vignette|Thiopental, commercialisé sous le nom de Pentothal.

Le sérum de vérité est un terme générique désignant une substance médicamenteuse utilisée afin d'obtenir des informations d'un sujet non consentant, en général par la police, les services spéciaux ou les militaires.

Histoire Ce « sérum », documenté depuis 1930 par le docteur William Bleckwenn . Wis Med J 1930; 29: 693–696., est toujours actuellement en usage. Le type de substance dont il est issu est découvert pour la première fois par le docteur Robert Ernest House .. House tente une expérience aux alentours de 1915 sur des femmes enceintes ; il leur injecte de la scopolamine et remarque un effet étrange dans leur comportement. Lorsque celles-ci sont interrogées, elles répondent instantanément sans réfléchir. Par la suite, House s'est plus particulièrement concentré sur des patients souffrant de troubles mentaux et a mené des recherches sur leur condition en faisant usage de plusieurs substances telles que la dopamine et le chloroforme. En 1924, il tente de nouveau une expérience avec de la scopolamine, comme précédemment, il découvre un état mental différent chez ses patients, rendus plus impressionnables et spontanés. Selon House, ses patients ne pouvaient cacher leurs émotions.

Description L'utilisation d'un sérum de vérité quel qu'il soit est controversée .. Des scientifiques ont longtemps fait usage de sérums de vérité sur des espions, des patients en psychiatrie, des femmes enceintes ainsi que des suspects lors d'interrogatoires ..

Les psychotropes employés aux fins de sérum de vérité ont été successivement l'éthanol, des extraits végétaux comme la scopolamine, le cannabis, des hallucinogènes comme le LSD et la psilocybine, ou encore des opiacés. Le plus célèbre est le thiopental sodique (plus connu sous son nom commercial de Pentothal), un barbiturique à effet rapide. Ces substances interfèrent avec la capacité de jugement et les fonctions cognitives supérieures. L'alcool, méthode populaire, serait également en usage chez les professionnels .. , le récit d'un ancien formateur du KGB basé à Washington, révèle ainsi l'emploi d'alcool presque pur pour vérifier la fiabilité d'un agent de renseignement.

Si les œuvres de fiction font la part belle aux méthodes d'interrogation utilisant ces substances, créditant ces drogues d'une efficacité quasi-magique, la réalité est différente.

L'information obtenue au moyen des sérums de vérité est peu fiable, les sujets interrogés mélangent faits réels et imaginaires. La sensibilité individuelle est extrêmement variable, ce qui, combinée à la difficulté de concentration et d'élaboration d'un discours construit qu'induisent ces substances, rend à la fois le dosage délicat et hasardeuse l'interprétation des informations obtenues. Une grande partie de l'effet attendu s'appuie sur la conviction du sujet qu'il ne peut pas mentir sous l'influence de la drogue. Dans les années 1990, les sérums de vérité étaient encore en usage au Canada dans le diagnostic de la schizophrénie, en particulier dans les cas de paranoïa, pour surmonter la difficulté de l'établir par les seules ressources de l'entretien. L'intérêt des services secrets pour ce genre de méthodes aurait beaucoup décliné, bien que les attentats terroristes du 11 septembre aient conduit à leur réévaluation.

Anecdote Inde Le bureau central d'enquête en Inde utilise l'injection intraveineuse de sérums de vérité dans certains interrogatoires policiers .. Cette technique a été utilisée lors de l'interrogation de Ajmal Kasab ., un militant pakistanais . et membre du groupe islamiste Lashkar-e-Toiba, auteur des attaques de novembre 2008 à Bombay en Inde ..

États-Unis Au cours de l'affaire Chandler, la première accusation publique d'abus sexuels sur mineur contre Michael Jackson, certains auteurs, dont J. Randy Taraborrelli, rapportent qu'Evan Chandler, le père de Jordan Chandler, aurait affirmé avoir administré du pentothal sodique à son fils avant de l'interroger sur sa relation avec Jackson. En 2009, le psychologue Scott Lilienfeld rappelle les effets de ce médicament et estime « que rien de tout cela ne prouve que Jordan n'a pas subi d'abus sexuels. Toutefois le fait que ses allégations d'abus ne soient apparemment apparues qu'après l'administration de pentothal sodique nous incite à les accueillir avec une bonne dose de scepticisme ».

