Le Salon des artistes français est une exposition d'art qui se tient chaque année, début février, à Paris. Il présente des peintures, sculptures, des oeuvres d'architecture, gravures, et plus récemment des photographies réalisées par des artistes vivants.

Depuis 1881, l'exposition est organisée par la société des artistes français, reconnue d'utilité publique par un décret du . La société des artistes français, créée en 1880, a succédé à l'Académie des beaux-arts, elle-même héritière de l'Académie royale de peinture et de sculpture, instaurée au sous le règne de .

Le Salon a joué un rôle majeur dans la diffusion de l'art en France et dans la reconnaissance des artistes. Il a connu au fil du temps des transformations, des scissions et la création de salons concurrents, tout en conservant un jury de sélection et une organisation associative. Aujourd'hui, il demeure l'un des principaux rendez-vous annuels du paysage artistique français.

Histoire Les origines (1881) vignette|Edouard Joseph Datan, Un coin du Salon en 1880, 1880 Le Salon des artistes français est créé en 1881, à la suite de la décision de Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, de confier l'organisation du Salon officiel aux artistes eux-mêmes. Cette réforme, promulguée le , met fin au contrôle direct de l’État sur les expositions artistiques nationales et marque une étape décisive vers l'autonomie du monde artistique. C'est dans ce contexte qu'est fondée la Société des artistes français, qui est chargée d'organiser un Salon annuel ouvert aux créateurs vivants. Le premier Salon de la Société s'ouvre le au Palais de l'Industrie, à Paris.

Le développement et les scissions (fin ) vignette|Henri Gervex, Une séance du jury de peinture, 1885, musée d'Orsay, Paris Dans les années qui suivent sa création, le Salon des artistes français s'affirme comme la principale exposition artistique en France. Organisé chaque année, il attire un grand nombre d'artistes et de visiteurs, devenant un passage obligé pour la reconnaissance officielle. La Société des artistes français, qui en assure la gestion, se compose alors de peintres, sculpteurs, graveurs et architectes partageant une conception classique et académique de l'art. Cependant, cette orientation conservatrice provoque rapidement des tensions. De nombreux artistes jugent le jury du Salon trop rigide et fermé aux tendances nouvelles. Les refus d'oeuvres jugées trop audacieuses entraînent un climat de mécontentement au sein du milieu artistique.

Ces désaccords aboutissent en 1890 à une scission majeure: un groupe d'artistes, mené notamment par Ernest Meissonnier et Puvis de Chavannes, fonde la Société nationale des beaux-arts. Ce nouveau salon, plus ouvert à la modernité, entre alors en concurrence directe avec le Salon des artistes français.

Le : Entre tradition et renouveau vignette|Henri Adolphe Laissement, Au Salon des Artistes Français en 1911, 1911 vignette|Salon des artistes français, 1932 Au XXe siècle, le Salon des artistes français continue de jouer un rôle majeur dans la vie artistique parisienne, tout en s'adaptant progressivement aux évolutions esthétiques. Si la Société des artistes français conserve son ancrage dans la tradition académique, elle ouvre peu à peu ses portes à des styles plus variés, reflétant la diversité des courants contemporains.

En 1909, le sous-secrétaire d'État aux beaux-arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, passe commande à Jules Grün de la vaste fresque qui célèbre en 1911 le du Salon des artistes français. Le peintre représente dans Un vendredi au Salon des artistes français une centaine de personnalités de l'époque : les peintres Henri Harpignies, Fernand Cormon, Léon Bonnat, Charles Léandre, Clémentine-Hélène Dufau, l'architecte Victor Laloux, la chanteuse Yvette Guilbert, le compositeur Gabriel Fauré, le caricaturiste Sem, les comédiennes Geneviève Lantelme et Renée Maupin, l'inventeur du vin Mariani, bibliophile et mécène, Angelo Mariani, debout au premier plan, à gauche de Geneviève Lantelme..

Les expositions ont lieu tous les ans au Grand Palais, sauf pendant la première guerre mondiales où le Salon a été interrompu, et pendant la seconde guerre mondiale et l'immédiat après-guerre où il a eu lieu au Palais de Tokyo. La sélection des oeuvres reste confiée à un jury de professionnels, garantissant un niveau artistique élevé, tout en intégrat progressivement des artistes moins conformistes.

Dans la seconde moitié du siècle, le Salon doit composer avec la multiplication des expositions et salons indépendants, mais il conserve son prestige historique. Son adaptation aux changements stylistiques et organisationnels permet de concilier respect de la tradition et reconnaissance des nouvelles tendances artistiques, assurant ainsi sa continuité et sa légitimité au sein du paysage artistique français. Parmi les nouveautés, la photographie fait son apparition au Salon des artistes français en 1992. Cette section n'est pérennisée dans les statuts de la société qu'en Parution au Journal officiel..

Fonctionnement de la Société des artistes français Aujourd'hui, le Salon des artistes français est géré par la Société des artistes français, association régie par la loi de 1881 sur les associations. La Société est dirigée par un président, assisté d'un conseil d'administration et de comités spécialisés qui supervisent l'organisation du Salon et définissent ses orientations artistiques. La sélection des oeuvres se fait par un jury composé d'artistes professionnels, qui évalue chaque proposition selon des critères de qualité et d'adéquation aux standards du Salon. Cette procédure concerne toutes les disciplines représentées : peintures, sculpture, gravure, photographie et architecture. Le Salon attribue également des distinctions et prix afin de récompenser les oeuvres remarqaubles et de soutenir la carrière des artistes exposants. Cette organisation actuelle assure la continuité et le prestige du Salon dans le paysage artistique contemporain, tout en conservant son héritage historique.

