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Les droits des femmes sont des droits revendiqués pour les femmes dans de nombreuses sociétés à travers le monde, qui constituent la base du mouvement pour les droits des femmes du ainsi que le combat des mouvements féministes depuis le . Dans certains pays, ces droits sont institutionnalisés ou soutenus par la loi, la coutume locale et le comportement, tandis que dans d'autres pays, ils peuvent être ignorés, réprimés ou supprimés. Ils diffèrent des notions plus larges de droits humains en déclarant qu'il existe des inégalités historiques inhérentes s'opposant à l'exercice des droits des femmes et des filles, en faveur des hommes et des garçons.. La défense de ces droits est un objectif afin de parvenir à une société plus égalitaire.

Les problématiques communément associées aux notions de droits des femmes incluent, de façon non exhaustive, les droits : d'intégrité corporelle et d'autonomie, de ne pas subir de violence sexuelle, de voter, d'être élue, d'entrer dans un contrat légal, d'être considérée comme l'égale du mari et du père au sein de la famille, de travailler, d'avoir accès à des salaires justes et à l'égalité salariale, de maîtriser sa reproduction (contraception et avortement), de propriété, d'accéder à l'éducation..

Depuis 1945, les droits des femmes font l'objet de conventions internationales visant à les garantir, mais les femmes continuent de ne pas jouir de l’égalité des droits avec les hommes.

Domaines Droits naturels gauche|vignette|La manifestation de femmes à Barcelone du 10 juillet 1910, organisée par Ángeles López de Ayala, pour l'éducation laïque et l'émancipation.

Le philosophe grec Aristote est à l'origine de l'idée que l'homme est un « animal rationnel » et en tant que tel une puissance naturelle de la raison. Les concepts de la nature humaine dans la Grèce antique dépendent du sexe ou de l'appartenance ethnique par exemple.

Inspirés par les philosophes classiques, les philosophes Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau ou John Locke développent aux et s la théorie du droit naturel. Ils soutiennent que les droits naturels ne sont pas dérivés de Dieu, mais sont « universels, évidents et intuitifs » comme les lois de la nature. .

Leurs points de vue sont opposés aux par des philosophes évangéliques de la théologie naturelle tels que William Wilberforce et Charles Spurgeon, qui plaident pour l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits des hommes et des femmes. Ils affirment que toutes les personnes ont une nature humaine, indépendamment de leur sexe, de leur appartenance ethnique ou autres qualifications, par conséquent toutes les personnes ont des droits naturels..

D’autre part, des courants contestataires féministes commencent à se faire jour, portés par des femmes : citons par exemple Olympe de Gouges, qui rédigea en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

L'une des premières manifestations de femmes en faveur de ces droits se déroule à Barcelone le , organisée par Ángeles López de Ayala..

Droit de propriété et autres droits fonciers vignette|« Nous sommes la moitié du monde, nous demandons la moitié de la terre », campagne des femmes pour le droit à la terre à Gwalior en Inde (2018). Au , des femmes, comme Ernestine Rose, Paulina Wright Davis, Elizabeth Cady Stanton, Harriet Beecher Stowe, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, commencent à contester les lois qui leur refusent le droit à leur propriété une fois qu'elles sont mariées. En vertu de la doctrine de la , les maris prennent le contrôle des biens immobiliers et des salaires de leurs épouses.

À partir des années 1840, les assemblées législatives des états des États-Unis. et le Parlement britannique. commencent à adopter des lois protégeant la propriété des femmes de leurs maris et des créanciers de leurs maris. Ces lois sont connues sous le nom Loi sur la propriété des femmes mariées.. Les droits de propriété des femmes continuent d'être limités dans de nombreux pays européens jusqu'aux réformes juridiques des années 1860-70. Par exemple, en Allemagne de l'Ouest, la loi relative à la succession agricole rurale favorise les héritiers mâles jusqu'en 1963.. Aux États-Unis, les lois dites "chef et maîtres" (Head and master laws), qui donnaient le contrôle exclusif des biens matrimoniaux au mari, étaient courantes jusqu'à il y a quelques décennies. La Cour suprême, dans Kirchberg contre Feenstra (1981), a déclaré ces lois inconstitutionnelles..

Dans de nombreux pays d'Afrique, les femmes qui jouissaient dans le droit coutumier de droits à exploiter des terres dont la propriété était collective ou de droits fonciers indirects, ont vu globalement leur situation régresser avec la codification de la propriété et la privatisation des terres, que celle-ci aient été menées à l'initiative des puissances coloniales en place ou ultérieurement. Le phénomène est dans certains pays aggravé par les règles d'héritage ou le statut de mineure héritée du Code Napoléon.. Cette absence ou ces limitations d'accès à la propriété foncière obèrent les capacités des femmes à assurer leur développement ou survie économique, l'agriculture étant l'une des principales activités économiques dans les zones rurales..

Droit au travail Le droit au travail des femmes comprend l'accès non discriminatoire des femmes aux emplois et l'égalité de rémunération avec les hommes.

Au Moyen Âge, les femmes peuvent exercer divers métiers (médecins, meunières...) mais elles sont progressivement exclues des activités les plus rémunératrices. À la Renaissance, les hommes prennent la direction des corporations féminines et les suppriment jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que trois en 1675 : lingères, bouquetières et limières-chanvrières..

Pendant longtemps en Europe, les femmes mariées ne peuvent pas travailler sans le consentement de leur mari : en France jusqu'en 1965, en Espagne jusqu'en 1975 malgré l'égalité mise en place sous la Seconde République (1931-1939) supprimée après la guerre d'Espagne (voir Droits des femmes pendant le franquisme et la Transition) et en Grande-Bretagne jusqu'en 1919 (voir ) et certaines professions leur sont simplement interdites.

