L'océan Arctique (en anglais : Arctic Ocean ; en danois : Ishavet ; en groenlandais : Issittup Imartaa ; en islandais : Norður-Íshaf ; en norvégien : Polhavet ; en russe : Северный Ледовитый океан) est l'un des cinq océans de la Terre ainsi que le plus nordique d'entre eux. Il borde trois continents : l'Amérique du Nord, l'Asie et l'Europe ; ainsi que six pays : le Canada, le Danemark (Groenland), les États-Unis, l'Islande, la Norvège et la Russie.

Avec ses mers bordières, il s'étend sur une surface d'environ de km.. C'est le plus petit des ensembles océaniques : il ne représente que 2,76% de la surface totale du globe terrestre. Quant à l'océan proprement dit, il n'occupe environ que km. Il est constitué de deux profonds bassins séparés par la chaîne de Lomonossov. Chacun d'eux comporte d'autres dorsales à peu près parallèles à la principale.

L'océan Arctique communique indirectement avec le Nord de l'océan Atlantique, recevant de grandes masses d'eau à travers la mer de Barents et le détroit de Fram (mer du Groenland). La mer des Tchouktches et le détroit de Béring lui assurent un débouché sur l'océan Pacifique.

La banquise arctique le recouvre en grande partie avec des variations saisonnières. En son centre, la banquise mesure jusqu'à d'épaisseur. Cette épaisseur est atteinte par le glissement de plaques de glace les unes sur les autres. On constate depuis 1979 une importante réduction de sa surface et de son albédo en raison du réchauffement climatique et d'un réchauffement régional (deux à trois fois plus rapide que dans le reste du monde pour la période 2010-2014). Ceci cause une hausse de l'absorption du rayonnement solaire par cette région du monde, ce qui pourrait accélérer le réchauffement de l'eau et la libération d'hydrates de méthane..

Toponymie Le nom de l'océan provient du grec ancien (árktos) qui signifie ours. En effet, c'est en raison de la présence près du pôle céleste des deux constellations de la Grande Ourse et de la Petite Ourse que l'océan fut nommé ainsi. Il est toutefois remarquable que l'ours polaire vive uniquement sur la « Terre des Ours », qui désigne l'Arctique, et non en Antarctique.

L'océan était auparavant également nommé l'océan Glacial Arctique.

Géographie Définition de l'océan Arctique right|upright=1.5|thumb|Carte bathymétrique et topographique de l'océan Arctique et des terres avoisinantes

Selon l'Organisation hydrographique internationale, l'océan Arctique est délimité de la façon suivante. : entre le cap Morris Jesup, l'extrémité nord du Groenland (), et l'extrémité nord du Spitzberg () : la limite nord de la mer du Groenland ; entre le Spitzberg occidental et Nordaustlandet : le nord jusqu'à Nordaustlandet ; les côtes sud et est de Nordaustlandet jusqu'à son extrémité orientale, le cap Leigh Smith () ; du cap Leigh Smith jusqu'au cap Kohlsaat, extrémité orientale de l'archipel François-Joseph () : la limite nord de la mer de Barents ; du cap Kohlsaat au cap Arctique, extrémité nord de l'île Komsomolets () : la limite nord de la mer de Kara ; du cap Arctique à l'extrémité nord de l'île Kotelny ( : la limite nord de la mer des Laptev ; de l'extrémité nord de l'île Kotelny à l'extrémité nord de l'île Wrangel (, la limite nord de la mer de Sibérie orientale ; de l'extrémité nord de l'île Wrangel à la pointe Barrow, extrémité nord de l'Alaska ( : la limite nord de la mer des Tchouktches ; de la pointe Barrow au cap Land's End sur l'île du Prince-Patrick () : la limite nord de la mer de Beaufort ; la côte nord-ouest de l'île du Prince-Patrick jusqu'au cap Leopold M'Clintock, son extrémité nord () ; du cap Leopold M'Clintock au cap Murray sur l'île Brock () ; la côte nord-ouest de l'île Brock jusqu'à son extrémité nord () ; de l'extrémité nord de l'île Brock jusqu'au sur l'île Borden, son extrémité occidentale () ; la côte nord-ouest de l'île Borden jusqu'au cap Malloch ( ; du cap Malloch au cap Isachsen sur l'île Ellef Ringnes () ; du cap Isachsen jusqu'à l'extrémité nord-ouest de l'île Meighen () ; depuis ce point de l'île Meighen au cap Stallworthy sur l'île Axel Heiberg, son point le plus septentrional () ; du cap Stallworthy au cap Colgate sur l'île d'Ellesmere, son extrémité occidentale () ; la côte nord de l'île d'Ellesmere jusqu'au cap Columbia, son extrémité nord () ; du cap Columbia au cap Morris Jesup : la limite nord de la mer de Lincoln.

