Les objectifs du millénaire pour le développement (OMD, en anglais), sont huit objectifs adoptés en 2000 à New York (États-Unis) avec la Déclaration du millénaire de l'Organisation des Nations unies par 193 États membres de l'ONU, et au moins 23 organisations internationales, qui sont convenus de les atteindre pour 2015.
Ces objectifs recouvrent de grands enjeux humanitaires : la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, la lutte contre plusieurs épidémies dont le SIDA, l'accès à l’éducation, l’égalité des sexes, et l'application du développement durable.
En 2015 sont publiés les Objectifs de développement durable (ODD), qui prennent la suite de ces objectifs.
Objectifs Les objectifs adoptés sont répartis en huit domaines. Réduire l'extrême pauvreté et la faim. Assurer l'éducation primaire pour tous. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes. Réduire la mortalité infantile. Améliorer la santé maternelle. Combattre les maladies. Assurer un environnement humain durable. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
Objectif 1 : réduire l'extrême pauvreté et la faim
Chacun des Objectifs du millénaire pour le développement se décompose en plusieurs cibles. Le premier objectif repose sur trois cibles.
Première cible : réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la part des individus vivant avec moins d'un dollar par jour La Banque mondiale estime qu'en 2005, 1,4 milliard d'individus vivaient dans une pauvreté extrême. La crise alimentaire, conséquence de la hausse du prix des matières premières (dont agricoles) pousse environ 100 millions de personnes en plus dans une situation d'extrême pauvreté. Si cet objectif semble à portée, c'est principalement en raison de la croissance économique de l'Asie, alors que la zone de l'Afrique sub-saharienne semble stagner .
Deuxième cible : fournir un emploi décent et productif à tous, femmes et jeunes inclus. Ces dix dernières années, la productivité dans les pays d'Asie et de la CEI a été multipliée par quatre, contribuant à faire baisser le nombre de travailleurs pauvres. En revanche, l'Afrique sub-saharienne reste en retard sur cet objectif, avec plus de 50 % de travailleurs vivant avec moins d'un dollar par jour .
Troisième cible : réduire de moitié entre 1990 et 2015 la part des individus souffrant de la faim (malnutrition, sous-nutrition). La hausse des prix des matières premières, mais également les changements dans les régimes alimentaires, l'urbanisation, l'utilisation des parcelles pour la production de biocarburants ou encore le problème des subventions aux agricultures développées, rendent cette cible difficile à atteindre. L'Asie du Sud et l'Afrique sub-saharienne sont les zones les plus touchées par la sous-nutrition infantile.
Objectif 2 : assurer à tous l'éducation primaire
Le deuxième objectif vise à ce que tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, puissent bénéficier d'ici 2015 d'un cycle complet d’études primaires.
En 2006, 570 millions d'enfants étaient scolarisés, ce qui laisse 73 millions d'enfants en âge de l'être hors de l'école. 88 % des enfants des pays en voie de développement sont scolarisés, ce qui laisse penser que l'objectif est atteignable d'ici 2015. En Afrique sub-saharienne, le taux de scolarisation des enfants atteignait 12,5 % en 2006, et en Asie du Sud, 9. L'expérience prouve que la scolarisation baisse sensiblement quand les frais d'inscription sont augmentés (cas de nombreux États de l'Afrique) .
Objectif 3 : promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
La promotion de l'égalité des sexes vise à éliminer les disparités entre les sexes, notamment dans l'éducation primaire et secondaire, d'ici 2005, et à tous les niveaux de l'éducation d'ici 2015, sachant qu'en moyenne, dans les pays en voie de développement, 94 filles sont scolarisées pour 100 garçons, et que dans 2 pays sur 3, au sens restreint du terme, l'égalité des sexes à l'école est atteinte. Ce sont les zones rurales et pauvres dans lesquelles il y a un dernier effort à fournir. Reste que l'objectif de l'autonomisation des femmes reste distant, dans les pays en voie de développement comme dans les pays industrialisés. Dans les premiers, seuls 39 % des emplois non agricoles sont pourvus par des femmes, et dans les seconds, seulement 46 %millenniumgoals .
Objectif 4 : réduire la mortalité infantile
L'objectif 4 est de réduire de deux-tiers, entre 1990 et 2015, la mortalité infantile.. Entre 1990 et 2006, la mortalité à cinq ans au niveau mondial a chuté de 90 à pour vivantes. Un enfant né dans un pays en développement a plus de risques de mourir dans ses cinq premières années de vie qu'un enfant né dans un pays industrialisé. Pour la première fois en 2006, le nombre de décès chez les enfants de moins de est passé sous la barre symbolique des . Cependant, n'ont fait aucun progrès en la matière depuis 1990 source : .
Le , date de dépôt du rapport final des Objectifs du Millénaires pour le Développement, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans avait baissé de plus de moitié par rapport à 1990, passant de 90 à 43 décès pour 1000 naissances vivantes. Le nombre de décès d'enfants de moins de cinq ans était alors à près de 6 millions dans le monde comparativement à 12,7 millions en 1990. Plusieurs commentateurs critiquent toutefois la faisabilité de l'objectif pris comme étalon de mesure pour les pays d'Afrique subsaharienne. Bien qu'ayant globalement énormément progressé en direction de l'objectif avec un taux de réduction cinq fois plus élevé entre 2005 et 2013 qu'entre 1990 et 2005, seulement 10 pays des 22 de la région ont atteint l'objectif. Ce qui mène certains chercheurs à avancer que l'objectif était irréaliste et que les cibles des Objectifs de développement durable pour 2030 devraient être ambitieuses tout en restant accessibles pour le plus de pays possibles.
