Arad est une ville de l'Ouest de la Roumanie. Chef-lieu de la région administrative de Crișana et du județ homonyme d'Arad, elle est située à l'ouest de la Transylvanie et au nord de la région du Banat. En 2002, la population de la ville était de .
Arad une ville moderne, un centre industriel et un carrefour de communications, qui possède de nombreux édifices remarquables.
Géographie La ville est située à moins de de la frontière hongroise, entre la Transylvanie et la Hongrie. Elle est arrosée par la rivière Mureș.
Au pied des collines des Carpates occidentales, elle est située dans la plaine presque plate de la Crishanie.
Le climat est continental tempéré humide de type « Dfb ».
Histoire La région d’Arad a d’abord fait partie de la Dacie, mais pas de l'Empire romain ; elle a vu passer les Gépides, les Hérules, les Huns, les Lombards et les Avars, que rejoignent les Slaves au . Au le territoire d'Arad fait partie du Premier Empire bulgare, qui règne sur des populations d’origines diverses, germaniques, avars, alanes, romanes et slaves. Au , alors que l’empire bulgare est attaqué par les Byzantins, ce sont les Magyars qui s’installent dans la région. 1028 : première attestation documentaire concernant la zone d’Arad, alors intégrée au royaume de Hongrie. 1078-1081 : première mention de la localité, dont le nom vient du slave rad : prospère, heureuse. 1131 : La ville est mentionnée dans la Chronique peinte de Vienne. 1241 : L’invasion mongole et tatare du royaume de Hongrie met en évidence la nécessité de fortifier Arad. Des châteaux-forts sont donc construits dans la seconde partie du à Șoimoș, Șiria et Dezna. 1526 : Arad fait partie de la principauté de Transylvanie, que les historiens hongrois appellent royaume de Hongrie orientale. 1551 : Arad est occupée par l’Empire ottoman, jusqu'au traité de Karlowitz en 1699. : Aradu Nou (« le nouvel Arad »), banlieue située sur la rive Sud du Mureș, est fondé. Le noyau de la nouvelle colonie se situe sur les ouvrages d’art construits par les Turcs pour prendre la cité. 1699 : Arad passe sous la domination des Habsbourg, empereurs d’Autriche. 1702 : le syndicat des fourreurs est enregistré. 1708 : Le moine Camil Hofflich crée la première école (enseignement en allemand). 1720 : Le recensement fait état de 177 familles roumaines, 162 serbes et 35 hongroises. 1763-1783 : construction d’une nouvelle citadelle par l’architecte autrichien Filipp-Ferdinand Harsch. Elle sert aussi à incarcérer Horia, Cloșca et Crișan qui ont dirigé la révolution transylvaine de 1784. 1810 : une troupe de l’armée de Napoléon occupe brièvement Arad mais, oubliée et affamée, doit de rendre aux armées autrichiennes l’année suivante. C'est la première occupation française de la ville. 1812 : Pavel Avacumovici, un militant de la renaissance culturelle roumaine, crée Preparandia, la première école d'instituteurs roumaine d’Arad. 1817 : Jacob Hirschl construit le plus ancien théâtre de l’actuelle Roumanie, qui porte son nom. 1833 : le sixième conservatoire de musique européen est créé (après Paris, Prague, Bruxelles, Vienne et Londres). 1834 : grâce à son développement économique intense, Arad reçoit le statut de ville franche royale de l’empereur François d’Autriche (ex-François II d’Allemagne). 1848 : la forteresse joue un rôle important dans la Révolution hongroise (un musée d’histoire évoque ces épisodes). Défendue par le général autrichien Berger jusqu’à la fin de juillet 1849, elle fut prise par les révolutionnaires hongrois, dont elle devint le quartier général pendant la dernière phase de l’insurrection. Lajos Kossuth y a lancé sa proclamation le et a remis le pouvoir suprême militaire et civil à Artúr Görgey. Après la reddition de Görgey, la forteresse tomba entre les mains des Russes et fut transformée en dépôt de munitions. Treize généraux révolutionnaires y furent fusillés le sur ordre du général autrichien Haynau. Ils sont aujourd’hui considérés comme les Treize martyrs d'Arad ; depuis, Arad est réputée comme le « Golgotha hongrois. » 1868 : Mihai Eminescu y travaille comme souffleur au théâtre Hirschl. 