La base aérienne 705 « François et Jean Tulasne » (BA 705 Tours) est une base aérienne de l'armée de l'air française située principalement sur l'aéroport de Tours St-Symphorien sur les communes de Tours et Parçay-Meslay dans le département d'Indre-et-Loire. Elle a abrité de 1961 à 2020 l'École de l'aviation de chasse 314 « Christian Martell ».. Elle comprend le centre de contrôle militaire de Cinq-Mars-la-Pile ainsi que des unités de l'État-major et d'autres services. Avant 1961, elle a porté successivement les numéros de base aérienne 131, puis base aérienne 109.

Histoire de la base aérienne de Tours Création du camp Parcay-Meslay vignette|gauche|Caudron G-III

Le camp d'aviation de Parcay-Meslay est créé lors de la Première Guerre mondiale, le , sur le territoire de Saint-Symphorien, ancienne commune aujourd'hui rattachée à la ville de Tours, de Sainte-Radegonde et de Parçay-Meslay.

Destinée à former des pilotes, l'école d'aviation de Tours qui s'y installe est alors dotée de biplans Caudron G III et quelques G IV. Son premier commandant est le capitaine Maximilien Münch. Lui succède, en , le capitaine Jean Mortureux, au cours d'une rare cérémonie publique, en présence du lieutenant-colonel Girod, député du Doubs et inspecteur général des écoles. De retour en première ligne, Maximilien Münch trouve la mort le , abattu par un avion allemand.

En , arrive le troisième commandant, le capitaine Olivier Galouzeau de Villepin, au moment où débarquent les premiers aviateurs américains venus à Tours passer le brevet élémentaire de pilote. Les premiers à voler sont des militaires de l'US Navy (First Aeronautic Detachment), à partir du . Parmi eux, Thomas W. Barrett, victime d'un accident le , est le premier marin américain mort au cours de cette guerre.

Le , l'école est cédée aux Américains qui possèdent leur quartier général de l'arrière à Tours. Elle devient la 2nd AIC (Aviation Instruction Center). Ils y forment surtout des pilotes d'observation, des observateurs et des photographes. Parmi les pilotes brevetés à Tours, l'as américain, Eddie Rickenbacker.

L'école, qui souffre du mauvais état du terrain et d'un manque récurrent de pièces pour entretenir ses avions, est toujours équipée de Caudron G III et G IV. Puis l'aviation américaine utilise des Sopwith 1 A2 (plus connus sous le nom de 1½ Strutter), indifféremment aux couleurs américaines ou françaises, et des DH.4.

Le d'aviation d'observation vignette|gauche|Salmson 2. vignette|gauche|Breguet 14 sur le camp américain de Romorantin tout proche, en 1918. vignette|gauche|Breguet 27, en 1934.

En 1919, une fois la paix revenue, le site redevient français . Il accueille le groupement d'aviation dirigé, à partir de juillet, par le commandant Émile Muiron. La première escadrille à revenir est la Sal 277, équipée d'avions Salmson 2 A2, suivie de la Br 226 (Breguet 14 A2) et de la Sal 10 (Salmson 2 A2). Le , le GA 1 devient d'aviation. Le commandant Émile Muiron le dirige à titre provisoire, bientôt remplacé par le commandant Maurice Précardin qui rentre de mission en Argentine. Le régiment change de nom le pour devenir le d'aviation d'observation.

Le camp d'aviation de Parçay-Meslay est le seul terrain de l'ouest de la France. Il travaille au profit des , et d'armée, de la Rance à la Gironde. Le RAO compte, après une longue mise en place, trois groupes de deux escadrilles : groupe d'observation avec les (Sal 277, un épervier dans un fer à cheval) et (Sal 10, porc-épic) ; groupe d'observation avec les (Br 226, un poussin sortant d'un œuf avec des jumelles) et (C 56, scarabée égyptien) ; groupe de reconnaissance avec les (Spa 42, vautour égyptien) et (Sal 39, le lapin à la trompette).

Succèdent au lieutenant-colonel Précardin : Edmond Guillemeney (1924), le Tourangeau Joseph Tulasne (1926), André Voisin (1927) puis Émile Muiron (1931). Sans oublier plusieurs commandants à titre provisoire tels les lieutenants-colonels Roger Saint-Gal, René Antoinat, Marcel Jauneaud et François de Castel qui, ce dernier, l'a été à titre provisoire puis intérimaire.

