Un facteur de risque cardiovasculaire ou facteur de RCV correspond à un état physiologique, pathologique ou une habitude de vie corrélée à une incidence accrue d'une maladie cardiovasculaire.

Les facteurs de risque cardiovasculaire sont des facteurs de risque de l'athérome. L'athérome consiste en l'atteinte des artères, entraînant leur rétrécissement et pouvant aboutir à leur occlusion. Cette maladie artérielle est responsable : de l'angine de poitrine ou de l'infarctus du myocarde si elle atteint les artères coronaires ; de 80 % des accidents vasculaires cérébraux si elle atteint les artères à destinée encéphalique ; d'une artériopathie oblitérante des membres inférieurs en cas d'atteinte des artères des membres inférieurs. Les hémorragies cérébrales représentent 20 % des accidents vasculaires cérébraux. Les autres hémorragies internes ou extériorisées peuvent aussi être mortelles, mais le sont moins fréquemment que les hémorragies cérébrales.

Historique L'étude de Framingham a été mise en place en 1948, permettant de suivre la santé cardiaque de la population d'une petite ville américaine et de corréler différents paramètres avec le risque de survenue d'une maladie cardiovasculaire. Les deux premiers facteurs de risque, l'hypertension et l'hypercholestérolémie, ont pu être ainsi identifiés dans le début des années 1960 Kannel WB, Dawber TR, Kagan A, Revotskie N, Stokes J III. Factors of risk in the development of coronary heart disease -- six-year follow-up experience: the Framingham Study, Annals of Internal Medicine, 1961;55:33-50. Ces données ont été confirmées par celles d'autres pays, notamment à Helsinski dans les années 1970 Romo M, Factors related to sudden death in acute ischaemic heart disease. A community study in Helsinki, Acta Med Scand Suppl, 1972;547:1-92.

En 2018 en France les crises cardiaques ou accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardioneurovasculaires sont devenues la première cause de mortalité chez les femmes et la seconde pour les hommes, avec 16,1 milliards/an de prise en charge pour 4,5 millions de patients touchés. La Cour des comptes montre que la prévention n'est pas assez soutenue sauf pour la lutte anti-tabac qui depuis a porté le prix du paquet de cigarettes à 10 euros. La Cour recommande de « relever les droits d'accise sur l'ensemble des boissons alcoolisées et la contribution sur les boissons contenant des sucres ajoutés », elle déplore que le Nutri-Score ne soit toujours pas obligatoire et estime que les médecins de ville devraient être plus moteurs de prévention. Il faudrait aussi relever et généraliser les seuils d'activité pour les établissements prenant en charge des chirurgies cardioneurovasculairesLes Échos (2018) Santé : la Cour des comptes attend plus de prévention par Solveig Godeluck - 04/10/2018.

Facteurs de risque

Ils ont été retrouvés lors d'études épidémiologiques prospective : une population dont les caractéristiques initiales sont connues est suivie médicalement pendant de nombreuses années. Les corrélations entre survenue d'accidents vasculaires et certaines de ces caractéristiques initiales peuvent être alors analysées statistiquement.

La plus connue de ces études reste celle de Framingham, petite ville américaine où l'ensemble de la population adulte (près de ) a été suivi médicalement durant plus de 20 ans. La première publication de cette étude identifiant des facteurs de risque remonte à 1961Kannel WB, Dawber TR, Kagan A, Revotskie N, Stokes J, Factors of risk in the development of coronary heart disease—six-year follow-up experience: the Framingham Study, Ann Intern Med, 1961;55:33-50.

Ces facteurs de risque permettent ainsi de calculer la probabilité qu'a un individu d'avoir un accident vasculaire dans un délai déterminé. Des scores de risque sont ainsi disponibles, permettant de définir si une personne est à haut risque ou à bas risque, ce qui permet une stratégie adaptée, différente suivant le niveau de risque.

