Le Réseau Voltaire pour la liberté d'expression est une association à but non lucratif française, fondée en 1994 au Parlement européen et dissoute en 2007.

Selon ses statuts, son but était « la promotion de la Liberté et de la Laïcité » et « l’émancipation des individus face aux dogmes et aux empires ». Au début des années 2000, elle se présente comme « réseau de presse non-alignée »Ses dirigeants étaient le Français Thierry Meyssan (président), le Libanais Issa El-Ayoubi (vice-président, membre du Parti social nationaliste syrien), le Péruvien Sandro Cruz (vice-président), Jean-Claude Ramos (secrétaire général) et Bernard Célérier (trésorier) ().https://www.pappers.fr/entreprise/reseau-voltaire-397570920https://www.pagesjaunes.fr/siret/39757092000017https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/entreprise/reseau-voltaire-397570920... À partir de 2002 et de la publication du livre L'Effroyable Imposture par son président Thierry Meyssan, le Réseau Voltaire se fait le diffuseur des théories du complot sur les attentats du 11 septembre 2001. L'association est dissoute en France en 2007., et installe ensuite ses moyens médiatiques au Liban. Le Réseau Voltaire prend alors officiellement le nom de Réseau Voltaire International. Thierry Meyssan devient politiquement proche de l'Iran, du HezbollahLe serment d'allégeance de Thierry Meyssan aux mollahs, Conspiracy Watch, 28 février 2010 et du gouvernement syrien de Bachar el-Assad.., dont il diffuse la propagande. L’association est recréée en sous le nom « Réseau Voltaire France »..

Le Réseau Voltaire édite un site internet multilingue qui rassemble des agences de presse et des journaux d'Amérique latine, d'Europe et du Monde arabehttps://www.conspiracywatch.info/notice/reseau-voltaire.

Histoire Origines L'association est créée en pour animer une campagne en faveur de la liberté d’expression que ses fondateurs estiment menacée par une disposition législative introduite dans le nouveau code pénal français, l'article 227-24Numéro spécial de Globe Hebdo, « Censure, le retour », 2 mars 1994 ; « Un comité veut l'abrogation d'un article du Code pénal », L'Humanité, 12 mars 1994. Dossier « Au secours, la censure revient ! », L'Écho des savanes, avril 1994.. L’association est lancée par une pétition cosignée par Pierre Bourdieu, Henri Caillavet, Jack Lang, Noël Mamère, Gilles Perrault et Philippe Sollers pour dénoncer ce qu’ils désignent comme « le retour de l’ordre moral »Cf. numéro spécial de la revue Maintenant, « La censure », juin 1994... Elle reçoit également le soutien de Jacques Gaillot.. Plusieurs organisations françaises siègent à son conseil d’administration, comme le MRAP, des syndicats, comme le SGP, et des partis parlementaires de la gauche non socialiste (Les Verts, le PCF, le PRG) : .

En 1996, le Réseau Voltaire accuse certains dirigeants de la droite de donner des gages à l'extrême droite, notamment en matière de législation sur les mœurs ou de financement de l'Église catholique« L'Élysée et le Vatican contre la République », tribune de Thierry Meyssan, Le Monde, 10 septembre 1996.. Le Réseau réussit également à mobiliser une partie non négligeable de l'opinion en livrant bataille, au nom de la laïcité, contre la célébration publique du 1 anniversaire du baptême de Clovis. Il se transforme en un observatoire de l'extrême droite et des milieux cléricaux: . Il intervient notamment pour empêcher le financement public de la partie religieuse des voyages du pape en 1997« Le réseau Voltaire en guerre contre les JMJ », Le Figaro, 24 juillet 1997 : « Des mouvements laïques contestent le rôle du comité de coordination du général Morillon », Le Monde, 24 août 1997., pour susciter une commission d’enquête parlementaire sur le DPS, le service d'ordre du Front national en 1998« Le président du réseau Voltaire, Thierry Meyssan mis en examen sur plainte de Jean-Marie Le Pen », Le Monde, 28 octobre 1998. « Commission d'enquête sur les agissements, l’organisation, le fonctionnement, les objectifs du Groupement de fait dit "Département Protection Sécurité" et les soutiens dont il bénéficierait », Assemblée nationale, Rapport , 26 mai 1999. « Au tribunal, le service d'ordre du FN mord encore », Libération, 14 décembre 1999. « Le Pen débouté », Libération, 18 janvier 2000. « Le Front national a été débouté par la cour d'appel de Paris du procès en diffamation qu'il avait intenté à Thierry Meyssan », Le Monde, 14 septembre 2001., bénéficiant pour ce faire du soutien de la Fédération des familles laïques, de la Fédération Léo-Lagrange, du MRAP et de SOS Racisme mais l'affaire tourne court.

