Le Mythe du vingtième siècle (traduction de l'allemand ) est un essai publié en 1930 par Alfred Rosenberg, l'un des principaux idéologues du parti nazi, et l'éditeur de la revue nazie Völkischer Beobachter. Le Mythe du vingtième siècle figure au premier rang des ouvrages qui « constituent avec Mein Kampf les assises idéologiques du national-socialisme »Pierre Grosclaude, Alfred Rosenberg et le mythe du , Éd. Sorlot, ..
Historique Le Mythe du vingtième siècle (qui fait près de ) est publié pour la première fois en 1930. L'ouvrage est analysé en 1938 par Pierre GrosclaudeOp. cité. et traduit intégralement en français pour la première fois en 1986 par les Éditions Avalon. Une deuxième édition est publiée en 1999 par les Éditions Déterna.
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Dès sa publication, l'ouvrage de Rosenberg est contesté.
Hitler, qui, six mois après en avoir reçu le manuscrit, ne l'a toujours pas lu en entier, émet de sévères réserves sur cet ouvrage, qu'il juge difficile à appréhender.. Sachant le peu de crédit du texte auprès de Hitler, Goebbels ne se prive pas de moquer l'ouvrage, le qualifiant de , et raillant son auteur, l'affublant du titre de le titre de « Philosophe du Reich » permet à Goebbels de présenter son rival sous un jour ridicule...
De plus, il a été publié à titre privé par son auteur, les thèses qui y sont développées allant globalement à l'encontre du programme officiel du NSDAP.
Par ailleurs, le livre est mis à l'Index librorum prohibitorum en . L'auteur dénonce une « Église juive » en y opposant une « Église aryenne », par un procédé intellectuel qui fut plus tard rapproché du courant sectaire fondé vingt siècles plus tôt par l'hérésiarque Marcion de Sinope. En réplique à la mise à l'index de son livre par le Vatican, Rosenberg écrit .
Ces positions empêchent Rosenberg d'accéder à des postes importants à l'accession des nazis au pouvoir en 1933Robert Cecil, The Myth of the Master Race: Alfred Rosenberg and Nazi Ideology, .. Néanmoins il sera nommé ministre des territoires occupés à l'Est le .
Diffusion
Si, avec le soutien des nazis, le livre se vend à plus d'un million d'exemplaires en 1944, de nombreux dirigeants nazis avaient déjà pris leur distance vis-à-vis des thèses de Rosenberg. Adolf Hitler n'aurait jamais lu le livre dans sa globalitéLukacs, 1998, p. XIX..
Cependant, en dépit des nombreuses critiques dont l'ouvrage est l'objet, c'est néanmoins un succès d'édition, contribuant à la diffusion des thèses racistes nazies parmi les lycéens et les étudiants, les instituts de recherche étant tenus de disposer de l'ouvrage..
Description La contribution du livre du « mythe » à la propagande idéologique nazie a été soulignée comme suit dans le numéro de de la revue littéraire national-socialiste, Bucher KundeCité dans Jewish virtual library. : .
Selon Viereck, « le mythe est celui du sang, qui sous le signe du svastika va déchaîner la révolution raciale à l'échelle du monde. C'est le réveil de l'âme de la race qui, après un long sommeil va prendre le dessus sur le chaos des races, dans . ».
Thèses défendues par l'auteur
L'interprétation raciste de l'Histoire selon Rosenberg est centrée sur l'influence supposée négative de la « race juive », en opposition avec la « race aryenne ».
Les races selon Rosenberg
Comme dans l'ensemble de ses ouvrages, il défend des thèses proches de celles de Houston Stewart Chamberlain, défendant la thèse que la race nordique recouvre avant tout une conception du monde..
L'existence d'un danger oriental
Selon Alfred Rosenberg, son auteur, le principal danger menaçant la race aryenne est constitué par la race (?), incarnée par différentes figures au fil des siècles.
Ainsi, durant la période royale de l'histoire romaine, les Étrusques jouent ce rôle, Rosenberg les accusant de tous les maux, ceux-ci ayant été analysés par ce dernier comme l'antithèse de la Germanité, proposant une étude raciste de la société étrusque, évoquant le qui y aurait été la normeRosenberg propose d'ailleurs une lecture des vestiges étrusques comme autant d'éléments à l'appui de sa thèse... Toujours selon lui, les Étrusques seraient une population d'origine orientale, proche par bien des aspects des Juifs : une religion initiatique, un appétit sexuel débridé, des coupables de meurtres rituels..
Contre le christianisme « enjuivé » Alfred Rosenberg défend le christianisme positif contre le catholicisme et le protestantismeLe Mythe du vingtième siècle, . : Jésus est de race nordique : Le Mythe du vingtième siècle, . Son message a été déformé notamment par Paul de Tarse : Le Mythe du vingtième siècle, . La lutte permanente des christianismes positif et négatif :
Le Mythe du vingtième siècle, . Pour un christianisme germanique : Le Mythe du vingtième siècle, .
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Terence Ball & Richard Bellamy, The Cambridge History of Twentieth-Century Political Thought. Cambridge: Cambridge University Press, 2003 .
Pierre Grosclaude, Alfred Rosenberg et le mythe du , Éd. Sorlot, 1938.
John Lukacs, Introduction to 'Mein Kampf' by Adolf Hitler. Houghton Mifflin Books, 1998 . Tom McIver, Anti-Evolution: A Reader's Guide to Writings Before and After Darwin. Baltimore, MD: Johns Hopkins University Press, 1992 . Louis L. Snyder, Encyclopedia of the Third Reich Crown Quarto. Wordsworth Éditions, 1998 . Peter Viereck, Metapolitics: From Wagner and the German Romantics to Hitler. Transaction Publishers, 2003 . Leni Yahil, The Holocaust: The Fate of the European Jewry, 1932-1945. New York, NY: Oxford University Press, 1991 .
Articles connexes Marcion Marcionisme
Liens externes Le Mythe du siècle, traduction française, 1986. « L'obscurantisme au vingtième siècle », article de Georges Politzer paru en dans le numéro 1 de La Pensée libre.
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