vignette|upright=1.5|alt=Carte des dominions à la fin du XIXe siècle.|Carte de l'Empire britannique sous la reine Victoria, à la fin du . Le mot « dominions » désigne l'ensemble des territoires appartenant à la Couronne. Un dominion est un État membre autonome de l'Empire britannique puis du Commonwealth. Avant la Première Guerre mondiale, les dominions ne sont pas pleinement indépendants, le Royaume-Uni gardant la souveraineté sur les relations internationales, la diplomatie, la guerre, la citoyenneté, la plus haute instance judiciaire et la Constitution.

Après la Première Guerre mondiale, la souveraineté des dominions s'accroît considérablement grâce à la signature du traité de Versailles de 1919, la déclaration Balfour de 1926 et le Statut de Westminster de 1931. Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des anciennes colonies obtiennent l'autonomie. Certains dominions deviennent des républiques et d'autres deviennent des royaumes du Commonwealth, les dominions obtiennent tous les pouvoirs relatifs à la souveraineté, et le terme dominion tombe en désuétude.

Histoire Un dominion est un pays issu de la colonisation britannique pouvant gérer lui-même ses finances, sa politique intérieure (à part quelques imposées par l'entité dominante) et son commerce (à l'exception des exigences de la métropole, là encore). Néanmoins, initialement, le gouvernement ne peut gérer les affaires étrangères, cette fonction étant assurée par le gouvernement du Royaume-Uni. Il a droit à une force armée se rapportant en dernier lieu à l'entité dominante, donc, par exemple, l'armée canadienne fait partie intégrante de l'armée britannique jusqu'en 1917.

Antécédents vignette|Panneau près de l'entrée de la bibliothèque de l'édifice du Centre au Canada.

Le Canada est le premier pays de l'Empire britannique à acquérir le statut de le . Selon le préambule de la Loi constitutionnelle de 1867 du parlement britannique, les provinces canadiennes . Le mot , préféré par les politiciens canadiens, a été évité de peur de contrarier les États-Unis. Au lieu d'un , Samuel Leonard Tilley, un politicien du Nouveau-Brunswick, a promu le terme . Il s'est inspiré de la formulation du Psaume 72 en anglais, verset 8 : .

Conférence impériale de 1907 vignette|Proclamation royale d'Édouard VII, , renommant la en le , publiée dans la le . De la Conférence impériale de 1907 a émergé la notion de en tant qu'entité dont le statut était intermédiaire entre un statut colonial et un statut indépendant. À cette époque, diverses étiquettes ont été proposées : le premier ministre de Nouvelle-Zélande, Joseph Ward, a suggéré des mais le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, a proposé des . Alfred Deakin, premier ministre d'Australie, a proposé des et les ont été jugés acceptables et, sur l'insistance de Laurier, un seul mot, , a été préféré à (le nom sous laquelle l'Australie était devenue une fédération), puisque, comme Deakin l'a convenu, la désignation de (Canada, unifié en 1867) était plus ancienne que (Australie, unifiée en 1901).

À la demande de Joseph Ward, qui écrivit au secrétaire d'État aux Colonies, Victor Bruce, comte d'Elgin en , le nom officiel de la Nouvelle-Zélande fut changé par proclamation royale : de en . Ward cherchait ainsi à imiter les titres existants de et . Ward espérait ainsi dissiper l'idée que la Nouvelle-Zélande faisait partie de l'Australie. Le changement était d'une importance minime. Les parlementaires néo-zélandais ont cessé d'être connus sous le nom de et sont devenus à la place des . Le chef du gouvernement, connu comme , est devenu . L'attribution du statut de Dominion n'a pas rendu la Nouvelle-Zélande plus indépendante.

Au sein du bureau des Colonies britannique (), un nouveau département des Dominions est créé en , l'une des trois branches dans lesquelles le fut réorganisé. Ce nouveau département était responsable des relations britanniques avec les Dominions.