L’année 1997 marque un tournant important avec le retour de la gauche au pouvoir. Les responsables du réseau Voltaire publient un trombinoscope au vitriol du gouvernement Jospin« Le Premier gouvernement Jospin », Note d’information du Réseau Voltaire, -123, 10 juin 1997, 16 pages..

À partir de 1999, le réseau Voltaire s’oriente vers les questions internationales en publiant notamment un bulletin quotidien sur la guerre en ex-Yougoslavie. Le réseau dénonce la participation de la France à la guerre de Yougoslavie sans vote parlementaire, ce qui serait selon leur analyse contraire à la Constitution. Les organisations de gauche se distancient du Réseau.

Crise interne Les prises de position du Réseau Voltaire après les attentats du 11 septembre 2001, soutenant que ceux-ci sont le fruit d'une conspiration intérieure et non pas extérieure, sont peu médiatisées. Mais la publication par son président, Thierry Meyssan, en d’un ouvrage sur le sujet, L'Effroyable Imposture, et sa médiatisation, provoque une levée de boucliers contre son auteur, accusé de céder à ses fantasmes et à la théorie du complot. Une partie de la presse, qui soutenait jadis le Réseau, se retourne contre lui. Les Verts se retirent : .. Toutefois, Perline, journaliste qui travaille pour Arrêt sur images, l'émission de Daniel Schneidermann, tout en étant assistante parlementaire chargée des questions de communication d'Alain LipietzL’affaire Meyssan et la destruction de la raison, Alain Lipietz, avril 2002., député européen, déjà membre du Réseau Voltaire, reste encore quelque temps au conseil d’administration. Elle démissionne au bout de six mois en , critiquant l'absence à ses yeux de contrôle du conseil d'administration sur les activités, menées au nom du Réseau, par le Bureau de l'association, notamment les liens tissés par le président et le secrétaire général avec les autorités iraniennes et le Hezbollah libanaisLettre de démission de Perline, 31 janvier 2003, amnistia.net.. Elle regrette aussi l'orientation du Réseau dans la critique, selon elle exacerbée, des États-Unis et de leur politique étrangère, et ses relations tournées principalement vers les pays à majorité musulmane : .

En , trois autres membres du conseil d'administration, Michel Sitbon, trésorier depuis la fondation en 1994, Gilles Alfonsi représentant le Parti communiste français, et Jean-Luc Guilhem quittent l'association. Ils estiment que, « sous prétexte de résistance à l'impérialisme américain, les accommodements avec les impérialismes chinois et russe et les rapprochements avec les islamistes traduiraient une dérive antisémite latente au sein de l'équipe de direction ». Ils accusent l’association de servir secrètement la diplomatie française et de faire preuve de complaisance vis-à-vis de la Russie et la république populaire de Chine (l’un des administrateurs est conseiller économique de la ville de Shanghai). Selon leur version, « le , au terme d'une assemblée générale à participation restreinte, convoquée dans des conditions sujettes à caution, les signataires de ce texte ont quitté le conseil d'administration du réseau Voltaire tandis qu'y faisait son entrée Claude Karnoouh, chercheur au CNRS ». « Le : Le nouvel organigramme du conseil d'administration du réseau Voltaire vient de subir un nouvel aménagement : alors qu'il avait tout juste été intégré à l'instance de direction du réseau, Claude Karnoouh, […] soutien du négationniste Robert Faurisson dès 1981, vient d'en être débarqué. Les autres membres du conseil lui ont en fait demandé de se mettre en retrait pour ne pas être emportés avec lui dans la tourmente », affirme le site web Amnistia.nethttps://archive.wikiwix.com/cache/20240507203152/https://yannis.lehuede.org/la-fin-du-reseau-voltaire.html?lang=fr..

