Dans la mythologie grecque, Phaéthon (en grec ancien , ), ou Phaéton, est considéré par la majorité des sources antiques comme le fils du dieu Soleil (Hélios, Sol, Phœbus) et de l'Océanide Clymène.
Il n'est le sujet que d'une seule légende, celle de sa chute : ayant emprunté le char solaire de son père, il en perdit le contrôle et embrasa le ciel et la terre. Zeus le foudroya.
La version la plus élaborée en est celle de l'auteur latin Ovide dans ses Métamorphoses.
Étymologie vignette|upright=2.5|Sarcophage représentant la chute de Phaéton et course de chars au cirque Maximus, , Galerie des Offices. Grec ancien : φαέθων (brillant), participe présent (seule forme grammaticale utilisée) du verbe φαέθω (briller).
À l'origine, dans Homère, φαέθων est une épithète du soleil (astre)...
Dans Hésiode, en Grèce d'Europe, il est une épithète d'Hélios (dieu), mais l'authenticité du passage est contestée (ce serait un ajout postérieur au texte d'Hésiode).
Homère Homère (vers 850, ou fin du avant notre ère) est le premier à utiliser le mot. Dans les deux citations suivantes, les mots grecs êelios phaethôn commencent par des minuscules, phaéton est un qualificatif de l'astre solaire : Homère (Iliade, , 735), « lorsque le soleil, en brillant, dépassa l'horizon ». ; Homère (Odyssée, , 479), « jamais ne les frappaient les brillants rayons du soleil »..
Dans la citation suivante, le terme désigne une épithète de Êélios (phaéthôn n'est pas un nom, mais un adjectif qui signifie « éclatant » ou « brillant ») : Homère (Odyssée, , 16), « sur eux, jamais le Soleil éclatant ne fait descendre ses rayons ».
Le passage suivant ne parle pas de Phaéthon mais de deux filles d'Hélios et de Néaira : Homère (Odyssée, , 131-136), les troupeaux d'Hélios « ont pour bergers deux déesses, nymphes aux beaux cheveux, Phaéthousa et Lampetiê, que la divine Néaira offrit à Êéliôs Uperion (Hypérion) ; leur mère vénérable, après les avoir élevées, les envoya au loin jusque dans l'île Thrinakiê garder les brebis de leur père et ses vaches cornues ».
Hésiode Hésiode (vers -750, ou entre -750 et -650) serait le second à utiliser ce mot. Le passage suivant est considéré comme un ajout postérieur au texte d'Hésiode. Le texte grec donne : Êelios phaethôn mais la traduction donne seulement « Soleil ». Hésiode (Théogonie, 760) : « Jamais Soleil aux rayons ardents n'a pour eux un regard, qu'il monte au ciel ou du ciel redescende »..
Auteurs latins et byzantins Phaéthon est le nom du Soleil : Virgile (70 à 19 avant notre ère), Enéide, 105 : « Exspectata dies aderat nonamque serena Auroram Phaethontis equi iam luce uehebant » (« Le jour attendu était arrivé, et déjà, dans la lumière limpide, les chevaux de Phaéthon amenaient la neuvième Aurore »). ; Silius Italicus, Punica (2, 4, 9 ; 10, 110) : adjectif Phaethontius (« de Phaéthon, du soleil »).. ; Anthologie grecque ou Anthologie palatine (5, 273 ; 9, 137), recueil de sources allant de 100 avant notre ère à 553 ; composé en 900. ; Nonnos de Panopolis (fin du au milieu du ) : Dionysiaques (, 189). : Dionysos parle : « Si le chef que les guerriers indiens redoutent voit sa race remonter à l'aérien Phaéton, et que, pour honorer la couche brûlante de sa fille, Phaéton m'attaque avec tous ses feux, j'appellerai encore à cette bataille héliaque le frère maritime de mon Jupiter, pour éteindre ces mêmes feux avec ses ondes ; puis j'irai dans l'île sicilienne où paissent les troupeaux et les bœufs du guide aérien du char étincelant ; là, je m'emparerai, comme d'une proie de ma victoire, de la fille du Soleil, la jeune Lampétie, et je la courberai sous mon joug malgré sa résistance, jusqu'à ce qu'elle ait plié le genou devant moi. ». Phaéthon semble être ici le nom du Soleil, père de Lampétie (en revanche, dans le , Nonnos appellera Phaéthon, le fils du Soleil et de Clyméné).
