Les membres de la culture de Thulé sont les ancêtres de tous les Inuits canadiens actuels.

Ils sont arrivés en Alaska vers l'an 500, à la fin de l'ancienne culture de la mer de Béring (de -200 à +500) dont sont issues la culture de Birnirk (Alaska) la culture de Punuk (Îles Punuk), puis au Nunavut vers l'an mille, et un groupe émigra ensuite vers le Groenland au . Les liens entre la culture de Thulé et les Inuits sont à la fois biologiques, culturels et linguistiques.

Ils doivent leur nom à la localité de Thulé, au nord-ouest du Groenland, maintenant déplacée à Qaanaaq, où des restes archéologiques ont été trouvés pour la première fois, localité elle-même nommée par les Danois en allusion à l'île semi-légendaire de Thulé mentionnée par l'explorateur grec Pythéas à l’extrême-nord du monde connu.

En dehors des éventuels contacts avec les Vikings, ils étaient en contact avec des peuples d'Eurasie (on a retrouvé ainsi des objets en métaux venant d'Asie, dont une ceinture peut-être utilisée pour des chevaux, dans un village du cap Espenberg de la péninsule de Seward, en Alaska actuelAsian Metal Found in Alaska Reveals Trade Centuries Before European Contact, Western Digs, 29 septembre 2016). Ils sont ensuite entrés en contact de manière plus importante avec les Européens au .

La culture de Thulé au Groenland

Ils vivaient à la fois des animaux terrestres et marins et ont remplacé la culture de Dorset au . Les campements d'hiver étaient en général composés d'une à quatre maisons comptant environ dix habitants. Certains établissements comptant plus d'une douzaine de maisons ont également été retrouvés, même si elles n'étaient pas toutes habitées en même temps. Elles étaient bâties avec les os des baleines pêchées pendant l'été.

Des membres de la culture de Thulé ont migré au sud du Groenland, durant la « seconde expansion ». Il y a de bonnes raisons de croire qu'ils ont alors été en contact avec les Vikings avant que ces derniers ne disparaissent complètement du Groenland.

Culture matérielle Communautés et organisation sociale vignette|Inuk montrant un site de la Culture de Thulé (juin 1995) La culture de Thulé diffère nettement de la culture antérieure de Dorset. La présence de baleines à bosse a permis à une poignée de communautés de Thulé de former de grands villages à travers l’Arctique préhistorique. Les premiers villages de pêcheurs comptaient entre quinze et vingt maisons, et l'un d'entre eux en a même compté jusqu'à soixante.

Ces maisons étaient souvent accolées les unes aux autres, suggérant qu'elles devaient abriter des familles élargies à un groupe, et les archéologues ont reconnu des structures qui semblent avoir été utilisées pour des cérémonies. La disparité des tailles et des formes d'habitation, le mobilier retrouvé à l'intérieur, comme la présence d'outils fabriqués loin du village, suggèrent des différences de richesses entre foyers : cela a amené quelques chercheurs à y voir la preuve d'une stratification sociale.

La chasse à la baleine exigeait la coordination de plusieurs embarcations : ainsi certaines communautés désignaient un chef d'expédition appelé umialik.

Les villages étaient reliés entre eux par des pistes, comme le montre les échanges de cuivre natif ramassé dans le nord-ouest de l'Arctique, et de fer météorique provenant du nord-ouest du Groënland.

Moyens de transport Les hommes de Thulé parcouraient l'Arctique grâce à leurs traîneaux, kayaks et l’oumiak, sorte de grosse barque couverte de peaux graissées qui a joué rôle central dans la chasse à la baleine. Les traîneaux tirés par des chiens ont élargi énormément le domaine de chasse.

Les chasseurs de Thulé utilisaient des types élaborés de harpons, hérissés de dents taillées dans des os de baleine ; le câble de ces harpons était lesté de flotteurs en peau pour se rapprocher des plus gros animaux et mieux les frapper. Ils disposaient d'outils de cuivre et de fer : chaque fois qu'ils trouvaient du fer météorique, ils le ramassaient, le forgeaient, échangeaient ces minéraux avec d'autres villages ; ainsi, la Météorite du cap York, retrouvée au Groënland, a été exploitée par plusieurs tribus de l’Arctique .. Parmi les autres armes, il y a lieu de mentionner l'arc à renforts (avec utilisation occasionnelle de protège-poignets), le bolas pour la chasse aux oiseaux, les filets lestés, et même des cuirasses matelassées dans certaines régions.

Chasse, pêche et subsistance vignette|Abris du Thulé ancien, avec sa charpente d'os de baleine à Resolute (Nunavut). L'exploitation des baleines à bosse caractérise l'âge du Thulé moyen. Un seul animal pouvait procurer non seulement de la viande et du combustible, mais aussi, en l'absence de bois, les matériaux nécessaires pour la construction et l'outillage. On tirait du lard de l’huile d'éclairage et du combustible pour cuire les aliments ; les os (particulièrement les maxillaires de cétacé) étaient réemployés pour la charpente des maisons aussi bien que pour tailler des outils.

Les recherches archéologique prouvent que presque tous les restes de baleine provenant des sites de Thulé ont été prélevés sur des animaux chassés plutôt que sur des carcasses échouées

Hormis les plus gros villages de baleiniers, les hommes de Thulé subsistaient grâce au poisson, à la chasse des mammifère marins et du caribou. Comme avec les baleines, presque tout le corps du gibier était réutilisé d'une façon ou d'une autre.

Références

Annexes

Sources

Articles connexes Premier peuplement de l'Amérique Paléoesquimaux Néoesquimaux

Peuples indigènes de Sibérie Autochtones d'Alaska Histoire du Groenland, culture de Saqqaq (2500/2400-900/800) Jean Malaurie Giulia Bogliolo Bruna Qilakitsoq, site archéologique thuléen avec momies au Groenland

Bibliographie . Jean Malaurie (dir.), L'Art du Grand Nord, Paris, Citadelle & Mazenod, 2001. Giulia Bogliolo Bruna, Les objets messagers de la pensée inuit, préface de Jean Malaurie, Paris, Institut Charles-Cros / L'Harmattan, 2016.

Liens externes . .

Thulé Catégorie:Histoire du Groenland Catégorie:Histoire de l'Arctique Catégorie:Inuit

de:Inuit-Kultur#Kulturgeschichtlicher Überblick