Amélie Beaury-Saurel, née le à Barcelone et morte à Paris 17 le , est une peintre et illustratrice française. Portraitiste, elle enseigne à l'Académie Julian à partir de 1895, et la dirige à partir de 1907.

Biographie Origines et formation Amélie Elise Anna Beaury nait à Barcelone en 1848Archives de Paris, acte de décès n° 1472, vue 4/31. de Camille Georges Beaury et Irma Catalina Saurel, originaire de l'aristocratie gréco-corse. Tous deux d’origine française, ils s’étaient établis dans la ville en 1845 pour y fonder une fabrique de tapis et de tapisseries, la « Saurel, Beaury y Compañía ». Amélie a deux sœurs, Irmeta et Dolores. À la fin des années 1850, la mort de son père sonne le glas de la prospérité familiale et sa mère quitte Barcelone pour Paris où elle fait donner à ses filles une formation de peinture sur porcelaine, afin qu'elles acquièrent un métier. Irmeta, peintre sur porcelaine et peintre d'éventails, participera plusieurs fois au Salon... Sa sœur Amélie considère la peinture sur porcelaine comme une activité commerciale sans créativité, et Madame Beaury l'inscrit au Louvre comme copiste, où elle reçoit des compliments de Joseph-Nicolas Robert-Fleury pour sa copie du Christ en croix de RubensCopie (huile sur toile, ) qui se trouve dans le chœur de l'église Saint-Étienne d'Issy-les-Moulineaux... Amélie devient élève de Pauline Coeffier., Jules Joseph Lefebvre, Tony Robert-Fleury et Jean-Paul Laurens à l'Académie Julian.

Carrière Amélie signe Beaury-Saurel par attachement à la famille de sa mère. Elle est essentiellement une peintre de portraits.

Elle expose au Salon à partir de 1874. Elle est reconnue comme une artiste majeure dès le salon de 1880. Elle obtient une troisième médaille en 1885 avec son Portrait de S…, remarqué par VéronThéodore Véron, Dictionnaire Véron, Salon de 1885, Poitiers 1885, ., une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889, et est première médaille à Barcelone la même année.. Elle est membre de l'Union des femmes peintres et sculpteurs où elle expose des portraits dès 1888... Elle expose aux Salon des artistes français jusqu'en 1924..

Elle devient rapidement une portraitiste renommée auprès d'une clientèle aisée, et est recommandée très tôt pour son talent par Léon Bonnat.

Elle réalise des illustrations pour différentes revues dont La Revue illustrée (1886) et L’Art et la Mode (1893). Elle reçoit le prix d'honneur de l'exposition Blanc et Noir (où elle envoie crayons et fusains) en 1891 pour son tableau intitulé Le travail de M. Frey, Maître d'armes..

Elle épouse Rodolphe Julian le et s'investit dans l'enseignement à l'Académie tout en continuant sa carrière de portraitiste. Dans son journal, Marie Bashkirtseff (également élève de Julian) parle avec un brin d'agacement de l'Espagnole… Elle est amie avec une autre élève célèbre, Louise Catherine Breslau..

Elle expose à Londres (1902), Bruxelles, Liverpool et Tananarive.

Après la mort de son mari, ainsi que de sa mère, début 1907, elle dirige l'Académie, avec l'aide de ses neveux Gilbert et Jacques Dupuis, enfants de sa sœur Dolorès.. Elle acquiert et aménage à Lapalud le « Château Julian » en mémoire de son mari, né dans ce village de Provence.

Elle est faite Chevalier de la Légion d'honneur en 1923.

Nos éclaireuses, œuvre-repère du féminisme Amélie Beaury-Saurel réalise de nombreux portraits de femmes ayant acquis une stature sociale, et une partie de son œuvre peut être considérée comme un manifeste féministe ; son travail contribue à promouvoir l’élimination des stéréotypes dans la représentation des femmes dans les arts, et sa carrière illustre l'avènement de la femme moderne s'émancipant des préjugés sociaux.

En 1891, elle peint une allégorie du travail incarnée par une artiste, que le journal La Joie de la maison utilisera en 1893 comme illustration d’un article en faveur de l’entrée des femmes à l’École des beaux-arts.