1884 : arrivée du chemin de fer. 1890 : création de la Société philharmonique d’Arad, Aradi Philharmonia Egyesült : 1846 : concert de Franz Liszt 1847 : concert de Johann Sebastian Strauss 1877 : concert de Pablo de Sarasate et Henryk Wieniawski 1922 : concert de Georges Enesco 1924 : concert de Béla Bartók. 1899 : le premier match officiel de football dans l’actuelle Roumanie se déroule à Arad. 1910 : Arad compte (par ordre d’importance numérique : Hongrois, Roumains, Allemands, Juifs, Serbes, Croates, Slovaques, Roms). 1913 : premier chemin de fer électrifié d’Europe de l'Est et huitième du monde, sur le trajet Arad-Podgoria 13- : alors que l’empire Austro-Hongrois se disloque à l’issue de la Première Guerre mondiale, le Conseil national roumain revendique, par la voix de son porte-parole Iuliu Maniu, l’union à la Roumanie de la Transylvanie et des zones adjacentes peuplées de Roumains (dont la région d’Arad). thumb|150px|Timbre du royaume de Hongrie surchargé Occupation française en 1919. : signature de la convention d’armistice de Belgrade entre la Hongrie et l’Entente, plaçant Arad sous occupation française de l’Armée française d'Orient. : le Conseil national roumain de Iuliu Maniu proclame l’union de ces territoires avec la Roumanie, y compris la ville d’Arad, alors à majorité hongroise. : alors que la Hongrie devient communiste, l’Armée française d’Orient, regroupée autour d’Arad, devient l’armée française du DanubeJean Nicot, Conservateur au Service historique de l’Armée, Répertoire numérique es journaux des marches et opérations 1914 - 1918. : la note de Fernand Vix offre à la Roumanie la totalité des territoires revendiqués par Iuliu Maniu, dont AradPeter Pastor, « L'intervention franco-roumaine en Russie et l'ultimatum Vix : contexte de la perte de la Transylvanie par la Hongrie », in : Revue canado-américaine d'études hongroises, 1974, vol. 1, éd. 1–2, pp. 12–28, .niif.hu/01900/01994/00001/pdf/CARHS_1974_12-28.pdf. - : Guerre antibolchévique des Tchécoslovaques, des Roumains, des Serbes, des Français et des anticommunistes hongrois contre le gouvernement communiste hongrois, qui est vaincu. Arad, prise par la de la division communiste hongroise le , est incluse dans la zone neutre proposée le par l’Entente, mais le gouvernement de Béla Kun refuse l’offre, l’Entente reprend l’offensive et Arad, défendue par la division communiste hongroise, est prise le par la roumaine de volontaires transylvains et par l’armée française du Danube : c’est la seconde occupation française de la villeMiklós Molnar, Histoire de la Hongrie, Hatier, 1996, p. 329.. Automne 1919 : la commission internationale « Lord », où le Français Emmanuel de Martonne joue un rôle essentiel, trace la future frontière hungaro-roumaine, qui sera officialisée l’année suivante par le traité de Trianon ()Atlas des peuples d'Europe centrale, André et Jean Sellier, éditions La Découverte, Paris 1991. : elle passe à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Arad. : l’armée française du Danube quitte Arad, passant le relais à l’Armée roumaine. 1937 : l’activité économique se développe et place Arad en quatrième position en Roumanie et à la première place en Transylvanie roumaine. Durant la Seconde Guerre mondiale, Arad est l’enjeu de combats entre d’une part les armées roumaine et soviétique et d’autre part la Wehrmacht et l’armée hongroise. Après la Seconde Guerre mondiale, Arad, comme toute la Roumanie, subit les régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989, mais connaît à nouveau la démocratie depuis 1990. Depuis, l’industrie s’y développe à un rythme soutenu. Comme d’autres villes transylvaines, Arad acquiert une majorité roumaine à la suite de l’exode rural lié au développement industriel : les Hongrois, 10% des Aradiens, sont surtout présents dans l’ancien centre-ville. 1989 : Arad est la deuxième ville à se révolter contre le régime communiste de Roumanie après Timișoara. 1990-1991 : fondation de l’université d’Arad. 1999 : inauguration de la zone internationale d’activités industrielles d’Arad. 2007 : l’intégration de la Roumanie dans l’Union européenne et l’ouverture de la frontière entre la Hongrie et la Roumanie profitent au développement économique de la ville.
