Arthur Ernest Percival, né le et mort le , était un lieutenant-général britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut commandant de l'armée britannique et de l'armée du Commonwealth lors des batailles de Malaisie et de Singapour.

Lors des affrontements avec l'Armée impériale japonaise, pourtant inférieure en nombre, Percival choisit de capituler le ce qui constitua d'après Winston Churchill « le pire désastre et la capitulation la plus importante de l'histoire britannique ». L'évènement fragilisa également la présence britannique à l'est de l'Asie. D'après John George Smyth, la défense en Malaisie était défectueuse depuis plusieurs années déjà avec des troupes inexpérimentées et mal équipées. Eu égard à ces éléments, le commandement de Percival ne pouvait être complètement remis en cause.

Percival est emprisonné par les Japonais en divers endroits : Singapour, Taïwan ainsi qu'en Mandchourie. Il rejoint un autre captif haut-gradé, le général américain Jonathan Wainwright, dans un camp situé à Shenyang. Libéré peu avant la fin de la guerre, il signe au nom du Royaume-Uni les actes de capitulation du Japon à bord de l' le .

L'Ordre du Bain est décerné à Percival, ainsi que l'Ordre du Service distingué. Il est également nommé officier de l'ordre de l'Empire britannique, du Très vénérable ordre de Saint-Jean. Il reçoit une Military Cross pour son service et se voit attribuer le grade honorifique de lieutenant-député.

Biographie Scolarité Arthur Ernest Percival nait le jour du Boxing Day à Aspenden Lodge (Aspenden) près de Buntingford dans l'Hertfordshire. Il est le deuxième fils d'Alfred Reginald et Édith Percival (née Miller). Percival suit sa scolarité à Bengeo puis en 1901 il est envoyé à la Rugby School avec son frère, plus doué pour les études. Élève moyen et qualifié de « not a good classic » par un professeur, il apprend le grec ancien et le latinKinvig, Scapegoat : General Percival of Singapore, p. 5. La seule qualification de Percival lors de son départ en 1906 était le certificat de l'école secondaire. Plus à l'aise dans les disciplines sportives, Percival jouait du tennis, du cricket et participait à des épreuves de cross-country. C'est en tant que « colour sergeant », un grade attribué par le Volunteer Rifle Corps de l'école qu'il touche pour la première fois à la discipline. Sa carrière militaire débuta toutefois bien plus tard. Percival est aussi membre du Youngsbury Rifle Club et travaille à partir de 1907 en tant qu'assistant dans une compagnie minière, la Naylor, Benzon & Company Limited basée à Londres.

Première Guerre mondiale thumb|L'assaut sur Thiepval, le . Percival s'engagea dès le premier jour de la guerre en tant que soldat à lOfficer Training Corps de lInns of Court. Après cinq semaines de formation préliminaire, il est nommé second lieutenant. À peu près un tiers de ses camarades de l'époque allaient mourir durant le conflit. L'année suivante, Percival est envoyé en France avec le du régiment de Bedfordshire. Celui-ci est intégré dans la de la en . Percival participe à la bataille de la Somme qui débuta le . Il reste indemne durant l'été mais est grièvement blessé par du shrapnel à quatre reprises pendant le mois de septembre. Percival était alors à la tête d'une compagnie qui menait des opérations contre le Schwaben Redoubt, une fortification allemande dans la région de Thiepval. Il est décoré de la Military Cross pour son commandement lors de l'assautLondon Gazette, , 14 novembre 1916, page 25

Percival continue sa convalescence à l'hôpital et poursuit son service en tant que capitaine au sein du régiment de l'Essex en . En 1917, il est nommé à la tête d'un bataillon avec le rang temporaire de lieutenant-colonel. Lors de l'offensive allemande de la Seconde bataille de la Marne, Percival mène une contre-attaque qui évite à une unité française d'artillerie d'être capturée. Ce fait de guerre lui vaut d'être décoré de la Croix de Guerre. En , il commande brièvement la . L'Ordre du Service distingué lui est décerné avec une mention faisant état de sa « force de commandement et ses connaissances tactiques »London Gazette, , 13 septembre 1918, p. 19. Il termine la guerre avec la réputation d'un militaire brillant et « très efficace ». lui propose d'intégrer le .

