Calmann-Lévy est une maison d'édition française fondée en 1836 par Michel (1821-1875) et Kalmus — dit « Calmann » — Lévy (1819-1891), de Phalsbourg en Moselle, sous la raison sociale « Michel Lévy frères », devenue « Calmann Lévy, Éditeur » après la mort de Michel en 1875, puis « Calmann-Lévy, Éditeurs » (avec l'ajout du trait d'union et du pluriel) en 1902.

Elle fait partie du groupe Hachette depuis 1993.

Histoire

En 1875, la maison d'édition est rebaptisée « Calmann Lévy, éditeurs », la succession de Michel Lévy est assurée par son frère, alors son principal associé, Kalmus dit Calmann Lévy, qui est un gestionnaire très avisé. La maison, toujours rue Auber, voit entrer au catalogue Anatole France et Pierre Loti, mais fait l'impasse sur les auteurs naturalistes. À la mort de Kalmus en 1891, il laisse un capital considérable, de près de 17 millions de francs-or. La succession est assurée par ses trois fils, Paul (1853-1901), Georges (1859-1937) et Gaston (1864-1948). Dans un premier temps, Paul relance en 1894 la Revue de Paris qui va alimenter le catalogue. Puis en 1898 il revend L'Univers illustré à Félix JuvenJean Watelet, La Presse illustrée en France, 1918-1914, ANRT, 1998, .. Les inclinaisons littéraires des trois frères, qui sont très proches du milieu monarchiste et assurés d'un confort financier, portent sur des auteurs établis, moins novateurs, et non sur l'avant-garde. Par exemple, ils éditent Les Plaisirs et les Jours (1896) de Marcel Proust remarquablement illustré par Madeleine Lemaire, mais pas À la recherche du temps perdu, ou bien René Bazin plutôt qu'André Gide« Calmann-Lévy » par Jean-Yves Mollier, in: Pascal Fouché (dir.), Dictionnaire encyclopédique du Livre, tome I, Paris, Cercle de la librairie, 2002, ..

Toutefois, en , la maison se lance dans la publication de fascicules illustrés – dont la « Nouvelle Collection illustrée » –, des productions à prix bon-marché, à moins d'un franc le volume, suivant l'exemple de maisons concurrentes comme la librairie Arthème Fayard. Elle publie des autrices qui obtiennent par deux fois le prix Femina.

En 1928, est lancée la collection « Le Prisme » sous la direction de Marcel Thiébaut. La littérature étrangère est également présente à cette époque avec des auteurs comme Gorki, Pirandello ou D. H. Lawrence.

En 1938, Georges Calmann se retrouve seul aux commandes de la maison, assisté des deux fils de Gaston, Robert (1899-1982) et Pierre (1903-1981), et de Georges Propper (mort en 1942, il avait épousé Berthe, la fille de Calmann). Au cours des années 1930, la Revue de Paris est revendue, subissant les contrecoups de la crise économique. De nouvelles collections à bas prix voient le jour, exploitant les fonds publiés au siècle dernier comme la « Nouvelle Collection Michel-Lévy », et la « Collection Pourpre », en format poche relié, voit le jour en , à la suite d'un partenariat avec Hachette.

Durant l'Occupation, Gaston est, en tant que juif et du fait des lois de Vichy, interné et, ses enfants et neveux rejoignent Londres. La société, aryanisée — avec trois autres maisons d'éditions, à savoir Ferenczi, Gedalge et OffenstadtJean-Yves Mollier, « L'édition française dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale », in: Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, 2011/4, , — sur Cairn Info. —, est alors administrée par les Allemands édictant des ordonnances : le , Léon Pioton est nommé à titre provisoire à sa tête, remplacé bientôt par Gaston Capy (administrateur) et Louis Thomas (directeur artistique), ensuite remplacés par Jean Flory. En , le sort de la maison est scellé : Henry Jamet, Albert Lejeune et René Lelief en deviennent propriétaires, en tant que prête-noms pour le véritable propriétaire, le sieur Hibbelen, attaché à l'ambassade d'Allemagne à Paris. Ils officialisent en le changement de raison sociale en « Éditions Balzac ». À la Libération, le , la maison est placée sous l'administration provisoire de Léon Pioton. La vente effectuée sous l'Occupation est déclarée nulle le par le tribunal civil de la Seine.

Gaston Calmann-Lévy meurt le et c'est le fils de Paul, Michel Calmann, qui va diriger la maison jusqu'en 1974, avec l'aide de ses oncles et cousins. Pierre et Robert Calmann-Lévy lui succèdent jusqu'en, respectivement, 1981 et 1982.

Après 1945, la maison doit se reconstruire, mais bénéficie de la richesse de son fonds. Elle déniche de nouveaux auteurs, comme Manès Sperber qui lance la collection « Traduit de », Raymond Aron, lequel devient conseiller et accroît encore la renommée de l'éditeur, lançant dès la collection « Liberté de l’esprit ». Un mois plus tôt, la revue Critique dirigée par Georges Bataille venait chez Calmann-Lévy, et y poursuivit sa route jusqu'en 1950.