En 1907, les Dominions étaient ainsi : le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve, la colonie du Cap, le Natal et le Transvaal. En 1910, les quatre colonies autonomes d'Afrique du Sud, comprenant alors l'ancien État libre d'Orange, se sont unifiées pour devenir l'Union d'Afrique du Sud fédérale. Ainsi la liste des Dominions fut réduite à cinq : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve, et Afrique du Sud.

Première Guerre mondiale vignette|, au , le . Les premiers ministres britannique, canadien, néo-zélandais et sud-africain sont présents (David Lloyd George, Robert Borden, William Massey, et Jan Smuts). Au début de la Première Guerre mondiale, le roi britannique déclare la guerre au nom de tout l'empire. Les cinq Dominions déterminaient leur propre niveau d'implication dans l'effort de guerre, mais ils ne jouaient initialement aucun rôle dans la détermination de la politique ou de la stratégie de la guerre. Peu à peu, les gouvernements des Dominions se sont davantage impliqués dans la direction de l'effort de guerre de l'Empire britannique. David Lloyd George, arrivé au pouvoir à Westminster à la fin de 1916, a établi la qui s'est réunie en 1917, et le , qui s'est réuni en 1918. (L'Inde, bien que n'étant pas un Dominion, était également représentée.).

La neuvième résolution de la déclara que les Dominions étaient et qu'ils possédaient un .

Entre-deux-guerres

Traité anglo-irlandais L'État libre d'Irlande (anciennement l'éphémère Irlande du Sud) a acquis le statut de Dominion à sa création en 1922. L'état irlandais était donc le sixième Dominion.

Conférence impériale de 1926 alt=Groupe de huit hommes en costume de soirée. Le roi est assis au milieu entouré par ses premiers ministres.|vignette|Le roi et ses premiers ministres lors de la conférence impériale de 1926. Assis de gauche à droite : Stanley Baldwin (Royaume-Uni), , William Lyon Mackenzie King (Canada) ; debout de gauche à droite : (Terre-Neuve), Gordon Coates (Nouvelle-Zélande), Stanley Bruce (Australie), James B. Hertzog (Afrique du Sud), William T. Cosgrave (État libre d'Irlande). En 1925, un nouveau Dominions Office fut créé au sein du gouvernement britannique, éliminant la responsabilité ministérielle des Dominions du bureau des Colonies et du secrétaire d'État aux Colonies. Un secrétaire d'État aux Dominions a été nommé en conséquence. Le département des Dominions au sein du devint ainsi un ministère distinct, le bureau des Dominions. Entre et , Leo Amery était secrétaire d'État au parallèlement à son mandat au . Nommé secrétaire aux Colonies par Stanley Baldwin en 1924, Amery avait auparavant promu l'idée d'un ministère britannique distinct pour les Dominions, avec un statut quasi-diplomatique.

Ruiné par des dettes aggravées par la Grande Dépression, le gouvernement de Terre-Neuve s'effondre et est contraint d'acquérir le statut colonial sous le règne de la Commission de gouvernement.

Statut de Westminster de 1931

Après-guerre

L'Inde et le Pakistan ont acquis le statut de dominion le , et Ceylan (rebaptisé Sri Lanka en 1972) le .

Deux référendums en 1948 ont déterminé le statut de Terre-Neuve. Le premier n'a pas été concluant, montrant le mécontentement à l'égard de la Commission de gouvernement. Lors du deuxième référendum sur l'opportunité de revenir au statut de dominion, 48 % des électeurs étaient en faveur du rétablissement du dominion de Terre-Neuve, mais 52 % ont voté pour la fédération avec le Canada. Terre-Neuve a été absorbée par le Canada à minuit le .

Décolonisation Plusieurs colonies nouvellement indépendantes du Royaume-Uni sont formellement des dominions pendant la période allant de la fin des années 1950 au début des années 1990. Leurs Constitutions, avec un régime parlementaire de type Westminster et le monarque britannique comme chef d'État, sont pour la plupart remplacées en moins d'une génération par des Constitutions républicaines. Toutefois, ces pays n'ont de dominions que le nom et constituent dans les faits des royaumes du Commonwealth..

