Robert Dorfmann, né le à Paris et mort le dans la même villeRelevé des fichiers de l'Insee, est un producteur et distributeur de cinéma français.

Biographie Robert Dorfmann naît à Paris au 84 rue des Archives, fils de David Dorfmann et Marie Lefort... David Dorfmann est exploitant de salles de cinéma (d'abord à La Seyne-sur-Mer), distributeur de films et gérant du Comptoir Commercial Cinématographique, en résidence à Bordeaux.. Il est propriétaire de plusieurs salles dans le sud-ouest, notamment à Mazamet., à Pau et au Boucau. Pendant la Seconde Guerre mondiale, David Dorfmann aide à cacher et faire passer la frontière espagnole à des Juifs.. Robert Dorfmann est d'abord ouvrier joaillier de 1927 à 1930 et employé de banque entre 1930 et 1931.

En 1931, à dix-neuf ans, il commence à travailler pour un cinéma de son père, particulièrement en assurant la tournée des collages d'affiches. Dès 1932, Robert Dorfmann fonde un cinéma ambulant. Comme son père, il exploite ensuite plusieurs salles dans le sud ouest, devient programmateur de distribution puis distributeur lui-même, gravissant rapidement les échelons du métier.. Cette activité s'interrompt en 1939. Fuyant la persécution des Juifs, il passe les années de guerre avec son ami et confrère Pierre Braunberger, notamment à Toulouse chez la famille de son épouse d'alors Georgette Dorfmann. Dorfmann et Braunberger tentent de rejoindre l'Espagne mais le passeur les trahit, ils réussissent à semer les soldats allemands. Ils restent ensuite à Saint-Céré dans le Lot.

À la fin de la guerre, Dorfmann travaille occasionnellement en tant que producteur, mais surtout comme distributeur de films. En 1940 à Marseille, il avait lancé pour la distribution l'Agence méridionale de location de films (AMLF).. Il dirige à Bordeaux et Toulouse le Comptoir Commercial Cinématographique de son père.. En 1945, il fonde avec Henri Bérard la société Les Films Corona, au départ seulement société de distribution. Il reprend également en 1946 la société de production Silver-Films, fondée en 1935, dont le nom fait référence à l'argentique des pellicules. Désirant se concentrer sur la production, il vend AMLF à Jacques Pezet en 1949., avec la promesse de lui confier la distribution de ses futures productions ; la société est rebaptisée Agence méditerranéenne de location de films.. En 1951, Dorfmann est nommé gérant de Corona et Silver-Films. En proie à la faillite la même année, ruiné par le tournage de Jeux interdits, le groupe Silver-Films / Films Corona reçoit une aide exceptionnelle de l'État à travers une intervention hors-norme du Comité d'attribution des avances du Crédit National, afin de sauver la production d'un film au grand potentiel.. Après ce renflouement de ses sociétés, à hauteur de de francs, Dorfmann doit démissionner de ses responsabilités de gérant ; il est remplacé par Ray Ventura. Au cours de la décennie, Silver-Films absorbe le Comptoir Commercial Cinématographique sur Légifrance, consulté le ..

Des années 1950 à 1970, Dorfmann est considéré comme l'un des plus grands producteurs français, alignant les succès dans des genres très différents. Il fait preuve d'éclectisme et est réputé pour prendre de grands risques, par exemple sur la superproduction comique Le Corniaud (1965), auquel il alloue des moyens disproportionnés pour une comédie de l'époque. Il a produit quelques-uns des grands classiques du cinéma français : Jeux interdits (1952), La Grande Vadrouille (1966), L'Aveu (1970), Le Cercle rouge (1970), etc. Son dernier succès est un énième pari : un film américain à grand budget, Papillon (1973), réunissant deux vedettes mondiales, Steve McQueen et Dustin Hoffman, produit indépendamment des majors hollywoodiennes et contre leur volonté, ultime triomphe international de Dorfmann. Il se retire du milieu de la production.