En 1893, elle peint, dans une sensuelle robe blanche entourée de couleurs chaudes, un œillet rouge à la ceinture en marqueur politique, le portrait de Séverine (Caroline Rémy), journaliste et féministe engagée aux côtés de Marguerite DurandChristine Bard, Catherine Tambrun, Juliette Tanré-Szewczyk et Lisa Mandel, Parisiennes Citoyennes ! Engagements pour l'émancipation des femmes 1789-2000, Musée Carnavalet-Histoire de Paris, Paries Musées 2022, ..

vignette|gauche|Carte postale reproduisant le tableau Nos éclaireuses, exposé au Salon de Paris en 1914.

Au Salon en 1914, elle expose Nos éclaireuses. Ce tableau présente sept femmes pionnières dont la poétesse Lucie Delarue-Mardrus., l'aviatrice Hélène Dutrieu., l'avocate Suzanne Grumberg., la peintre Henri Rochefort. née Marguerite Vervoort, une cochère et une cycliste. Les femmes s'y unissent en signe de solidarité et de la cause féministe. Cette œuvre repère dans l'histoire du féminisme, incarnant la récente et progressive conquête de domaines traditionnellement réservés aux hommes, a sans doute été inspirée par la pièce éponyme de Maurice Donnay, jouée en 1913Marguerite Durand donne l'argument de cette pièce dans une conférence en mars 1913...

Au début des années 1900, son image est utilisée sur l’étiquette du parfum La Féria de la maison Lenthéric, qui, comme le décrit sa publicité, s’adresse aux femmes indépendantes et créatives, traits symbolisés par Beaury-Saurel.

À la Société des Artistes Français, Beaury-Saurel contribue à l'admission d'artistes femmes telles que Francine Richard-Hennecart, Laure Boucher, Renée de Royer, Marthe Debes, Marguerite Babin, etc.

Elle décède à son domicile du 93 avenue Niel à Paris en 1924. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Elle tombe dans l’oubli, comme beaucoup d'artistes de sa génération, effacée par les avant-gardes, le modernisme et la main-mise masculine sur le monde de l'art. Elle est peu-à-peu redécouverte au travers des travaux de recherche et expositions consacrés à l'Académie Julian.

Liste des œuvres 1873 - Christ en croix (d'après Rubens), église Saint-Étienne, Issy-les-Moulineaux 1880 - Portrait de Léon Say, Musée de Louviers. 1884 - Portrait d'une femme noire, Collection Hérold 1890 - Académie, Toulouse, Musée des Augustins 1891 - Le Travail de M. Frey, Maître d'armes 1892 - Deux Vaincues, Mulhouse, Musée des beaux-arts 1893 - Portrait de Séverine, Paris, Musée Carnavalet 1894 - Dans le bleu (pastel), Toulouse, Musée des Augustins. 1894 - Le Repos du modèle, Musée d'Amiens 1894 - Portrait d'Arlette Dupuis, Collection Hérold 1894 - Portrait de Jacques Dupuis, Collection Hérold 1896 - L'écrivain public, Barbezieux-Saint-Hilaire, château - musée Gétraud 1897 - Barcelone, Barbezieux-Saint-Hilaire, château - musée Gétraud 1899 - Après déjeuner, Toulouse, Musée des Augustins 1899 - Salon de Paris de 1899 / Portrait de M. Alexis Ballot-Beaupré (1836-1917), président de la chambre civile de la Cour de Cassation. ; Portrait de Daniel Lesueur (1854-1921), femme de lettres. 1903 - Salon de Paris de 1903 / Portrait de femme dans le train 1913 - Portrait de G. C… 1914 - Nos éclaireuses 1914 - Portrait d'Adrienne Siou, Collection Hérold 1919 - Jean-Paul Laurens (1838-1921), Paris, Musée d'Orsay 1922 - Portrait de Gilbert Dupuis, Collection Hérold 1923 - Portrait de Léonce Bénédite (1859-1925) conservateur du Musée du Luxembourg Paris, Musée d'Orsay non daté : Portrait, fusain, , acheté par Alphonse de Rothschild qui en fait don en 1895 au musée des Beaux-Arts de Draguignan, inv. 184.. Bacchante, dessin à la sanguine, acheté par Alphonse de Rothschild qui en fait don en 1895 au musée des Beaux-Arts de Nîmes, IP 910..

