L'église Sainte-Anne de Gassicourt est une église catholique paroissiale de style roman située à Mantes-la-Jolie, en France. Ce n'est pas la première église en ce lieu. En 1074, un prieuré est fondé auprès de l'église primitive. En 1075, ce prieuré est donné à l'ordre de Cluny, et dédié à saint Sulpice.

À partir du début du début du , les moines construisent une nouvelle église dans le style roman normand. Elle est de plan basilical, et se caractérise par un style austère. La nef de cinq travées reste très authentique, et se caractérise par ses deux rangées de quatre colonnes isolées aux chapiteaux d'une facture archaïque.

Vers la fin du règne de saint Louis, les religieux font reconstruire les croisillons du transept et le chœur dans le style gothique rayonnant, avec de nouvelles voûtes et de vastes fenêtres munies de délicats réseaux. Ils sont prédestinés à recevoir des vitraux, et ceux-ci se sont en grande partie conservées. Les trois verrières narratives avec leurs nombreux médaillons, et les deux verrières hagiographiques avec leurs huit effigies de saints font aujourd'hui l'une des principales richesses de l'église. Une autre richesse représente l'ensemble de trente-deux stalles gothiques flamboyantes de la fin du , avec des clôtures liturgiques assorties. Si les parties hautes des jouées manquent, les bas-reliefs sur leurs parties basses, les miséricordes et les appuie-mains sont globalement bien conservés, et sont d'un grand intérêt tant pour leur iconographie que pour la qualité de la sculpture.

Le prieuré a été dissout bien avant la Révolution française, en 1738.

L'église Sainte-Anne a été intégralement restaurée entre 1855 et 1876, et classée aux monuments historiques par liste de 1862. Restaurée une nouvelle fois à la suite des bombardements de 1944, elle se trouve aujourd'hui en bon état, et reste au centre de la vie spirituelle de l'une des paroisses sur la ville de Mantes-la-Jolie. Des messes dominicales y sont célébrées chaque samedi soir.

Localisation L'église Sainte-Anne se situe en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, sur la commune de Mantes-la-Jolie, dans l'ancien village de Gassicourt, rue du Val-de-Seine / place Sainte-Anne. La façade occidentale, précédée d'un parvis, est tournée vers la rue du Val-de-Seine, et fait directement face au portail principal du cimetière de Gassicourt. L'élévation méridionale, bordée d'une pelouse, est alignée sur la place Sainte-Anne, qui est en fait une rue, et se nomme rue Maurice-Braunstein quelques mètres plus loin à l'est. Perpendiculairement à l'axe de l'église, une large esplanade plantée d'arbres s'étend en direction du sud, et est délimitée par la rue du Val-de-Seine d'un côté, et la rue Sainte-Anne de l'autre côté. Cette dernière croise la place Sainte-Anne / rue Maurice-Braunstein au sud-est du chœur de l'église, passe derrière le chevet, et se termine en impasse. Elle dessert notamment la maison paroissiale et le parking de l'église. Tant à l'ouest, qu'au sud et à l'est, l'édifice est ainsi dégagé de toute autre construction, et bien mis en valeur, mais son contexte urbain s'est en revanche perdu. Au nord, le jardin du presbytère jouxte l'église. Il occupe en partie l'emplacement du cloître du prieuré associé à l'église jusqu'à la Révolution française.

Histoire L'histoire de la paroisse Sous l'Ancien Régime, Gassicourt est une paroisse du diocèse de Chartres.. L'on ignore sa date de fondation. L'église primitive existe déjà vers le milieu du . Peu avant sa mort en 1074, Raoul IV, comte de Vexin, installe quelques moines à Gassicourt, et leur offre l'églisePour une transcription de la charte de fondation, voir .. Ensuite, son fils Simon, comte de Mantes, donne le monastère à l'ordre de Cluny, et le transforme ainsi en prieuré bénédictin. Au début du , les moines lancent la reconstruction de l'église dans le style roman.. Le prieuré est dédié à saint Sulpice le Pieux, tandis que l'église est placée sous le vocable de sainte Anne.. À l'époque de construction, le prieuré se situe dans les bois. Les moines sont au nombre de dix environ. Ils défrichent les terres environnantes. Grâce à d'importantes donations et restitutions de biens ecclésiastiques spoliés, il réunit rapidement un important domaine qui s'étend sur les rives de la Seine entre La Roche-Guyon et Aubergenville. Les cultures dominantes sont le blé et la vigne. Une charte signée par le roi Louis le Gros en 1119 mentionne le prieuré de Gassicourt parmi les possessions de l'abbaye de Cluny placées sous protection royale. En 1295, treize prieurés clunisiens, dont Gassicourt, sont érigés en prieuré-doyennés par une bulle pontificale de Boniface VIII.. Après le concordat de Bologne en 1516, le prieuré est mis en commende, et l'on obtient ainsi la situation particulière que la charge du doyen est exercé par le prieur commendataire.. En octobre 1660, le jeune abbé Jacques-Bénigne Bossuet (non encore consacré évêque) est installé prieur-doyen commendataire, mais après la mort du cardinal Jules Mazarin, abbé commendataire de Cluny, survenu le de l'année suivante, cinq ou six compétiteurs surgissent et lui contestent sa nomination. Les conflits qui en surgissent durent au moins trois ans. Un bail signé avec un laboureur en 1669 permet de savoir que l'effectif du prieuré se compose alors du prieur claustral et de quatre autres moines. Un an avant sa mort en 1704, Bossuet se résigne du prieuré à la faveur de son neveu éponyme, évêque de Troyes.. En 1738, le prieuré, dont les revenus n'ont cessé de diminuer depuis le début du siècle, est vendu à François-Olivier de Senozan, marquis de Rosny-sur-Seine, et les moines partent l'année suivante. Les bâtiments conventuels sont démolis vers le début des années 1740. Ne reste que le titre de doyen commendataire, qui est désormais à la nomination du roi.. Selon Desmolins, .

