Les Hans () constituent le peuple chinois « historique », issu de l’ancienne ethnie Huaxia. Celle-ci prend le nom Han à l'époque de la dynastie Han en 206 (jusqu'à 220 ), et ce nom perdure depuis.

Les Hans constituent le plus grand peuple ou groupe ethnique du monde. En raison de leur importance numérique en Chine, ils sont considérés par ignorance ou abus de langage comme le « peuple chinois », ce qui omet les nombreuses autres ethnies présentes en Chine. De même, dans l'appellation occidentale, le terme de « Chinois » et la « culture chinoise » sont assimilés directement à ce qui est plus exactement « Han » et la « culture han ».

Définition L'ethnie han est la principale ethnie présente en Chine : elle constitue environ 92 % de la population chinoise au début du . Elle constitue également à cette époque le plus grand groupe humain, et la plus grande ethnie du monde avec d'individus. Environ 90 % des Hans se trouvent en Chine, les autres se trouvant principalement en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord.

L'anthropologue Dru C. Gladney indique qu'il existe au sein même de la population han une diversité notamment dans les populations du Sud comme les Cantonais, les Hakkas ou les Mins du Sud du Fujian. Ainsi la majorité han est composée de locuteurs de huit groupes de langues différentes (mandarin, cantonais, wu, xiang, hakka, gan, min du Nord et min du Sud). Le chinois mandarin est la langue officielle depuis le début du , standardisé sur le parler de la région de la capitale, Pékin.

Répartition géographique alt=Les hans sont ultra-majoritaires en chine historique, mais on les trouve également en manchourie, dans la chine du sud et dans le Xinjiang.|gauche|vignette|Pourcentage de han par province chinoise En 2005, en Chine continentale, 90 % de la population est de l’ethnie Han. Les Hans occupent essentiellement et historiquement la partie centrale de la Chine historique : par exemple, en 2000, dans la province de Jiangsu, une province près de Shanghai, le pourcentage de Hans dépasse 99% tandis qu'au Tibet historique, le pourcentage est de 34,5% en 2000Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (国家统计局人口和社会科技统计司) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族出版社), 2003 .. À Taïwan, les Hans représentent 98% de la population. À Hong Kong et Macao, ils représentent respectivement 95% et 97% de la population. La politique de l'enfant unique, appliquée uniquement à l'ethnie Han et désormais révolue, a créé un déséquilibre dans la population. Il manque 24 millions de femmes, alors que la répartition habituelle entre les humains est de 50%. Le gouvernement a officiellement mis fin à cette politique par une loi entrée en vigueur au ..

La diaspora chinoise-han est par ailleurs présente dans toute l'Asie. En dehors de la Chine, les Hans sont majoritaires à Singapour, où d'individus représentent 77% de la population du pays, et à Penang, en Malaisie , où ils représentent 56% de la population. En Asie (hors Chine), ils représentaient, en 1998, près de d'individus présents essentiellement en Indonésie et en Thaïlande, avec de Hans dans chacun des deux pays, ainsi qu’en Malaisie, avec sept millions. Au Viêt Nam, ils sont , aux Philippines et en Birmanie . Dans chacun de ces pays ils représentent près de 3% de la population totale.

En Amérique du Nord, ils sont, en 1998, près de quatre millions répartis entre le Canada () et les États-Unis ().

En Europe , du fait de la proximité géographique, la Russie abrite la communauté la plus importante avec d'origine chinoise, suivie de la France avec et de la Grande-Bretagne avec .

En Océanie, un demi-million de Chinois hans sont présents, essentiellement en Australie.

En Afrique, les hans, recensés en 1998, le sont essentiellement en Afrique du Sud avec .

Histoire Point de vue traditionnel Environ ., les ancêtres des Hans, appelés les Huaxia, se développent dans la région du fleuve Jaune "HuángHé" (黄河 ). Ainsi, génétiquement les populations anciennes qui partagent le plus d'allèles avec les Hans actuels sont les individus du site néolithique de WuZhuangGuoLiang " WǔZhuāngGuōLiáng" (武庄郭良) dans le Shaanxi "Shǎnxī" (陕西). Les analyses génétiques suggèrent que les Hans sont issus d'un mélange génétique entre une population proche de celle de WuZhuangGuoLiang (77 à 93 %) et une population plus au sud de la région du Yangzi Jiang "Chángjiāng" (长江) où s'est développée la culture du riz Chuan-Chao Wang et al.,The Genomic Formation of Human Populations in East Asia, biorxiv.org, doi: https://doi.org/10.1101/2020.03.25.004606, ..