Usage dans des œuvres de fiction

Littérature

Dans Les Thanatonautes, de nombreuses personnes viennent déclarer à Michael Pinson et ses amis ce qu'ils ont vu au-delà de la zone bleue lors de leur expérience proche de la mort. Pour vérifier leurs dires, ils leur passent du sérum de vérité, filtrant efficacement les menteurs. Dans le livre Harry Potter et la Coupe de feu, le mangemort Barty Croupton Junior doit boire du véritaserum pour avouer ce qu'il a fait durant toute l'année scolaire. Dans le livre Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams, Arthur rencontre Prak, qui, grâce à une importante overdose d'un sérum de vérité particulièrement efficace, a acquis la connaissance de la vérité. Prak confirme que 42 est effectivement la Réponse ultime à la grande question sur la vie, l'univers et le reste, mais révèle qu'il est impossible que la Question et la Réponse ultime soient à la fois connues pour le même Univers (une sorte de moyen de garder la clé de la serrure). Il affirme que si une telle chose se produisait, l'Univers disparaîtrait et serait remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable. Il spécule ensuite sur le fait que cela se soit déjà produit. Dans le livre « Langelot en permission » de la Bibliothèque Verte, le sphinx essaie de mettre Langelot, puis le chef du SNIF, sous sérum de vérité. Dans le livre Artemis Fowl d'Eoin Colfer, Artemis Fowl fait croire à une fée qu'il a enlevé qu'elle a révélé des renseignements sur les siens sous l'effet du thiopental, alors qu'en réalité il les a recueillis dans un livre. Dans la Saga Vorkosigan de Lois McMaster Bujold, le thiopenta est un sérum de vérité injectable permettant des interrogatoires sans l'usage de violences ou contraintes, quelles soient psychologiques ou physiques. Le thiopentha annihile toute volonté de dissimulation ou mensonge. Une injection de contre-poison rend rapidement ses facultés au sujet. Seule l'induction d'une allergie au thiopenta peut contrer ses effets, toutefois le choc anaphylactique le rend potentiellement mortel. Le thiopenta permet d'illustrer le pouvoir d'un sérum de vérité infaillible dans le cadre d'une société comparable à la nôtre. Dans Acide Sulfurique d'Amélie Nothomb, la kapo Zdena injecte du Pentothal à Pietro Livi, ami de Pannonique, tentant d'apprendre le nom de celle-ci. Dans Des lendemains qui scintillent de Van Vogt, Orlo est soumis à cette drogue afin de permettre de découvrir les mécanismes du procédé de trans-diffusion. Dans la série littéraire et cinématographique Divergente, un sérum de vérité est très utilisé par la faction des Sincères pour habituer les membres de cette faction à dire la vérité. Il sera administré à Tris et à Quatre dans le tome 2, ce qui fera avouer à Tris qu'elle a tué Will, un de ses meilleurs amis. Dans le tome du livre Phobos, écrit par Victor Dixen, le procureur injecte à Léonor un sérum de vérité pour lui faire avouer ce qu'il s'est passé sur Mars lors de la mort de Marcus.

Bande dessinée

Dans l'album Vol 714 pour Sydney des Aventures de Tintin, Rastapopoulos fait injecter à Laszlo Carreidas, par le Docteur Krollspell, un sérum de vérité pour lui extorquer ses coordonnées bancaires, mais le milliardaire se met à raconter les petits vols de sa vie, répondant en lien à partir du dernier mot à la fin de chaque phrase dite, qui invoquait ses méfaits passés, à la place. Rastapopoulos se retrouve lui-même accidentellement piqué et parle de son plan criminel et des atrocités qu'il avait commis durant sa vie. Dans l'album Les Buveurs de mondes de la série Lanfeust des Étoiles, l'agent secret Oho Seth se fait injecter un sérum de vérité par les Pathacelles. Comme dans le cas de l'album Vol 714 pour Sydney, l'homme se met à raconter tout sur sa vie, sauf ce qui intéresse ses interrogateurs. Dans le tome 1 de Jojo's Bizarre Adventure Battle Tendency : le sérum est injecté dans Speedwagon pour que les nazis obtiennent des renseignements sur l'emplacement de L'Homme du Pilier.