En toute rigueur, la prise d'actions permettant de réduire un facteur de risque ne signifie pas obligatoirement que l'on diminue le risque vasculaire. En effet, le facteur de risque en question peut être simplement un marqueur n'intervenant aucunement dans la genèse de l'athérome. Il faut alors prouver l'efficacité de ces actions à travers des études interventionnelles montrant la corrélation entre l'efficacité de ces actions sur le risque et la diminution des accidents vasculaires.

Ces études interventionnelles ont été menées avec un certain succès sur les facteurs de risque « classiques » (diabète, tabagisme, hypertension artérielle (HTA), dyslipidémie). Elles restent à faire, en particulier sur certains marqueurs biologiques du risque vasculaire.

Facteurs irréversibles âge (le risque augmente avec l'âge) ; sexe (masculin ou en cas de ménopause précoce chez la femme), mais le nombre d'infarctus tend à augmenter chez les femmes de 35 à 54 ans (dont la part parmi les patientes hospitalisées est passée de 21 % à 31 % entre 1995 et 2014), probablement en lien avec une prévalence accrue de l'hypertension, du diabète et de l'obésité et du tabagisme au sein de cette population, et malgré cette urgence, en raison de biais de genre et de symptômes atypiques souvent méconnus des praticiens, les femmes continuent de recevoir des soins moins intensifs que les hommes. ; contexte de santé publique : aux USA, malgré les progrès thérapeutiques, la mortalité cardiovasculaire liée à l'insuffisance cardiaque est en augmentation chez les adultes américains de 35 à 64 ans, et chez les jeune et les femmes notamment, inversant des décennies de déclin. Les épidémies d'obésité et de diabète de type 2 supplantent les avancées médicales et chirurgicales, avec en outre une aggravation des inégalités raciales (afro-Américains disproportionnellement touchés en raison d'une hypertension souvent sous-traitée ou non diagnostiquée). facteurs génétiques (hérédité) : en dehors des autres facteurs de risque, le risque héréditaire est bien établi, sans que le mécanisme exact ait pu être déterminé. Une mutation d'un nucléotide dans la région p21.3 du chromosome 9 serait corrélée au risque cardiaque de manière modéréePalomaki GE, Melillo S, Bradley LA, Association between 9p21 genomic markers and heart disease, a meta-analysis, JAMA, 2010;303:648-656 .

Facteurs évitables ou curables hypertension artérielle ; diabète de type 1 ou de type 2 ; tabagisme ; sédentaritéShanthi M, Pekka P, Norrving B (2011). Global Atlas on Cardiovascular Disease Prevention and Control. OMS. . ; dyslipidémies : entre autres l'excès de cholestérol dans le sang (hypercholestérolémie), et surtout le « mauvais » cholestérol (Lipoprotéine de basse densité [LDL]) par excès de consommation de graisses saturées ou de graisses insaturées trans. L'augmentation des triglycérides est également un facteur de risque reconnu des maladies cardiovasculaires, mais son caractère indépendant (un patient ayant un taux élevé de triglycérides est très souvent obèse, diabétique, ...) n'est pas attesté Triglycerides and the risk of coronary heart Ddisease , Nadeem Sarwar, John Danesh, Gudny Eiriksdottir, Gunnar Sigurdsson, Nick Wareham, Sheila Bingham, S. Matthijs Boekholdt, Kay-Tee Khaw, Vilmundur Gudnason, Circulation. 2007;115:450-458. ; surpoids ou obésité, notamment si elle est abdominale (le périmètre abdominal étant mieux corrélé au risque cardiovasculaire que l'indice de masse corporelleCanoy D, Boekholdt SM, Wareham N et Als. Body fat distribution and risk of coronary heart disease in men and women in the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition in Norfolk Cohort, a population-based prospective study, Circulation, 2007;116:2933-2943., pourtant très largement utilisé).