Le fils du Soleil vignette|Simone Mosca : La chute de Phaéthon, (Bode-Museum de Berlin).
Phaéthon ou Phaéton est le fils d'Hélios. Il tente de conduire le char du soleil. Foudroyé par Zeus, il tombe dans le fleuve Éridan.
Fils du Soleil et de Clymène. Il voulut conduire le char de son père mais, ne sachant le diriger, il embrase la terre et est foudroyé par Jupiter.
Période grecque archaïque (avant 480 av. notre ère) Timothy Gantz constate l'absence de Phaéton dans les sources archaïquesTimothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Berlin, 2004 détail de l’édition, .. De cette période, on ne possède qu'une seule citation de l'auteur latin Hygin (cf. infra) qui attribue à Hésiode l'invention des larmes des sœurs de PhaétonHygin, Fables détail des éditions, Fables, CLIV = Hésiode, fr. 311 MW. Martin L. West rattache ce fragment à l’Astronomie hésiodique : The Hesiodic Catalogue of Women: Its Nature, Structure, and Origins, Clarendon Press, Oxford, 1985, .. Le mythe n'apparaît que chez les Alexandrins ce qui ne signifie pas que le personnage et le mythe soient une invention récenteJean Haudry, Achille et Patrocle, Collection de l'Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité, Année 1992, 460, pp. 33-55.
Hésiode Hésiode (vers -750, ou entre -750 et -650) : fr. 199 (Rzach², 1908).
Les « poètes tragiques » Eschyle (525 à 456 avant notre ère), Les Héliades (tragédie fragmentaire) : les Héliades, parties à la recherche de leur frère Phaéthon (précipité dans l’Éridan) seront transformées en peupliers distillant de l’ambreparagraphe 15. Euripide (480 à 406 av. notre ère), Phaéton (tragédie fragmentaire, entre -420 et -409) ; Euripide, Hippolyte, 740 ; Scholie à l’Odyssée (, 208). Cette scholie est rattachée aux « poètes tragiques » — peut-être Les Héliades d'Eschyle, ou le Phaéton d'Euripidevoir Timothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Berlin, 2004 détail de l’édition, . : Phaéthon est le fils d'Hélios et de la nymphe Rhodé (fille d'Asopos) ; Voir aussi : Nauck (1871) : Tragédies d'Euripide et d'Eschyle, page 23, 599.
Période grecque classique Phérécyde (vers 480 av. notre ère) Parmi ses sources, l'auteur latin Hygin (cf. infra) cite Phérécyde (dont l'œuvre est presque totalement perdue).
Platon (430 à 348 av. notre ère) Platon, Timée (22c).. : Platon rapporte les propos tenus par un prêtre égyptien à son ancêtre Solon sur les cataclysmes du passé : « Bien des fois, en bien des façons, sont survenues ruines d'hommes, et il en surviendra d'autres; le feu et l'eau ont fait les plus grandes, mille autres fléaux en ont causé de moindres. Ainsi, ce qu'on raconte aussi chez vous, qu'un jour Phaéthon, fils d'Hélios (Φαέθων Ἡλίου παῖς.), attela le char de son père, mais que, incapable de conduire suivant la route de son père, il brûla tout sur la terre et périt lui-même foudroyé, cela se dit en forme de mythe. »
Aristote (384 à 322 av. notre ère) Aristote, Des Météores, (345 a 15) (ou Météorologie, , § 1 et 2.) : « C'est ici qu'il faut dire comment se forme la voie lactée, par quelle cause elle se forme et ce qu'elle est. Mais auparavant, parcourons encore pour cette question les explications données par les autres. Quelques-uns des philosophes appelés Pythagoriciens prétendent, ceux-ci, que c'est la route d'un des astres qui sont tombés suivant la direction appelée la Chute de Phaéthon (Φαέθοντος., note §2) ». Aristote ne donne aucune généalogie à Phaéthon.
