Le de dragons parachutistes (ou ) est un régiment parachutiste intégré aux forces spéciales de l'armée française faisant partie du commandement des actions spéciales terre, créé sous la Révolution à partir du régiment des dragons de Monsieur, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime. Il reprend également l'héritage des dragons de l'Impératrice du Second Empire.
Il fut transformé en unité blindée équipée de chars en 1936, puis en unité parachutiste en 1952.
Spécialisé dans le renseignement à partir de 1963, il fait partie, depuis 2002, des forces spéciales terre et dépend, pour emploi, du chef d'état-major des armées et, par délégation, de la direction du Renseignement militaire (DRM) ou du commandement des opérations spéciales (COS)Page du « 13 » sur le site du ministère de la Défense..
Création et différentes dénominations : levée du régiment en Languedoc par le marquis de Barbezières ; 1714 : Régiment des Dragons de Goesbriand ; : renommé Dragons de Condé. ; 1744 : prend le nom de Régiment de BartillatÉtat militaire de 1760 et Louis Joachim Jehannot de Bartillat ; 1774 : prend le nom de « régiment du Comte de Provence-dragons », puis la même année de « Dragons de Monsieur » ; : il devient le « de dragons » ; : renommé « régiment des dragons de Condé » ; : reprend son nom de « de dragons » ; 1815 : dissolution du régiment ; 1870 : formation du de dragons à partir d'un régiment de marche ; 1871 : le de dragons fusionne dans le de dragons et le régiment de dragons de l'ex-Garde, anciennement , reforme le de dragons 1940 : à nouveau dissous après la perte de 90 % de ses effectifs ; 1944 : nouvelle formation ; 1946 : dissolution ; 1948 : nouvelle formation ; 1952 : réorganisation du régiment qui prend son nom définitif de de dragons parachutistes
Historique des garnisons, combats et batailles Révolution et Empire vignette|Certificat de congé absolu, , de Jean-François Parisot, (6 frimaire An X). 1792 : Armée du Nord Siège de Thionville (dépôt) bataille de Valmy Vouziers Bataille de Jemappes 1793 : Armée de Belgique 1794 : Armée du Nord, Bataille d'Aldenhoven (1794) Grave prise de Breda 1797 : passage du Rhin, bataille de Diersheim 1799 : Bataille de Frauenfeld, Rapperschwyl, et Première bataille de Zurich 1800 : Fregelhurts, Gorges, Enfer, blocus d'Ingolstadt et bataille de Hohenlinden 1805 : bataille de Haslach-Jungingen passage du Rhin passage du Danube Enns Bataille d'Hollabrunn (1805) 2 décembre : Bataille d'Austerlitz 1806 : Campagne de Prusse et de Pologne 14 octobre : Bataille d'Iéna Nasielsk Bataille de Pułtusk 1809 : Bataille de La Corogne, Première bataille de Porto et passage du Tage 1811 : Bataille de Ciudad-Real 1812 : La Rosas, bataille de la Moskova 1813 : Campagne d'Allemagne 16-19 octobre : Bataille de Leipzig 1814 : Campagne de France (1814) 14 février 1814 : Bataille de Vauchamps bataille de Mormant bataille de Saint-Dizier
À la première Restauration, selon l’ordonnance du , le corps devient « Régiment des Dragons de Condé » et prend le numéro 8 dans l’arme (4 escadrons de 2 compagnies de 78 hommes).
1815 : Aux Cent Jours, par ordonnance du , le corps reprend le nom de de dragons. Affecté au de cavalerie sous Exelmans, division de dragons Stroltz, brigade Burthe. Combat de Fleurus le , de Ligny le 16, de Perwez le 17, de Wawre sous Grouchy le 18 – repli sur Paris – Combat de Vélizy le .
Le corps est licencié à Saintes le .
Guerre de 1870-1871 Le regroupement de quatre escadrons formés par divers régiments début septembre 1870 permet la formation à Paris d'un nouveau régiment de marche, le de marche de dragons. Il s'agit du du de dragons, du du de dragons, du du de dragons et du du de dragons..