Politique
+ Élections municipales de 2016.PartiSièges Parti national libéral (PNL)12 Parti social-démocrate (PSD)7 Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR)2 Alliance des libéraux et démocrates (ALDE)1 Indépendant1
Démographie
Ethnies Lors du recensement de 2011, 85,19 % s'identifient comme roumains, 10,06 % comme hongrois, 1,71 % comme roms, 0,84 % comme allemands. Pour 1,22 % de la population l'appartenance ethnique n'est pas connue.
Religions En 2011, la population de la ville est à 68,4 % orthodoxe, 9,37 % catholique, 4,34 % pentecôtiste, 3,91 % baptiste et 2,45 % réformée, alors que pour 8,38 % de la population, l'appartenance religieuse n'est pas connue.
Économie Selon la chambre de commerce et d'industrie, Arad est connu pour son activité industrielle intense et de longue date. Industrie alimentaire textile (anciennes usines UTA, Teba, Confections) chaussures jouets machines-outils, horlogerie et compteurs wagons et voitures de trains meuble Après 1989, l'activité a connu des changements importants dans un contexte de transition à l'économie de marché.
Services commerce transports télécommunications banque et assurance presse et audiovisuel Transport Arad est le nœud ferroviaire le plus important de l’Ouest de la Roumanie, se situant sur un axe national et européen.
La ville est desservie par un aéroport international (code AITA : ARW) et par un réseau routier de bonne qualité.
Le transport public urbain et suburbain est articulé autour de nombreuses lignes de tramway et d’un réseau de cars interurbains.
Enseignement Enseignement secondaire Collège National Moïse Nicoară (ancien nom: Lycée Ioan Slavici) Lycée pédagogique Dimitrie Țichindeal (ancien nom: Preparandia - 1812) Collège National Elena Ghiba Birta (ancien nom: Lycée Miron Constantinescu) Collège économique Collège technique de constructions et de la protection de l'environnement Lycéé d'art Sabin Drăgoi Lycée magyar Csiky Gergely Lycée allemand Adam Müller Guttenbrunn Lycée baptiste Alexa Popovici
Enseignement universitaire Université de l'Ouest Vasile Goldiș (1990), privée Université Aurel Vlaicu (1991)
Attractions touristiques Monuments d'architecture thumb|Le palais administratif. thumb|Le palais culturel. La ville contient de nombreux édifices d'une beauté remarquable. La citadelle d'Arad est l'une des fortifications de type Vauban construites en Transylvanie. La porte principale et les édifices intérieurs sont en style baroque. Le Palais Administratif, aujourd’hui hôtel de ville et du département - 1872-1874, architecture de la Renaissance, avec une tour de de haut. Le palais Neumann - 1891, architecture éclectique Le palais de la Justice - 1892, architecture éclectique Le palais Cenad - 1894, architecture éclectique et néoclassique La Banque nationale - 1906, architecture néo-classique Le Palais Bohuș - 1910, Sezessionsstil Le Palais Szantay - 1911, Sezessionsstil Le Palais Culturel construit entre 1911 et 1913 par l'architecte hongrois Ludovic Szántay en architecture éclectique, architecture classique, architecture gothique, architecture de la Renaissance, colonnes corinthiennes, avec des influences de l'Art nouveau. Il abrite actuellement l'orchestre philharmonique d'État, un musée d'histoire et un autre de sciences naturelles. Le Monument des combattants roumains Le monument des 13 généraux martyres - Il contient une image colossale de la Hongrie, avec quatre groupes allégoriques et les médailles des généraux exécutés. La rue Cloșca - Sezessionsstil