Steria est une SSII française créée en 1969 qui présentait la particularité d'avoir dès sa fondation un fort actionnariat salarié, via la gouvernance de la société Soderi.
Son siège social se situait à Vélizy-Villacoublay, dans le pôle technologique Paris-Saclay. En 2011, Steria était la cinquième SSII sur le marché français en 2011 et la sixième à l'échelle européenne, avec un chiffre d'affaires de 1,75 Md d’euros en 2011 et salarié(e)s réparti(e)s dans 16 pays. La société était cotée sur Euronext Paris.
Le , la fusion de Steria et Sopra aboutit à la création du groupe Sopra Steria.
La société est radiée en février 2015Annonce n° 2093 du BODACC B n° 20150036 publié le 20/02/2015.
Histoire 1969 : création Le , la SODERI (SOciété pour le DÉveloppement et la Recherche en Informatique), société civile à capital variable, est créée. Jean Carteron en détient alors 51 % du capital. Sept autres actionnaires se partagent chacun 7 % du capital : Henri Cantegreil, ingénieur du génie maritime ; Gérard Fourlinie, commercial ; Marc Parenti ; Michel Ritout, spécialiste des langages temps réel et des compilateurs ; Éric Hayat ; Philippe Hurtaut et Max de Ferran, ingénieur des Arts et Métiers.
Le , la société Steria (Société d'étude et de réalisation en informatique et automatisme), société anonyme au capital de , est créée1969, création de Steria, Steria.com. SODERI possède 51 % de ce capital, le groupe BNP 29,5 % (BNP 19,5 % ; Banexi 10 %) et le groupe Indochine 19,5 % (Banque de l'Indochine 8 % ; Locafrance 11,5 %). Ce découpage financier permet à Jean Carteron de conserver le contrôle des deux sociétés, grâce aux 26 % de capital total détenu (51 % de 51 %).
La société est alors domiciliée dans les bureaux de la BNP, 14 rue Bergère à Paris (ancien siège du Comptoir national d'escompte de Paris).
1969–1975 En 1969, le premier contrat est signé avec le ministère de l'Économie et des Finances français. L'année suivante, Steria déménage au Chesnay. En 1971, Steria crée sa première filiale à l'étranger (Belgique), Steriabel, en partenariat avec la Banque de Bruxelles actionnaire à 40 %. La même année, la première agence régionale est créée à Bordeaux pour accompagner un contrat avec la . En 1973, Steria informatise l'AFP par la création d'un système de traitement de texte permettant une transmission de l'information en temps réel. L'année suivante, Steria achète un terrain avenue de l'Europe à Vélizy et y fait construire un immeuble de bureaux. En 1975, Steria rachète Sitintel, spécialiste de l'informatique miniaturisée.
1976–1983 En , Steria atteint l'effectif de 549 salariés. L'année suivante, l'entreprise crée un système de gestion technique de bâtiment centralisé pour le Centre national d'art et de culture Georges Pompidou. En 1978, Steria poursuit son internationalisation en créant une filiale en Suisse. En 1979, Steria loue un immeuble de bureaux 149 rue de Courcelles à Paris pour y loger l'activité bancaire et la direction générale. Pour les Jeux olympiques, Steria développe un système de fil de presse en temps réel. En 1981, Steria participe au développement du Minitel, en concevant l'architecture du système, du logiciel de sécurité et de certaines applications. L'année suivante, Steria développe un simulateur numérique pour la formation du personnel volant d'Air Inter.
1984–1995 En 1986, le premier gros contrat en dehors de la France est signé avec le développement du système informatique de la Banque centrale saoudienne. En 1989, Steria met en place des infrastructures d'interconnexion des distributeurs automatiques de billets des différentes banques françaises. En 1990, Steria créée des filiales et de bureaux en Allemagne, en Espagne et en Arabie saoudite. En 1992, Jean Carteron, âgé de 66 ans, annonce au conseil de Steria sa décision de quitter la présidence le , et lui propose de désigner Michel Gautier comme président, ce qu'il fait à l'unanimité. En 1993, Steria élabore le système d’information de l'aéroport de Jakarta. La même année, la crise du secteur informatique entraîne pour Steria sa première année de pertes et l'arrêt de la croissance. En 1994, Steria revient à des bénéfices et à une croissance modeste.