Palaiphatos La (et dernière) histoire de Palaiphatos ( av. notre ère) fait partie des sept dernières histoires fortement soupçonnées d'être des ajouts ultérieurs (donc non datables) à l'œuvre de Palaiphatos. Le style est très différent des 45 premiers textes où l'auteur infirme brutalement la réalité des mythes qu'il relate. Dans ce passage, au contraire, l'auteur postérieur se contente de reprendre la légende sans aucune critique.
Palaiphatos, Histoires incroyables (histoire 52)..
« Phaéton, fils d'Hélios, brûlait du stupide désir de monter sur le char de son père. À force de demandes incessantes et de pleurs, il le convainquit. Quand il monta sur le char, et commença de fouetter les chevaux (comme il ne savait pas bien manier les rênes et qu'il était incapable de diriger fermement les chevaux, sans provoquer de soubresauts), il fut traîné par les bêtes animées d'orgueil et d'une grande impétuosité. Il passa trop près de la terre ; il fut projeté hors du char, dans le fleuve Éridan ; il se noya, après avoir incendié la plus grande partie des terres voisines. »
Période hellénistique et romaine Apollonios Apollonios de Rhodes (vers 295 à vers 215 av. notre ère), Argonautiques, 592 sqq., retour des Argonautes : « Mais le navire était entraîné bien en avant par sa voile, et ils se jetèrent jusqu'au fond du cours de l'Éridan : c'est là qu'autrefois, frappé au cœur par la foudre ardente, Phaéthon (Φαέθων) tomba à demi consumé du char d'Hélios dans l'estuaire, vaste comme un étang, du fleuve profond; et, maintenant encore, le fleuve exhale une lourde fumée qui provient de la blessure enflammée. Au-dessus de ces eaux, aucun oiseau ne peut étendre ses ailes légères et planer : mais son vol le précipite au milieu de l'abîme incandescent. Aux alentours, les jeunes Héliades (filles du Soleil), enfermées dans de hauts peupliers noirs, gémissent, les misérables! Plaintives sont les lamentations de leur deuil ; de leurs paupières se répandent et coulent vers la terre des gouttes transparentes d'ambre, qui sont séchées par le soleil sur le sable. Mais, quand l'abîme noir se gonfle et inonde le rivage, sous l'action du vent retentissant, alors tout ce qui se trouve sur le rivage est roulé dans l'Éridan par les eaux en fureur. » Apollonios dit que Phaéthon est tombé du char d'Hélios mais sans préciser qu'il s'agit de son fils.
Cicéron Cicéron (106 à 43 av. notre ère), De officiis, , 25. : « Le Soleil (Sol) promit à son fils Phaéthon (Phaethonti filio) de lui accorder tout ce qu'il souhaiterait. Phaéthon demanda de monter sur le char de son père ; il y monta ; mais avant d'y avoir pris place, il fut frappé d'un coup de foudre. ». Note : le Gaffiot donne la référence De officiis, 3, 94, mais le finit au § 33).
Cicéron : De natura deorum, , 31. : « Les Dieux ont-ils donc pu tomber dans l'erreur ? Quand nous laissons nos biens à nos enfants, c'est dans l'espérance qu'ils en feront un bon usage : nous pouvons y être trompés ; mais comment un Dieu a-t-il pu l'être ? Comme le Soleil (Sol), quand il confia son char à son fils Phaéthon (Phaethontem filium) ? ». Le Gaffiot donne la référence De natura deorum, 3, 76, mais le finit au § 40).
Diodore de Sicile