Le régiment est renommé en octobre 1870. Au , le de dragons fait partie de l'armée de Paris. Avec le de dragons du colonel Bonaparte-Paterson (ancien de marche de dragons), le la aux ordres du général de Gerbrois (du cadre de réserve) ; cette avec la du général Cousin constituent la division de cavalerie commandée par le général de Champéron ; cette division de cavalerie évolue au sein du d'armée ayant pour commandant le général de division d'Exéa-Doumerc. Ce d'armée fait partie de la ayant pour commandant en chef le général de division Ducrot..
Le régiment compte alors 38 officiers et 511 hommes.
De 1871 à 1914 Après la fin de la guerre, le fusionne dans le de dragons. Cependant, le est recréé le par renommage du régiment de dragons de l'ex-Garde, ou dragons de l'Impératrice, formé en 1856.
À partir du rétablissement de la paix en 1871, le de dragons est caserné à Melun, au sein de la . Il forme, avec le (à Fontainebleau) et le (à Orléans), la de dragons, une des subdivisions de la de cavalerie..
Les régiments de dragons sont alors des unités de cavalerie lourde, dont le rôle principal est le combat de cavalerie. Les cavaliers montent des chevaux anglo-normands, ils sont armés du sabre, de la lance (à partir de 1890) et d'une carabine (modèle Berthier 1890). La tête du cavalier est protégée par un casque métallique à cimier, avec une crinière flottante.
Première Guerre mondiale Le de dragons fait partie de la de cavalerie jusqu'au , date de dissolution de la division, ..
Selon le plan XVII, cette division de cavalerie doit être affectée à la couverture de la mobilisation, lui confiant le secteur de la Woëvre méridionale, de Pont-à-Mousson à Conflans, en soutien du d'armée. Lors de la mobilisation française de 1914, le quitte donc Melun le dans quatre trains (un par escadron), pour arriver successivement dans la nuit du au à Sorcy (près de Rethel). Cinq jours plus tard, le régiment (avec toute sa division) fait désormais partie de la française. La cavalerie est très faiblement engagée lors de la bataille des Ardennes (un épisode de la bataille des frontières) le , couvrant le flanc droit de la , puis dans la bataille de Revigny (une partie de la bataille de la Marne) du 6 au . À partir de l'automne 1914, comme toutes les autres unités de cavalerie lors du conflit, le participe aux combats démonté (à pied), tel que par exemple pendant la bataille des Flandres en 1914.
En 1915, les divisions de cavalerie sont maintenues par l'état-major en réserve, dans l'espoir de les engager une fois le front allemand percé lors des offensives françaises. La de cavalerie est désormais affectée au de cavalerie, qui stationne à proximité du front lors de la bataille d'Artois (mai-) et de celle de Champagne (septembre et ) : un escadron du régiment est envoyé dans les tranchées. D' à , la de cavalerie occupe une portion du front près de Prosnes. De juillet à , elle est à l'instruction..
Après la dissolution de la de cavalerie en (les grandes unités de cavalerie devenant inutiles avec un front stable), le est affecté au colonial., descendant dans les tranchées des Vosges puis à Verdun en octobre et novembre 1917.. En , les escadrons du régiment participent à la bataille du saillant de Saint-Mihiel..
Après l'armistice du 11 novembre 1918, le entre en territoire allemand, participe à la marche au Rhin et à l'occupation de la Rhénanie.. Au printemps 1919, le régiment passe au d'armée (après la dissolution du colonial).
Entre-deux-guerres Après la signature de la paix en 1919, le retrouve son quartier de cavalerie à Melun, au sein de la de cavalerie.
vignette|SOMUA S-35 du colonel commandant le régiment défilant le . En 1937, dans le cadre du programme de mécanisation progressive de la cavalerie française, le régiment est transformé en unité d'« automitrailleuses de combat » (le nom des chars de combat dans la cavalerie), avec deux escadrons de et deux autres de , au sein de la toute nouvelle légère mécanique (l'ancienne de cavalerie), où il forme avec le de dragons (de Provins), la légère mécanique.