1996–2001 En 1996, Steria devient une société en commandite par actions. En 1997, Steria rachète la société indienne basée à New Delhi. . Le , François Enaud est nommé président directeur général du Groupe. En 1998, Steria développe un simulateur de conduite centralisé de la ligne de métro parisienne sans conducteur Meteor. En 1999, Steria est introduit à la Bourse de Paris.
En 2000, Steria rachète trois sociétés françaises de taille moyenne avec le rachat de l'activité d'infogérance d'Experian France (ex-SG2)Experian France vend son infogérance à Steria, faute de taille critique ; de TecsiSteria achète Tecsi : une vieille dame en absorbe une autre qui apporte d'importants contrats avec France Télécom, ainsi qu'une expertise dans le domaine des logiciels embarqués, pour environ 560 millions de francs, soit plus de deux fois le chiffre d'affaires 1999 de Tecsi (257 millions de francs) ; et d'Equip, société spécialisée dans la gestion de parc micro-informatiqueInfogérance: Steria s'empare d'Equip.
En 2001, Steria acquiert des activités de services d'Integris du Groupe Bull dans neuf pays européensBull vend Integris à Steria en dessous de ses espérances. Le nouveau PDG de Bull obtient de retirer l'Italie de la vente d'Integris Europe à SteriaBull se sépare bien d'Integris Europe mais conserve l'Italie. La même année Steria développe la carte d'identité électronique belge.
2001–2007 Steria voit son action chuter de 100 euros (son plus haut niveau) à 4,80 euros (son plus bas niveau en 2002) dans un contexte économique mondial difficile. En 2002, Steria acquiert la gestion des transactions comptables et financières de British Telecom à travers un contrat d'externalisation des processus métiers (BPO). La même année, Steria cède son activité web agency Net and BSteria cède son activité web agency. En 2003, Steria ouvre un plan d'épargne entreprise aux salariés européens du groupe.
En 2004, Steria regroupe à Sophia Antipolis sept de ses centres de traitement européensUn centre d'infogérance de Steria sous haute sécurité. En 2005, la cour d'appel de Toulouse condamne Steria pour discrimination syndicaleDiscrimination en cause chez Steria. En 2005, Steria acquiert l'entreprise allemande, Mummert ConsultingSteria se rapproche de Mummert. En 2005, les salariés revendiquent leur participation aux bénéfices du groupeLes informaticiens dans la rue. En 2006, Steria gagne la mise en œuvre de la biométrie mobile pour la sécurité des stades de la coupe du monde. La même année, Steria gère la supervision en temps réel du trafic routier de Singapour par l'analyse de la position des 20 000 taxis. Steria compte son 10000 collaborateur au sein du groupe. En 2007, les statuts de l'entreprise évoluent pour la mise en œuvre d’une « gouvernance participative » impliquant les salariés actionnaires. Steria signe avec le ministère des Finances français le contrat « Chorus », le plus important projet SAP en France. Il ouvre de deux centres nearshore en Pologne et au Maroc. En 2007, le rachat de la SSII britannique Xansa permet à Steria de développer considérablement ses parts de marché dans le secteur public au Royaume-Uni, ainsi que ses capacités de production offshore en Inde.