Du point de vue de l'alimentation, les facteurs de risque connus sont la consommation de viandes rougesArticle du Huffington Post., charcuteriesAssociation between total, processed, red and white meat consumption and all-cause, CVD and IHD mortality: a meta-analysis of cohort studies., graisses saturées, acides gras transLES ACIDES « GRAS TRANS », LES MALADIES DU CŒUR ET LES AVC., et de sel. Les risques associés à une prise trop importante de sel (au-delà de de sodium par jour) serait néanmoins moindre qu'une prise insuffisante (en dessous de de sodium par jour).. Un facteur de risque probable est la consommation de sucres ajoutésAdded sugar intake and cardiovascular diseases mortality among US adults.Recommandations de l'American Heart Association..

Enfin, des travaux récents relancent l'inflammation chronique comme cause qui aurait été trop sous-estimée, alors qu'elle serait, selon Melinda Wenner Moyer (2026), un co-facteur majeur d'un grand nombre de pathologies cardiaques : en 1999, Russell Ross (pathologiste de l’Université de Washington) affirmait dans The New England Journal of Medicine que , après quoi, un grand nombre d'études, ayant porté sur des centaines de milliers de patients au total, ont note en 2026 Jean-Claude Tardif (cardiologue et directeur du Centre de recherche de l'Institut de cardiologie de Montréal). En 2026, une étude propose une réponse au « mystère » des environ 25 % de patients victimes de crises cardiaques malgré l'absence de facteurs classiques (tabagisme ; hypertension ; taux élevé de « mauvais cholestérol (LDL) », ou diabète). La cristallisation du cholestérol serait en cause, car le système immunitaire ne reconnaît pas ces cristaux aigus, qui, donc, induisent une réponse inflammatoire, laquelle agresse les vaisseaux sanguins, favorisant ainsi les infarctus et les AVC chez les patients qui ont cette réaction. Ceci expliquerait pourquoi des patients sans facteurs de risque traditionnels présentent néanmoins un risque de mortalité supérieur de 57 %, leur pathologie cardiovasculaire, inflammatoire, étant souvent ignorée... jusqu'à l'accident (). Cette théorie gagne du terrain. Elle implique que réduire l'inflammation pourrait être thérapeutiquement aussi crucial que faire chuter le cholestérol (les statines ont des propriétés anti-inflammatoires intrinsèques, mais (comme la colchicine, qui reste controversée pour certains médecins) avec des effets secondaires), de même faudrait-il aussi réparer les tissus artériels déjà endommagés.. En juin 2023, la Food and Drug Administration a approuvé l'utilisation d’un traitement (ancien et peu coûteux, à base de colchicine utilisé contre la goutte) pour soigner des maladies cardiaques. Selon un essai clinique de 2020, il pourrait réduire le risque de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et d’autres complications de 31 %, surtout chez les patients prenant déjà un Hypocholestérolémiant de type statine.

Facteurs protecteurs Parmi les facteurs protecteurs connus, figurent une alimentation saine, riche en fruits et légumes fraisDiet and cardiovascular disease, en céréales complètesWhole-grain consumption and risk of coronary heart disease: results from the Nurses' Health Study (« bio » idéalement, pour limiter les apports en cadmium), en légumineusesLegume consumption and risk of coronary heart disease in US men and women: NHANES I Epidemiologic Follow-up Study, poisson, ailRole of Garlic Usage in Cardiovascular Disease Prevention: An Evidence-Based Approach, noixNuts, blood lipids and cardiovascular disease, et huile d'olivePrimary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet.

Les facteurs qui pourraient être protecteurs sont la consommation d'omega-3, soja, huile de colza, produits laitiers, aspirineLong-term Aspirin Use and Mortality in Women. Il existe des doutes sur les vertus supposées du vin rouge dans le cas de consommation modéréeAlcohol and the heartModerate alcohol use and reduced mortality risk: Systematic error in prospective studiesAll cause mortality and the case for age specific alcohol consumption guidelines: pooled analyses of up to 10 population based cohorts.