Le château de Fontainebleau est un château royal de styles principalement Renaissance et classique, près du centre-ville de Fontainebleau, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, en France. Les premières traces d'un château à Fontainebleau remontent au . Les derniers travaux sont effectués au .
Haut lieu de l'histoire de France, le château de Fontainebleau est l'une des demeures des souverains français depuis , qui en fait sa demeure favorite, jusqu'à Napoléon III. Plusieurs rois laissent leur empreinte dans la construction et l'histoire du château, qui est ainsi un témoin des différentes phases de l'histoire de France depuis le Moyen Âge. Entouré d'un vaste parc et voisin de la forêt de Fontainebleau, le château se compose d'éléments de styles médiévaux, Renaissance, et classiques. Il témoigne de la rencontre entre l'art italien et la tradition française exprimée tant dans son architecture que dans ses décors intérieurs. Cette spécificité s'explique par la volonté de de créer à Fontainebleau une .Selon les mots de Vasari à propos de Fontainebleau. dans laquelle les artistes italiens viennent exprimer leur talent et influencer l'art français. C'est ainsi que naît l'École de Fontainebleau, qui représente la période la plus riche de l'art renaissant en France, et inspire la peinture française jusqu'au milieu du , voire au-delà. surnomme ainsi le château la « maison des siècles », évoquant par là les souvenirs historiques dont les lieux sont le témoignage.
Le château fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862, classement complété par plusieurs arrêtés pris en 1913, 1930, 2008 et 2009. Par ailleurs, depuis 1981, le château fait partie avec son parc du patrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'un cadre architectural de premier ordre, le château de Fontainebleau possède également une des plus importantes collections de mobilier ancien de France, et conserve une exceptionnelle collection de peintures, de sculptures, et d'objets d'art, allant du au .
Histoire Moyen Âge vignette|redresse=1.8|Pendant la guerre de Cent Ans le royaume de France est divisé en trois parties : le duché de Bourgogne, les possessions anglaises des Plantagenêt (le roi d'Angleterre étant aussi « roi de Paris ») et le royaume résiduel de , « roi de Bourges ». De 1420 à 1436, le château de Fontainebleau, sous contrôle des Anglo-Bourguignons, est abandonné par les rois de France et tombe en ruines.
Le château est mentionné à cet endroit pour la première fois en 1137 dans une charte du roi des Francs . Il s'agit probablement d'un modeste relais de chasse fortifié au milieu d'un marécage fétide. Ce châtelet médiéval comporte une cour, des courtines, des tours et un donjon carré qui, bien que remanié, subsiste encore aujourd'hui sous le nom de donjon de Saint Louis dans la Cour Ovale. La date exacte de la fondation du château reste inconnue, mais le premier édifice a probablement été construit sous le règne du père de , , voire sous celui de son grand-père, , lorsqu'il réunit le Gâtinais au domaine royal français en 1068..
vignette|gauche|Saint Louis (1214-1270), auteur des agrandissements du domaine au Moyen Âge. Portrait par Le Greco, vers 1590, Paris, musée du Louvre.
En 1169, une autre charte de établit et dote un chapelain pour desservir la chapelleLouis Archon, Histoire de la Chapelle des rois de France, tome II, , Paris 1711 ; celle-ci sera consacrée à la Vierge et à saint Saturnin par Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, alors réfugié à Sens. À la Noël 1191, Philippe II Auguste fête à Fontainebleau le retour de la troisième croisade.
Le château est agrandi par , qui l'appelle Site officiel du château où il aime à prendre le . au ; il y installe des religieux de l'ordre des Trinitaires en 1259 dans l’enceinte même du château pour desservir l'hôpital-couvent qu'il fonde. De cette disposition originelle subsistent les fondations de la chapelle des Trinitaires et de leurs bâtiments conventuels, alors situés à proximité de l’actuelle chapelle de la Trinité.