Les causes principales de mortalité infantiles sont la pneumonie, les diarrhées, la malaria et la rougeole, des maladies que l'on peut traiter facilement avec les outils appropriés (notamment par la ré-hydratation et les traitements anti-moustiques). La mortalité infantile est également liée au niveau d'éducation des mères.
Objectif 5 : améliorer la santé maternelle alt=Logo carré rose qui représente un dessin minimaliste blanc et noir de femme enceinte. Un cœur se situe dans le ventre de la femme, à la place du fœtus. On peut lire en bas du logo : "improve maternal health".|vignette|Logo du cinquième objectif du millénaire pour le développement : "améliorer la santé maternelle", "improve maternal health" en anglais. En 2005, une femme mourait chaque minute de complications liées à la gestation et à la naissance, soit plus de décès par an, dont 99 % dans des pays en voie de développement. En Afrique sub-saharienne, 1 femme sur 22 risque de connaître ces complications, contre 1 sur dans les pays développés. Les extrêmes vont de 1 cas de complication sur 7 au Niger contre 1 pour en Suède. Chaque année, 1 million d'enfants deviennent ainsi orphelins de mère, ce qui multiplie par 10 leur risque de mourir prématurément .
L'objectif 5 est donc de réduire la mortalité maternelle de trois quarts entre 1990 et 2015.
Cible 1 Réduire de trois quarts la mortalité maternelle. Au niveau mondial, la mortalité maternelle n'a baissé que de 1 % par an entre 1990 et 2005, loin des 5,5 % par an nécessaires pour remplir cet objectif du millénaire. Cette moyenne cache des disparités : l'Asie du sud, l'Océanie, l'Asie du Sud-Est et l'Afrique du nord ont fait des progrès notables, alors que la mortalité maternelle en Afrique subsaharienne n'a quasiment pas baissé en quinze ans . La clé du succès sur cet objectif réside dans la présence de personnel qualifié (médecin, infirmière ou sage-femme) au moment de l'accouchement. Les visites médicales prénatales sont également un facteur de réduction de la mortalité maternelle, cette couverture médicale a progressé. La part de femmes ayant eu une visite médicale prénatale dans les pays en développement est passée de 50 % en 1990 à presque 75 % en 2000. L'organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF préconisent un minimum de quatre visites médicales prénatales.
Cible 2 L'accès universel à la santé reproductive. Il s'agit d'offrir aux populations une éducation à la santé reproductive capable d'enrayer le phénomène des grossesses précoces, qui entraînent souvent des complications pour la santé de la mère et de l'enfant. Le taux de naissance chez les femmes de 15 à 19 ans a connu une baisse de 1990 à 2000 puis a stagné depuis. Enfin, l'absence d'offre d'un service de planning familial limite l'accès des populations aux contraceptifs qui leur permettraient de retarder l'âge de maternité.
Objectif 6 : combattre le VIH/SIDA, le paludisme et les autres maladies
Chaque jour, près de personnes sont contaminés par le VIH et meurent du SIDA. En 2007, 33 millions de personnes vivaient avec le VIH/SIDA, un chiffre en hausse depuis 2001, et qui concernent avant tout l'Afrique subsaharienne. Le paludisme (aussi appelé la malaria) tue plus d'un million de personnes par an, dont 80 % sont des enfants de moins de 5 ans vivant en Afrique subsaharienne .
Cible 1 Endiguer voire faire reculer la pandémie du VIH et du SIDA. Si les traitements anti-rétroviraux ont réussi à faire baisser le nombre de nouveaux contaminés par le VIH et à faire réduire le nombre de décès dus au SIDA, la durée de vie prolongée des personnes infectées par le VIH fait que le nombre total de contaminés a augmenté, de 29,5 millions en 2001 à 33 millions en 2007. On remarque également qu'en proportion, de plus en plus de femmes sont porteuses du virus.
Cible 2 Rendre accessible à tous d'ici 2010 les traitements disponibles contre le VIH et le SIDA. Les anti-rétroviraux ont allongé l'espérance de vie des malades, mais il existe toujours un fossé entre le nombre de personnes en attente de ce type de traitement et le nombre de traitements disponibles. Ainsi, en Amérique Latine, 62 % des personnes contaminées ont accès aux anti-rétroviraux, en Afrique subsaharienne, 30 %, et dans la Communauté des États indépendants (CEI), seulement 14 %.
Cible 3 Endiguer voire faire reculer l'incidence du paludisme (véhiculé par les moustiques) et des principales autres maladies. Des efforts considérables ont été faits en ce qui concerne l'utilisation de moustiquaires de lit traités à l'insecticide anti-paludisme. Au Togo par exemple, la proportion d'enfants dormant sous ce type de moustiquaire est passée de 2 % en 2000 à 38 % en 2006. Si la prévention semble donc progresser, les traitements contre la maladie restent trop peu nombreux, et pour les meilleurs (artemisinine), trop chers et trop peu utilisés. La tuberculose, autre maladie visée par les Objectifs du Millénaire pour le Développement, continue de tuer 1,7 million de personnes par an et d'en infecter 14,4 millions (2006), un chiffre dont la hausse s'explique mécaniquement par la hausse de la population. L'objectif de réduire de moitié la prévalence (ou le taux d'infection) de la tuberculose en 2015 semble s'éloigner : certaines zones (Afrique sub-saharienne) sont largement dépassées par le phénomène, et d'autres (Océanie, Asie du Sud, Asie du Sud-Est) connaissent toujours des taux de prévalence extrêmement haut (entre 264 pour habitants en Asie de l'Est et jusqu'à 521 pour en Afrique subsaharienne) .
Objectif 7 : assurer un environnement humain durable
Le septième objectif consiste à assurer un environnement durable. Il repose sur 4 cibles.
Objectif 8 : construire un partenariat mondial pour le développement