Casimir-Louis-Victurnien de Rochechouart de Mortemart, prince de Tonnay-Charente, puis baron de Mortemart et de l’Empire, duc de Mortemart et pair de France, né le à Paris et mort le à Neauphle-le-Vieux, est un militaire, diplomate et homme politique français.

Il a brièvement été président du Conseil des ministres du roi Charles X lors de la révolution de 1830.

Biographie Origines familiales et jeunesse Casimir de Rochechouart est le fils de Victurnien-Jean-Baptiste de Rochechouart de Mortemart (1752-1812), duc de Mortemart, et d'Adélaïde de Cossé-Brissac.

Par sa mère, il est le petit-fils de Louis Hercule Timoléon de Cossé, 8e duc de Brissac, pair de France, grand-panetier de France, gouverneur de Paris, qui fut l'une des victimes des Massacres de Septembre, en 1792..

En 1791, la famille émigre et il est élevé en Angleterre, revenant en France avec sa mère en 1801.

Quoique portant un grand nom de la noblesse d’Ancien Régime, il se rallie au régime dirigé par Napoléon Bonaparte.

La période napoléonienne Entré au service en , dans les gendarmes d'ordonnance, commandés par M. le , il passe sous-lieutenant au de dragons le , et fait les campagnes en Prusse (1806), en Pologne (1807), en Autriche (1809) et en Russie (1812). Il se trouve aux combats de Golymin et de Pułtusk (1806), à la bataille d'Heilsberg et à celle de Friedland, où il donne des preuves de sang-froid et de fermeté, en repoussant les attaques des Russes.

Il est nommé successivement membre de la Légion d'Honneur le , lieutenant au de dragons et aide de camp du général Nansouty les 2 et , enfin capitaine au même corps le suivant. combat aux journées de Ratisbonne, d'Essling et de Wagram.

Nommé officier d'ordonnance le , il est chargé de faire l'inspection des côtes de la Hollande et du Danemark. Après avoir rempli cette mission, il rejoint à Posen et fait la campagne de 1812 en Russie, pendant laquelle il reçoit le titre de baron de l'Empire, avec une dotation de de revenu en Belgique.

À la mort de son père, le , il devient, de droit, le onzième duc de Mortemart.

Le baron de Mortemart, échappé aux désastres de la fatale retraite de Moscou, rentre en France avec une santé tellement délabrée, qu'il ne peut prendre part qu'aux derniers événements de la campagne suivante. Il combat à Leipsick et à Hanau. Sa conduite, dans cette dernière bataille, lui vaut d'être promu officier de la Légion d'honneur le . Il rentre en France avec l'armée.

Dans la campagne de France (1814), il est chargé de présenter à Marie-Louise les drapeaux pris sur les alliés aux affaires de Champ-Aubert, de Mormant et de Montereau.

En , il est l'un des premiers à soutenir l'idée de la déchéance de .

La Restauration À la première Restauration, Louis XVIII le nomme pair de France () et capitaine-colonel des Cent-Suisses de la Garde, charge que tenait, à l'époque de la Révolution, le duc de Brissac, son grand-père maternel. Il est aussi créé chevalier de l'ordre de Saint-Louis le .

Au (retour de l'île d'Elbe), le duc de Mortemart escorte les princes jusqu'à Béthune, où la maison militaire du roi est licenciée. Peu de temps après, il rejoint Louis XVIII à Gand, et rentre avec le Roi au mois de juillet.

Il réorganise alors sa compagnie des gardes à pied ordinaires du corps du roi, préside le collège électoral du département de la Haute-Vienne, et est créé major-général de la garde nationale de Paris et maréchal-de-camp les et .

Il est fait successivement commandeur de la Légion d'honneur le , chevalier de la Toison d'or le , grand officier de la Légion d'honneur le , et chevalier des ordres du Roi le .

Au mois d', il est envoyé comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg en remplacement de M. de La Ferronnays. Le suivant, il est promu lieutenant-général et revient en France au début de 1830.

Il allait partir pour lorsqu'il apprend la publication des Ordonnances. Il se rend immédiatement auprès de Charles X pour obtenir qu'elles fussent retirées.

Mais déjà on se battait dans les rues de Paris et le Roi crut faire une concession suffisante en offrant () à M. de Mortemart la mission de composer un ministère dont il aurait la présidence. Le duc ne céda aux instances du Roi qu'après l'assurance que les ordonnances seraient reportées et les Chambres immédiatement convoquées : mais le temps passé n'avait pas arrêté la marche des évènements et quand M. de Mortemart se présente à la réunion des députés, il n'obtient de que cette réponse : .

Il s'installe néanmoins au Luxembourg mais s'abstient de toute initiative et déclarationGabriel de Broglie, La monarchie de Juillet, Fayard, 2011, .. Devant l'attitude de l'Hôtel de Ville, il fallut bien se rendre à l'évidence et il rejoint le roi à Saint-Cloud..

