L'abstention de vote en France (ou abstention en France) a lieu lors d'élections, de référendums et de consultations locales.

Cadre légal en vertu de l’article L9 du code électoral., mais aucune sanction n'est prévue. Depuis 1997 Loi no 97-1027 du 10 novembre 1997 relative à l'inscription d'office des personnes âgées de dix-huit ans sur les listes électorales, la loi prévoit l’inscription d’office sur la liste électorale de la commune du domicile des personnes qui remplissent les conditions d’âge requise. En France, le vote n'est pas obligatoire au sens juridique : est inscrit sur les cartes électorales.. Il n'est obligatoire qu'aux élections sénatoriales pour les grands électeurs (députés et conseillers municipaux, départementaux et régionaux) qui se voient infliger une amende de 100 euros en cas d’abstention, depuis une loi votée en 2004..

Calcul du taux d'abstention Généralités Le taux d'abstention peut être calculé de différentes manières. En France, le ratio est établi en rapportant le nombre de citoyens s'étant abstenus lors d'un vote au nombre de ceux inscrits sur les listes électorales, à la date du scrutin. Les personnes n'étant pas inscrites sur les listes électorales ne sont donc pas comptées dans les chiffres de l'abstention. Les votes blancs et nuls ne sont pas non plus comptabilisés.

Estimation des non-inscrits en vertu de l’article L9 du code électoral, mais aucune sanction n'est prévue. Depuis 1997, la loi prévoit l’inscription d’office sur la liste électorale de la commune du domicile des personnes qui remplissent les conditions d’âge requises. Cela concerne les jeunes dans l’année suivant leur majorité électoraleListes électorales : inscription d'office à 18 ans vosdroits.service-public.fr.

Selon plusieurs études de l'Insee, environ 4,9 millions de Français ne sont pas inscrits sur les listes électorales ou croient ne pas l'être (données 2004), chiffre qui varie entre 10 % et 13,3 % du corps électoral sur les neuf dernières années.

En 2007, on estimait que le corps électoral comprenait 44,5 millions d'électeursChiffres mars 2007, pour les présidentielles, Jean-Dominique Merchet « prêtes à se faire entendre », dans Libération du 28/03/2007, pour d'habitants.

En 2018, on estimait que le corps électoral comprenait 45,448 millions d'électeurs pour 67 millions d'habitants..

Au , le corps électoral comprenait 47,148 millions d'électeurs pour 67 millions d'habitants.

Taux d'abstention Depuis 1848 Le taux d'abstention a considérablement varié depuis l'introduction du suffrage universel (masculin) direct en France. L'enthousiasme perceptible aux élections de la Constituante en avril 1848 (18,3 % d'abstentions) laissa très vite place au désenchantement, surtout après les journées de Juin et l'impôt des 45 centimes. Dès l'été, l'abstentionnisme s'envole à l'occasion des élections locales: environ 37 % aux municipales, puis 62 % pour les conseils généraux, enfin 73 % pour les conseils d'arrondissementChiffres tirés du graphique disponible dans « Une rétrospective sur la participation électorale en France ». La présidentielle de décembre retrouve une certaine faveur, avec seulement 25 % d'abstention. Mais dès 1849, les législatives connaissent le reflux: 32 % d'abstentionnisme, soit 14 points de plus qu'un an auparavant. La suite est contrastée: aux très faibles taux d'abstention observés à chaque plébiscite de 1851, 1852 et 1870, s'oppose une langueur civique aux élections législatives, contre laquelle tenta de lutter le Second Empire. La libéralisation du régime va permettre le retour à la vie civique; l'abstentionnisme s'abaisse à à peine plus de 25 % aux municipales de 1865, et à 22 % aux dernières législatives, celles de 1869.

