thumb|Bon de jouissance de l'Adolph Saurer AG en date du 12 décembre 1928. Saurer AG (anciennement Adolph Saurer AG) est une entreprise suisse fabriquant des machines textiles, auparavant aussi constructeur de camions et autobus.
Histoire Origines En 1853, Franz Saurer crée une entreprise de fonderie à Saint-Georgen près de Saint-Gall en SuisseHistoire, Saurer Club Suisse Romande.. L'entreprise déménage à Arbon en 1862 et commence, une année plus tard, à développer des machines à broder. En 1888, Saurer fabrique ses premiers moteurs à essence, destinés à l'industrie, comme génératrice mais aussi pour la production agricole. En 1896, la société produit sa première automobile, mais Saurer délaisse ce créneau au début du , pour ne construire que des autobus et des camions. De 1898 à 1901, il y a une collaboration entre la Société des Automobiles Koch Frères et Saurer Société des Automobiles Koch Frères, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 113 (2019), p. 10-11. Saurer & Société des Automobiles Koch Frères, Die Tat, 25. Februar 1953, p. 5.
Développement international À la mort du fondateur, ses fils Adolph Saurer et Julius Emil Saurer prennent la direction de l'entreprise. En 1903, un camion de et de 30 chevaux à soupapes latérales opposées est lancé. Trois ans plus tard, ce modèle est équipé de pneus pleins en caoutchouc. En 1905, des camions de 1,5, 2,5 et apparaissent. À cette époque, les véhicules Saurer gagnent de nombreux prix dans les concours internationaux en Europe.
thumb|Stand Saurer, au Salon des véhicules industriels de décembre 1908. En 1906, le constructeur Saurer Autriche (Österreichische Saurerwerke) à Vienne-Simmering accède à une licence pour la conception et l'exploitation de camions, la Saurer AG restant actionnaire majoritaire.
thumb|right|Un car alpin Saurer sur la route du col du Saint-Gothard en 1930. En 1909, Safir Co. à Zurich achète une licence pour construire des camions Saurer et construit le premier moteur Diesel haut régime. Des usines d'assemblage sont installées en Allemagne et en France (Saurer France SA, 1910) pour ces marchés (l'usine de Suresnes emploie plus d'un millier de personnes). Ventes de véhicules de Suresnes : 1910 à un total de 911 véhicules. Tous les Saurer en France au 01.01.1914 (voir lien)Saurer en France, Chemins de fer du Midi et d'Orléans. - La Route des Pyrénées. Grand service d'auto-cars par L. Ch. de Fouchier Fouchier, Louis de (1869-1962). D' à un total de 3460 véhicules Suresnes, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 41 (2001), p.OCS 17. 1910 à 1926 un total de Suresnes 1910-1926, Suresnes d'autrefois & d'aujourd'hui, 1926, p. 356.. En 1949, Saurer France avait produit 691 camionsSuresnes 1949, La structure d’une branche d’industrie : l’automobile [article] sem-linkPierre Bauchet Économie appliquée Année 1952 pp. 359-399, p. 386. et 34 Autobus. En 1953, 524 véhicules ont été fabriqués Suresnes, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 84 (2012), p. 19.. En 1955, 528 véhicules ont été produits Suresnes, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 85 (2012), p. 8. En parallèle, la compagnie Mack Trucks obtient l'autorisation de construire des camions Saurer, pour l'Amérique du Nord jusqu'en 1918 où l'accord prit fin.
En 1911, un camion Saurer cinq tonnes traverse à pleine charge l'Amérique du Nord. Il est le premier véhicule a réaliser cette traversée continentale.
Environ légers à transmission par cardan et camions lourds à transmission par chaînes ont été construits entre 1904 et 1915. Cette production et les innovations qui l'accompagne ont permis à Saurer de remporter 48 prix et médailles à des concours internationaux entre 1907 et 1912Les dates et faits importants, saurer-romandie.ch.
En 1915 débute la construction sous licence des véhicules chez MAN MAN et Saurer, Allgemeine Automobil-Zeitung (20.06.1915), p. 28.. Ce sont les premiers camions fabriqués par la firme allemande. La licence durera jusqu'en 1918 et deux ans plus tard, MAN introduit sur le marché des camions sous son propre nom. De 1915 à 1918, environ 900 camions ont été produits sous licence chez MAN MAN et Saurer, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 112 (2019), p. 20-21.. Un camion Saurer cinq tonnes transporte une pièce de fonderie pesant sur le Mont Wilson en Californie pour la réalisation du plus grand observatoire astronomique du monde.
