vignette|Banksia integrifolia au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.

est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Proteaceae. C'est un arbre qui croît le long de la côte est de l'Australie. C'est l'une des espèces les plus répandues parmi les espèces de . On la rencontre dans les États de Victoria et du Queensland dans une grande variété d'habitats, depuis les dunes côtières jusqu'aux montagnes. Elle est très variable dans sa morphologie, mais se présente le plus souvent comme un arbre pouvant atteindre de haut. Ses feuilles sont vert sombre dessus et blanc argenté dessous, contraste qui peut être spectaculaire par temps venteux.

C'est l'une des quatre espèces originales de recueillies par Sir Joseph Banks en 1770, et l'une des quatre espèces citées en 1782 par Carl von Linné le Jeune dans sa description originelle du genre. Elle a eu une histoire taxonomique compliquée, de nombreux noms d'espèces et de variétés lui ayant été attribués pour être par la suite rejetés ou assignés à des espèces séparées. La classification est maintenant largement stabilisée, avec trois sous-espèces reconnues : subsp. , subsp. et subsp. .

Plante rustique et adaptable, est communément plantée dans les jardins, les parcs et les plantations urbaines en Australie, et elle a été employée pour des opérations de végétalisation de la brousse et de stabilisation des dunes. Sa rusticité a orienté les recherches vers son aptitude à servir de porte-greffe pour la production de fleurs coupées, mais a aussi éveillé quelques inquiétudes sur son potentiel de nuisance comme plante envahissante hors de son habitat naturel.

Noms vernaculaires Banksia integrifolia, qui est maintenant largement connu en Australie sous le nom de « Banksia côtier » (en anglais Coast Banksia ou Coastal Banksia), avait reçu précédemment une série de noms vernaculaires. L'inventaire des arbres australiens (Checklist of Australian Trees) donne quatre autres noms communs : « chèvrefeuille » (Honeysuckle), « Banksia blanc » (White Banksia), « goupillon blanc » (White Bottlebrush) et « chèvrefeuille blanc » (White Honeysuckle) et d'autres sources plus anciennes citent « chêne chèvrefeuille » (Honeysuckle Oak).

Cette espèce était connue des indigènes australiens avant sa découverte et son identification par les Européens. Ainsi la tribu Gunaï du Gippsland l'appelait Birrna.. Du fait de son aire de répartition très étendue, elle avait probablement d'autres noms dans diverses autres langues indigènes, mais ceux-ci ne nous sont pas parvenus. En 2001, une recherche de noms indigènes de la flore et de la faune de l'État de Victoria dans les archives historiques n'a pas permis d'en retrouver un seul pour cette espèce..

Description Banksia integrifolia peut prendre différentes formes. Il se présente généralement sous l'aspect d'un arbre pouvant mesurer jusqu'à de hauteur, voire en situation abritée. Dans des zones plus exposées, il prend l'aspect d'un petit arbre noueux, ne dépassant pas les cinq mètres de haut. Dans les zones hautement exposées, telles que les falaises côtières, il peut même se réduire à un buisson de petite taille .

Cette espèce a habituellement un seul tronc robuste, souvent tordu et noueux, à l'écorce grise rugueuse, caractéristique des Banksia. Les feuilles, vert sombre, à la face inférieure blanc argenté, sont groupées en verticilles de trois à cinq éléments.

Les feuilles adultes ont le bord du limbe entier. Le botaniste australien Alexander Segger George spécifie que leurs dimensions vont de 4 à de long et de 6 à de large, mais lAtlas des Banksia indique que . Les jeunes feuilles ont les bords parsemés de dents courtes et peu nombreuses, et sont généralement plus grandes que les feuilles adultes.