Galerie

Expositions collectives Salons parisiens Amélie Beaury-Saurel présente ses œuvres au Salon de peinture et de sculpture, puis au Salon des artistes français en 1873, 1879, 1880, et de 1883 à 1923Sauf mention contraire, les informations de cette section pour la période 1873-1914 sont tirées de la base Salons du musée d'Orsay.. 1873 : Portrait de (), peinture 1879 : Portrait de (), peinture Le bandit repentant (), peinture 1880 : Portrait de (), huile sur toile, , musée de Louviers 1883 : Portrait de ma mère (), peinture Portrait de et Tête d’étude (), pastels 1884 : Portrait de (), peinture Portrait de la princesse T. J… (), dessin 1885 : Portrait de (), peinture Portrait de (), sanguine 1886 : Portrait de la princesse G…, en paysanne roumaine (), peinture Portrait de (), peinture Portrait de , de l'OdéonL'actrice Marguerite Baréty (1861-1938) ou sa sœur, l'artiste lyrique Henriette Baréty (1856-1906). (), fusain Portrait de (), pastel 1887 : Portrait de (), peinture Portrait de (), peinture Portrait de l'auteur (), dessin Portrait de (), pastel 1888 : Portrait de (), peinture Portrait de (), peinture Portrait de Marie Laurent (), dessin Portrait de (), pastel 1889. : Portrait de S. Carnot (), huile sur toile, , musée Carnavalet. Portrait de (), fusain Portrait de (), pastel 1890 : Portrait de (sic pour Coralie Cahen) (), peinture, gravée par Gustave Levy (Salon de 1891, )Un exemplaire numérisé de la gravure : . Portrait de () Portrait de , de la Comédie-Française (), fusain Portrait de (), fusain 1891 : Travail (), peinture Portrait de (), fusain Portrait de (), fusain 1892 : Deux vaincues (), huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Mulhouse Une doctoresse () "Souvenir des Toros" (), pastel sur toile, , musée des Beaux-Arts Jules Chéret de Nice, N.Mba 396., page consultée le 2 octobre 2025.. Portrait de (), fusain 1893 : Portrait de (), huile sur toile, , musée Carnavalet, P1449. A la campagne (), peinture Ecrivain public ; souvenir de Barcelone (), pastel Portrait de (), fusain 1894 : Portrait de l’auteur (), peinture Portrait de (), peinture Dans le bleu (), pastel, , musée des Augustins de Toulouse. Portrait de Léocadie Boguslawa Zelewska (1838-1924), épouse (1861) de Ernest Feydeau de qui elle eut Georges Feydeau, puis remariée (1876) à Henry Fouquier ; portraiturée à de nombreuses reprises par Carolus-Duran. (), pastel 1896 : "Echec et mat" (), peinture Portrait de (), peinture Modèle au repos (), pastel 1897 : La reine Juana (), huile sur toile, , musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, inv. 928.1.1, page consultée le 2 octobre 2025. Portrait de la princesse Tenicheff (), pastel Le premier né (), pastel, acheté par Alphonse de Rothschild qui en fait don en 1903 au musée des Beaux-Arts de Pau (non localisé en 2021).. 1898 : Marseille racontant ses luttes (), peinture Portrait de la comtesse d'A… (), peinture "Troublée" (), pastel Portrait de H… (), pastel 1899 : Portrait de (), peinture Portrait de (), peinture Fusain () Pastel () 1900 : Portrait de (), peinture Portrait de l'auteur (), fusain 1901 : Portrait de (), peinture Eve (), peinture 1902 : Portrait de (), peinture Hamlet (), peinture Portrait de ma mère (), dessin 1903 : Dans l’train (), peinture Portrait de (), pastel Petite malade () fusain 1904 : Nos filles (), huile sur toile, , musée municipal de La Roche-sur-Yon Portrait de (), peinture Flirt au champagne (), fusain Portrait de (), fusain 1905 : Au déclin (), peinture ; reproduit dans le catalogue illustré de l'exposition. ; portrait de William BouguereauUne gravure d'après le tableau est publiée dans la revue L'Art du (, avec la légende Portrait de Bouguereau. / Par . [sic] (Salon de 1905). . Portrait de la princesse Lucien Murat (), peinture Portrait de (), fusain 1906. Portrait de (), peinture Aux varietés (), peinture Portrait de (), pastel L'aveugle (), pastel 1908 : Portrait de (), peinture 1909 : Vingtième siècle (), peinture Portrait de (), dessin 1910 : Portrait de maître P… (), peinture Portrait de (), peinture Portrait de (), fusain Portrait de (), sanguine 1911 : Portrait de (), peinture 1913 : Portrait de (), peinture, reproduit dans L'Illustration du L'Illustration, , , ..