La pierre à encre ( ; japonais : suzuri, ou plus souvent ) est un outil d'Extrême-Orient utilisé en écriture, calligraphie et peinture (principalement le lavis).

Elle sert à y frotter un bâton d'encre dans de l'eau déposée par une verseuse afin d'obtenir de l'encre de Chine liquide, pour pouvoir l'utiliser avec un pinceau à lavis.

Elle fait partie des quatre trésors du lettré avec les pinceaux, l'encre, et le papier.

Son origine

À l’époque des Han (, de 206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), on se servait de plats de bronze qui faisaient office de pierre à encre. L’époque des Jin (, 265-419) quant à elle, vit apparaître des sortes de petits mortiers pour remplir cette fonction.

Mais ce n’est réellement que sous les Tang (, 618-907) que la pierre à encre fit son apparition. Des quatre trésors du lettré, la pierre à encre apparaît comme étant le plus solide. C’est aussi celui auquel le calligraphe est le plus attaché.

Les pierres à encre sont créées à partir de pierres naturelles travaillées, puis creusées et enfin polies pour parfois prendre des formes très sophistiquées.

Qualité des pierres à encre

Deux types de roches sont principalement utilisés pour la fabrication des pierres à encre : des roches éruptives sous marines, comme la célèbre pierre chinoise , prononcé en japonais (on'yomi) ; des roches sédimentaires comme la pierre , originaire de (aujourd'hui Huangshan), dans l'Anhui, prononcé en japonais .

La pierre à encre est constituée d’une partie plate appelée « colline » ( (japonais oka) ou ; japonais, , oka), et d’une partie creuse « la mer », (prononcé umi en japonais) destinée à recueillir l’encre créée.

On apprécie surtout chez une pierre à encre le grain, la texture ou même le son qu’elle produit lorsque l’on y frotte en mouvement circulaire le bâtonnet d’encre :

Depuis toujours, les meilleures pierres viennent de carrières chinoises situées sur la rive sud du Xijiang dans le Guangdong. Mais l’extraction de ces pierres était dangereuse et éprouvante, car on les trouvait le plus souvent dans des grottes particulièrement touchées par de violentes crues. Encore aujourd’hui, de nombreuses mines sont en activité, et les pierres les plus anciennes de plus de cent ans, aussi nommées , prononcé en japonais ko-ken (), sont beaucoup plus recherchées que les plus récentes nommées , prononcées en japonias shin-ken (). Certaines régions du Japon produisent également des pierres de bonne qualité.

Un débutant peut utiliser des pierres toutes simples, qu’il pourra par la suite changer pour des pierres à encre de qualité supérieure suivant l’évolution de ses progrès.

Les pierres plastiques

Il existe aussi des pierres à encre essentiellement créées grâce à des matières plastiques et qui, à l'origine, étaient exclusivement destinées à recevoir une encre chimique liquide.

Il existe maintenant des revêtements plastiques particuliers adaptés à la création d'encre à l'aide du bâton d'encre.

Certaines pierres plastiques sont réversibles, une face étant destinée à l'encre produite au bâton et l'autre à l'utilisation d'encre liquide.

Les variétés de pierres

Il existe de nombreuses pierres de qualité, d’origine chinoise. Néanmoins, c’est dans les 2 variétés de pierres que sont les , et les que l’on trouve les plus fameuses.

Dès la dynastie Song, on considère les duānxī comme étant les meilleures pierres. De teinte violette, et d’un aspect doux, leur surface est lisse mais le grain est pointu et dur. Cette variété de pierre à la particularité d’être très résistante au fil du temps.

Les pierres () de Huangshan, quant à elles, qui ont été découvertes au début du , sont issues de glaise solidifiée. De couleur noire teintée de bleu, elles sont souvent porteuses de reflets dorés et argentés dus à la présence de sulfure de cuivre. Ce sont des pierres qui s’écaillent très facilement, c’est pourquoi elles sont rarement décorées.

Depuis l’épuisement des mines anciennes, on trouve de plus en plus de copies de pierres anciennes. La valeur des pierres japonaises n’est en rien comparable à la valeur des pierres chinoises. Néanmoins, face à l’épuisement des meilleures mines chinoises, les pierres japonaises connaissent un certain essor.

Ainsi, on peut citer des pierres comme , , , ou , plus courantes sous l’époque d'Edo, et les pierres plus récentes, , ou et . Bien que les amabata soient de meilleure qualité, le marché est occupé à 85 % par les genshō-seki.

Après usage, il ne faut jamais laisser la moindre trace d’encre sur la pierre, et toujours la nettoyer avec soin.

Des quatre trésors du lettré, elle est l’élément stable et fondamental. C'est par conséquent l'outil auquel le calligraphe est le plus attaché.

Notes et références

Annexes

Bibliographie . . .

Catégorie:Culture chinoise Catégorie:Culture japonaise Catégorie:Outil de dessin Catégorie:Matériel d'écriture Catégorie:Calligraphie extrême-orientale