La Troisième République voit le triomphe du civisme à l'élection reine, les législatives, mais aussi, phénomène beaucoup plus contre-intuitif, aux municipales. Avec des hauts et des bas pour les premières, alors que la participation aux secondes ne faiblit jamais (de 74,5 % en 1874 à 78 % en 1912). Selon l'expression consacrée aux législatives, les élections de combat (1876, 1877, 1885, 1889, 1902, 1906) contrastent avec les élections d'apaisement (1881, 1893, 1898, 1910, 1914) entre autres par leur meilleure participation. En revanche, la participation aux deux autres types d'élection pratiquée à l'époque (celle des conseils d'arrondissement et de département) se tasse jusqu'au tournant du siècle, puis reste stable. Au sein de la Troisième République, l'entre-deux-guerres constitue l'âge d'or de la participation. Dès 1924, les législatives voient fondre les abstentions à moins de 17 % des inscrits; les municipales les suivent de très près, à moins de 17,5 %. Enfin, les années trente connaissent une exacerbation de la vie politique, au point d'arriver en 1936 à un record absolu de participation à des législatives en France (seulement 15,8 % d'abstention en métropole au 1er tour, 15,6 % au second tour), tandis que la participation à l'élection des conseils d'arrondissement tend à rattraper celle des conseils généraux, qui elle-même se rapproche de celle aux législatives (22,5 % en 1937, le record absolu de participation pour des élections départementales en France).

La suite est beaucoup plus accidentée. La répétition des scrutins politiques en 1946 passe auprès de tous les historiens pour avoir lassé l'opinion. Pourtant, les absentions aux législatives de novembre 1946 n'atteignent pas 22 %. En revanche, la disparition des conseils d'arrondissement n'empêche pas les élections départementales, désormais dites cantonales, de retrouver progressivement leur régime de croisière de la Troisième République, à plus de 40% d'abstention.

Les consultations répétées de 1958 à 1962 finissent, elles, par susciter un véritable fléchissement civique, avec un 31,3 % d'abstention très remarqué aux législatives de novembre 1962 — comme le seront tous les taux aux législatives dépassant les 30 %. Mais c'est l'introduction du suffrage direct dans l'élection du président de la République qui va finir par creuser les écarts de participation entre les différents types de scrutin. Non pas immédiatement, mais après les législatives de 1986, les dernières à se situer au-dessus de 70 % de participation. Dans la période postérieure, il y aura parfois plus du double d'abstention aux élections cantonales, régionales ou européennes par rapport à l'élection maîtresse de la Cinquième République, l'élection présidentielle.

Élections européennes

Date Abstention 12 juin 1979 39,29 % 17 juin 1984 43,28 % 10 juin 1989 51,2 % 12 juin 1994 47,24 % 13 juin 1999 53,24 % 13 juin 2004 57,24 % 7 juin 2009 59,37 % 25 mai 2014 57,57 % 26 mai 2019 49,88 % 9 juin 2024 48,51 %

Élection présidentielle

Année Date Abstention 1965 5 décembre (premier tour) 15,25 % 19 décembre (second tour) 15,78 % 1969 (premier tour) 22,41 % 15 juin (second tour) 31,15 % 1974 5 mai (premier tour) 15,77 % 19 mai (second tour) 12,67 % 1981 24 avril (premier tour) 18,91 % 10 mai (second tour) 14,65 % 1988 24 avril (premier tour) 18,62 % 8 mai (second tour) 15,94 % 1995 23 avril (premier tour) 21,62 % 7 mai (second tour) 20,34 % 2002 21 avril (premier tour) 28,4 % 5 mai (second tour) 20,29 % 2007 22 avril (premier tour) 16,23 % 6 mai (second tour) 16,03 % 2012 22 avril (premier tour) 20,52 % 6 mai (second tour) 19,65 % 2017 23 avril (premier tour) 22,23 %. 7 mai (second tour) 25,44 % 2022 10 avril (premier tour) 26,31 %. 24 avril (second tour) 28,01 %