Les fleurs sont regroupées en épis floraux, inflorescences caractéristiques des Banksia, formés de plusieurs centaines de fleurs rassemblées en une spirale dense autour d'un rachis ligneux. Ce dernier est à peu près cylindrique, haut de 10 à et large de cinq centimètres environ.. Les fleurs sont généralement jaune clair à jaune, mais peuvent être verdâtres ou rosâtres en bouton. Chaque fleur est constituée d'un périanthe tubulaire formé de quatre tépales soudés et d'un long style filamenteux. Caractéristiques du taxon auquel appartient cette espèce, les styles sont droits plutôt qu'en crochet. Les extrémités des styles sont au début enfermées dans la partie supérieure du périanthe, mais se libèrent lors de l'anthèse. Ce processus touche tout d'abord les fleurs du bas de l'inflorescence, et se propage vers le haut de l'épi à une vitesse comprise entre 96 et 390 fleurs par 24 heures .

Les épis floraux ne sont pas aussi apparents que chez d'autres espèces de Banksia, car ils émergent de nœuds âgés de deux à trois ans noyés dans le feuillage. Plusieurs mois après la floraison, les pièces florales les plus anciennes se flétrissent et tombent, mettant à nu l'axe ligneux recouvert de nombreux petits fruits, qui sont des follicules. Ces derniers sont au début verdâtres et duveteux, mais virent progressivement au gris foncé. Chaque follicule contient une et parfois deux graines séparées par une fine lamelle ligneuse. La graine elle-même est noire, longue de 6 à , et porte une « aile » noire plumeuse de 10 à de long.

Taxonomie

Histoire taxonomique thumb|Banksia integrifolia par Sydney Parkinson, extrait du Florilège de Banks.Banksia integrifolia est décrit pour la première fois à Botany Bay le par Sir Joseph Banks et Daniel Solander, naturalistes à bord de lEndeavour lors du premier voyage de James Cook dans l'océan Pacifique.. Toutefois l'espèce ne fait pas l'objet de publication avant avril 1782, quand Carl von Linné le Jeune décrit les quatre premières espèces de Banksia dans son Supplementum Plantarum. Linné le Jeune distingue les espèces par la forme de leurs feuilles et les nomme en fonction de ce critère. Ainsi l'espèce dont les feuilles ont le bord du limbe entier reçut l'adjectif spécifique integrifolia, formé à partir des termes latins integer, qui signifie « entier », et folium signifiant « feuille ». Le nom complet de l'espèce est par conséquent Banksia integrifolia L.f.

Suivent ensuite environ 200 ans de confusion sur les limites taxonomiques de l'espèce, confusion provoquée par la grande diversité de formes que peut prendre cette plante, par sa ressemblance avec des espèces étroitement apparentées et par le fait que les premiers essais de classification de ces espèces s'appuient seulement sur des spécimens desséchés. Une taxonomie stabilisée des Banksia ne commence à émerger qu'en 1981 avec la publication par Alexander Segger George d'une monographie marquante sur le genre Banksia, The Genus Banksia L.f. (Proteaceae). La classification établie par George en 1981 a été affinée depuis à la lumière des nouvelles recherches et de la découverte de nouveaux éléments, mais est restée globalement inchangée. La place de Banksia integrifolia au sein du genre est sensiblement restée stable, mais ses liens de parenté avec les autres espèces restent débattus et plusieurs modifications ont eu lieu dans les taxons infraspécifiques .

Classement au sein du genre Banksia Le classement taxonomique actuel du genre Banksia se fonde sur le travail d'Alexander George publié en 1999 dans la flore en plusieurs volumes Flora of Australia. Dans cette classification, Banksia integrifolia est placé dans le sous-genre Banksia subg. Banksia, en raison de ses inflorescences qui présentent la forme caractéristique des épis floraux de Banksia, dans la section Banksia sect. Banksia pour ses styles droits et dans la série Banksia ser. Salicinae parce que ses inflorescences sont cylindriques. Kevin Thiele, conservateur du Western Australian Herbarium, l'a en outre placé dans une sous-série Integrifoliae, mais n'a pas reçu l'appui de George.