Les Huaxia passent la période néolithique (où apparaissent la culture de Yangshao, la culture de Hemudu et celle de Majiabang), et connaissent successivement des sociétés de type matriarcal et patriarcal.

Environ , une grande tribu dont le nom de famille est 姬 (jī), dirigée par le chef Huángdì (黄帝, littéralement « l’Empereur Jaune »), se trouve au centre de la province actuelle du Shaanxi. Plus au sud, réside une autre tribu dont le nom de famille est 姜 (jiāng), dirigée par Yandi (炎帝). Ces deux tribus ont souvent des frictions, et finalement une guerre a lieu à Banquan, qu’on appelle la ). Huangdi gagne la guerre et ces deux grandes tribus deviennent alliées, conquérant d’autres petites tribus et surtout, une grande tribu souvent nommée Yi dont le chef s’appelle Chiyou (蚩尤). Ce dernier est considéré par quelques groupes ethniques actuels comme leur ancêtre.

Selon la légende, les ancêtres des Hans ont passé une longue période de communalisme. En 2100 av. J.-C., le communalisme cède la place à une société hiérarchique qui apparaît dans la région du fleuve Jaune "Huánghé" (黄河). Après, apparaissent successivement les dynasties Xia "Xià" (夏), Shang "Shāng" (商), et Zhou "Zhōu" (周). Le territoire occupé s’agrandit.

Sous les Zhou occidentaux "Xī Zhōu" (西周), l'ethnie prend officiellement le nom de Huaxia "Huáxià" (华夏), pour différencier les Hans des autres ethnies étrangères peu nombreuses.

Durant la Période des Printemps et Automnes, ou Période de Chunqiu (春秋) (770–476 av. J.-C.), les différences entre la culture, la politesse, et le costume des Huaxia "HuáXià" (华夏) et des ethnies minoritaires s'accentuent. Les guerres entre les États sont fréquentes. Le Qin "Qín" (秦) et le Chu "Chǔ" (楚) deviennent les États les plus forts. Malgré les guerres, l'ethnie constituante des sept États est toujours constante. La tendance à l'unification apparaît.

Qin Shi Huang unifie la Chine (221 av. J.-C.) et fonde la Dynastie Qin. Puis la Dynastie Han remplace la Dynastie Qin et gouverne la Chine pendant plus de quatre cents ans. Le territoire occupé par les Hans s'agrandit encore.

Durant la Dynastie Jin, cinq tribus ethniques étrangères, dont les Huns "XiōngNú" (匈奴), Xianbei "XiānBēi" (鲜卑), Jie "Jié" (羯), Qiang "Qiāng" (羌), et Di "Dí" (氐), envahissent la Chine. Beaucoup de Hans sont tués et une grande partie se déplace vers le sud. À l'époque de la Dynastie Ming, la population du Sud de la Chine dépasse celle du Nord.

Après la Dynastie Ming, les Mandchous envahissent la Chine. Cet événement n'est pas sans incidence sur les Hans, bien que les Mandchous ne bouleversent pas la majorité de leurs coutumes (ils intègreront d'ailleurs assez rapidement l'élite Han à la cour mandchoue).

Parmi les changements les plus marquants, ces derniers sont forcés de changer leurs costumes et les hommes contraints de raser leurs cheveux sur le haut du crâne et de porter la natte mandchoue. Une grande partie des Hans refuse et plus de 80 millions de désobéissants sont tués. Les Mandchous interdisent aux Hans d’entrer dans les provinces du Nord-Est. La coutume du bandage des pieds des petites filles (ayant principalement cours dans les familles Hans les plus aisées) se voit également marginalisée et déconseillée par le gouvernement Qing.