En 1920, à la mort d'Adolph Saurer, c'est son fils Hippolyt (1870-1928) qui prend la direction de l'entreprise. En 1929, Saurer achète son rival suisse Berna AG d'Olten et propose, deux ans plus tard des 2, 3, 4, et . Dans la même période, et jusqu'en 1937, la compagnie fabrique quatre modèles en Angleterre sous le nom de Armstrong-Saurer, à Newcastle upon Tyne dans une usine qui appartient à Sir W. G. Armstrong Whitworth Armstrong Whitworth, VHTL-Zeitung, Band 17, Nummer 52, 24. Dezember 1931, p.OCS 2. Les modèles de base étaient : le Defiant, avec un moteur diesel de 4 cylindres, le Dauntless avec un moteur diesel 6 cylindres, le Dominant avec trois essieux, le Samson avec quatre essieux, boîte de vitesses surmultipliée et freins à air comprimé.
En 1925, Saurer avait une concession automobile au Brésil.
Assemblage sous contrat pour Chrysler 1934 Assemblage Chrysler, Der Bund, Band 85, Nummer 115, 9. März 1934 Ausgabe 02, p. 4.
En 1934, un nouveau camion, du nom de Type C est inauguré. Ce modèle, à capot et cabine avancée, permet de transporter des charges allant jusqu'à et sera produit jusqu'en 1963. En 1937, juste avant l’Anschluss de l'Autriche par l'Allemagne nazie, Saurer se sépare de sa filiale à Vienne. Pendant cette période, le Sd.Kfz. 254 (Sonderkraftfahrzeug 254), un véhicule de reconnaissance à traction intégrale, fut conçu et développé pour l’armée autrichienne (Bundesheer) qui a par la suite été intégrée dans la Wehrmacht. En 1938, la compagnie présente des véhicules tout-terrains à vocation militaire destinés au transport de pièces d'artilleries.
Seconde Guerre mondiale En tant que motoriste, Saurer produisit durant la guerre plusieurs modèles de moteurs Hispano-Suiza 12Y jusqu'au 12Y-51 pour équiper les Morane-Saulnier fabriqués en Suisse pour les Troupes d'aviations suisses. Le 12Y-31 fut produit sous licence pour équiper les Morane-Saulnier MS.406H/D-3800Rickard, J. (12 December 2012), Morane-Saulnier M.S.406H/ D-3800, HistoryOfWar.org. - . Le moteur Hispano-Suiza 12Y-51 de ch fut installé sur le MS.412/D-3801Rickard, J. (12 décembre 2012), Morane-Saulnier M.S.412/ D-3801, HistoryOfWar.org. - . Un développement local, le Saurer YS-2 de ch, vit le jour pour équiper le MS.450/Doflug D-3802Rickard, J., 18 décembre 2013, Morane-Saulnier M.S.450, HistoryOfWar.org. - . Il devait beaucoup aux premiers prototypes du 12Z. Un dernier dérivé est construit en 1944, le moteur Saurer YS-3 de ch et installé sur le prototype Doflug D-3803Rickard, J., 15 juillet 2013, Doflug D-3803, HistoryOfWar.org. - .
Avant et au cours de la Seconde Guerre mondiale, la firme développe également des camions militaires pour l'Armée suisse avec des configurations d'essieux : Saurer M4 4x4, Saurer M6 6x6, et Saurer M8 8x8.
Durant la Shoah, des camions de Saurer Autriche (détaché de Saurer Suisse depuis 1937) de type BT 4500 et 5 BHwNazi Gaz Vans, Rob Arndt, consulté le 2 décembre 2011. ont servi à gazer des victimes de Nazis, des modèles spécialement transformés à cette fin (Gaswagen) ayant été livrés à l'armée allemande par la Firme Gaubschat à BerlinSaurer figure comme exportateur suisse de matériel de guerre vers l'Allemagne du Rapport final de La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale.Contrairement à ce que prétend Claude Lanzmann dans le film Shoah (voir aussi territoires-mémoires.be) et Jean-François Forges dans Éduquer contre Auschwitz, . Mathias Beer Les camions à gaz. Sur le site de l'usine à Vienne se trouvait l'un des sous-camps de Mauthausen-Gusen. Un autre camp de ouvriers forcés était situé dans le château de Neugebäu.