Philippe IV le Bel est le premier roi de France à naître au château en 1268 et fait aménager des appartements en 1286. Il est également le premier roi à y mourir des suites d'une chute de cheval en 1314, après une longue agonie.. En 1313, Jeanne de Bourgogne, petite fille de saint Louis par sa mère et propriétaire du domaine de Fontainebleau, épouse Philippe de Valois, futur roi de France Philippe VI de Valois, qui y fait des séjours fréquents. En 1325, le château reçoit la visite d'Isabelle de France devenue reine d'AngleterreIsabelle de France, fille de Philippe le Bel, épousa en 1308, le roi d'Angleterre .. En , a lieu à Fontainebleau la signature du contrat de mariage entre et Bonne de Luxembourg. Le roi y vit dès 1350. y installe une bibliothèque et Isabeau de Bavière y entreprend des travaux, après avoir acquis les domaines de la forêt de BièreOn utilise indifféremment les vocables Bierre ou Bière., de Fontainebleau, de Moret et la châtellenie de Melun en 1404. y séjourne à partir de 1388. Le château est cependant abandonné en raison des affrontements de la guerre de Cent Ans, lorsque la cour s'exile au bord de la Loire et à Bourges. y revient après la libération de l'Île-de-France et de Paris en 1436, privilégiant le lieu pour sa salubrité.
Renaissance thumb|left|, par Jean Clouet, musée du Louvre.|alt=
décide de faire édifier un logis de style Renaissance à l'emplacement du château féodal, permettant ainsi de moderniser un pied-à-terre proche de la vallée de Bière, le roi prétextant lui-même choisir cet endroit pour la chasse des bêtes « rousses et noires ». Il fait raser la précédente construction, à l'exception du donjon et d'une partie de la courtine nord, et fait appel à des artistes italiens pour assurer la construction et la décoration de son palais. C'est ainsi que sont édifiés un bâtiment dessinant la cour Ovale et un autre situé sur la basse cour ouest, tous deux reliés par une galerie. vient chasser à Fontainebleau, accompagné de sa cour et de sa favorite, la duchesse d'Étampes, délaissant ainsi plus ou moins le château de Blois, et annonçant le retour progressif de la cour dans les environs de Paris.
Plusieurs conducteurs de travaux se succèdent durant son règne : Florimond de Champeverne, secrétaire et valet de chambre du roi, est nommé en 1528 conducteur. . jusqu'à sa mort en 1531. Pierre Paule dit l'Italien, présent dès 1528, ancien concierge du château de Moulins, valet de chambre de Louise de Savoie, dirige ensuite les travaux jusqu'à sa mort en 1535. Il est remplacé par acte du par un conducteur particulier, Salomon des Herbaines, tapissier du roi, garde des meubles et tapisseries, qui présente l'avantage de résider sur place et travaille en collaboration avec Pierre des Hôtels, notaire, secrétaire et valet de chambre du roi ; il décède en 1558.
Les noms des architectes du château sont, quant à eux, plus hypothétiques : Sebastiano Serlio, pour sa part, se voyait offrir le l'assurance de par an pour . Il apparaît néanmoins que son apport au sein de l'édifice reste limité. Gilles Jamin, architecte et maître d'œuvre du château de Fontainebleau, ainsi que son fils Gracieux Jamin et François Jamin son petit-fils. D'autres noms ont été avancés pour identifier l'architecte qui officia sous le règne de . Si le directeur des travaux Gilles Le Breton a effectivement œuvré sur le projet du château, il n'en est pas le créateur. Le Rosso ou Girolamo della Robbia qui a proposé des décors pour la porte Dorée, peuvent eux aussi figurer parmi les architectes potentiels. Les constructions successives du règne de , notamment pour la cour du Cheval blanc, sont mieux connues depuis des recherches récentes : les trois ailes, nord, ouest et sud, de la susdite cour furent construites en 1540-1542, tandis que l'aile est datée de 1538–1539 pour sa moitié sud (pavillon des Poêles) et postérieure à 1545 pour sa moitié nord (chapelle de la Trinité et pavillon des Armes). L'aile sud fut également surélevée d'un étage, vers 1545-1546, abritant la célèbre galerie d'Ulysse.