En 2019, selon une étude de la Banque mondiale, les femmes ne bénéficient que des trois-quarts des droits accordés aux hommes.. Dans toutes les zones géographiques, ces restrictions à l'emploi se concrétisent par leur surreprésentation dans le secteur informel..

En France, le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances. publie en 2021 Chiffres-clés : vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.. Cette politique publique est relayée à trois niveaux - national, régional, départemental (exemple en Occitanie)..

En Afrique, l'un des facteurs limitant l'accès à l'emploi est la difficulté d'accès à la propriété foncière.

Droit à un revenu égal

L'écart salarial moyen entre les femmes et les hommes dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se resserre mais à un rythme très lent. Il passe de 14,5 % en 2010 à 13,5 % en 2019. À l'inverse, dans le reste du monde, l'égalité se dégrade en moyenne. Cela signifie que les progrès mondiaux vers la réduction de l'écart salarial sont au point mort.. La Corée présente le plus grand écart salarial entre les sexes avec 34,1 %, suivie du Japon avec 24,5 % et d'Israël avec 21,8 %. La Belgique présente l'écart le plus faible avec 3,7 %, la Grèce avec 4,5 % et le Costa Rica avec 4,7 %.. En 2019, le revenu annuel moyen des femmes dans le monde est de , contre pour les hommes.. Ces écarts sont très souvent accentués dans le secteur informel.

Les raisons sont multiples. Tout d'abord, les femmes sont fortement représentées dans de nombreux emplois qui ont été remplacés par l'automatisation, sont sous-représentées dans les rôles technologiques émergents et elles assument une part disproportionnée de travail de soins aux enfants et aux malades.. En outre, dans de nombreux pays, les femmes sont désavantagées pour accéder au crédit, à la terre ou aux produits financiers, ce qui les empêche de créer une entreprise ou de gagner leur vie en gérant des actifs.

Les femmes ont le plus d'opportunités économiques au Bénin, en Islande, au Laos, aux Bahamas et au Bélarus et le moins d'opportunités en Inde, au Pakistan, au Yémen, en Syrie et en Irak.

Droit de vote

vignette|Allemagne, 1919; Affiche de vote; « Frauen ! Gleiche Rechte, Gleiche Pflichten » (« Femmes ! Les mêmes droits, les mêmes devoirs »).|gauche Au cours du , certaines femmes commencent à demander, exiger, puis manifester pour le droit de vote - le droit de participer à leur gouvernement et à l'élaboration de ses loisKrolokke, Charlotte and Anne Scott Sorensen, 'From Suffragettes to Grrls' in Gender Communication Theories and Analyses:From Silence to Performance (Sage, 2005).. D'autres femmes s'opposent au suffrage des femmes, comme , qui soutient dans la brochure de 1897 Femme et la République qu'elles peuvent avoir l'égalité juridique et économique sans le droit de vote..

Les idéaux du suffrage féminin se développent parallèlement à celui du suffrage universel et aujourd'hui, le suffrage féminin est considéré comme un droit dans la majorité des pays du monde (en vertu du Protocole facultatif à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes). Au cours du , le droit de vote est progressivement étendu dans de nombreux pays et les femmes commencent à faire campagne pour leur droit de vote. En 1893, la Nouvelle-Zélande devient le premier pays à donner aux femmes le droit de vote au niveau national puis l'Australie en 1902..

Un certain nombre de pays nordiques accordent aux femmes le droit de vote au début du : la Finlande (1906), la Norvège (1913), le Danemark et l'Islande (1915). Avec la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreux autres pays suivent - les Pays-Bas (1917), l'Autriche, l'AzerbaïdjanTadeusz Swietochowski. Russia and Azerbaijan: A Borderland in Transition. Columbia University Press, 1995. et Reinhard Schulze. A Modern History of the Islamic World. I.B.Tauris, 2000. ., le Canada , la Tchécoslovaquie, la Géorgie, la Pologne et la Suède (1918), l'Allemagne et le Luxembourg (1919), l'Espagne (1931), la Turquie (1934) et les États-Unis (1920). Les adoptants tardifs en Europe sont la France en 1944, la Grèce en 1952, la Suisse (1971 au niveau fédéral ; 1959–1991 sur les questions locales au niveau cantonal), le Portugal (avec des restrictions dès 1931, puis en 1976 à égalité avec les hommes) ainsi que les micro-états de Saint-Marin en 1959, Monaco en 1962, Andorre en 1970 et Liechtenstein en 1984.. Bahreïn accorde le droit de vote aux femmes en 2001..

Au Canada, la plupart des provinces adoptent le droit de vote des femmes entre 1917 et 1919, les adoptants tardifs étant l'Île-du-Prince-Édouard en 1922, Terre-Neuve en 1925 et le Québec en 1940..

En Amérique latine, certains pays donnent aux femmes le droit de vote dans la première moitié du : Équateur (1929), Brésil (1932), Salvador (1939), République dominicaine (1942), Guatemala (1956) et Argentine (1946). En Inde, sous la domination coloniale, le suffrage universel est accordé en 1935. D'autres pays asiatiques donnent aux femmes le droit de vote au milieu du : Japon (1945), Chine (1947) et Indonésie (1955). En Afrique, les femmes ont généralement le droit de vote en même temps que les hommes : Liberia (1947), Ouganda (1958) et Nigeria (1960). Dans de nombreux pays du Moyen-Orient, le suffrage universel est acquis après la Seconde Guerre mondiale. Au Koweït, les femmes obtiennent le droit de vote en 2005., aux Émirats arabes unis en 2006, au Bhoutan en 2007 et en Arabie Saoudite en 2011 (seulement pour les élections locales, comme les hommes)..

Droit à la liberté de mouvements vignette|Femme aux pieds bandés dans les années 1870.