Cette version des faits est contredite par le Réseau. Selon lui, Claude Karnoouh était bien présent à l'assemblée générale, mais n'a jamais été élu administrateur ainsi que le prouvent les documents enregistrés en préfecture. En outre, toujours selon le Réseau, il y a eu non pas un changement de ligne politique, mais un simple « changement de dimension ». Cette polémique serait une manière inélégante des démissionnaires de justifier leur départ : , indique un communiqué. Thierry Meyssan relate ainsi cet épisode : https://www.conspiracywatch.info/notice/claude-karnoouh, Meyssan étant désormais mis en minorité dans cette histoire toujours selon Rudy Reichstadt de Conspiracy watchhttps://www.paperblog.fr/6226582/rudy-reichstadt-la-complosphere-considere-le-reseau-voltaire-comme-un-site-serieux/.

Dans une interview publiée en dans L'Humanité, Gilles Alfonsi, un des trois administrateurs accusés par Meyssan d'être sionistes, réfute cette version qu'il qualifie de « petit » mensonge et précise que l'intéressé connaissait parfaitement l'engagement pro-palestinien des trois personnes en question. Il explique qu'en les « faisant passer pour des sionistes et en présentant l’un de ses proches comme un "juif antisioniste" (comme Jean-Marie Le Pen montrait son Noir il y a quelques années pour montrer qu’il n’était pas raciste…), son but est de faire croire qu’il [Meyssan] serait seulement antisioniste alors qu’il est aussi un allié des pires antisémites »..

« Réseau international de presse non-alignée » Par la suite, l’association poursuit son développement dans le monde arabe et en Europe de l'Est. Elle modifie ses statuts, abandonne sa forme française et se transforme en un « réseau international de presse non-alignée ». Elle lance des éditions en plusieurs langues et organise la conférence Axis for Peace.

En 2008, son président déclare se sentir proche du Hezbollah en tant que principal réseau de résistance au Proche-Orient et éprouver beaucoup d’admiration pour son secrétaire général Hassan Nasrallah. Il met également en avant sa « contribution personnelle » à la révolution iranienne et ses « amitiés vénézueliennes ». Se présentant comme un radical de gauche, celui qui a longtemps dénoncé les alliances des organisations de droite avec celles d'extrême droite se déclare prêt « à travailler avec tout le monde, à l’exception de ceux qui ont participé activement aux agressions impérialistes » et s'inspirer du radical Jean Moulin, qui « accepta de travailler avec tous ceux qui voulaient défendre la liberté, de l’extrême gauche à l’extrême droite »https://www.conspiracywatch.info/reponse-a-thierry-meyssan-ou-a-son-clone_a682.html.

Les principaux responsables du Réseau Voltaire résident désormais au Libanhttps://pixellibre.net/2012/03/le-reseau-voltaire-et-la-syrie/. Dans le contexte du , Thierry Meyssan apporte son soutien à des dirigeants arabes comme le Libyen Mouammar Kadhafi ou le Syrien Bachar el-Assad. Jean-Pierre Perrin, journaliste de Libération présent en Syrie durant la révolte dans ce pays, qualifie en 2012 le Réseau Voltaire d', dont les informations ne méritent pas d'être commentées« Homs tombée, le régime aura les mains libres », Libération, 23 février 2012..

Lors de la campagne présidentielle de 2012, la journaliste Anne-Sophie Balbir affirme que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est membre du Réseau VoltaireLe clan de Dominique de Villepin, Europe 1, ..