Seconde Guerre mondiale Le de dragons, au sein de la légère mécanique qui fait partie avec la du corps de cavalerie (du général René Prioux) affecté à la , traverse la frontière franco-belge le . Selon le plan Dyle, la mission des unités blindées françaises est d'assurer la couverture du déploiement de l'infanterie derrière elles ; la arrive à Gembloux dès le soir du . Le , la arrive au contact, engageant les Français ; le 13, c'est tout le blindé allemand qui attaque, essentiellement dans le secteur de la (bataille de Hannut). Le , le corps de cavalerie se réfugie derrière la d'infanterie motorisée qui vient de terminer son déploiement. Dans la seconde moitié du mois de , toute la française se retrouve encerclée en Belgique ; le personnel du est évacué à Dunkerque, abandonnant leurs véhicules.
Les équipages du reviennent en France, et sont rassemblés avec les restes de la autour de Dourdan. La division est partiellement reconstituée sous forme d'une division « allégée » : un régiment mixte / est rééquipé avec les quelques engins qui traînaient dans les dépôts, les écoles ou sortant des usines. Le , la division fait mouvement à l'est de Pacy-sur-Eure.. Le , l'ordre de retraite générale pour toute l'armée est donné : la mission des DLM est désormais de couvrir la retraite. Elle est engagée à Jaudrais et à Senonches, puis combat sur la Loire autour de Tours le 19, puis sur la Creuse à La Haye-Descartes le . Le à minuit, heure d'application de l'armistice, la est à Thiviers. Elle est dissoute le . Comme les chars sont interdits par les conventions d'armistice, le est dissous.
Recréée le ., l’unité est rattachée au printemps 1945 à l’armée commandée par le général de Larminat chargée de la réduction des poches de résistance allemandes sur la côte atlantique. Il participe de ce fait à la reconquête de Royan (opération Vénérable), de l'île d'Oléron (opération Jupiter), l'encerclement de La Rochelle (opération Mousquetaires), et la libération de la pointe de la Coubre, 51.. En , le régiment armé de chars britanniques Cavalier et de B1bis est rattaché à la nouvellement formé division blindé envoyé en Allemagne.. En , il participe à l'occupation du Palatinat rhénan. Il y reste jusqu'à sa dissolution, le . Les effectifs restants sont réaffectés au de chasseurs d'Afrique, au de chasseurs à cheval et à la aéroportée.
Depuis 1945
vignette|redresse|Défilé avec des Daimler Ferret à Philippeville en Algérie le . Le régiment devient parachutiste en 1952 et connaît une dernière transformation au début des années 1960http://www.cehd.sga.defense.gouv.fr/IMG/pdf/cahier32partie2.pdf. Envoyé en Algérie en 1954, il est intégré à la 25 division parachutiste constituée le . Le , il est transféré à la 10 division parachutiste. Du au , il appartient à la 11 DLI avec les autres régiments paras des et (sauf le et les et qui étaient dissous), dissoutes le , après le « putsch des généraux ». il sera un des quatre régiments équipés de Daimler Ferret.
Transformation en unité de renseignement Dans les années 1950, les réflexions sur le combat dans un contexte nucléaire entraînent l'étude des besoins en renseignement du corps de bataille. Un an après l'exercice Javelot II de septembre 1954, qui avait pour but d'engager une brigade légère blindéerevue Défense Nationale de janvier, mai et décembre 1954., la met sur pied, lors des manœuvres Éclair de septembre 1955, des commandos de destinés à la recherche du renseignement tactique dans une zone de à des contacts et envisage des reconnaissances d'officiers jusqu'à de profondeur. La recherche sur les arrières immédiats de l'ennemi est recommandée à la réunion des spécialistes du renseignement en . Le colonel Degas, chef du de Baden-Baden, envoie à Corte en 1959 une mission de de renseignement afin d'étudier les conditions de vie en zone hostile. Le rapport du lieutenant Maurice Faivre, chef de mission, montre l'expérience recueillie en Indochine par le groupement de commandos mixtes aéroportés et en Algérie par le , en particulier pour les caches enterrées, le camouflage des liaisons et les relations dans une équipe isolée.