Philippe Higonet né à Saint-Geniez-d'Olt le et mort le à Aurillac, est un général et homme politique français.Bernard Maury, « Général Baron Philippe Higonet, Comment un Marmot est devenu Général et Baron », Cercle généalogique de l’Aveyron, édité par Suzanne Barthe, 27 juillet 2018..

Biographie

Jeunesse Fils de Joseph Higonet, maître apothicaire, et de Marie Massabuau, Philippe Higonet naît le dimanche , à Saint-Geniez-d’Olt dans l'Aveyron. Il naît dans d'une fratrie de 9 enfants et est le frère cadet du futur colonel Joseph Higonet. Il quitte le laboratoire de son père à 21 ans pour rejoindre le camp militaire de Boulogne, où Napoléon assemble sa « Grande Armée ». Il s'engage alors, le , dans le Régiment d'Infanterie de Ligne. Il est aussitôt nommé caporal, puis sergent le .

Guerres napoléoniennes Le , il est affecté avec le grade de lieutenant au Régiment d'Infanterie de Ligne qui est commandé par le colonel Joseph Higonet, son frère aîné. Il fait partie du corps du Maréchal Davout. Le , il participe combat de Maria-Zell où sa conduite est qualifiée « d’audacieuse et brillante ». Quelques jours plus tard, le , il se signale encore à la bataille d’Austerlitz où il est blessé d’un coup de feu à la cuisse droite.

Higonet est nommé capitaine le et est fait chevalier de la Légion d’Honneur le . Lors de la bataille d’Auerstaedt (), le capitaine Higonet fait preuve d’habileté et d’audace, mais son frère, le colonel Joseph Higonet, y trouve la mort (son nom sera plus tard gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, pilier Est, colonne 18). Il se distingue encore le lors de la bataille d'Eylau, où il est à nouveau blessé à la jambe gauche et au bas-ventre. En 1809, il participe aux batailles d’Eckmühl (21-) et de Wagram (5-). Sa conduite héroïque est récompensée le par son affectation au Régiment de Grenadiers à pied de la prestigieuse Garde Impériale.

En 1812, il est encore capitaine des Grenadiers de la Garde impériale lorsqu'il participe à la campagne de Russie. Il revient avec un pied gelé et le grade de major en second. Lors la campagne d’Allemagne, il prend part au siège de Hambourg en . Le , juste avant l'abdication de l’empereur Napoléon , le maréchal Davout l’élève au grade de colonel, le considérant comme « l’un des plus brillants officiers de l’armée ».

Lors de la première Restauration, le roi Louis XVIII lui décerne la croix de Chevalier de l’Ordre de Saint Louis. Peu de temps après, le colonel reçoit le commandement de l’Aveyron. Mais lorsque Napoléon revient de l'île d’Elbe, le Maréchal Davout, ministre de la Guerre durant les Cents-Jours, place le colonel Higonet à la tête du Régiment d'infanterie, puis de son ancien Régiment d'Infanterie de Ligne. Il se distingue alors à la bataille des Quatre Bras (), où il est blessé deux fois, puis à la bataille de Waterloo (), alors que l’armée française est en déroute.

Sous la Restauration Après la seconde abdication de Napoléon, Philippe Higonet se rallie à Louis XVIII, qui le désigne pour former et commander la Légion du Cantal le . Le , il se marie à Augustine, la fille du Baron Jean-François de Jujeals de Peyrac de Veillan. Le roi Louis XVIII le fait baron peu de temps après. Il choisit alors pour devise de ses armoiries « Virtus, labor, pietas ». Il est également fait officier de la Légion d’Honneur cette même année 1816.

