Les Dentelles de Montmirail, situées dans le département français de Vaucluse, sont une chaîne de montagne qui marque la limite occidentale des monts de Vaucluse. Elles sont situées au nord de Carpentras, au sud de Vaison-la-Romaine et à l'ouest du mont Ventoux. Leur point culminant est la crête de Saint-Amand à d'altitude.

Le massif, qui fait environ huit kilomètres de long, est réputé mondialement pour ses parois d'escalade. Situé au cœur de l'appellation côtes-du-rhône, il s'est bâti une réputation pour la qualité de ses vins, ce qui a permis le développement de l'œnotourisme. Il est aussi réputé pour la production de son huile d'olive, protégée par une AOC, et pour la qualité de ses truffes.

Son histoire s'étale sur plusieurs millénaires. Le site servit d'abord, par ses oppida, à contrôler les routes unissant le nord et le sud entre vallée du Rhône et Ventoux. Outre Vaison-la-Romaine, des découvertes archéologiques majeures y ont été faites (rare épée celte, inscription celto-grecque, statuaires gallo-romaines), Il abrita aussi deux lieux de culte paléochrétiens datés du , une abbaye de moniales aux sources du Trignon et la chapelle Saint-Hilaire. De plus, la présence pontificale à Avignon, au , permit de développer les muscadières qui fournissaient les celliers des papes en vin muscat.

Son patrimoine est particulièrement riche. Neuf monuments historiques permettent de découvrir son architecture civile ou religieuse ; outre les Choralies, des festivals attirent les amateurs de livres (Sablet), d'opéra (Gigondas), de théâtre (Beaumes-de-Venise), tandis que chaque semaine un marché provençal se déroule dans la majorité des communes des Dentelles, dont les plus renommés sont ceux de Vaison et de Malaucène.

Toponymie Leur qualificatif de provient de la forme obtenue par l'érosion de la roche. Leur nom en provençal est Lou Tresor dóu Felibrige, 1878, ..

Géographie Situation vignette|Carte topographique des Dentelles de Montmirail. Le massif, en forme de triangle, est délimité au nord-est par la crête de Saint-Amand, qui est son point culminant avec d'altitude, au nord-ouest par la plaine de l'Ouvèze, au sud par celle du Comtat Venaissin et, à l'est, par le défilé qui mène du Barroux à Malaucène, faille qui marque sa séparation d'avec les contreforts du mont Ventoux.

Les Dentelles de Montmirail englobent plusieurs communes, sur tout ou partie de leur superficie. Les territoires de Suzette, La Roque-Alric et de Lafare, au centre des Dentelles, sont intégralement dans le massif. Malaucène, Vaison-la-Romaine et Crestet ont la partie sud de leur territoire sur les contreforts septentrionaux. Le Barroux et Beaumes-de-Venise ont la partie nord de leur territoire qui s'étend sur le sud du massif. Les communes de Sablet, Séguret, Gigondas, Vacqueyras, à l'ouest, ont leur partie orientale sur ce dernierTourisme en Vaucluse.

Topographie vignette|Vue des Dentelles de Montmirail depuis Violès.

Les Dentelles représentent l'extrémité sud-ouest des Baronnies et le positionnement de ce massif en bordure de la vallée du Rhône l'expose à une intense érosion qui est accentuée par l'hétérogénéité des dépôts sédimentaires. Orienté est-ouest, suivant le plissement pyrénéo-provençal, sa partie septentrionale, aux bancs de calcaires très épais, présente une grande disparité avec la partie méridionale faillée et aux dalles de calcaire dressées verticalement et entrecoupées par un moutonnement de dépressions. .

Subdivisions Les Dentelles, sous leur forme de surrection de dalles calcaires, sont au nombre de trois. Elles sont parallèles entre elles. La première, dite chaîne du Clapis (), se déploie au sud, elle est fragmentée en trois parties : le Grand Montmirail, la Salle et le rocher Saint-Christophe. La deuxième, les Dentelles Sarrasines, située au centre, est moins étendue mais plus élevée (). La troisième, nommée Grande Montagne ou chaîne du Grand Travers, se trouve au nord du massif dans le prolongement du Saint-Amand.

