Le « Beat Hotel » est le surnom d'un ancien petit hôtel de 42 chambres au rue Gît-le-Cœur à Paris dans le Quartier latin, qui doit sa renommée, ainsi que son nom, aux membres de la Beat generation qui y ont séjourné.

Histoire

C'était un hôtel « miteux », sans confort. Les fenêtres des chambres donnaient sur la cage d'escalier, il ne comptait qu'une seule baignoire au rez-de-chaussée, l'eau chaude n'était disponible que le mercredi, le jeudi et le samedi et les draps étaient changés une fois par mois.

Il était dirigé, ainsi que le bistro du rez-de-chaussée, par M. et Rachou depuis 1933, puis après la mort accidentelle de M. Rachou en 1957 par sa seule veuve jusqu'à sa fermeture en 1963. Rachou, qui avait travaillé dans une pension fréquentée par Monet et Pissarro, voyait d'un bon œil les artistes qui fréquentaient son établissement et se faisait parfois payer en toiles et en manuscrits. Elle permettait même à ses pensionnaires de redécorer leur chambre à leur goût. C'est à cette époque que l'hôtel devient célèbre parmi la Beat generation.

Allen Ginsberg et Peter Orlovsky y séjournèrent tout d'abord à partir de l'hiver 1956-1957. Ils furent rejoints par Gregory Corso, Robin Cook, Harold Norse, Sinclair Beiles et William Burroughs. Ce dernier, arrivé de Tanger, y compile et complète son légendaire Festin nu et y rencontre Brion Gysin, marquant le début d'une longue collaboration. C'est là aussi que Burroughs rencontre son amant et « manager » Ian Sommerville, avec qui il expérimente sa technique du cut-up. Ginsberg y écrit son plus fameux poème, Kaddish. D'autres artistes y séjournèrent comme Guy Harloff, un proche de BurroughsRaphaël Haudidier, Évolutions et dynamiques du cut-up: des textes nonfictionnels de William S. Burroughs aux réseaux littéraires et artistiques (1959-1981), Brest, Université de Bretagne occidentale, 2021, — sur HAL Open Sciences., ainsi que Antony Balch, , Angus MacLise.

Après 1963, l'hôtel est racheté par monsieur et madame Laigle, qui s'empressent de faire repeindre l'ensemble des chambres, couvertes de dessins exécutés par les différents locataires.

Aujourd'hui, cet hôtel est devenu un établissement de luxe, renommé le « Vieux Paris », où seuls, une plaque et quelques photos rappellent le lieu mythique des années 1950.

Notes et références

Annexes Sources

Bibliographie Harold Chapman, The Beat Hotel, photographies [1956-1963], Montpellier, Gris banal, 1984. Barry Miles, The Beat Hotel: Ginsberg, Burroughs, and Corso in Paris, 1957-1963, 2001 .

Liens externes

Une galerie de portraits des pensionnaires du Beat Hotel (plus Mme Rachou!) compte rendu du livre Beat Hotel de Barry Miles en français

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