vignette|Illustration de Paul Avril dans le Manuel d’érotologie classique () de Friedrich Karl Forberg, 1906.|alt=Homme nu accroupi au bord d'un lit prodiguant un cunnilingus à une femme nue allongée et le sourire aux lèvres, dans un intérieur grec Le cunnilingus (ou cunnilinctus) est une pratique sexuelle orale qui consiste à stimuler les différentes parties d'une vulve à l'aide de la langue, des lèvres ou du nez. Il est utilisé soit comme préliminaire, soit comme acte sexuel à part entière. Dans les deux cas, il peut mener jusqu'à l'orgasme.
Définition et terminologie Le cunnilingus est une caresse bucco-génitale consistant à stimuler la vulve et le clitoris, généralement chez l'espèce humaine avec la bouche, les lèvres ou la langue.. Il peut offrir à la personne qui le reçoit une large gamme de sensations pouvant mener jusqu'à l'orgasme, la sensibilité du clitoris, notamment, étant très importante MASTERS William, JOHNSON Virginia. , 1980..
Dans les sources grecques, les termes cunnilingus et fellation sont désignées par le même verbe , . Cette périphrase révèle le tabou de la sexualité orale dans le monde grec ancien..
Les termes français cunnilingus et cunnilinctus proviennent du latin , de , con, vulve, et , lécher... Alors que le mot cunnilingus désigne en latin la personne qui se livre à l'opération., en français et en anglais il désigne l'opération elle-même.
Cette pratique est aussi désignée familièrement en français par de nombreuses locutions telles que sucer, manger, dévorer la chatte ou le minou., manger la fleur, croûter le cul., bouffer le cul, le chat, la craquette ou la moule, manger du gigot à l'ail, sucer la praline, lécher, brouter., brouter la moule, le cresson ou le gazon, tondre le gazon, faire un barbu, aller ou faire une descente au barbu, pratiquer une tyrolienne, donner sa langue au chat, faire une langue, faire mimi, faire minon-minette, gamahucher., ou, spécifiquement lorsque les partenaires sont des femmes, gougnotter. Les Haïtiens utilisent le terme ti-bœuf pour une fellation ou un cunnilingus..
Diffusion de la pratique dans le monde animal Les pratiques sexuelles orales pourraient être limitées aux seuls Placentaires, la présence d'un cloaque servant tout autant à l’élimination des déchets organiques qu'aux fonctions reproductives chez les Monotrèmes et les espèces non mammifères pourrait limiter cet acte en raison des risques de maladies.. En outre, ces derniers sont dépourvues de corps calleux, un faisceau de nerfs qui pourrait jouer un rôle dans le désir et la pratique du sexe oral.
Le sexe oral reste rare au sein du monde animal.. Il est une pratique de séduction pour les guépards mâles et femelles qui lèchent et caressent les parties génitales de leurs partenaires potentiels. Des espèces de chauve-souris pratiquent la fellation ou le cunnilingus comme acte préparatoire à la copulation. Le cunnilingus est pratiqué par le mâle chez le renard volant d'Inde (Pteropus giganteus) et le renard volant noir (Pteropus alecto)., sans doute pour accroître l'excitation et la lubrification de la femelle, ce qui a pour effet d'augmenter la durée de l'acte et la possibilité de paternité. Ce dernier est presque toujours suivi par un second cunnilingus deux à trois fois plus long. Chez le Cob de Thomas, les femelles pratiquent le cunnilingus sur leurs congénères et les mâles caressent et lèchent la vulve des femelles avant la pénétration..
Chez les hyènes tachetées, les membres subordonnés du groupe dont les mâles reniflent et lèchent régulièrement le clitoris de leurs supérieures, qu'elle rendent dressé pour l'occasion. Les hyènes séparées du groupe pendant un certain temps pratiquent le même rituel envers la femelle.