Après-guerre thumb|right|Camion Saurer. En 1946, Saurer construit des autobus type 6H et 4ZP avec moteur latéral ou en position arrière et d'une transmission à quatre rapports. Dès 1952, Saurer présente un moteur suralimenté avec un compresseur à vis.
Au milieu des années 1950, les nouvelles dispositions règlementaires ajoutées à la demande des utilisateurs de disposer de moteurs plus puissants et moins bruyants, imposent de concevoir des nouveaux moteurs. Ce sera les type DC et DCU dont la puissance variera de 160 à 210 Ch.
En 1956, Saurer, vend son usine française, dont la production est à peine de 528 véhicules annuels (en 1956), à Simca qui la fusionnera dans Unic pour former sa division "Véhicules industriels" baptisée Simca Industries. La gamme Saurer France restera en fabrication jusqu'en 1957.
En 1957, à l'aube de l'implantation de l'industrie automobile au Brésil, le constructeur autrichien (Österreichische Saurerwerke AG) a décidé d'y installer une unité de fabrication Saurer Brésil, LEXICAR Brasil .
En 1959, une nouvelle gamme est proposée du nom de Type D, avec deux châssis de base le 20 et le 50, des configurations avec moteurs diesel de 120 et 240 chevaux, toutes roues motrices sont offerts. En 1974, un porteur du nom de 5DF en configuration 8x4, est lancé.
En 1971, Saurer lance son moteur D1KT de 310 Ch. Un turbocompresseur remplace au grand regret des chauffeurs le compresseur à vis.
En 1972, Saurer abandonne la construction de bus. Pour des questions de rationalisation, elle cesse d'utiliser ses propres boîtes de vitesses au profit de boîtes ZF.
En 1973, le moteur D1KT est amélioré pour atteindre 330 CV, c'est le D2KT.
En 1974, Saurer reprend la fabrication d'autobus en étroite collaboration avec le constructeur britanno-danois Die Zusammenarbeit zwischen Saurer und Leyland, Neue Zürcher Zeitung, Nummer 104, 4. März 1973, p. 18.
L'année 1976 voit l'arrivée des camions modèles D180 et D230, les deux en 4x2, ainsi que les D290, et D330, de 4x2, 6x2, 6x4 et 8x4.
En 1978, les liens avec Leyland-DAB se faisant plus mince, Saurer réalise avec les PTT le car postal du type RH. Le moteur D4KT-B, dont le couple et la puissance sont atteints à un régime abaissé de 200 tr/min, est présenté. thumb|Autobus (Hess-)NAW. En 1982, à la surprise générale, la direction générale du groupe Saurer annonce qu'elle va arrêter la fabrication de camions. Toutes les commandes anciennes seront honorées mais les véhicules seront construits par la nouvelle société NAW. Les deux plus importants fabricants suisses de camions, Saurer et FBW de Wetzikon s'associent pour former NAW.
Deux ans plus tard, la société est dépecée. Le centre de recherche Saurer Motorenforschung d'Arbon est repris par IVECO, avec qui Saurer a toujours été très lié, tandis que les ateliers de montage sont rachetés par Mercedes-Benz. Le dernier camion civil sortira d'usine le et le dernier véhicule militaire 10DM le .
À partir de 1982, Saurer AG poursuit ses activités dans la seule fabrication de métiers à tisser. La société a été une première fois rachetée en 2006 par le groupe suisse OC Oerlikon, lui-même repris en par le groupe chinois Jinsheng. Toutes les marques sous lesquelles les métiers à tisser Saurer (rebaptisée SAURER en majuscules) Schlafhorst, Zinser, Allma, Volkmann, Jinsheng & Saurer Embroidery, ainsi que les composants Accotex, Daytex, Fibrevision, Heberlein, Temco & Texparts, sont maintenues.
Véhicules Camions Camion 0 (1903) 5t Camion 0, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 116 (2020), p. 14-15. Camion 0 et Dufour &Tissot, Gazette / Oldtimer Club Saurer, Heft 109 (2018), p. 21. A-Type (1918), environ construitsCamion A, Les camions de la victoire : le service automobile pendant la Grande guerre, 1914-1918 / Jean-Michel Boniface, Jean-Gabriel , p. 18.Camion A, Allgemeine Automobil-Zeitung ,15.09.1912, p. 41.Camion A, Allgemeine Automobil-Zeitung ,21.12.1919, p. 41.Camion A, Allgemeine Automobil-Zeitung ,11.05.1913, p. 54-56. Camion-citerne (1923)