Les mers bordières Selon l’Organisation hydrographique internationale, les mers ci-dessous sont des mers bordières de l'océan Arctique. : mer du Groenland mer de Norvège mer de Barents mer Blanche mer de Kara mer des Laptev mer de Sibérie orientale mer des Tchouktches mer de Beaufort passage du Nord-Ouest détroit d'Hudson baie d'Hudson baie de Baffin détroit de Davis

Relief sous-marin et littoral

D'une profondeur moyenne de mètres., l'océan Arctique atteint une profondeur maximale d'environ mètres.

Le long de l'Arctique sibérien, les eaux sont relativement peu profondes, ne dépassant guère 200 m. Pendant les glaciations quaternaires, jusqu'à une époque récente, une épaisse couche de glace permanente recouvrait le sol. Le relief sous-marin est accidenté en mer de Kara, plus plat, hormis quelques failles, dans la partie orientale. Le littoral est arasé, bas et peu découpé, sauf dans les régions montagneuses de la Nouvelle-Zemble, la péninsule de Taïmyr, la terre du Nord et la péninsule Tchouktche. Pendant l'été, la côte est couverte par une mince couche brun-vert de végétation de toundra ; pendant l'hiver, elle est entièrement enneigée sauf des zones de roches noires.. Du côté nord-américain, les côtes de l'Alaska, de la terre de Baffin et du Groenland sont découpées en fjords..

L'océan Arctique reçoit plusieurs fleuves importants venus d'Eurasie et d'Amérique du Nord : leur régime hydrologique et leurs sédiments jouent un grand rôle dans l'écosystème arctique. Leur apport annuel en eau douce est estimé à km (y compris le Yukon qui a son embouchure légèrement au sud du détroit de Béring mais interagit avec l'écosystème arctique), légèrement supérieur à celui des précipitations évalué à km.. Bien que la sédimentation fluviale soit limitée à quelques mois de l'année, elle est particulièrement intense pendant la débâcle du fait des plaques de glace flottante qui arrachent aux rives des quantités de débris minéraux : l'érosion peut atteindre 20 m par an sur les rives des mers des Laptev, de Sibérie orientale et de Beaufort. Elle est accentuée par le réchauffement climatique qui entraîne la dislocation du pergélisol.. Les fleuves charrient aussi des bois flottés qui, jusqu'à une époque récente, constituaient la seule ressource en bois des populations arctiques..

Climat vignette|400px|Répartition des masses d'eau principales dans l'océan Arctique. La vue en coupe montre une section verticale allant du détroit de Béring au pôle Nord jusqu'au détroit de Fram. Comme la stratification est stable, les masses d'eau plus profondes sont plus denses que les couches supérieures.

Climat actuel Le climat polaire est caractérisé par le froid persistant et de faibles variations annuelles de températures ; l'hiver est caractérisé par l'obscurité continue, les conditions froides et stables, et un ciel dégagé ; l'été est caractérisé par la lumière du jour continue, l'humidité importante, le temps brumeux et les cyclones faibles avec pluie ou neige.