L'histoire de l'église thumb|upright|Nef, vue dans le chœur. La nef est datée du début du par Eugène Lefèvre-Pontalis (1919) et Anne Prache (1983). Elle est initialement recouverte d'une charpente lambrissée. La sculpture archaïque des chapiteaux pourrait suggérer une date antérieure, mais Lefèvre-Pontalis insiste sur le point que le profil des tailloirs indique clairement le ...

Vers la fin du règne de saint Louis, soit au troisième quart du , le transept et le chœur sont voûtées d'ogives, et leurs fenêtres sont agrandies et munies de délicats réseaux gothique rayonnants. Les contreforts aux angles du chœur sont refaits dans le même contexte. Vers la fin du , la nef est à son tour voûtée d'ogives, avec des nervures piriformes d'inspiration gothique flamboyante.

En 1740-1741, les bâtiments conventuels sont démolis, sauf une partie du réfectoire, qui est transformée en sacristie.

Entre 1855 et 1876, l'église est restaurée sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Alphonse Durand (1799-1888). Cette restauration est assez radicale pour les murs de la nef., et les bas-côtés sont presque entièrement bâtis à neuf. Le bas-côté nord est même élargi, et recouverte d'une charpente qu'Eugène Lefèvre-Pontalis qualifie de mal conçue. L'auteur signale aussi les huit petites fenêtres modernes. Elles semblent en revanche correspondre à la configuration d'origine, comme le montrent les traces de telles fenêtres bouchées dans le mur du sud. Le bas-côté sud est voûté d'ogives par Durand, et doté d'un portail latéral qui n'existait pas sous cette forme auparavant. L'intérêt archéologique des bas-côtés est donc réduit, hormis les arcades vers la nef et les croisillons, qui sont toujours celles d'origine, et les vestiges des ouvertures anciennes dans le mur du sud. Entre-temps, l'église est classée monument historique par liste de 1862.

En 1944, sous la Seconde Guerre mondiale, elle est fortement endommagée par les bombardements. La restauration qui s'ensuit dure jusqu'en 1963. Les voûtes de la nef et du bas-côté sud sont supprimées, et remplacées par des charpentes lambrissées qui permettent à ces parties de retrouver leur état primitif.

Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église. Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme, et se compose d'une nef de cinq travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept débordant ; et d'un chœur rectangulaire au chevet plat. Le clocher en bâtière central s'élève au-dessus de la croisée du transept. La sacristie se situe au nord du croisillon nord. correspond à une partie de l'ancien réfectoire des moines. La longueur est de dans l'œuvre, et la largeur est de entre les murs gouttereaux des bas-côtés. La longueur du transept (nord-sud) est de dans l'œuvre. La nef, qui est à deux niveaux d'élévation, avec l'étage des grandes arcades et un étage de fenêtres hautes, est recouverte d'une charpente lambrissée en carène renversée. Les plafonds des bas-côtés sont les revers lambrissés des toits en appentis. Seul le transept et le chœur sont voûtés d'ogives, ainsi que la sacristue. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, par le portail latéral au milieu du bas-côté sud, ou par une petite porte dans la dernière travée du bas-côté nord, dans l'angle avec la sacristie. La structure des toitures fait apparaître l'organisation intérieure de l'édifice, et chacun des quatre vaisseaux perpendiculaires au clocher possède un pignon à son extrémité..

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest. En entrant par le portail occidental, l'on descend six marches dans la nef. Elle mesure environ de largeur entre les piliers des grandes arcades, et de longueur, soit deux fois et demi la largeur. Ses travées sont donc nettement barlongues. La hauteur des murs gouttereaux atteint presque deux fois la largeur, ce qui confère au vaisseau un certain élancement. Les élévations sont dominées par les grandes arcades, qui représentent les deux tiers de la hauteur des élévations latérales. Le nombre de cinq travées, en lieu et place des quatre travées coutumières, placent l'église Sainte-Anne parmi les édifices d'une certaine importance. L'architecture est d'une relative légèreté grâce à la réduction de la place accordée aux piliers : au revers de la façade et près du transept, les grandes arcades retombent sur des impostes et non sur des piliers engagés, et l'arc triomphal ouvrant sur la croisée du transept est presque aussi large que la nef. Les quatre piliers intermédiaires des grandes arcades sont monocylindriques et appareillés en tambour, et les fenêtres hautes sont de dimensions généreuses, et leurs pourtours se rapprochent d'une assise du rang de claveaux supérieur des grandes arcades, ainsi que du sommet des murs. La partie inférieure des fenêtres est néanmoins bouché, afin d'assurer une pente suffisante aux toits en appentis des bas-côtés, et ne pas faire descendre leurs murs gouttereaux trop bas. Les grandes arcades et les fenêtres hautes harmonisent parfaitement par leurs arcs en plein cintre et leurs deux rangs de claveaux non moulurés, ni même chanfreinés, ce qui leur confère en même temps un aspect archaïque. À l'ouest, le large portail en plein cintre est surmonté d'un oculus entre deux étroites baies en plein cintre près des angles. Sur toutes ces fenêtres, l'on remarque l'absence d'ébrasement. À la naissance du pignon, le mur se retraite, et est percé d'un minuscule oculus entre deux meurtrières tout en haut, mais comme le montre l'examen extérieur, l'authenticité de ces ouvertures n'est pas assurée...