Jules-Ferdinand Baulard, né le à Meaux (Seine-et-Marne) et mort le à Joinville-le-Pont (Seine), est un homme politique français.
Fils d'ouvriers, il est d'abord lui-même ouvrier verrier en Seine-et-Marne. Il s’est ensuite installé à Paris dans le où, avec un beau-frère, il dirigeait dès 1848 une fabrique de miroiterie.
Opposant républicain à Louis-Philippe et Napoléon III
Membre de la Société des Droits de l'Homme, organisation hostile au roi Louis-Philippe, il participa aux journées de février et de juin 1848 qui renversent la monarchie. Il fréquentait le club de la Révolution d’Armand Barbès. Il protesta contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et fut fermement républicain sous l'EmpireJean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940)], PUF, 1960. Il résista les armes à la main au coup d'État du Alphonse Bertrand, La Chambre de 1893, Ancienne Maison Quantin, Paris, 1893.
Combattant du siège de Paris dans l'hiver 1870-1871, il participa à la Commune de Paris en 1871, en tant que délégué du de la Garde nationale auprès du Comité central républicain des Vingt arrondissements, mais il s’en sépara rapidement.
Homme politique radical Vivant à Paris, il fut un des principaux fondateurs des écoles laïques du de la capitale. Il est président du comité républicain radical démocratique de l’arrondissementLa Presse, quotidien, Paris, 26/04/1884.
Retiré des affaires, il s'installe à Joinville-le-Pont alors dans le département de la Seine (aujourd'hui dans le Val-de-Marne). En 1885, il est un des fondateurs du comité provisoire républicain, radical, socialiste du canton de Charenton-le-PontVoix des communes, hebdomadaire, 23/05/1885, qui deviendra l’Union des radicaux-socialistes de la de l’arrondissement Sceaux, une des organisations qui compte le plus grand nombre d’adhérents dans le départementVoix des communes, hebdomadaire, Vincennes, 14/07/1888. Il y côtoie notamment Gabriel Meynet, directeur du journal Voix des communes et maire d’Alfortville ainsi que le journaliste Henry Vaudémont.
Baulard est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1884 et siège dans la municipalité dirigée par Gabriel Pinson. Il ne se représente pas en 1888, conformément au programme radical-socialiste qui prévoyait le non-cumul des fonctions électives.
Jules-Ferdinand Baulard se présente au Conseil général de la Seine en tant que représentant du canton de Charenton-le-Pont (qui comprenait Joinville-le-Pont) où il est élu en 1886 ; il démissionne en 1889, lorsqu’il devient député.
Lors de l’élection législative du , Jules-Ferdinand Baulard est candidat des opposants au candidat populiste, le général Boulanger, dans la de l’arrondissement de Sceaux (Seine), qui correspond à une grande partie de l’actuel Val-de-Marne. Il est élu au second tour avec voix sur (52,2 %). Il fait partie de l'union des radicaux socialistes antiplébiscitaires. thumb|gauche|Louis Ferdinand Baulard, cliché Laudrey Disderi, Annuaire Paris Hachette, 1900. Baulard est réélu comme sous l’étiquette radicale et laïque le avec voix sur votants (50,4 %). Le , il obtient un troisième mandat avec voix sur votants (49,7 %). À la Chambre des députés, il s'occupa surtout des bureaux de placement pour les ouvriers. Membre de la commission du travail, il est auteur d’une proposition de loi sur le financement d’une caisse pour les invalides du travailJean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éditions de l’Atelier, (1864-1871).
Orateur médiocreSelon La Croix, quotidien, Paris, 03/12/1889 son « éloquence a obtenu un succès de fou-rire », mais fortement engagé dans la vie politique locale, Baulard est l’objet de nombreuses attaques des journaux La Presse et La Croix, qui lui reprochent son engagement anti-boulangiste et les fautes d’orthographes qu’il commetVoir notamment La Croix, quotidien, Paris, 10/10/1889 (Numéro 1952) et La Presse, quotidien, Paris, 08/06/1890 ; ses partisans remarquent que « à l'âge de onze ans, au lieu d'aller à l'école, il était déjà forcé de gagner sa vie comme apprentiLe Grelot, hebdomadaire, Paris 05/01/1890. »
Participant à beaucoup de réunions de la Fédération française de la Libre penséeJean Marie Mayeur, Arlette Schweitz : Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, Volume 1, Publications de la Sorbonne, 2001, Baulard était membre de la loge maçonnique La Clémente AmitiéSaint-Pastour (ps. Henry Coston) La franc-maçonnerie au Parlement Éditions Documents et Témoignages, 1970.
Baulard participe au Congrès radical-socialiste de , qui marque la fondation officielle du parti républicain, radical et radical-socialisteVoix des communes, hebdomadaire, Vincennes, 29/06/1901.
Jules-Ferdinand Baulard ne se représente pas lors de l’élection législative de 1902 et soutient la candidature d’Adolphe Maujan (1853-1914). Il meurt le à Joinville-le-Pont et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division) à ParisRegistre journalier d'inhumation du Cimetière du Père Lachaise de 1910, en date du 10 avril (vue 16/31).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles Naissance du Parti républicain, radical et radical-socialiste Ouvrages Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dirigé par Jean Maitron, éditions de l’Atelier, (1864-1871).
Alphonse Bertrand, La Chambre de 1893, Ancienne Maison Quantin, Paris, 1893 Jean Marie Mayeur, Arlette Schweitz : Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, Volume 1, Publications de la Sorbonne, 2001 Liens externes
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