En Afrique, le dominion du Ghana (ancienne Côte-de-l'Or) existe de 1957 à 1960, date à laquelle il devient la république du Ghana. La fédération du Nigeria est établie en tant que dominion en 1960, puis devient la république fédérale du Nigeria en 1963. Le dominion de Sierra Leone, indépendant en 1961, devient une république dix ans plus tard.. Le Kenya est érigé en dominion lors de son indépendance en 1963, mais la république est proclamée l'année suivante. En Océanie, le dominion des Fidji, fondé en 1970, est remplacé par la république des Fidji en 1987 à la suite de deux coups d'État militaires..

Au , ces États sont pleinement souverains et ont totalement coupé les derniers liens juridiques avec le Royaume-Uni, mais plusieurs de ces pays restent des monarchies constitutionnelles avec pour chef d'État le roi , qui est également à la tête du Commonwealth des Nations. Cependant, être membre du Commonwealth n'implique pas avoir conservé la monarchie : par exemple, l'Inde est devenue une république en restant dans le Commonwealth.

En outre, reste le nom officiel du Canada, selon les termes de la loi constitutionnelle de 1867.. Cette appellation est cependant abandonnée dès le début des années 1960 et le terme « dominion » n'apparaît ni dans la loi de 1982 organisant le rapatriement de la Constitution ni dans la Charte canadienne des droits et libertés. De nos jours, l'expression est encore utilisée occasionnellement dans des documents juridiques..

Liste des dominions Les États suivants ont été, à divers moments de leur histoire, des dominions :

Pays De À Statut Canada 1867 – Érection en royaume du Commonwealth. Australie 1901 – Érection en royaume du Commonwealth. Nouvelle-Zélande 1907 – Érection en royaume du Commonwealth. Terre-Neuve 1907 1934 Incorporée au Canada en 1949. Colonie du Cap 1907 1910 Fédération sous le nom d'Union d'Afrique du Sud. Natal 1907 1910 Fédération sous le nom d'Union d'Afrique du Sud. Transvaal 1907 1910 Fédération sous le nom d'Union d'Afrique du Sud. Afrique du Sud 1910 1961 Création d'une république. Irlande 1922 1937 Création d'une république. Inde 1947 1950 Création d'une république fédérale. Pakistan 1947 1956 Création d'une république fédérale. Ceylan 1948 1972 Création d'une république sous le nom de Sri Lanka. Ghana19571960Création d'une république. Nigeria19601963Création d'une république fédérale. Kenya19631964Création d'une république. Tanganyika19611962Création d'une république sous le nom de Tanzanie par fusion avec Zanzibar. Sierra Leone19611971Création d'une république. Ouganda19621963Création d'une république. Gambie19651970Création d'une république. Maurice19681992Création d'une république. Fidji 1970 1987 Création d'une république.

La déclaration Balfour de 1926 et le Statut de Westminster de 1931 abolissent les derniers pouvoirs qu'avait conservés le gouvernement britannique sur les pays en question, qui deviennent ainsi totalement souverains ou obtiennent le pouvoir d'exécuter cette transition au moment voulu. C'est la naissance du Commonwealth des Nations, dont chacun des membres doit être perçu sur un pied d'égalité avec les autres, y compris avec le Royaume-Uni.

La transition des dominions vers l'indépendance est progressive. En effet, le Statut de Westminster de 1931 demande à chaque dominion de faire approuver sa future Constitution par le Royaume-Uni, après quoi il n'aurait plus de comptes à lui rendre. Cette transition dure cinquante ans pour le Canada jusqu'à la signature de neuf provinces consentantes en et de la reine en . Auparavant, l'indépendance judiciaire du Canada (abolition de la possibilité d'un appel au Royaume-Uni) n'est arrivée qu'en 1949, et la citoyenneté canadienne n'est créée qu'en 1947.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes

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