Relief vignette|gauche|Les Dentelles Sarrasines. Les Dentelles forment un grand arc montagneux qui s'étend de l'Ouvèze au mont Ventoux. Il existe plusieurs sites remarquables : les Dentelles Sarrasines et le Grand Montmirail (présence d'une source sulfureuse) ; la crête de la Salle, la crête du Cayron et la crête Saint-Amand ; le col d’Alsau et le col du Cayron ; la grotte d’Ambrosi ; le rocher du Midi (belvédère). Ce massif de possède, dans sa partie nord, de lourdes croupes peu plissées qui s'affaissent doucement vers l'Ouvèze. Sa partie sud présente un relief plus contrasté au contact du mont Ventoux avec des plis, des dépressions et des cuestas.

Terrasses de culture vignette|gauche|Anciennes restanques sous le castellas de Beaumes-de-Venise. vignette|Restanques dans les Dentelles de Montmirail. vignette|gauche|Vignes en restanques sur la commune de Suzette. vignette|Vignoble en terrasses sur le terroir de Beaumes-de-Venise. Dans les Dentelles de Montmirail, comme sur tout le pourtour de la Méditerranée, la culture en terrasses est une très ancienne pratique agricole. Cette modification par l'homme du milieu naturel à des fins économiques a débuté à l'époque où il commença à maîtriser la nature pour pouvoir la cultiver. Comme l'explique Isabelle Scheibli :

Appelés restanques en Provence, ces terrasses de culture présentent plusieurs avantages. Le premier est de débarrasser le sol des pierres qui s'y trouvent et empêchent toute plantation. Le second est de récupérer ce matériau pour construire des murets en pierre sèche. Le troisième est de niveler, dans le même temps, le sol et de créer des bandes de terre arable. Enfin, lors des pluies violentes, cette technique permet de diminuer ou même d'éviter les ruissellements qui ravinent la terre cultivée.

Dans le massif et son piémont, existent toujours d'anciennes restanques qui structurent les coteaux et sculptent le paysage. Généralement petites et étroites, elles suivent les courbes de niveau et épousent les pentes. Patiemment édifiées au cours des siècles, elles sont le résultat du travail des restanqueurs ou murailleurs, ces terrassiers qui savaient élever les murets. Jusqu'au début du , travailler la terre à la main ou à l'aide du cheval était compatible avec l'exiguïté des terrasses et leur accès même étroit ou malaisé ne présentait pas d'inconvénient majeur.

Au fil du temps, beaucoup ont été abandonnées puis envahies par des broussailles. C'est surtout à partir de la Première Guerre mondiale que leur mise en culture a été délaissée et que les céréales, oliviers, arbres fruitiers et vignobles sont descendus en plaine. Puis la mécanisation et le souci de rendement ont modifié la donne. Les vignes en plaine ou sur des pentes défrichées pour créer de larges gradins simplifiaient un certain type de viticulture et répondaient aux nouvelles techniques de culture où la quantité primait sur la qualité. Cette exigence de rentabilité a conduit à terrasser au mépris des courbes de niveau, des règles traditionnelles de soutènement et de drainage. Ce qui a provoqué ou accentué le ravinement des parcelles de vigne.

Le passage en AOC inclut toujours un cahier des charges drastique pour améliorer et préserver la qualité du vin d'appellation. Dans le massif, le patrimoine des terrasses anciennes a été pris en compte et la vigne a recolonisé les restanques. Sur les coteaux, des banquettes étroites ont été adaptées aux exigences de la mécanisation et des techniques modernes de la viticulture tout en respectant l'esprit traditionnel de leur édification. La qualité des vins produits permet de .

Géologie vignette|Les terres du Trias, vitrine d'exposition à la cave Balma Ventitia de Beaumes-de-Venise. Le massif a commencé à se former géologiquement au cours du secondaire, entre d'années. Ses barres rocheuses, d'origine jurassique, ont été redressées verticalement par les mouvements tectoniques, puis érodées au fil des âges. Elles sont extrêmement faillées. La période du Trias est identifiable par ses argiles rouges dolomiques et ses marnes à gypse. Les calcaires appartiennent au jurassique et au crétacé inférieur. Au nord du massif, affleurent des arènes sableuses datées du Crétacé. Quant à la périphérie du massif, elle est recouverte essentiellement de sols tertiaires.