Plusieurs pilotes marquent le par leurs exploits sportifs au cours de cette période : l'adjudant-chef Foiny, le lieutenant Gonnet, l'adjudant Duroyon et le lieutenant Lasalle, qui trouve la mort en décembre 1929 lors d'un raid civil entre Paris et Saïgon. En souvenir de la mort, en , du commandant François Tulasne (frère du général Joseph Tulasne, père de Jean Tulasne, commandant de l'escadrille Normandie), le nouveau casernement, à gauche de la nationale 10 en allant vers Paris, prend le nom de quartier Tulasne en 1930, à l'initiative du lieutenant-colonel Jauneaud. Après la Seconde Guerre mondiale, la partie située à droite (hangars et pistes) prend celui de Commandant Jean Tulasne d'où le nom actuel de la base : Commandants François et Jean Tulasne, associant, exemple unique, le père et son fils.

Côté avions, le Salmson 2 A2 disparaît rapidement au profit exclusif du Breguet 14 A2, lui-même remplacé par le Potez 15 A2 (à partir du mois de ), puis par le Potez 25 () et le Breguet 27 ().

Base aérienne 131 : de l'observation au bombardement vignette|gauche|Breguet 19 A2.

En 1930, le RAO accueille un groupe d'observation venu de Mayence (Allemagne) à la suite de l'évacuation des territoires rhénans occupés par l'armée française. Les deux escadrilles (F 19 et Br 104) sont équipées de Breguet 19 A2. Elles forment un quatrième groupe au RAO, le GR 1, jusqu'à leur départ pour Nancy en 1933, pour laisser la place à une partie du de chasse, venue de Strasbourg : les Cigognes (Spa 3, Spa 103, Spa 57 et Spa 65) équipées de Nieuport.

À partir du , le camp de Parçay-Meslay change et prend l’appellation de Base aérienne 131. Tours hébergeait déjà deux structures depuis plusieurs années : le siège de la aérienne, commandée par le général Pujo ; et, à l'échelon inférieur, la dirigée par le colonel Émile Muiron. Sont créées, en ce début d'année 1934 : deux demi-brigades, une à Châteauroux et une à Tours. Celle de Tours, la , est commandée par le lieutenant-colonel de Castel ; la base aérienne 131, proprement dite, commandée par le lieutenant-colonel Laurent ; deux unités qui, de régiments, deviennent escadres : la de chasse avec le lieutenant-colonel Bladinières à sa tête et la d'observation commandée par Georges Thenault.

La reste jusqu'en 1936. Elle rejoint alors Chartres (la Base aérienne 122 Chartres-Champhol), pour se rapprocher des zones à défendre en cas de conflit.

Base aérienne 109

Par changement de dénomination, la Base aérienne 131 est dissoute, et la Base aérienne 109 est créée le .

Le , l'escadre change de spécialité : d'observation, elle devient escadre de bombardement. Un de ses groupes est alors commandé par le lieutenant-colonel Louis Mailloux, ancien compagnon de Mermoz sur l', sur la traversée de l'Atlantique sud. En , la de bombardement passe de six à quatre escadrilles. Le groupe ainsi prélevé participe à la création de la de bombardement.

thumb|left|Bloch MB-200. Les deux escadres sont équipées successivement de Potez 540, de Bloch MB.200 et de Bloch MB.210. Après la déclaration de guerre, la utilise des , alors que la délaisse ses pour faire de l'appui tactique avec des Breguet Br.693.

Le , deux Bloch 210 de la se heurtent lors de leur approche, à proximité de la base. Les neuf occupants sont tués dont le lieutenant-colonel Louis Mailloux, commandant l'escadre. C'est l'accident d'aviation le plus grave qui s'est déroulé en Indre-et-Loire.

En , un centre d'instruction de reconnaissance est installé sur la base, il y restera jusqu'en . Il est équipé de .

Occupation allemande À partir de 1940, la Base aérienne 109 est occupée par l’armée allemande. Une École de l'Aviation de Chasse est alors créée en 1943 à Marrakech, au Maroc, où elle forme des pilotes de chasse français. Elle stationne en 1944 sur la Base de Meknès et prend le nom de parrain de Christian Martell, pilote légendaire des Forces aériennes françaises libresAlpha 705, magazine officiel de la BA 705, édition spéciale 50 ans de l'École d'Aviation de Chasse, à télécharger ici.