Entre deux-guerres vignette|Le général Percival négociant la reddition avec le général japonais Yamashita

Russie Les études de Percival sont repoussées lorsqu'il décide en 1919 de s'engager comme volontaire pour la mission britannique envoyée en Russie lors de la Révolution russe. Il est nommé major et vice-commandant du des fusiliers royaux. L'opération Gorodok qu'il mène le long de la Dvina permet de capturer 400 bolcheviks. Il est récompensé pour son commandement par une deuxième barre ajoutée à sa médaille du Distinguished Service OrderLondon Gazette, , 20 janvier 1920, p. 5.

Irlande En 1920, Percival est incorporé dans une compagnie qu'il commande avant de devenir l'officier de renseignement du , le régiment Essex à Kinsale en Irlande. Cette unité affronte l'IRA lors de la Guerre d'indépendance irlandaise qui s'achève en 1921.

Accusations de torture Percival développe des compétences dans la contre-guérilla mais il gagne également une mauvaise réputation auprès des Irlandais. Considérées comme brutales, les méthodes déployées par Percival font l'objet d'une polémique. Après le meurtre d'un sergent de la Royal Irish Constabulary (force de police irlandaise) en , il capture Tom Hales, le commandant de la brigade de West Cork et Patrick Harte, l'intendant de cette brigade. Percival est nommé officier de l'ordre de l'Empire britannique pour cette action qui reste controversée.

Percival mène les interrogatoires qui permettent d'en savoir plus sur l'armée républicaine mais des doutes sont émis quant au traitement réservé par ses hommes aux prisonniers. Selon le livre de Tim Pat Coogan consacré à Michael Collins, la torture avait été utilisée. Hales et Harte aurait été soumis à plusieurs supplices : dénudés puis battus à coups de crosse, leurs ongles arrachés avec des pinces.. Devant la résistance des prisonniers, les Anglais continuent à les battre. Une photo montre Tom Hales forcé de brandir l'Union-Jackhttp://www.indymedia.ie/attachments/jun2006/aphidhistrev15jul06p14.gifImperialist Propaganda (Then and Now) - Indymedia Ireland. Il s'en sort mais Harte a moins de chance. Avec de graves séquelles neurologiques, il est envoyé dans un hôpital psychiatrique où il décèdera.

L'IRA met à prix la tête de Percival, , le qualifiant de responsable de l'« escadron de torture du bataillon de l'Essex ». Il échappe de justesse à une tentative d'assassinat en modifiant son agenda pour cette journée à la dernière minute. Une seconde tentative a lieu à Londres en mais les tueurs sont forcés de fuir lorsque la police découvrit leurs intentions. De retour en Irlande, Percival mène une opération qui allait aboutir à la mort de l'un des membres du commando de Londres.

Bernard Montgomery sert en Irlande dans la même brigade que Percival. Les deux hommes font connaissance et s'échangent par la suite des lettres au sujet de cette guerre civileHamilton, Monty : The Making of a General 1887-1942, p. 158-160. David Lloyd George et Winston Churchill rencontrent Percival en 1921 alors qu'il était appelé comme expert/témoin dans le cadre d'une enquête concernant la guerre anglo-irlandaise.

Officier d'état-major Entre 1923 et 1924 Percival étudie au . L'établissement est alors commandé par le général Edmund Ironside. L'un de ses professeurs, J.F.C. Fuller, allait 25 ans plus tard faire partie des quelques critiques positifs du livre The War in Malaya. Les compétences de Percival, tant sportives qu'intellectuelles, impressionnent ses instructeurs qui le sélectionnent parmi 8 autres élèves pour une promotion rapide. Après une élévation du grade au rang de major au sein du régiment de Cheshire, il passe quatre ans dans le régiment du Nigeria de la Royal West African Frontier Force en tant que chef d'état-major.

