Le Salon d'Automne est une exposition artistique qui se tient chaque année à Paris depuis 1903.
Historique vignette|redresse|gauche| Henri Bellery-Desfontaines, affiche lithographiée du Salon d'Autome de 1903. La Société du Salon d'Automne, reconnue d'utilité publique, est créée le au Petit Palais à Paris, à l'initiative du Belge Frantz Jourdain (1847-1935), architecte, homme de lettres et grand amateur d'art, président du syndicat de la critique d'art, et de certains de ses amis comme l'architecte Hector Guimard, les peintres Jules Adler, George Desvallières, Eugène Carrière, Victor Charreton, Charles Guérin, Henri LebasqueMarcel Sembat, Les Cahiers noirs, journal 1905-1922 : Journal 1905-1922, ., Félix Vallotton, Édouard Vuillard, Adrien Schulz, Jules-Léon Perrichon (chargé de la gravure) ou le décorateur Jean-Henri Jansen.
Le but du Salon d'Automne est double au moment de sa création : offrir des débouchés aux jeunes artistes et faire découvrir l'impressionnisme et ses prolongements à un public populaire.
Le choix de l'automne comme saison de présentation est stratégique à plus d'un titre : il permet aux artistes de présenter les petits formats réalisés en extérieur au cours de l'été et de se démarquer des deux autres grands salons qui ont lieu au printemps.
Le Salon d'Automne se singularise par sa pluridisciplinarité en présentant des peintures, sculptures, photographies (à partir de 1904), dessins, gravures, œuvres d'arts appliqués… et par la clarté de son agencement, plus ou moins par école. Les peintres étrangers y sont particulièrement représentés.
De nombreuses disciplines viennent s'ajouter. À ce jour, le Salon d'Automne compte une vingtaine de sections (entre autres : art digital, art singulier, livres d'artistes, art naïf, pop Art…).
Premiers Salons Avant-gardiste, le Salon d'Automne a lancé deux grands courants de l'art moderne : le fauvisme en 1905 et le cubisme en 1911. Au salon de 1912, František Kupka présente pour la première fois au public des toiles abstraites non figuratives (Amorpha, fugue à deux couleurs, à Prague, Narodni Galerie, et Amorpha, chromatique chaude, à Malá Strana, musée Kampa).
De la création du Salon à la Première Guerre mondiale vignette|Catalogue des ouvrages de la 5 exposition du Salon d'Automne au Grand Palais des Champs-Élysées (1906)1903 : L'inauguration du premier Salon d’Automne a lieu le à . Cette heure tardive du vernissage est rendue possible grâce à l'électricité.. Au total, sont exposées et près de sont envoyées dans tout Paris. La première exposition s’étend du au . 1904 : Le , l'inauguration de la deuxième édition du Salon d’Automne est réalisée par le président de la République Émile Loubet. Près de sont exposées dans cette première édition au Grand-Palais.. 1905 : Le Salon d'Automne de 1905 a un très grand retentissement. La salle VII du salon exposent notamment Henri Matisse, Henri Manguin, André Derain, Maurice de Vlaminck et Albert Marque. Les peintres proposent des toiles aux couleurs vives, pures, disposées en larges aplats. Ces peintures contrastent avec les deux bustes traditionnels d'Albert Marque placés au centre de la salle. Le critique d'art Louis Vauxcelles écrit le dans la rubrique artistique du Gil Blas : sur "gallica.bnf.fr". Dès lors, le mouvement prend le nom de fauvisme. Cette édition marque également le début de la répartition des artistes dans le catalogue par ordre alphabétique quelle que soit leur catégorie. 1906 : exposition sur l'art russe. 1907 : grande rétrospective sur Cézanne avec 50 de ses plus grands tableaux. 1908 : Matisse est un membre du jury et refuse plusieurs œuvres de Georges Braque. 1909 : Le Salon voit apparaître la tendance cubiste. Léger, Metzinger et quelques futuristes italiens y exposent. 1910 : Cette édition voit la presque totale disparition des impressionnistes. présentent les arts décoratifs allemands : les « Munichois ».. 