vignette|250px|Durant la seconde moitié du , l'humanité a atteint la maîtrise technologique nécessaire pour quitter pour la première fois l'atmosphère terrestre et partir à la conquête de l'espace.

La technologie est, au sens premier, l'étude des outils et des techniques, ce que Jacques Ellul appelle le Jacques Ellul Le bluff technologique. Elle s'intéresse à l'art, à l'artisanat, aux métiers, aux sciences appliquées et éventuellement aux connaissances et livre des observations sur l'état de l'art aux diverses périodes historiques, en matière d'outils et de savoir-faire.

Le terme « technologie » est apparu dans la langue française au dans le sens de « traité ou dissertation sur un art, exposé des règles d'un art ». Il a pris depuis cette époque une grande diversité de sens, et subi des mutations sémantiques, notamment sous l'influence de l'anglo-américain depuis l'après Seconde Guerre mondiale, son sens étant dès lors souvent confondu, abusivement, avec le sens du terme « technique », constituant dans ce cas un anglicisme sémantiqueAlain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, article « technologie ».

Par extension, le mot désigne les systèmes ou méthodes d'organisation que permettent les diverses techniques, ainsi que tous les domaines d'étude et les produits qui en résultent. Il désigne aussi, particulièrement dans l'enseignement, « l'étude des techniques ». On parle ainsi en France des instituts universitaires de technologie (IUT).

Aujourd'hui, avec le développement considérable des techniques, le terme technologie entretient des liens étroits avec les notions de technique, de technicité et de technocratieAlain Rey, dictionnaire culturel de la langue française, Le Robert, 2005, article « Technologie ».

Étymologie et évolution sémantique Le mot technologie vient du grec () (), « art », « compétence », ou « artisanat » et -logos (), « parole », « langue », capacité de communiquer, et signifie traité sur un art, exposé des règles d'un art, qui traite d'un art ou des règles d'un art..

L'idée d'une théorie des pratiques techniques (activités agricoles, artisanales, mécaniques…) est très ancienne, mais cette technologia est longtemps restée un discours descriptif plutôt confus.

Dans l'Encyclopædia d'Alsted (1630), la technologia est d'abord une classification des disciplines techniques. En français, le terme technologie apparaît en 1656 pour désigner l'ensemble de termes techniques d'un domaine (approche terminologique).

Au , en Angleterre et en Allemagne, la technologia désigne d'abord la description et la science des arts (au sens d'artisanat) scientia artium et operatum artis. LEncyclopédie de Diderot traite de la normalisation du langage des arts comme préalable à une approche scientifique de la technologie. En Allemagne, la technologie devient universitaire en 1772 avec Johann Beckmann de l'Université de Göttingen, l'approche de Beckmann est socio-économique en rapport avec l'organisation sociale. En Angleterre, avec la révolution industrielle, la technologie est la recherche d'une rationalité économique des modernisations techniques (machinisme) dans le cadre du capitalisme.

Au , ce qui est appelé technique (issue de la révolution industrielle) est désigné comme technology en anglais, usage qui se répand au , notamment avec le poids croissant des États-Unis : technologie ou technology est alors synonyme de « technique innovante » ou technique de pointe par opposition aux « techniques traditionnelles ». Ce changement de sens, le plus souvent inaperçu, se produit dans les années 1930.

En même temps, dans le même contexte culturel, la technologie est aussi une histoire des techniques, rapprochée d'une histoire des sciences et d'une histoire des civilisations. Dans la mesure où les techniques sont partie intégrante du processus d'hominisation, une anthropologie technique ou technologie culturelle se développent au . Il s'agit d'analyser les rapports entre les phénomènes techniques et l'ensemble des phénomènes socio-culturels.

Le terme technologie est polysémique, pouvant désigner l'étude, la théorie ou la science des techniques (par exemple les techniques lithiques de la préhistoire) ; l'ensemble des savoirs théoriques et pratiques d'un domaine technique (par exemple, les IUT en France) ; les techniques de pointe, modernes et complexes (biotechnologie, nanotechnologie…). L'utilisation du terme technologie comme synonyme de technique est un anglicisme jugé abusif.

Le concept de selon Jacob Bigelow

C'est semble-t-il un professeur de Harvard, Jacob Bigelow, qui aurait pour la première fois systématisé l'usage du mot en anglais dans son ouvrage (1829)George Ellis, Memoir of Jacob Bigelow (Cambridge, Mass.: John Wilson &, Son, 1880).. Botaniste et professeur à la chaire Rumford de Harvard consacrée à « l'application de la science aux arts utiles » (). Appelant à une véritable « fusion » entre les arts et la science, il réfute les savoirs fondamentaux qui ne s’articulent pas avec une pratique concrète et parallèlement les techniques (les arts dans les mots de l'époque) qui s’inscrivent dans une tradition sans le recours systématique au savoir scientifique. En appelant à une sectorialisation accrue des savoirs scientifiques et une répartition scientifique des tâches dans le domaine du travail, il va fournir à la société capitaliste américaine bientôt en expansion un véritable modèle d’éducation. C'est d'ailleurs , en lieu du « » comme prévu dans le projet du fondateur, mais aussi, de nombreuses orientations pédagogiques qui en feront un des centres de recherches « technologiques » les plus performants au monde (dans le domaine de la communication, de l'informatique et aujourd'hui de la robotique et de l'intelligence artificielle).