Théâtre

Dans la pièce de théâtre Soudain l'été dernier de Tennessee Williams, le docteur injecte à Catherine un produit pour qu'elle révèle comment est mort son cousin.

Cinéma

Dans le film de 1961, Les Canons de Navarone, les Allemands utilisent avec succès de la scopolamine comme substitut à la torture pour interroger le major Roy Franklin (Anthony Quayle). Dans le film Jumpin' Jack Flash, le personnage principal, interprété par Whoopi Goldberg, se fait inoculer un sérum de vérité par les bandits de l'intrigue, ce qui donne ensuite lieu à plusieurs situations comiques. Dans le film Mon beau-père, mes parents et moi, Greg se fait injecter contre son gré un sérum de vérité par son beau-père car ce dernier veut vérifier s'il a bien un fils naturel. Greg, dans un état sonné, étale ses sentiments devant la foule, admettant qu'il a un enfant bâtard – ce qui se révèle être faux par la suite. Dans le film Ripoux 3, le chirurgien Albert veut faire une piqûre de sérum de vérité à René Boisrond dans le but de lui faire dire où se trouve une très grosse somme d'argent. Mais le policier François Lesbuche, meilleur ami de René, intervient à temps. Il braque le véreux chirurgien et l'oblige à s'injecter ce même sérum. Ainsi Albert va parcourir les couloirs de sa clinique, et ouvrir les portes de toutes les chambres en hurlant haut et fort qu'il est un médecin ripoux qui ne soigne que les voyous. Dans Kill Bill, Bill injecte le même type de sérum à La Mariée pour être certain de ses sentiments lorsqu'elle l'a quitté. Dans Matrix, l'un des personnages principaux, Morpheus, est interrogé à l'aide d'un sérum de vérité. Dans True Lies, le héros se fait dévoiler son plan d'évasion par une injection. Dans le film Hannibal Lecter - Les Origines du Mal, de Peter Webber la police utilise du Sodium Thiopental sur un ancien Nazi pour lui faire avouer qui avait révélé la cachette des enfants Juifs aux Nazis. Hannibal en profite pour subtiliser le flacon et il va ensuite s'injecter régulièrement ce produit pour qu'il devienne inefficace contre lui. Dans le film Child 44, un membre du KGB utilise du sodium thiopental pour faire parler un suspect. Dans La Cage aux folles 2, Albin se fait injecter de penthotal pour finalement avouer qu'il est homosexuel. Dans Ant-Man et la Guêpe, Luis se fait injecter un cocktail de drogue afin de divulguer l'emplacement de Scott Lang, Henry Pym et Hope van Dyne.

Séries télévisées

Années 1970

En 1973 dans la série Cannon saison 2 épisode 14 « Un homme dans le parc ».

Années 1990

Dans l'épisode 5921 de la série Les Feux de l'amour, diffusé le sur CBS, Mari Jo Mason administre à Christine Blair une dose de sérum de vérité afin de découvrir où la jeune femme a caché les éléments compromettants que Victor Newman lui a transmis. Dans un épisode de la saison 4 de Melrose Place, Micheal injecte un produit à Kimberley pour obtenir des informations sur Sydney. Il la soupçonnait d’avoir mis des pilules dans le verre de Jane mais n’avait aucune preuve.

Années 2000

Dans la saison 8 épisode 4 de New York, unité spéciale. Dans l'épisode 3 saison 7 du dessin animé South Park, Butters indique avoir reçu des injections de Pentothal l'ayant amené à avouer un crime qu'il n'a pas commis. Dans la série 24 heures chrono Jack Bauer utilise de la iocine Pentothal pour mener ses interrogatoires. Dans la série Chuck lors de l'épisode 8 de la saison 1, un agent secret utilise le sérum Pentothal pour tenter de retrouver des codes nucléaires qu'il aurait perdu.