Fin 1961, le prix Renaudot est attribué à Les Blés de Roger Bordier.

Calmann-Lévy édite les prix Nobel de Littérature Claude Simon, Hermann Hesse ou encore les thrillers psychologiques de Patricia Highsmith.

En , Jean-Étienne Cohen-Seat, étranger à la famille, est nommé président et transforme la maison en société anonyme ; Cohen-Seat prend 39 % du capital, le reste est divisé entre les membres de la famille, représentés par Alain Oulman (mort en 1990), descendant des fondateurs, et nommé directeur-général. C'est Seat qui négocie, en , la prise de participation de Matra-Hachette qui prend 52 % du capital, devenant majoritaire et faisant perdre à la maison son indépendance, après 158 ans. La famille Calmann-Lévy (Éliane Calmann-Lévy, France Oulman, Nicolas Oulman et Alexandre Oulman) conserve alors encore 30,41 % des parts.

En , Olivier Nora remplace Cohen-Seat à la présidence. Il est remplacé en par Denis Bourgeois, jusqu'alors directeur général. En 2000, Jean-Étienne Cohen-Séat reprend la présidence. Il envisage un temps la fusion entre la maison et Stock. En , les locaux historiques de la rue Auber sont vendus, la maison déménage au 31 rue de Fleurus.

En 2016, Philippe Robinet est nommé président-directeur général en remplacement de Florence Sultan, en poste depuis 2008.

En 2023, le prix Renaudot est attribué à Les Insolents de Ann Scott.

Activités éditoriales Calmann-Lévy est l'éditeur, entre autres auteurs, de Guillaume Musso, Pierre Lemaitre, Yann Queffélec, Laurent Gounelle, Marie-Bernadette Dupuy et Michael Connelly..

En 2021, Calmann-Lévy est le troisième éditeur français quant au nombre de titres publiés (son chiffre d'affaires est fondu dans Hachette Livre, groupe éditorial français)Voir sur Les Échos..

Identité graphique

Principaux prix littéraires obtenus

1904 : La Conquête de Jérusalem, de Myriam Harry, Prix La Vie Heureuse 1907 : Princesses de science, de Colette Yver, Prix La Vie Heureuse 1913 : Le Peuple de la mer, Marc Elder, Prix Goncourt 1916 : L'Appel du sol, Adrien Bertrand, Prix Goncourt 1914, rétroactif 1928 : Georgette Garou, de Dominique Dunois, Prix Femina 1961 : Les Blés, de Roger Bordier, Prix Renaudot 1973 : La Terrasse des Bernardini, de Suzanne Prou, Prix Renaudot 1978 : L'Herbe à brûler, de Conrad Detrez, Prix Renaudot 1987 : L'Égal de Dieu, d'Alain Absire, Prix Femina 1990 : Les Frères Romance, de Jean Colombier, Prix Renaudot 1998 : La Muse démocratique. Henry James ou les pouvoirs du roman, Mona Ozouf, Prix de l’Essai de l’Académie Française 2001 : L’Écriture du désir, Belinda Cannone, Prix de l’Essai de l’Académie Française 2010 : Cadres Noirs, Pierre Lemaitre, Prix Le Point du polar européen 2013 : Tué à l’ennemi, Michel Laval, Prix de l’Académie Française 2015 : La Zone d’Intérêt, Martin Amis, Prix du meilleur livre étranger 2018 : Beau Ravage, Christopher Bollen, Prix Fitzgerald 2019 : Un soleil sans espoir, Kent Anderson, Grand Prix de littérature policière 2020 : Avant la longue flamme rouge, Guillaume Sire, Prix Orange du Livre 2021 : Guillaume Musso, Prix Raymond-Chandler 2023 : Un monde de ciel et de terre, Aleksandar Hemon, Grand Prix de littérature américaine 2023 : Les Insolents, Ann Scott, Prix Renaudot 2024 : L'Inconnue du portrait, Camille de Peretti, Prix Maison de la Presse 2024 : À l'ombre des choses, Anatole Edouard Nicolo, Prix Envoyé par la poste

Annexes Bibliographie Jean-Yves Mollier, Michel et Calmann Lévy ou La Naissance de l'édition moderne (1836-1891), Paris, Calmann-Lévy, 1984 - Médaille de la Société des gens de lettres, 1985, prix Henri Hertz du rectorat de l'Académie de Paris, 1986 Jean-Yves Mollier, Les éditions Calmann-Lévy, de la Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale. - Un demi-siècle au service de la littérature, Calmann-Lévy, 2023 Jean-Yves Mollier, « La maison Calmann-Lévy sous l'Occupation », RevueAlarmer, , en ligne

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Maison d'édition ayant son siège dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Entreprise fondée en 1836 Catégorie:Maison d'édition faisant partie d'un groupe d'édition Catégorie:Hachette Livre Catégorie:Éditions Calmann-Lévy Catégorie:Entreprise ayant son siège dans le 6e arrondissement de Paris