Après la fondation de la République de Chine, les Hans peuvent cependant y entrer à nouveau. Depuis la dynastie Ming, certains Hans émigrent en Asie du Sud-Est. Après le XIXᵉ siècle, certains émigrent en Europe et en Amérique du Nord.

Historiographie récente

Le courant historiographique des cherche à développer un point de vue plus nuancé sur la notion d'ethnie Han. L'ethnonyme Han vient de la rivière Hanshui des abords de laquelle était originaire Liu Bang, fondateur de la dynastie Han au .. Cependant ce mot n'est utilisé qu'à partir de la fin du sous les Wei du Nord pour désigner les populations chinoises soumises. Sous les Ming, le terme Han est utilisé pour nommer tous ceux qui sont gouvernés par la dynastie Ming par opposition aux nomades du Nord, puis sous la dynastie Qing tant par le pouvoir en place que par ses opposants. Les nationalistes chinois de la fin du font un usage racial du mot Han pour se distinguer des Mandchous, c'est alors que les Hans sont vus comme les descendants de l'Empereur jaune. Les pouvoirs chinois qui se succèdent au font face à une tension entre l'identité raciale Han et la volonté d'unir l'ensemble des 55 autres ethnies minoritaires de Chine au sein d'une seule nation chinoise. Cela crée en particulier une volonté chez les anthropologues chinois d'établir un lien de parenté entre ces différentes ethnies et les Hans.

Langues et écritures

vignette|Hanzi écrit en simplifiée et en traditionnel. La langue han "Hanyu" (汉语), appartient à la famille des langues sino-tibétaines. En raison de sa grande population répartie sur une large superficie, la langue Han connaît une grande diversité en fonction des régions, amenant à considérer plutôt un groupe de langues et dialectes, appelées communément langues chinoises.

Malgré la disparité des prononciations et parfois de la grammaire au sein de ces langues, elles sont bien issues d'une même langue Han, basée sur la même écriture, les caractères Han "Hanzi" (汉字), ou caractères chinois. Nommé également sinogramme, cette écriture est quasiment l'unique écriture moderne logographique et non alphabétique. Il existe deux formes d'écritures, la traditionnelle et la simplifiée.

Le lexique de cette langue ainsi que le système d'écriture se sont exportés dans d'autres pays asiatiques à partir de la Dynastie Tang. Abandonnés et toujours utilisés, la culture chinoise-han a longtemps influencée ses pays voisins. Les caractères chinois sont appelés kanji au Japon, hanja en Corée et chu nom au Vietnam.

Costume traditionnel vignette|Deux jeunes hommes han habillés en hanfu, costume traditionnel des Hans.

Le costume Han "Hanfu" (汉服) est l'un des plus vieux costumes traditionnels du monde. Il est apparu à l'époque de l'Empereur Jaune. Dès le début de son histoire, ce dernier (en particulier dans les cercles d'élite) était indissociable de la soie, découverte, selon la légende, par «LeiZu » (嫘祖), épouse de l'Empereur Jaune.

La Dynastie Shang , (1570 av. J.C– 1045 av. J.C), développa les rudiments du vêtement Han par le port du « Yi » (衣), tunique "Wàiyī" (外衣) étroite descendant jusqu’aux genoux, noué par une ceinture "Yāodài" (腰带), d’une jupe "Qúnzǐ" (裙子) plissée allant jusqu’aux chevilles appelée «Chang » (裳) et agrémentée d’un « Bixi » (蔽膝), pan de tissu de forme rectangulaire recouvrant les cuisses. A partir de la « dynastie des Zhou de l’Ouest » "Xī Zh" (西周), un système de hiérarchie strict fut mis en place pour codifier le statut social par le biais du vêtement.

Les Tangzhuang (唐装) et Qipao (旗袍) que l'on voit aujourd’hui ne sont pas de vrais costumes traditionnels chinois, mais plutôt des costumes mandchous occidentalisés. Certains Hans recommencent à porter leurs propres costumes traditionnels. Ce mouvement est apparu parmi la population aux alentours de 2005, le but étant la renaissance du "Hanfu", et de plus en plus de Hans s'y joignent. Religions