Les températures hivernales sont proches de du fait des forts vents provenant de Sibérie (Russie) ; tandis qu'en été elles peuvent dépasser .

Histoire du climat Selon des études effectuées par des spécialistes de l'université d'Oxford (Grande-Bretagne) et du (NIOZ), l'océan Arctique jouissait, il y a 70 millions d'années, de températures proches de , semblables à celles de la mer Méditerranée ; et de températures de , il y a 20 millions d'années.

Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié des matériaux organiques trouvés dans les boues d'îlots de glace de l'océan Arctique. Bien qu'on ne connaisse pas les raisons de telles températures, on présume qu'elles provenaient d'un effet de serre provoqué par la forte concentration du dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Cette conclusion est confirmée par des scientifiques de l'université du Michigan (États-Unis), qui affirment que les taux de dioxyde de carbone, il y a quelques millions d'années, étaient de trois à six fois supérieurs à la teneur actuelle.

On sait que l'épaisseur de la couche de glace de l'océan Arctique a fortement diminué durant les cinquante dernières années. Pendant l’été 2012, la glace ne couvre que 3,4 millions de kilomètres carrés, soit le plus bas niveau jamais constaté. Cette superficie de glace est inférieure de 18 % au minimum enregistré en 2007 et 50 % inférieure à la moyenne des années 1980..

De plus, les résultats indiquent que cette évolution va se poursuivre, la fonte des glaces étant plus rapide que ce qu'avait prévu le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Alors que de nombreux scientifiques pensaient que la glace de l'Arctique disparaîtrait totalement à l'horizon 2100, les prévisions plus actuelles placent plutôt cet événement à 2035. Les conséquences sont sérieuses sur l'équilibre écologique de la région et pour l'habitat de certaines espèces, comme l'ours polaire qui a besoin d'une banquise pour survivre et chasser ses proies.

Évolution future et réchauffement climatique thumb|right|En 2005 et 2007 ont été atteints les records de minimum de l'étendue de la banquise arctique. Des chercheurs prévoient que dans moins de , l'océan Arctique sera parfaitement navigable pendant l'été. En effet, la couche de glace qui recouvre cette masse océanique devient chaque année plus mince, du fait de la durée des fortes chaleurs de plus en plus longue. Un bouleversement des écosystèmes et le risque d'apparition de maladies émergentes. (dont parasitoses et zoonoses pouvant à la fois toucher les animaux et les hommes) sont attendus... Les chercheurs invitent les populations et décideurs à s'y préparer..

Réchauffement climatique

thumb|left|Un ours polaire bondissant entre deux blocs de glace de la banquise fondante, sur l'île de Spitzberg, dans l'archipel norvégien de Svalbard. Des observations par satellite montrent que ces banquises perdent de la superficie dans l'océan Arctique.. Par ailleurs, un amincissement de ces banquises, en particulier autour du pôle Nord, a été observé..

L'âge moyen des glaces, sur la période 1988-2005, est passé de plus de six ans à moins de trois ans..

La réduction de l'étendue moyenne de la banquise arctique depuis 1978 est de l'ordre de 2,7 % par décennie (plus ou moins 0,6 %), son étendue minimale en fin d'été diminuant de 7,4 % par décennie (plus ou moins 2,4 %)..

Le réchauffement dans cette région est de l'ordre de . (au lieu de en moyenne sur la planète), et l'épaisseur moyenne des glaces a perdu 40 % de sa valeur entre les périodes 1958-1976 et 1993-1997..

L'an 2007 marque un minimum de la banquise en étéVoir , site de l'équipe de recherche sur l'arctique de l'université de l'Illinois, et en particulier . Cette année-là, les observations satellitaires constatent une accélération de la fonte de la banquise arctique, avec une perte de 20 % de la surface de la banquise d'été en un an..