En 1930, Percival poursuit ses études durant une année au Royal Naval College de Greenwich. De 1931 à 1932, il est officier de niveau 2 à l'état-major général et est instructeur au Staff College. Le commandant du College, le général John Dill devient le mentor de Percival pour les dix années à venir et lui permet de gravir les échelons de la hiérarchie militaire. Dill considérait Percival comme un officier prometteur et écrit qu'il avait une « capacité hors du commun, de larges connaissances militaires, un bon jugement et qu'il était un travailleur très rapide et précis ». Il ajouta qu'il n'avait pas « tout à fait une grande présence et que l'on pouvait à ce titre ne pas apprécier son travail exceptionnel lorsqu'on le rencontrait pour la première fois ». Avec l'appui de Dill, Percival est nommé commandant du du régiment de Cheshire. Il effectue ce mandat entre 1932 et 1936, initialement sur l'île de Malte. En 1935, il s'inscrit à l'Imperial Defence College.

Percival est nommé colonel. De 1936 à 1938, il est envoyé en Malaisie avec le titre d'officier de niveau 1 de l'état-major du général William Dobbie alors chargé de la péninsule. Durant cette période, il analyse la situation de Singapour qu'il ne considérait plus comme une forteresse isolée. Il entrevoit la possibilité d'une invasion japonaise en Thaïlande pour « cambrioler la Malaisie par une porte dérobée »Kinvig, p. 106. Il demande également à ce qu'une évaluation des risques d'une attaque sur Singapour depuis le nord ait lieu. Cette requête est envoyée au bureau de la Guerre et Percival dira plus tard que ce plan était similaire à l'attaque japonaise de 1941. Il soutient un plan, non-exécuté, de Dobbie qui prévoyait la mise en place d'une défense fixe au sud de l'État de Johor. En mars 1938, Percival retourne en Grande-Bretagne où il est promu brigadier de l'état-major général au commandement d'Aldershot.

Famille Le , Percival épouse Margaret Elizabeth Betty MacGregor (décédée en 1956) à l'église Holy Trinity de West Brompton. Ils s'étaient rencontrés en Irlande et ont eu deux enfants : Dorinda Margery née à Greenwich, par la suite devenue Lady Dunleath et Alfred James MacGregor, né à Singapour et militaire. La famille était financièrement à l'aise et à la mort de Percival, son héritage était estimé à , une somme très confortable en 1966.

Seconde Guerre mondiale Percival est nommé brigadier à l'état-major général du Corps de la Force expéditionnaire britannique commandée par le général Dill entre 1939 et 1940. Il reçoit ensuite le grade de major général et en février 1940, il devient brièvement officier général au commandement de la d'infanterie (division Wessex). Il sert comme chef-assistant de l'état-major impérial général en 1940 auprès du bureau de la Guerre mais demande à être transféré pour un commandement actif après l'évacuation de Dunkerque. À la tête de la d'infanterie, il passe 9 mois à organiser la défense de la côte anglaise en cas d'invasion. Il est fait compagnon de l'Ordre du Bain en 1941London Gazette, , 27 juin 1941, p. 2.

Général commandant en Malaisie thumb|right|Percival lors de son arrivée en Malaisie. right|thumb|Percival accueillant l'envoyé américain Averell Harriman sur l'aérodrome de Sembawang, le .

En , Percival est temporairement promu au rang de lieutenant-général. Il reçoit le commandement de la Malaisie. Il s'agissait d'un évènement important pour lui car il n'avait encore jamais commandé un corps complet de l'armée. Il quitte la Grande-Bretagne à bord d'un hydravion Short Sunderland et entreprend un périple ardu d'environ deux semaines. Il effectue plusieurs étapes : Gibraltar, Malte, Alexandrie où il est retardé par la guerre anglo-irakienne, Bassorah, Karachi et Rangoon où il est pris en charge par un transporteur de la RAF.

Percival est toutefois dubitatif quant à son engagement, il écrira par la suite :