Élections législatives

vignette|upright=2.5|Graphique de l'évolution de l'abstention aux élections législatives Année Date Abstention 1958 23 novembre (premier tour) 22,82 % 30 novembre (second tour) 23,68 % 1962 18 novembre (premier tour) 31,3 % 25 novembre (second tour) 28 % 1967 5 mars (premier tour) 19,11 % 12 mars (second tour) 20,27 % 1968 23 juin (premier tour) 19,99 % 30 juin (second tour) 22,18 % 1973 4 mars (premier tour) 19,76 % 11 mars (second tour) 19,11 % 1978 12 mars (premier tour) 17,22 % 19 mars (second tour) 15,34 % 1981 14 juin (premier tour) 29,35 % 21 juin (second tour) 25,54 % 1986 16 mars 21,5 % Pas de second tour : scrutin à la proportionnelle 1988 5 juin (premier tour) 34,26 % 12 juin (second tour) 30,11 % 1993 21 mars (premier tour) 31,05 % 28 mars (second tour) 32,62 % 1997 25 mai (premier tour) 32,08 % juin (second tour) 28,92 % 2002 9 juin (premier tour) 35,58 % 16 juin (second tour) 39,68 % 2007 10 juin (premier tour) 39,56 % 17 juin (second tour) 40,01 % 2012 10 juin (premier tour) 42,78 % 17 juin (second tour) 44,60 % 2017 11 juin (premier tour) 51,3 %Résultats globaux des législatives fournis par le ministère de l'Intérieur 18 juin (second tour) 57,36 % 2022 12 juin (premier tour) 52,49 %Résultats globaux des législatives fournis par le ministère de l'Intérieur 19 juin (second tour) 53,77 % 2024 30 juin (premier tour) 33,29 % 7 juillet (second tour) 33,37 %

Élections régionales

Année Date Abstention 1986 16 mars (tour unique) 21,73 % 1992 22 mars (tour unique) 31,37 % 1998 15 mars (tour unique) 41,97 % 2004 21 mars (premier tour) 39,16 % 28 mars (second tour) 34,34 % 2010 14 mars (premier tour) 53,67 % 21 mars (second tour) 48,79 % 2015 6 décembre (premier tour) 50,09 % 13 décembre (second tour) 41,59 %2021 20 juin (premier tour) 66,72 % 27 juin (second tour) 65,31 %.

Élections départementales

De 1833 à 2014, ce scrutin est nommé « élections cantonales », puis « élections départementales » à partir de 2015 à la suite du redécoupage cantonal de 2014.

Année Date Abstention 1994 20 mars (premier tour) 39,65 % 27 mars (second tour) 41,27 % 1998 15 mars (premier tour) 39,68 % 22 mars (second tour) 45,11 % 2001 11 mars (premier tour) 34,52 % 18 mars (second tour) 43,75 % 2004 21 mars (premier tour) 36,09 % 28 mars (second tour) 33,52 % 2008 9 mars (premier tour) 35,11 % 16 mars (second tour) 44,55 % 2011 20 mars (premier tour) 55,68 % 27 mars (second tour) 55,23 % 2015 22 mars (premier tour) 49,83 %. 29 mars (second tour) 50,02 % 2021 20 juin (premier tour) 66,68 % 27 juin (second tour) 65,64 %

Élections municipales

Année Date Abstention 1959 Premier tour 25,2 % Second tour 26,1 % 1965 Premier tour 21,8 % Second tour 29,2 % 1971 Premier tour 24,8 % Second tour 26,4 % 1977 Premier tour 21,1 % Second tour 22,4 % 1983 Premier tour 21,6 % Second tour 20,3 % 1989 Premier tour 27,2 % Second tour 26,9 % 1995 Premier tour 30,6 % Second tour 30 % 2001 Premier tour 32,6 % Second tour 31 % 2008 Premier tour 33,46 % Second tour 34,8 % 2014 Premier tour 36,45 % Second tour 37,87 % 2020 Premier tour 55,25 % Second tour 58,6 %

Référendums

Date Sujet Abstention Référendum constitutionnel : Constitution du 4 octobre 1958 (Cinquième République) 19,37 % Autodétermination de l'Algérie 26,25 % Accords d'Évian 24,67 % Référendum constitutionnel : élection au suffrage universel direct du président de la République française 23,03 % Référendum constitutionnel : création des régions et réforme du Sénat 19,87 % Élargissement des Communautés européennes 39,76 % Autodétermination de la Nouvelle-Calédonie 63,11 % Traité de Maastricht 30,3 % Référendum constitutionnel : quinquennat présidentiel 69,81 % Traité établissant une Constitution pour l'Europe 30,67 %

Consultations locales