Alpha Coronae Borealis (α CrB / α Coronae Borealis) est une étoile binaire de deuxième magnitude située dans la constellation de la Couronne boréale, dont elle est l'étoile la plus brillante. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, le système est situé à environ de la Terre.
Nomenclature, histoire et mythologie
Du ciel des Grecs et des Arabes à l'UAI
Alphecca est le nom approuvé pour α CrB par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est l’arabe الفكّة al-Fakka, « le Bris », qui est, dans le ciel arabe traditionnel, le nom de la constellation à laquelle cette étoile appartient(de) Paul Kunitzsch, Untersuchungen zur Sternnomenklatur der Araber, Wiesbaden : O. Harr0assowitz, 1961, pp. 55-56.Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 98.. 300px|gauche|La figure de الفكّة le Bris, dans le ciel arabe traditionnelEn fait le parcours de ce nom est plus compliqué. Les traducteurs de la Μαθηματική σύνταξις de Ptolémée, al-Ḥağğāğ b. Maṭar et Isḥāq b. Ḥunayn, rendirent au IX siècle la Στέφανος βόρειος par اكليل الشمالي al-Iklīl al-Šamālī, de même signification, mais gardèrent en même temps le nom qu’ils avaient en propre, الفكّة al-Fakka, « le Bris », et ils donnèrent à l’étoile la plus brillante de cette constellation, dans le cadre du ciel gréco-arabe, le nom de منير الفكّة Munīr al-Fakka Voir (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du X siècle de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, pp. 77-78.. Mais, comme les noms ont tendance à se raccourcir sur l’astrolabe, cette étoile y figure sous le deux noms, l’appellation première, soit منير الفكّة Munīr al-Fakka, et l’appellation raccourcie, الفكّة al-Fakka, « le Bris », et cela dès le XI siècleRoland Laffitte, Le ciel des Arabes..., op. cit. , pp. 198-203.. C’est ainsi que dès les premières traductions latines des textes de l’astrolabe autour de l’an mil, on rencontre les deux noms, Alfeka et Munir Elfeca (la) Waztalkora, sive tractatus de utilitatibus astrolabii, ms. Bnf, lat. 7412 (début du XI s.), fol. 5v et 19v. Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 164., si bien que l’on peut lire: Arad : ...Mumir, ....Alpheta, fortè Munir, Alphecca, seu Alphacca sequens dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) (la)Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 4r.. La graphie Alphecca que donne Johann Elert Bode (la) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. VII., reprise comme la forme commune chez Richard Hinckley Allen (1899), donnée par Paul Kunitzsch & Tim SmartPaul Kunitzszch & Tim Smart, A Dictionary of Modern Star Names : Cambridge (Ma) : Sky & Telescope, 1986, p. 30., est celle retenue par l’UAI.
Gemma est un nom né à la Renaissance d’une discussion entre philologues sur la Couronne Australe, et indique les « joyaux », en latin gemmis (ablatif pluriel) ornant la-dite Couronne (en) Paul Kunitzszch & Tim Smart, A Dictionary…, op. cit., pp. 30-31.. Placé à côté de Alphecca chez Johann Elert Bode (la) Johann Elert Bode, Uranographia, op. cit., pl. VII., il est encore noté chez Richard Hinckley Allen (1899), qui donne encore Margarita Coronae (en) Richard Hinckley Allen, Star-names... , op. cit., p. 178., ce est adapté en français avec l’appelllation de Perle Roland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., 164..
En Chine α CrB est 貫索四, soit « la étoile » de l'astérisme de l'astérisme 貫索 (pinyin : Guàn suǒ), « le Cordon » (en) Sun Xiachun Sun & Jacob Kistemarker, The Chinese Sky During the Han, Leiden / Köln : Brill, 1997, p. 131..
Propriétés vignette|gauche|Courbe de lumière d'Alpha Coronae Borealis, issue des données du télescope spatial TESS. Alphecca est une étoile binaire à éclipses, dont le système est semblable à celui d'Algol (β Per). Ce système a une période de , avec une magnitude variant entre +2,21 à +2,32 dans la bande B, ce qui est très difficilement notable à l'œil nu.
L'existence d'un grand disque de matière et de poussière autour d'Alphecca a été démontrée, ce qui fait penser à un système de planètes ou de protoplanètes, comme autour de Véga, actuellement. Le fait que ce système dynamique d'étoile double possède un système est le sujet d'un débat intense.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste d'étoiles de la Couronne boréale
Liens externes
Catégorie:Constellation de la Couronne boréale Catégorie:Binaire spectroscopique Catégorie:Étoile de type spectral AV Catégorie:Étoile de type spectral GV Catégorie:Étoile variable de type Algol Catégorie:Courant de la Grande Ourse Coronae Borealis, Alpha Coronae Borealis, 05 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 139006 076267 5793 9524 Coronae Borealis, W1