Le roi souhaite faire de Fontainebleau un foyer de l'art de la Renaissance : il collectionne les objets d'art, commande des œuvres sur la mythologie, fait venir d'Italie des antiques. Il reçoit des tableaux de la part du pape, collectionne des œuvres de maîtres italiens (La Joconde et La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci, la Sainte-Famille, Saint-Michel, et la Belle Jardinière de Raphaël) et fait venir des moules de statues romaines (Laocoon, Apollon du Belvédère…) afin de couler des bronzesSur ces fameux bronzes et la chronologie de leur réalisation, voir notamment .. Pour la décoration du château, il commet Rosso Fiorentino qui dessine le pavillon de Pomone, le pavillon des Poesles, la galerie Basse (tous détruits) et surtout la galerie (1534-1540). Giorgio Vasari désigne Fontainebleau comme la et son école est renommée dans toute l'Europe de l’Ouest. constitue dans le château une importante bibliothèque, ancêtre de la bibliothèque nationale. Le château de Fontainebleau reçoit, entre le 4 et le , la visite de , futur époux de Madeleine de France. C'est en 1539 que reçoit à Fontainebleau Charles Quint et lui fait visiter son palais, entre le 24 et le . Ronsard se fera l'écho du faste déployé au château par l'écriture de quelques vers :
Le fils de , le roi de France , complète le château avec une salle de bal et une chapelle, reliées à l'édifice par la célèbre galerie , qui fait face à l'étang des Carpes. Il nomme Philibert Delorme pour vérifier et visiter le château le , date à laquelle la suite des travaux lui est confiée. C'est ainsi qu'une grande partie du château actuel voit le jour, dont la salle de bal. C'est à Fontainebleau que naissent la plupart des enfants de et de Catherine de Médicis, les futurs rois () et () ainsi qu'Élisabeth de France (), Claude de France (), Louis de France (), François d'Alençon () et les jumelles Victoire et Jeanne ()Des dix enfants d' et de Catherine de Médicis, seuls et la reine Margot sont nés, comme leur père, au château de Saint-Germain-en-Laye..
Deux jours après la mort d' en 1559, Catherine de Médicis remercie Philibert Delorme, protégé de Diane de Poitiers, et confie les travaux à Francesco Primaticcio, dit Le Primatice qui devient surintendant des maisons royales le . Le , le contrôleur général des bâtiments de France, Jean Bullant, est remplacé par François Sannat. C'est à cette époque que Nicolò dell'Abbate décore le château. À la mort du Primatice, le , celui-ci est remplacé par Tristan de Rostaing. Jean Bullant finit par revenir à Fontainebleau et est nommé auprès de Rostaing le comme architecte conducteur des travaux. À la mort de Jean Bullant en , le chantier est confié par à Baptiste Androuet du Cerceau.
Pendant le règne des trois fils d' (François II, et ), le château de Fontainebleau est moins habité, les monarques lui préférant le Louvre, ou encore les demeures du Val de Loire comme Amboise ou Blois. Le château est néanmoins le théâtre d'une assemblée de notables réunis du 21 au pour résoudre les questions religieuses qui troublent le royaume et aboutissant à la convocation des États Généraux. Le , et Catherine de Médicis reçoivent les ambassadeurs du pape, de l'empereur et du roi d'Espagne en vue d'une négociation afin que la France revienne sur l'édit de pacification d'Amboise.
Sous le règne des Bourbons thumb|left|200px|Allégorie de la naissance du dauphin, par Pierre-Paul Rubens, vers 1623, Paris, musée du Louvre.