain Baschung, dit Alain Bashung, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un auteur-compositeur-interprète et acteur français.

Après un début de carrière difficile, il rencontre le succès au début des années 1980 avec Gaby oh Gaby et Vertige de l'amour.

Après son huitième album, Osez Joséphine (1991), ses créations ont un moindre succès commercial, mais sont saluées par la critique et le public. Il a créé douze albums studio, dont deux posthumes.

Avec Matthieu Chedid, il est le chanteur le plus primé aux Victoires de la musique, avec treize victoires.

Biographie

Jeunesse

Alain Claude Baschung est né le dans le , d'une mère bretonne, Geneviève Hascoët, ouvrière dans l'usine Renault de Boulogne-Billancourt, et d'un père kabyle, qu'il n'a jamais connu« Alain Bashung, rocker en équilibre », Le Monde, 25 mars 2008.« Alain Bashung, sur les cimes de la chanson française », Le Monde, 16 mars 2009.. Sa mère n'évoque jamais cette liaison passagère. Elle se marie peu après cette naissance avec Roger Baschung, un boulanger alsacien. On lui donne le nom de son beau-père ; à l'âge d'un an, il est envoyé chez les parents de celui-ci, près de Strasbourg, à Wingersheim, pour de meilleures conditions matérielles. Alain Bashung passe ainsi son enfance à la campagne dans un milieu modeste et conservateur, avec Oma (Elisabeth Battenstein, née à Düsseldorf, le ), qui ne parle pas le français. Son beau-père Roger lui offre pour ses cinq ans un harmonica Rosebud qui sera son jouet préféré. L'enfant s'évade de l'ennui solitaire avec la radio. Ses premiers émois musicaux sont les valses de Strauss, Wagner ou Kurt Weill… Enfant de chœur à Wingersheim, il pratique aussi le basket-ball et le cyclisme sur piste. À travers les radios des bases américaines installées en Allemagne, il découvre le rock'n'roll : .

Il revient vivre chez ses parents à Boulogne-Billancourt en 1959. Pour son certificat d'études, on lui offre une guitare Lucky 7. Sa « marraine » Andrée, responsable du personnel et des œuvres sociales chez Renault, l'emmène à des concerts ; il découvre Édith Piaf, le rock américain de Gene Vincent. Il entend à la radio Buddy Holly, qui deviendra un modèle, et Elvis Presley.

À partir de 1963, étudiant à l'école nationale de commerce, il forme avec Mick Larie le groupe éphémère Les Dunces (en français : « les cancres »), au registre composé de reprises de morceaux country, folk et rockabilly. Le groupe se produit l'été 1963 à Royan, puis l'hiver à Méribel. En 1965, il abandonne ses études de comptabilité après son BTS, à la suite d'un stage dans un bureau du service financier de Rhône-Poulenc. Il veut devenir musicien. Il coupe les ponts avec sa famille et habite chez des amis. Il continue à jouer avec les Dunces, surtout dans les bases américaines, et dans les restaurants et hôtels de province. Un ami de sa marraine Andrée, régisseur à l'ORTF pour les shows d'Henri Salvador, lui ouvre les portes du music-hall.

Dix ans de débuts difficiles Il débute difficilement, avec un premier 45 tours, Pourquoi rêvez-vous des États-Unis ?, en 1966 , à dix-neuf ans. Entré chez RCA la même année comme arrangeur, il y signe la musique de chansons pour Claude Channes (Il est grand temps de faire... Boom!), Évelyne Courtois alias Pussy Cat (Moi je préfère ma poupée) et Noël Deschamps (Oh la hey). En , lors d’un festival pop au Palais des Sports de Paris, il joue en première partie avec Ronnie Bird et Noël Deschamps - devant les , des Pretty Things, des Troggs et CreamMichka Assayas (sous la direction de), Dictionnaire du rock, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2000, .