Lieux d'expositions au cours de l'évolution du Salon des artistes français Depuis sa création, le Salon des artistes français a connu plusieurs lieux d'exposition emblématques à Paris. Le premier Salon, organisé par la Société en 1881, se tient au Palais de l'Industrie, vaste bâtiment situé entre les Champs-Elysées et la Seine.

Le bâtiment est démoli pour l'Exposition universelle de 1900 et remplacé par le Grand Palais. C'est à partir de 1901, que la Société des artistes français expose sous la nef du Grand Palais à Paris.

Un concours d'architecture est lancée en 1894. Il est destiné à concevoir un Palais des Arts. Ce concours est remporté par des architectes sociétaires des artistes français : Albert-Félix-Théophile Thomas, Charles Girault, Henri Deglane et Albert Louvet. Le chantier commence en 1898, la construction dure deux ans et le bâtiment est inauguré pour l'Exposition universelle de Paris de 1900. Ce monument est maintenant classé monument historique. Parmi les sociétaires des artistes français, beaucoup ont participé à la construction du Grand PalaisUnivers des Arts, Hors série , juin 1994..

Depuis 2006, en raison des travaux et de la restructuration du Grand Palais, le Salon des artistes français participe à l'ensemble Art Capital, qui réunit plusieurs salons artistiques majeurs au Grand Palais Ephèmère, sur le Champ-de-Mars. Ce nouveau cadre permet au Salon de poursuivre sa mission tout en s'adaptant aux conditions contemporaines d'exposition.

Sociétaires des artistes français ayant participé à la construction du Grand Palais

Quelques exposants Peintres

Photographes

Sculpteurs

Architectes

Graveurs

Récompenses vignette|Médaille de 2e classe (gravée par Daniel Dupuis) décernée en 1901 à Herman Hartwich (avers) Le système des récompenses du Salon des artistes français est institué depuis 1880 selon un système rendu effectif en 1849« Spécial Salon - Salon des Artistes Français 1663-1996 », Univers des Arts, Hors série, , 1996..

Les médailles d'honneur, de , et ont été instituées dans un souci d'encouragement aux artistes. Ces médailles subissent des évolutions au cours des ans et deviennent des médailles d'or, argent et bronze, attribuées dans les cinq sections : peinture, sculpture, gravure, architecture, photographie. La médaille d'honneur récompense l'ensemble d'une œuvre d'un artiste sociétaire. Les médailles sont éditées par la Monnaie de Paris et gravées par des sociétaires.

Des prix privés, fondés en mémoire d'un artiste défunt ou des dotations faites à la Société des artistes français pour encourager un travail artistique, sont attribués à chaque salon par le jury. L'Académie des Beaux-arts décerne également des prix remis sous la Coupole.

Médaille d'honneur

1899 : Francis Tattegrain : Saint-Quentin pris d'assaut 1905 : François Sicard, sculpteur 1936 : Georges Fréset, peintre 1938 : Léon Salles, graveur 1968 : Henri Sajous, architecte. 1974 : Julien Rémy, sculpteur 1989 : Michel Baduel, pour l'ensemble de son œuvre, sculpture, dessin, gravure 2000 : Michel Averseng, sculpteur 2018 : Jacques Courtois, artiste peintre pour l'ensemble de son œuvre et son implication au sein des artistes français (président adjoint 2000-2010)

Médaille d'or ou de

Médaille d'argent ou de

Médaille de bronze ou de classe

Mention honorable Elle fut instituée en 1857 pour pallier le nombre insuffisant de médailles pour ceux qui les avaient méritées.

Autres récompenses

Archives Les archives sont conservées par la Société des artistes français dans ses bureaux du Grand Palais, régulièrement consultées pour une recherche de renseignements sur un artiste ayant exposé au Salon ou la trace d'une oeuvre figurant dans les fichiers d'inscription, catalogues et livrets d'exposition, disponible depuis 1699. Les archives sont également constituées de livres de comptes rendus d'assemblées, réunions de comités, discours, bulletins internes, lettres de liaison, courriers et parutions diverses. Une partie de ces archives historiques est également conservée et consultable à la Bibliothèque nationale de France, notamment les catalogues anciens du Salon, précieusement répertoriés dans les collections patrimoiniales.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . Jean-Paul Bouillon, « Société d’artistes et institutions officielles dans la seconde moitié du XIXe siècle », in : Romantisme, , 1986, . Nicolas Buchaniec, Salons de Province : Les expositions artistiques dans le nord de la France (1870-1914), 2010, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, 357p. Laurent Cazes, « L’internationalisation des expositions parisiennes et la crise du système du Salon à la fin du XIXe siècle », 2021, in : ILCEA : Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, [En ligne] : https://journals.openedition.org/ilcea/12449, (Consultation le 25/11/2024). Marie-Claude Genet-Delacroix, Art et État sous la République : Le système des Beaux-arts : 1870-1940, 2021, 434p. Gérard-Georges Lemaire, Histoire du salon de peinture, Paris, Klincksieck, 2004, 250p. Dominique Lobstein, Les Salons au XIXe siècle Paris, capitale des arts, Paris, Éditions La Martinière, 2006, 303p. Patricia Mainardi, The end of the Salon: art and the state in the early Third Republic, Cambridge, Cambridge University Press, 1993, 210p. Claire Maingon, Le Salon et ses artistes : une histoire des expositions du Roi Soleil aux Artistes français, Paris, Hermann, 2009, 176p. Claire Maingon, L’âge critique des salons, 914-1925 : l’école française, la tradition et l’art moderne, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2014, 346p. Louis Thérèse David de Pénanrun, François Roux et Edmond Delaire, Les Architectes élèves de l'école des beaux-arts (1793-1907), Paris, Librairie de la construction moderne, éd., 1907, (lire en ligne).