Le mot « » ne désignait pas pour Bigelow simplement les « arts utiles » mais suggérait en fait la convergence à restaurer à l’aube de la révolution industrielle entre les arts (tekhnê) et la science (logos) : une convergence compromise alors par l'angoisse naissante d'une impossible articulation des savoirs scientifiques se fragmentant avec leur diversification, et des arts nécessairement enfermés dans une tradition (ce que les membres du comité des arts et sciences américain nommaient « une routine empirique »). C'est ainsi que les premiers usages du terme dans le sens qu'en donna Bigelow précédèrent les bouleversements techniques du , et que l'usage du terme se répandit pendant la révolution industrielle.

Bigelow s'inscrit largement dans le sillage du « millénarisme technologique » qui anime avec ferveur l'enthousiasme scientifique et technique des nations occidentales (pour l'historien David Noble, il faut remonter au moine bénédictin Érigène promoteur d'un salut grâce aux « arts mécaniques »)David F. Noble, The religion of technology. The divinity of man and the spirit of invention, New York : Penguin Book, 1999.. Millénarisme séculier qui renvoie plus ou moins à l'idée d'un paradis sur terre qui s'incarne désormais dans le progrès technique (idée dont la diffusion est largement redevable aux philosophies progressistes de l'histoire européenne qui émergent au siècle des Lumières). L'une des influences majeures de cette téléologie du progrès technique fut sans aucun doute Francis Bacon : le chancelier d'Angleterre qui a initié la philosophie expérimentale, philosophie inductive qui marque une rupture fondamentale avec les approches scolastiques médiévales de la science (pour qui la nature s'appréhende par le prisme des dogmes de l'Église : la méthode « aprioriste »). Bacon était un fervent millénariste profondément imprégné de la rationalité puritaine (il restera anglican : fonctions obligent…).

Critique du mot Déjà auteur de deux essais volumineux sur la technique, La Technique ou l'Enjeu du siècle (1954) et Le Système technicien (1977), Jacques Ellul publie en 1988 un autre ouvrage , intitulé Le Bluff technologique. Il y dénonce du mot, qui Jacques Ellul, Le Bluff technologique. 1988, p.25 . (Le Robert dit effectivement technologie : « étude des techniques ».).

Jacques Ellul réserve l’emploi du mot « technologie » au discours (logos) sur la technique (tekné) et refuse de céder à ce qu’il tient pour une « mode langagière » pouvant prêter à confusionPatrick Troude-Chastenet, Introduction à Jacques Ellul, Chapitre II, le penseur de la technique, Que sais-je, 2019,lire en ligne.

C’est sur la base de cet argument qu’en 2012 en France une association d’inspiration ellulienne se donne pour nom « Technologos » et pour devise « penser la technique aujourd’hui ».

Selon l'historien François Jarrige, le mot « technologie », comme « technique » et « technoscience » recouvre une grande part d’ambivalence et de flou, et il n’existe pas de définition universelle acceptée par tousGalaad Wilgos, François Jarrige : « La technophobie est un leurre », comptoir.org, 15 décembre 2014, lire en ligne.

Dans l'encyclique Laudato si' sur la sauvegarde de la maison commune, le pape François utilise à de nombreuses reprises le mot « technologie », dans le sens d'ensemble des outils et des matériels utilisés dans l'économie mondialisée, pour en souligner les risques afférents pour la maison commune et l'humanité : « la critique du nouveau paradigme et des formes de pouvoir qui dérivent de la technologie » (§ 16), « La technologie, liée aux secteurs financiers, qui prétend être l’unique solution aux problèmes, de fait, est ordinairement incapable de voir le mystère des multiples relations qui existent entre les choses, et par conséquent, résout parfois un problème en en créant un autre (§ 20), « La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des Sommets mondiaux sur l’environnement » (§ 54), etc.Encyclique Laudato si'<ref>[https://ciofs.info/wp-content/uploads/2020/03/FR-Guide-detude-de-Laudato-Si.pdf Guide d'étude de Laudato si]</ref>.

Histoire

Paléolithique Les premiers représentants du genre Homo sont le résultat d'une évolution à partir d'hominidés qui étaient déjà bipèdes., avec une masse cérébrale d'approximativement un tiers de celle de l'homme moderne.. Les outils ont relativement peu évolué durant la plus grande partie de l'histoire humaine. Cependant, il y a environ un ensemble complexe de comportements et d'utilisations d'outils a émergé. Certains archéologues y voient un lien avec l'émergence du langage structuré..

Les ancêtres des hommes modernes ont utilisé des outils en pierre bien avant l'émergence dHomo sapiens il y a .. Les plus anciens outils de pierre connus, regroupés sous le nom de Pré-Oldowayen ou d'Oldowayen, datent d'il y a d'années.. Des traces interprétées par leurs inventeurs comme des traces d'utilisation d'outils ont été observées sur des ossements découverts en Éthiopie dans la Vallée du Grand Rift. Elles datent d'il y a d'années. voire de 3,4 millions d'annéesMc Pherron et al., Nature, 466, 857, 2010. (résumé en anglais).Hominidés.com (Les australopithèques utilisaient-ils des outils ?).. Ces premières utilisations de la pierre marquent le début du Paléolithique, qui s'achève avec le développement de l'agriculture il y a environ .