En 1968, avec la chanson Je vous crois, il est révélé à la télé en gagnant à « Tremplins de l'été », début de notoriété limitéeTélé 7 jours, , semaine du 28 septembre au 4 octobre 1968, page 5, Ce boulanger qui enlève allègrement sa dernière fournée de pains fantaisie est la révélation TV de cette saison : Alain Baschung. Il a remporté la finale des "Tremplins de l'été". Il vit quelques mois chez le chanteur Christophe. Il enregistre Les Romantiques en 1968. Disque PHILIPS BF 370753., un single de peu de succès. Il supprime le « c » de son nom. Il enregistre ensuite Ni le ciel ni l'enfer, La Rivière, La dernière porte dont les arrangements sont confiés à Jean-Claude Vannier et André Georget.

Entre 1972 et 1974, il compose une partie des musiques et coréalise trois albums et trois singles (dont Marilou) pour Dick Rivers.

En 1973, Alain Bashung interprète Robespierre dans la comédie musicale La Révolution française, de Claude-Michel Schönberg, sous le nom d'Alain BasChung.

En onze ans, il produit une douzaine de singles, dont l'un sous le pseudonyme de David Bergen, en 1975, et participe en tant que compositeur et interprète, sous le pseudonyme d'Hendrick Darmen, aux deux seuls du groupe Monkey Bizness, en 1976-1977, sans grand écho.

Bashung rencontre alors le réalisateur Andy Scott et les paroliers Daniel Tardieu et Boris Bergman, avec qui il signe, en 1977, son premier album innovant, Roman-photos, un échec commercial dans le contexte de la déferlante punk. En cette période de désillusions et d'années sombres, il s'adonnera à diverses drogues, songeant parfois au suicidePortrait de Bashung diffusé à la télévision française en 1982.

De 1979 à 1981 : Premiers succès En 1979, Roulette russe, album sombre et rock, est peu diffusé. Il faut attendre 1980 et le 45 tours Gaby oh Gaby pour que le chanteur, alors âgé de bientôt trente-cinq ans, connaisse le succès. Ce single, qui se classe en tête des ventes, s’écoule à près de deux millions d'exemplaires et obtient le prix Charles Trenet et celui de la SACEM. Il sera inclus dans la réédition de Roulette russe, qui connaît alors à cette occasion un regain de ses ventes.

Il confirme avec, en 1981, son album très rock Pizza et le tube Vertige de l'amour. Il entame une tournée des grandes salles, du au , accompagné de son groupe KGDD constitué de Manfred Kovacic (claviers, saxo), Olivier Guindon (guitare), Philippe Drai (batterie) et François Delage (basse). Il chante le à l'Olympia, à guichets fermés. Bashung est élu meilleur artiste rock de l'année par un jury composé d'une trentaine de journalistes spécialisés réunis par Sylvie Jouffa, et reçoit le trophée du Bus d'Acier (Grand Prix du Rock Français) décerné au Bus Palladium avec la participation de la SACEM. Le tandem Bashung-Bergman est alors l'exemple d'un possible renouvellement du texte dans la chanson rock, après Gainsbourg et Higelin. Mais il se brouille avec Boris Bergman. À la même époque, il se réconcilie avec ses parents et sa famille, après une longue brouille qui remontait au début des années 1970.

De 1982 à 1989 : Virage artistique, période New Wave En 1982, Alain Bashung collabore avec Serge Gainsbourg pour l'album Play blessures. Ce disque est une rupture volontaire avec le succès énorme et inattendu de Gaby, dont il semble vouloir se démarquer (, chante-t-il sur J'croise aux Hébrides). Au regard des vendus de Pizza, les disques vendus de Play Blessures sont un échec. Seuls Libération et les médias rock encensent l'album, tandis que le reste de la presse peine à s'y intéresser : certains qualifieront même Bashung de « Johnny Hallyday new wave ». La même année, il participe au film de Fernando Arrabal, Le Cimetière des voitures, tourné pour la télévision, dont il compose la musique et dans lequel il campe le personnage principal, un Jésus propulsé dans un univers post-apocalyptique.

En 1982, il interprète un chanteur de rock dans le film Nestor Burma, détective de choc pour lequel il signe la musique et interprète la chanson Beaujolais novo.

En 1983, l'album plus sombre Figure imposée, écrit en collaboration avec Pascal Jacquemin, reste confidentiel.