Au début du secondaire, lors du Jurassique supérieur, la zone était recouverte par une mer profonde, la fosse vocontienne. Au cours des millénaires, cette mer se rétrécit jusqu'à devenir un simple golfe étroit au centre du massif. Celui-ci commença à se dresser au début du tertiaire, entre 60 et 2 millions d'années.

vignette|gauche|Un aspect des Dentelles de Montmirail.

Sa surrection fut provoquée par le plissement pyrénéo-provençal. De cette période géologique datent les éminences de Gigondas, de La Roque-Alric et du Barroux. À la fin de cette ère, lors de la période du miocène, débuta une phase de sédimentation. Ces dépôts furent fracturés par la faille de Nîmes qui de la Catalogne aboutit aux Préalpes, au nord de Die.

La création de cette faille provoqua de gigantesques poussées. Des dépôts de sels gemmes remontèrent de , bousculèrent la couverture sédimentaire et s'étalèrent à la surface. Des gypses, des marnes noires et rouges émergèrent à leur tour. Ce fut lors de ce soulèvement général que se dressèrent verticalement les dalles calcaires. Ce phénomène géologique, connu sous le nom de diapir, a été comparé à un véritable volcanisme froid. Il est responsable du goût salé des ruisseaux et des sources du massif, notamment la Salette, et du retrait de la mer, qui occupait alors la plaine du Rhône et, bien sûr, de l'aspect des Dentelles de Montmirail dans leur structure actuelle.

Hydrographie Cours d'eau Dans le massif, la recherche de l'eau a toujours été une préoccupation essentielle. Cet élément vital, espéré et redouté, trop rare ou trop présent, alimente quelques sources ou de maigres cours d'eau. Si, la plus grande partie de l'année, ils sont à sec, un gros orage peut les gonfler en les transformant en des torrents de boue. La catastrophe du a été tragiquement ressentie avec la crue de la Salette qui a fait des morts. Même les vallats, petits rus, sont à craindre. Quant au Trignon, lors de l'un de ses débordements, il provoqua la destruction du monastère de Prébayon bâti sur ses rives.

Les averses du ont été la résultante d'un front orageux de flux ouest-est bloqué sur le flanc ouest du mont Ventoux. Dans le secteur du torrent de la Salette, il est tombé de pluie en l'espace de cinq heures. Les chiffres sont connus grâce à la station des Bernardins, à Beaumes-de-Venise. La première averse, modérée () est tombée entre et midi. Elle fut suivie d'une seconde beaucoup plus violente () qui dura jusqu'à . Ce qui a représenté un volume de de mètres cubes d'eau tombée dans le bassin versant de la Salette, qui a une superficie de seulement . .

Les Dentelles de Montmirail sont parcourues par plusieurs cours d'eau : la Salette Ce ruisseau de prend sa source entre Gigondas et Beaumes-de-Venise, pour traverser cette dernière, et rejoindre le Brégoux à Aubignan. Il est alimenté par plusieurs petits torrentsLa Salette ; la Combe (qui est d'abord la riaille de Suzette) Ce ruisseau de est l'un des trois affluents de la Salette, en traversant cinq des communes des Dentelles de Montmirail, depuis Suzette, jusqu'à Beaumes-de-Venise. Ce cours d'eau est lui-même alimenté par deux affluents (dont le Vallat du Fenouillet)le Vallat de Fenoiuillet et un sous-affluent, tous parcourant le massif des DentellesLa Combe ; le Vallat le Rioulas Ce ruisseau de est également un affluent du Brégoux. Il prend sa source au sud de la commune de La Roque-Alric, traverse Beaumes-de-Venise, et rejoint le Brégoux à AubignanLe Rioulas ; le Vallat de la Tuillère Ce ruisseau de est également un affluent du Brégoux. Il prend sa source au Barroux, traverse Saint-Hippolyte-le-Graveyron, et rejoint le Brégoux à CarombLa Tuillère ;