2008 à 2014 En 2008, Steria crée un centre nearshore à Katowice en Pologne pour les activités d'externalisation en EuropeSteria a ouvert un centre de services en Pologne. La même année, il crée un centre nearshore à Casablanca au MarocSteria ouvre une entité nearshore au Maroc. Steria Medshore fournit aux marchés européens et méditerranéens des services d'intégration de système et d'infogérance applicative. François Mazon, directeur général France, est limogé fin octobre à la suite d'un avertissement sur résultatsFrançois Enaud prend temporairement les rênes de Steria France. François Enaud assume temporairement l'intérim, puis Olivier Vallet est nommé directeur général France et définit une nouvelle organisationSteria France change d'organisation. De plus, à la suite de l'action intentée par le comité d'établissement de la région parisienne, la société Steria est condamnée pour délit d'entrave par la correctionnelle de Nanterre. La CGT s'est portée partie civile dans cette action.
En 2009, l'entreprise fête son 40e anniversaire. La même année, le ministère de la Défense françaisSteria gère la paye des militaires choisit Steria pour une mission d’intégration entre Louvois (logiciel unique à vocation interarmées de la solde). et les SIRH. Steria annonce pour le une baisse du chiffre d'affaires de 9,1 % sur un anSteria victime d’un coup de fatigue au troisième trimestre. Le , la Cour d'appel de Versailles déboute Steria de sa demande d'annuler une décision du CHSCT d'Issy. Le CHSCT avait décidé en de mener une expertise en présence d'un risque grave pour les salarié-e-s (suicide, tentatives de suicide, pression, etc.).
Le , le cours de l'action Steria plonge en Bourse (-9 %) après un avertissement sur les bénéfices lié à la situation dans le secteur public britanniqueSteria plonge en Bourse. En 2011, les syndicats CGC, FO et SUD obligent Steria à appliquer la loi TEPA en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat qui prévoit une exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires ainsi que leur défiscalisationSteria doit appliquer le régime d’exonération des heures supplémentairesLE COUP PIED DE FO DANS LA FOURMILIÈRE DE LA LOI TEPA.
En 2011, Steria déménage du site d'Issy-les-Moulineaux, vers l'immeuble Green Office de Meudon ; Steria Group vers l'immeuble EOS à Issy-les-Moulineaux. Le déménagement vers l'immeuble Green Office de Meudon permet à Steria de réaliser d'importantes économies sur les loyers et l'énergie, l'immeuble étant « à énergie positive », à savoir qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. De nombreux salariés déplorent la faiblesse de la desserte en transports en commun (bus uniquement)Steria met 1 250 employés au vert ; prévu initialement fin 2012, le tramway T6 n’arrivera qu’en 2014. La prime de partage des profits (ou prime dividendes) distribuée par les entreprises ayant augmenté leurs dividendes en 2011, s'élève à en moyenne par salarié, selon le ministère du travailPrime dividendes : en moyenne. La direction de Steria accorde une prime de Déprime des à Steria, qui vient s'ajouter au dispositif d'intéressement et de participation.
En 2013, le nom de la société Steria apparaît dans les médias durant les affaires du système de paie Louvois, et d'ecomouv (Portique écotaxe).. Le , le ministre de la Défense annonce l'abandon du système de paie Louvois, que le ministre avait qualifié de désastre et de vraie catastrophe, à la suite des erreurs à répétition dans le calcul des soldes. Cependant la société est mise hors de cause par un rapport.
Fusion Sopra Steria en 2015 Le , Sopra et Steria annoncent leur intention de créer un leader européen des services du numérique, en réalisant un projet de rapprochement. L'opération prendra la forme d'une offre publique d'échange lancée par Sopra sur son concurrent Steria, au taux d'une action Sopra pour quatre actions Steria. Pour la première fois depuis 2000 et la bataille des 35 heures, des salariés se mettent en grève, protestant contre les conséquences d'une délocalisation en Pologne.
En , Sopra fusionne avec la société française Steria. Ce qui donne naissance à la société Sopra-Steria Group.
Implantations géographiques En France, 55 % des effectifs de Steria se trouvent en région parisienne. La plus importante agence de province est située à Toulouse. Pour l'Europe, Steria est présent dans de nombreux pays, dont particulièrement en Europe de l'Ouest et la Pologne. Steria est également implanté en Asie et en Afrique du Nord.
Données financières et boursières