Le succès revient, en 1984, avec le single SOS Amor , et il effectue une tournée. En 1985, la sortie de Live Tour 85 et les désaccords quant à son format marquent la fin de la collaboration entre Bashung et sa maison de disques Philips. Barclay, qui a signé avec Noir Désir la même semaine, lui ouvre alors ses portes. Bashung sort le single Hey Joe, avec en face B le titre Fan en live.

La même année, Alain Bashung interprète le titre Touche pas à mon pote, présent sur l’album homonyme, qui soutient l'association SOS Racisme. Le titre sort aussi en single avec en face B Imbécile.

En 1986, avec Passé le Rio Grande il renoue avec ses premiers tubes et collabore à nouveau avec Boris Bergman. Cet album est récompensé « Meilleur album rock » aux Victoires de la musique et sa musique s’exporte au Canada et en Égypte, où sa tournée passe.

En 1989, il revient aux sonorités sombres et new wave, aux expérimentations, sur l'album Novice. Le single trois titres qui en est extrait, Bombez ! marque sa première collaboration avec le parolier Jean Fauque et sa dernière avec Boris Bergman. Novice, dont la noirceur fait écho à Play Blessures, n'atteint pas vendus.

Années 1990 : la consécration À l'aube des années 1990, Alain Bashung rompt avec les machines synthétiseurs exploités la décennie précédente. Enregistré en partie à Memphis avec des musiciens américains, l'album Osez Joséphine sort en 1991. Une nouvelle fois écrit en collaboration avec Jean Fauque, cet album aux sonorités blues contient des reprises de classiques du rock. À quarante-cinq ans, l'artiste élargit encore son audience, l'album se vend à plus de trois cent cinquante mille exemplaires et le single Osez Joséphine est son premier vrai tube depuis Vertige de l'amour, paru dix ans plus tôt. Sur le même album, se trouve Madame rêve, titre rapidement incontournable de son répertoire, qui laisse entrevoir ses évolutions artistiques.

En 1992, il reprend Les Mots bleus de Christophe, dans la compilation Urgence : 27 artistes pour la recherche contre le sida.

En 1993, Alain Bashung entame à Bruxelles l'enregistrement d'un disque dont l'élaboration est coûteuse et pénible : des musiciens étrangers sont mis à l'épreuve et accumulent de nombreuses prises dans différentes directions (Michael Brook, Sonny Landreth, Ally McErlaine, Link Wray, Marc Ribot et Stéphane Belmondo). Deux mixages sont nécessaires pour donner satisfaction à l'artiste. Chatterton, album qu'il qualifie lui-même de sort en 1994. Le titre Ma petite entreprise est un nouveau succès. Il entame une tournée de deux ans, couronnée, en 1995, par le double album en concert Confessions publiques.

À partir de 1994, Alain Bashung se consacre à sa carrière de comédien débutée en 1981, notamment dans Ma sœur chinoise d'Alain Mazars.

Durant l'année 1997 lourde en événements personnels (dépression, séparation avec sa femme et déménagement dans le quartier de Belleville à Paris), Alain Bashung s'attelle au chantier du disque qui sera considéré comme son chef-d'œuvre : Fantaisie militaire. Les textes sont écrits une nouvelle fois avec Jean Fauque et Barclay présente à Bashung deux auteurs compositeurs de leur écurie : Les Valentins. Le disque est enregistré entre Paris, Aix-en-Provence et Londres avec les participations, entre autres, de Ian Caple, Rodolphe Burger, Adrian Utley (Portishead) et de Joseph Racaille pour les arrangements de cordes. L'album sort en , porté par le titre La nuit je mens, qui reçoit trois Victoires de la musique en 1999 . En 2005, à l'occasion de la vingtième édition des Victoires de la musique, Fantaisie militaire sera consacré meilleur album des vingt dernières années. C'est un franc succès, critique et commercial.

En 2000, il sort Climax, un double album de compilations dans lequel il revisite certains de ses plus grands titres, dont Volontaire en duo avec Noir Désir. Cette année-là, il écrit pour Vanessa Paradis la chanson L'Eau et le Vin, qui figure sur son album Bliss.

Années 2000 : derniers albums vignette|redresse|Bashung lors de sa dernière tournée le 11 juillet 2008 aux Francofolies de la Rochelle.