1911 : C'est en 1911 que le cubisme entre réellement au Salon. Les toiles de Kupka, Léger, Gleizes, Ozenfant, Marcel Duchamp et Raymond Duchamp-Villon y sont exposées. 1912 : Le salon de 1912 est au centre de deux débats, Jacques Villon démissionne du comité. Certains trouvent qu'il y a trop d'artistes étrangers, d'autres critiquent les œuvres cubistes. Marcel Sembat vient à la rescousse des artistes et du salon : Extraits des débats publiés dans le Journal Officiel, séance du . Cette édition accueille 7 des têtes primitivistes de Modigliani ainsi que l'artiste Giorgio De Chirico. 1913 : Le salon cède sa place au Salon de l'Automobile au Grand Palais pour ne s'ouvrir qu'à la mi-novembre. L’huile sur toile Tableau, peinte en 1913 par Kees van Dongen, est exposée cette année-là et fait scandale pour atteinte aux bonnes mœurs. à tel point que le secrétaire des Beaux-Arts appelle la police. Le Salon influence à l’international notamment à Moscou, Berlin, ou encore à New-York où a lieu l’Armory Show. 1914 : Le est annoncée la Première Guerre mondiale, et le Grand Palais devient un hôpital de guerre. Les expositions sont suspendues pendant les années de conflit, mais des bulletins artistiques sont publiés régulièrement et des conférences sont organisées.
L’Entre-deux-guerres 1919 : Le a lieu la réouverture du Salon d’Automne. Dès lors, le salon renoue avec sa réputation scandaleuse d’avant-guerre. Francis Picabia lance en France le mouvement dada avec Tristan Tzara. Ses tableaux mécaniques sont accrochés au pire endroit par le jury : sous l’escalier du Grand Palais. Cette édition voit également l'exposition d’œuvres d’artistes morts pour la patrie tels que le compositeur Albéric Magnard.. 1920 : Le salon voit enfin la participation de Georges Braque acceptée. L'artiste expose alors régulièrement au salon entre 1920 et 1946. La rétrospective de cette édition est consacrée à Auguste Renoir. La Salon reçoit également cette année-là un décret signé du président de la République, .. 1921 : L’œuvre de Picabia L'Œil cacodylate provoque un nouveau scandale auprès du jury. Cependant, membre de la Société du Salon d'Automne, Picabia est assuré de pouvoir exposer.. 1922 : Cette année voit la création d'une nouvelle section consacrée à l'art religieux. Conçue par George Desvallières, la section est défendue par le peintre nabis Maurice Denis. La politique des grandes rétrospectives d'artistes est relancée. L'édition met en avant de grands noms de l’artisanat et du design moderne français : Pierre Chareau, Jean Lurçat, René Lalique… 1926 : La première apparition de meubles métalliques tubulaires au Salon a lieu en 1926. L’exposition de meubles en aluminium de Djo-Bourgeois et René Herbst provoquent un nouveau conflit. Pierre Chareau présente également sur son stand un ensemble de mobilier destiné au Grand hôtel de Tours en fer martelé. Le métal rendu volontairement visible frappe les esprits.. 1929 : Création de l’Union des artistes modernes (UAM) avec Francis Jourdain, Herbst, Chareau, Mallet-Stevens qui exposent au Salon d’Automne. L'édition de cette année accueille également des envois de l'exposition « Equipement intérieur d’une habitation moderne » présentée par Le Corbusier et Charlotte Perriand. 1930 : À la suite du krach boursier de 1929, des problèmes économiques amènent le Salon à réduire la surface d’exposition. 1934 : Le Salon présente les intérieurs des cabines de luxe des grands paquebots de Robert Mallet-Stevens et Jean Prouvé. L'exposition est également consacrée aux artistes juifs fuyant le gouvernement nazi en Allemagne. 1935 : Frantz Jourdain, président fondateur du Salon d'Automne, meurt. Une exposition de ses artistes préférés lui est consacrée parmi lesquels se trouvent Cézanne, Gauguin, Renoir, Pompon, ainsi que des portraits de sa femme réalisés par Pierre Bonnard. George Desvallières devient le nouveau président de l’association. 