Il est l'époux de 1947 à 1950 de l'actrice Agnès Delahaie (1920-2003), de son vrai nom Alice Jeanclaude, sœur du chanteur Yvon Jeanclaude.. Elle devient avec son aide productrice, sous le nom de Annie Dorfmann, versée dans les films d'auteur ; elle l'influence fortement dans ses choix de productions les plus exigeantes. Il est aussi divorcé de Jeanne Bouchet et Georgette Baïta. Il a été également le compagnon de l'actrice Andréa Parisy, rencontrée en 1958 sur Les Tricheurs.. Il est le père de trois enfants : Élisabeth, Frédéric et Jacques (1945-2025). Frédéric Dorfmann est l'époux de Véronique Danon, fille du producteur Raymond Danon. Jacques, fils de Georgette Baïta., devient à son tour producteur de cinéma, travailant d'abord auprès de son parrain Pierre Braunberger à la vente de courts métragesLe Temps des Nababs : comment produisait-on avant la télévision ?, série documentaire Florence Strauss, épisode 2 Les Tenaces, Les Films d'ici / Le Pacte, 2019.. À son fils désireux de se lancer dans la production, Robert Dorfmann donne pour seul conseil : Jacques entame une fructeuse collaboration avec Jean-Pierre Melville et devient un producteur important du cinéma français. Marine, fille de Jacques, née en 1981, est également productrice.

En 1976, Robert Dorfmann apporte son soutien financier au réalisateur Paul Grimault pour finaliser le dessin animé Le Roi et l'Oiseau, chef-d'œuvre de l'animation française.[voir archive] .. En 1978, Dorfmann reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. En , il vend Les Films Corona à la Financière Robur ; son catalogue passe ainsi à UGC Droits Audiovisuels, Canal+ puis Studiocanal.. Il meurt le d'une crise cardiaque.

Filmographie partielle

1951 : Garou-Garou, le passe-muraille de Jean Boyer 1951 : Le Dindon de Claude Barma 1952 : Agence matrimoniale de Jean-Paul Le Chanois 1952 : Jeux interdits de René Clément 1954 : L'Air de Paris de Marcel Carné 1954 : Touchez pas au grisbi de Jacques Becker 1956 : La Meilleure Part d'Yves Allégret 1958 : Les Tricheurs de Marcel Carné 1959 : L'Ambitieuse d'Yves Allégret 1960 : Fortunat d'Alex Joffé 1961 : La Princesse de Clèves de Jean Delannoy 1962 : Les Culottes rouges d'Alex Joffé 1963 : La Cuisine au beurre de Gilles Grangier 1963 : Château en Suède de Roger Vadim 1965 : Le Corniaud de Gérard Oury 1966 : La Grande Vadrouille de Gérard Oury 1967 : Le Petit Baigneur de Robert Dhéry 1968 : Manon 70 de Jean Aurel 1968 : Mayerling de Terence Young 1968 : La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot 1968 : Les colts brillent au soleil de Sergio Merolle 1969 : L'Arbre de Noël de Terence Young 1970 : Tristana de Luis Buñuel 1970 : L'Aveu de Costa-Gavras 1970 : De la part des copains de Terence Young 1970 : La Route de Salina (Road to Salina) de Georges Lautner 1970 : Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville 1971 : Soleil rouge de Terence Young 1971 : La Maison sous les arbres de René Clément 1971 : Trafic de Jacques Tati 1972 : Un flic de Jean-Pierre Melville 1973 : Papillon de Franklin J. Schaffner

Box-office FilmRéalisateurAnnéeEntrées au Box-office FranceLa Grande VadrouilleGérard Oury196617 272 987Le CorniaudGérard Oury196511 740 438La Cuisine au beurreGilles Grangier19636 396 529Le Petit BaigneurRobert Dhéry19685 542 796Les TricheursMarcel Carné19584 948 349Jeux interditsRené Clément19524 910 835Touchez pas au grisbiJacques Becker19544 713 585Le Cercle rougeJean-Pierre Melville19704 339 821La Princesse de ClèvesJean Delannoy19613 428 237

Références

Voir aussi Bibliographie Édouard Molinaro, « Alphonse Boudard, 1967 », Intérieur soir, Editions Anne Carrière, Paris, 2009, 306 p., ,

Documentaire Le Temps des Nababs : comment produisait-on avant la télévision ? de Florence Strauss, épisodes 2 et 3, Les Films d'ici / Le Pacte, 2019

Liens externes

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