La monarchie de Juillet Le duc de Mortemart, ayant prêté serment au gouvernement de Juillet, continue de siéger à la chambre haute.

Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le et envoyé général en inspection.

Resté fidèle de cœur à la monarchie légitime, il refuse à Louis-Philippe d'être l'un des témoins de sa fille aînée, la princesse Louise, lorsqu'elle épousera le roi Léopold de Belgique le . D'après Rodolphe Apponyi (1802-1853) dans son Journal, Louis-Philippe en fut « furieux et la reine profondément blessée »cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 2002, ..

Son adhésion au nouveau régime est raisonnée : Le , il accepte la mission de faire reconnaître le nouveau régime par l'empereur Nicolas , qui ne ménageait pas à la révolution de Juillet 1830 ses manifestations antipathiques. Parti à Saint-Pétersbourg comme ambassadeur extraordinaire, le duc de Mortemart y succède comme ambassadeur au duc de Trévise, et y reste jusqu'en 1833.

Il revient ensuite siéger à la chambre des pairs, où il se montre partisan d'une politique libérale.

La Deuxième République et le Second Empire Admis d'office à la retraite comme général le , il est rendu à l'activité par le prince-président qui lui offre, en vain, le portefeuille des Affaires étrangères, et qui le nomme commandant de la division militaire (Bourges), puis sénateur du Second Empire ().

Le duc n'assiste guère aux séances du sénat, se tient également à l’écart de la nouvelle cour et se consacre aux œuvres de charité. Une seule fois, il se rappelle ses rapports avec les hommes du Second Empire, lorsqu'il proteste, par une lettre indignée à , contre la suppression de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

Son épouse reçoit en héritage de sa tante, la duchesse de Charost, le château de Meillant, qu'il fait restaurer avec elle et qui appartient encore aujourd'hui à la Maison de Mortemart.

Il repose, avec une partie de sa descendanceLa compositrice Armande de Polignac, épouse de son arrière-petit-fils Alfred de Chabannes La Palice, est inhumée dans cette chapelle., dans une chapelle funéraire au cimetière de Neauphle-le-Vieux (Yvelines).

Comme il ne laisse pas de descendance masculine, son cousin René de Rochechouart de Mortemart lui succède comme 12e duc de Mortemart.

On a de lui : Le Château de Meillant sous Louis XIII (1851).

Récapitulatifs

État des services : Maréchal de camp. ; - : Capitaine-colonel de la compagnie des Cent-Suisses ; - : Gardes à pied ordinaires du corps du roi ; : Lieutenant général puis général de division ; - : Disponible par suite du licenciement de la Maison militaire du Roi ; - : Mis en disponibilité ; () Admis en retraite ; : Relevé de la retraite ; - : Mis en disponibilité ; - : Commandant de la division militaire (Bourges) ; : Placé dans la section de réserve.

Titres Duc de Mortemart (1812-1875) Baron de Rochechouart de Mortemart et de l'Empire (décret du et lettres patentes signées à Saint-Cloud le ) ; Pair de France : - , - ; Duc et pair héréditaire (, sans lettres patentes, ni majorat).

Distinctions 106px|Chevalier du Saint-Esprit106px|Grand-croix de la Légion d'Honneur106px|Chevalier de Saint-Louis106px|Médaille de Sainte-Hélène106px|Ordre de Saint-André106px| () Ordre impérial et militaire de Saint-Georges

Chevalier du Saint-Esprit (à l'occasion du sacre de Charles X, à Reims, le ) ; Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Officier (), puis, Commandeur (), puis, Grand officier (), puis, Grand-croix de la Légion d'honneur () ; Chevalier de Saint-Louis () ; Médaille de Sainte-Hélène ; Ordre de Saint-André ; () de l'ordre impérial et militaire de Saint-Georges.

Armoiries Image Armoiries Armes du baron de Rochechouart de Mortemart et de l'Empire

Fascé nébulé d'argent et de gueules de six pièces franc-quartier des barons tirés de l'armée brochant au de l'écu.. Livrées : blanc et rouge. Armes du duc de Mortemart, pair de France

Fascé-ondé d'argent et de gueules de six pièces.

Mariage et descendance

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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Articles connexes Antoine Maurice Apollinaire d'Argout Bray-sur-Seine Charles-Louis Huguet de Sémonville Famille de Rochechouart de Mortemart Ministère Casimir de Rochechouart de Mortemart Jacques Boudin de Tromelin Jean-Baptiste Henry Collin de Sussy Lieutenance générale de Louis-Philippe d'Orléans Madame Sans-Gêne (Sardou) Maison de l'empereur durant la campagne de Russie Politique extérieure de la France sous la monarchie de Juillet Maison de Rochechouart Régiment de Mortemart (armée des émigrés) Trois Glorieuses Villiers-Saint-Fréderic

Liens externes

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