1937 : Le Salon d’Automne a lieu sur l’esplanade des Invalides en raison de l’Exposition universelle. 1939 : En septembre, est annoncé le début de la Seconde Guerre mondiale, le Salon est alors annulé. 1940-1943 : Malgré l’occupation allemande dès , les organisateurs décident de continuer à faire vivre le Salon. Quatre expositions sont organisées entre 1940 et 1943 au Palais de Chaillot. Certains membres reconnus du Salon d'Automne (Derain, Vlaminck.) sont suspectés d'avoir eu des relations trop étroites avec le régime du maréchal Pétain et l'occupant allemand. Ces membres avaient accepté un voyage culturel organisé en Allemagne du IIIè Reich par le sculpteur allemand Arno Breker, promu par le régime nazi, en 1941. 1943 : Georges Braque a droit à la plus importante exposition qu’un artiste vivant ait eu pendant la guerre. Il y expose six peintures et neuf sculptures. 1944 : L'exposition de 1944 est l'une des plus célèbres du Salon d'Automne. Elle prend le nom de « Salon de la Libération ». Ce fut la plus grande exposition publique en France de Pablo Picasso. Guernica y est exposée ainsi que et des années de guerre. Cette exposition prend place au Palais de Tokyo. Matisse, le grand rival de Picasso, n'expose pas en 1944, mais Picasso lui rend un discret hommage en exposant parmi ses œuvres une monumentale nature morte fauve de Matisse. Il y a aussi des artistes du groupe surréaliste : Miro, Magritte, Ernst, Tanguy et Chaïm Soutine. Une section rend hommage à disparus dans les camps de concentration nazis. 1945 : Le Salon est désigné comme « Salon de la Paix » alors que le climat au sein des sociétaires est tendu. En effet, la pression des idéologies politiques sur la vie artistique constitue un obstacle à leur cohésion. Cette édition fête Henri Matisse en lui dédiant une rétrospective, plus minimaliste que celle réalisée pour Picasso en 1944. La rétrospective de Matisse expose des œuvres de toutes les périodes de sa vie. Au total, prennent place sur les cimaises dont Le luxe I, Greta Prozor, La Lecture et Le Rideau jaune.
De 1946 à nos jours Après la Seconde Guerre mondiale, les nouveaux salons d'art, les foires commerciales, les galeries d'art contemporain se développent considérablement et commencent à remettre en cause la prééminence des vieux salons en tant que principales vitrines du monde de l'art. thumb|Herman Braun-Vega au salon d'automne de 1952 à Paris En 1951 est créé un Comité de défense de la liberté d'expression, pour protester contre le décrochage de toiles au Salon d'Automne la même année; on y retrouve André Lurçat, Édouard Pignon, etc.. 1952 : Le Salon d'Automne confirme l'importance grandissante du mouvement Nouveau réalisme qui préconise le retour à la réalité objective et au sujet. Ce mouvement est lancé dès 1948 avec la création du groupe « l'Homme Témoin ». Cette même année, André Fougeron lance réellement ce mouvement au Salon d'Automne avec Mes Parisiennes"Peinture et communisme : le scandale Fougeron", dans L'Histoire de décembre 1998.. En 1952, trois salles du Grand Palais sont réservées au Nouveau réalisme et attirent l'attention de la critique. Lors du Salon de 1952, a lieu une importante rétrospective consacrée au pionnier du fauviste Louis Valtat. Ce dernier récemment disparu exposait au Salon d'Automne sans relâche depuis 1904. 1953 : L'exposition de 1953 marque les du Salon d'Automne. Pour l'occasion, réalisées entre 1903 et 1953 par les plus prestigieux exposants sont présentées. La salle « 1903 » réunit parmi les premiers artistes audacieux qui avaient exposés dans le sous-sol du Petit Palais, notamment Léger, Chagall, Matisse, Braque et Dufy. Le reste du Salon expose les tout débuts du siècle et l'École de Paris de l'Entre-deux-guerres en passant de Renoir à Picasso. L'exposition rétrospective de cette année est un hommage à Kisling, mort récemment..