De l'école des moniteurs à l'école de chasse vignette|gauche|Dewoitine D.520.

Après la libération, les centres d'instruction de la Chasse (CIC) sont particulièrement disséminés. Par exemple, un CIC est créé sur la Base Aérienne 122 Chartres-Champhol, de à , date à laquelle il se replie sur la Base Aérienne 120 Cazaux.

Une école de pilotage et de formation de moniteurs, en provenance de Meknès au Maroc, s'installe sur le site. Elle utilise des Dewoitine D.520. S'y constitue une patrouille de l'école des moniteurs de Tours qui vole sur Stampe SV4-A. Le , l'unité est transférée à Cognac, la patrouille à Étampes où elle prend le nom d'escadrille de présentation de l'armée de l'air 58 (EPAA 58). La base ne possède plus alors que des organismes de sécurité aérienne et un atelier de réparation.

vignette|gauche|Gloster Meteor NF11, restauré en Angleterre en 2003.

En 1952, la création d’une nouvelle piste va permettre d’accueillir le glorieux groupe de chasse de nuit « Lorraine », équipé de De Havilland Mosquito, puis de Gloster Meteor. En 1953, l’aérodrome de Tours est ouvert à la circulation aérienne publique et prend le statut d’aérodrome mixte, pour lequel l’Armée de l’air est désignée comme affectataire principal. À la suite de l'adjonction des groupes « Loire » et « Camargue », l'ensemble devient la de Chasse de nuit. À partir de 1957, elle est équipée de SO.4050 Vautour. Elle y restera jusqu'en 1961.

Base aérienne 705 vignette|Dassault Ouragan, conservé au musée du château de Savigny-lès-Beaune.

Le , l'école d'aviation de chasse « Christian Martell », en provenance de Meknès, s'installe sur la base de Tours, qui devient la base aérienne 705. Elle est commandée de 1963 à 1966 par le Colonel Jean Godde qui lui donne le nom de Jean Tulasne en 1964. Elle utilise des Dassault Ouragan et des T-33. En 1965, le centre de Détection et de Contrôle 07.927 (CDC) quitte le site de Tours pour s'installer sur le site de Cinq-Mars-la-Pile.

L'école des pilotes de chasse de la marine en Algérie est aussi dissoute, et les pilotes de l'aéronavale se retrouvent également à Tours avec un petit détachement de techniciens de la Marine nationale française, qui se retrouvent incorporés au sein des services techniques de la base de l'armée de l'air de Tours. Les pilotes de la Marine, élèves, moniteurs pilotes plus les quelques techniciens (mécaniciens, électriciens et électroniciens d'avions avec deux personnes de spécialité administrative) forment la section Marine école de Tours, unité de marine en détachement de 50 personnes environ (suivant les promotions et les années) jusqu'à sa dissolution en 1995. Dépendant administrativement de la base de Landivisiau, elle est rattachée au colonel commandant la BA 705 et commandée par un chef de détachement, le plus souvent un moniteur pilote Marine au grade de capitaine de corvette ou de frégate. Les techniciens sont tous volontaires pour 4 ans sur la base et sont successivement formés pour la spécialisation des avions de la base sur les T-33, Mystère IV et Alphajet, et durant près de trente ans les techniciens qui sont affectés dans cette unité marine travaillent conjointement avec ceux des services techniques (GERMAS 15/314) de l'Armée de l'air.

Le , le Commandement des écoles de l'armée de l'air prend possession de ses locaux sur la base de Tours. En 1976, le CDC de Brest est rattaché à la base 705 et prend le nom de CDC 08.927. En 1979, l'école de chasse reçoit son premier Alphajet.

En 1980, le site accueille le centre administratif territorial air (CATA) qui devient, en 1991, le Service des rémunérations et des pensions du commissariat de l'air (SERPECA). À partir de , celui-ci devient un organisme unique pour toute l'armée de l'air.

Le , l'école de chasse est entièrement équipée d'Alphajet et abandonne les T-33.

thumb|right|250px| Alpha Jet École de l'aviation de chasse.