Le commandement du Régiment d'infanterie de Ligne est alors confié au colonel Philippe Higonet, avec lequel il participe en 1823 à l’expédition d’Espagne. Le , il est promu maréchal de camp (général de brigade) en récompense de ses actes de bravoure lors du siège de Pampelune. Lors du siège de San Sébastien le , il obtient la capitulation de la ville le 28. La campagne terminée, il rentre alors en France en . L’année suivante, le , il est promu Commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur et élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre de Saint Ferdinand d’Espagne. alt=|upright=1.3|gauche|vignette|L’expédition française de Morée en 1828 (par Jean-Charles Langlois) Par ordonnance du , il est ensuite envoyé en Grèce en tant que maréchal de camp pour participer à l'expédition de Morée (1828), sous les ordres du Maréchal Maison, lors de la guerre d'indépendance grecque. À la tête de la brigade des forces expéditionnaires, il libère des troupes d'occupation turco-égyptiennes d'Ibrahim Pacha la ville de Navarin (le ), puis leur prend le « château de Morée » de Patras (le )Nicolas-Joseph Maison (Lieutenant-général) : dépêches adressées au ministre de la Guerre Louis-Victor de Caux, vicomte de Blacquetot, octobre 1828, in Jacques Mangeart, Chapitre Supplémentaire des Souvenirs de la Morée: recueillis pendant le séjour des Français dans le Peloponèse, Igonette, Paris, 1830.. Dans cette dernière ville où il stationne quelques mois, il fait établir des commissions de santé pour la population grecque libérée mais souffrante, et parvient même, en , à contenir une épidémie de peste qui se développe dans les villages montagneux de Kalávryta et de VrachníJacques Mangeart, Souvenirs de la Morée: recueillis pendant le séjour des Français dans le Peloponèse, Igonette; Paris, 1830.. Il quitte finalement le sol grec après quatre mois de mission dans le Péloponnèse, le , après avoir totalement libéré la Grèce de l'occupantSite internet "histoire-en-questions.fr". Blessures d'un soldat de l'Empire. Au cours de cette campagne, le , il est promu par le roi Charles X Commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, puis à son retour en France, Commandeur de l'Ordre du Sauveur par le nouvel État grec indépendant, en 1830.

Activités parlementaires Peu de temps avant expédition de Morée, en tant que Président du collège électoral du Cantal, il avait été élu député (favorable à Charles X) dans le arrondissement de ce département (Aurillac), le . Il est réélu pour un deuxième mandat de député le Liste de ses mandats et biographie sur le site de l’Assemblée Nationale: Philippe Higonet (1782 - 1859).

Mais à la suite de la révolution des « Trois Glorieuses » de juillet 1830, il démissionne de son mandat de député, le , et choisit l'exil de l'intérieur. Après la révolution de 1848, il sort de sa retraite et tente de se faire réélire pour un mandat de représentant du peuple à l'Assemblée nationale législative de la Deuxième République, mais sans succès cette fois.

Dernières années Après sa démission de son mandat de député le , Philippe Higonet est mis dans le cadre de disponibilité, se retire à Aurillac et se consacre alors, dix-huit ans durant, à l’administration du domaine du château de Veyrac, auquel il apporte de nombreuses améliorations, et s'occupe exclusivement d'agriculture, devenant président de la Société d'agriculture du Cantal.

Le , il est admis à la retraite comme général de brigade.

Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte lors de la présidentielle de , mais refuse de lui prêter serment après son coup d'État du . Il passe alors les dernières années de sa vie à Aurillac. À la suite des blessures reçues en lors de la bataille d'Eylau qui le font souffrir cruellement, il meurt le à Aurillac, à l'age de 77 ans. Il est enterré au cimetière Massigoux de la ville. Sur une face de la stèle, son nom et ses distinctions honorifiques sont encerclées par une mandorle (amande ovale) sur laquelle sont inscrits les noms de ses principales batailles : Maria-Zell, Austerlitz, Eylau, Les Quatre Bras, San Sébastien, Pampelune, Navarin et le Château de Morée.

Distinctions

60x60px Baron Higonet (1816) Député du département du Cantal (1827-1830) Général de brigade de l'armée Française Décorations françaises : 60px Commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis (). 60x60px Chevalier de la Légion d'honneur (). 60x60px Officier de la Légion d'honneur (1816). 60px Commandeur de la Légion d'honneur (). Décorations étrangères : 60px Grand officier de l'Ordre de Saint-Ferdinand (Espagne) (1823) 60px Commandeur de l'Ordre du Sauveur (Grèce) (1834)

Annexes Bibliographie

« Le général baron Higonet (Philippe) », notice dans Aimé de Birague, Mémorial universel généalogique et biographique, Institut des archives historiques, Paris, 1851-1852. . Bernard Maury, « Général Baron Philippe Higonet, Comment un Marmot est devenu Général et Baron », Cercle généalogique de l’Aveyron, édité par Suzanne Barthe, .

Liens externes

Articles connexes Expédition de Morée Liste des membres de l'expédition de Morée

Notes et références

Catégorie:Général français du XIXe siècle Catégorie:Naissance en mai 1782 Catégorie:Naissance à Saint-Geniez-d'Olt Catégorie:Commandeur de l'ordre du Sauveur Catégorie:Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1824 Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député du Cantal Catégorie:Militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Personnalité liée au Cantal Catégorie:Décès en février 1859 Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Décès à Aurillac