thumb|Infrutescence et feuilles de Banksia integrifolia subsp. integrifolia. Le classement de Banksia integrifolia au sein du genre Banksia peut être schématisé de la manière suivante : Genre Banksia Sous-genre IsostylisSous-genre Banksia Section OncostylisSection CoccineaSection Banksia Série GrandesSérie BanksiaSérie CrocinaeSérie ProstrataeSérie CyrtostylisSérie TetragonaeSérie BauerinaeSérie QuercinaeSéries Salicinae (Sous-série Acclives)Banksia oblongifolia - Banksia plagiocarpa - Banksia robur - Banksia dentata(Sous-série Integrifoliae)Banksia marginata - Banksia conferta - Banksia paludosa - Banksia canei - Banksia saxicola - Banksia integrifolia - Banksia aquilonia

Sous-espèces

thumb|Inflorescence de Banksia integrifolia subsp. monticola en début de floraison.

Bien qu'elle puisse être attribuée pour une part à des facteurs d'environnement, la grande variabilité de Banksia integrifolia est surtout d'origine génétique : selon George, elle « donne l'impression qu'elle est en phase de spéciation active pour occuper les nombreuses niches écologiques de son aire de diffusion ». Trois sous-espèces sont actuellement reconnues : Banksia integrifolia subsp. integrifolia, Banksia integrifolia subsp. compar et Banksia integrifolia subsp. monticola. Banksia integrifolia subsp. integrifolia se trouve près des côtes dans la plus grande partie de l'aire de diffusion de l'espèce, sauf dans l'extrême Nord. Elle varie peu, sauf dans le Nord de la Nouvelle-Galles du Sud et dans le Sud du Queensland où certaines populations apparaissent comme intermédiaires avec Banksia integrifolia subsp. compar. Banksia integrifolia subsp. compar pousse sur le littoral du Queensland, jusqu'à Proserpine vers le nord. C'est la seule sous-espèce présente dans la plus grande partie de son aire naturelle, mais vers la limite sud de son aire d'expansion, elle cohabite avec B. i. subsp. integrifolia. Les deux sous-espèces se différencient par leurs feuilles qui sont plus grandes et plus brillantes avec le bord ondulé chez Banksia integrifolia subsp. compar. Banksia integrifolia subsp. monticola, localement appelée White Mountain Banksia (Banksia des montagnes blanches), est la seule sous-espèce à distribution montagnarde. On la trouve dans les Montagnes bleues dans le Nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Elle est très semblable à Banksia integrifolia subsp. integrifolia, mais en diffère par ses feuilles plus longues et plus étroites et par ses follicules qui sont beaucoup plus profondément insérés dans les épis défleuris.

Hybrides Des hybrides naturels présumés ont été signalés entre Banksia integrifolia et d'autres espèces de Banksia ser. Salicinae, bien qu'aucun nom d'hybride n'ait été formellement publié à ce jour. Les hybrides présumés sont identifiés par leurs caractères intermédiaires. Par exemple, ceux formés avec Banksia paludosa (Banksia des marais), provenant de Jervis Bay et du cap Green sur la côte méridionale de la Nouvelle-Galles du Sud, ont un port plus réduit, des épis floraux plus longs et plus fins, et des fleurs persistantes sur les « cônes » anciens, qui autrement sont nus chez les purs Banksia integrifolia .

Des hybrides présumés avec Banksia marginata (le banksia argenté, Silver Banksia) se rencontrent sur le promontoire de Wilson dans le Victoria. On les trouve dans des zones où les deux sous-espèces cohabitent et elles ont des caractéristiques intermédiaires entre les deux. Un autre prétendu hybride avec Banksia marginata, supposé provenir de Cape Paterson sur la côte méridionale du Victoria, fut d'abord décrit par Alf Salkin et est disponible dans le commerce en petites quantités. C'est une plante basse (un mètre), attrayante et rustique .

Distribution et habitat thumb|Distribution de Banksia integrifolia.