Le sexe oral est plus fréquent parmi les primates et notamment les hominidés. Les couples de gorilles peuvent pratiquer les actes oro-génitaux simultanément et le chimpanzé mâle s'attarde spécifiquement sur le clitoris. Au sein des Siamangs, la sexualité orale est pratiquée sur les deux sexes et de façon incestueuse entre frère et sœur ou entre parent et enfant. Les bonobos femelles sont très habituées à en recevoir, les relations sexuelles remplissant diverses fonctions sociales. L'être humain porte également intérêt à cet acte.
Pratique au sein de l'espèce humaine
Considérations générales Un lavage du sexe à l'eau, éventuellement avec de l'huile d'amande douce ou une lingette intime, permet d'éviter les odeurs et de limiter le risque de transmission de maladies sexuellement transmissibles. D'une manière générale, une bouche contient plus de germes que le sexe féminin. Certaines femmes sont préoccupées par la propreté de leur sexe et peuvent en conséquence être rebutées par le cunnilingus ou être sur la retenue pendant l'acte.. L'apparence, l'odeur et le goût des organes génitaux féminins peuvent rebuter le partenaire. Par choix personnel, une femme peut épiler partiellement ou totalement son maillot si son partenaire éprouve de la gêne à être en contact avec les poils des grandes lèvres ou du pubis. La pilosité faciale notamment masculine peut irriter la vulve.
L'écartement des lèvres avec les doigts permet d'explorer plus facilement la région du clitoris. La stimulation du clitoris peut se faire à travers le capuchon, par la tige ou par le gland du clitoris, ce dernier pouvant être sucé. Il est également possible de stimuler les petites lèvres et le vestibule vulvaire dont l'entrée du vagin. La langue peut ainsi mimer la pénétration. Un ou plusieurs doigts ou un jouet sexuel peuvent être insérés dans le vagin pendant le cunnilingus pour augmenter le plaisir. La caresse buccale peut être accompagnée de la caresse d'autres zones érogènes. Langis P., Germain B., La Sexualité humaine, De Boeck, 2010.. Certaines techniques plairont à certaines et pas à d'autres. Des femmes n'y trouvent pas non plus d'attrait ou n'apprécient pas la proximité du visage du partenaire.
L’utilisation de la salive ou de lubrifiant est courante et permet une stimulation douce et fluide.. Pendant un cunnilingus, les parois du vagin peuvent se lubrifier en produisant un liquide appelé sécrétions vaginales ou liquide frontal. Certaines femmes produisent un liquide, l'éjaculat, qui sort de l’urètre lors de l’orgasme.
Positions pour la pratique vignette|Facesitting, illustration de Mihály Zichy, vers 1911.|alt=Couple dans un lit, la femme à califourchon au-dessus de la bouche de l'homme, en érection et qui empoigne un sein de sa partenaire relevant sa chemise Le cunnilingus se pratique dans différentes positions sexuelles ; que ce soit debout, couché, assis, de dos, de face, de côtés, ou encore en position 69The Cosmopolitan. “20 Oral Sex Positions You Need in Your Life: Your oral upgrade is right this way”. by THE EDITORS and JILL HAMILTON. APR 16, 2019 En ligne.. L'autocunnilingus"autocunnilingus", The Complete Dictionary of Sexology, expanded ed., ed. Robert T. Francoeur et al., New York: Continuum, 1995 , . requiert un degré élevé de flexibilité que seuls les contorsionnistes peuvent atteindre"Schlangenfrau gesucht" - "Sought: snake-woman", Mario Günther-Bruns, Sexgott: 1.000 Tabubrüche, Diana 60223, Munich: Heyne, 2013 , n.p.Eva Christina, The Book of Kink: Sex Beyond the Missionary, New York: Perigee, 2011 , n. p.Jesse Bering, "So Close, and Yet So Far Away: The Contorted History of Autofellatio", in Why Is the Penis Shaped Like That?: And Other Reflections on Being Human, New York: Scientific American / Farrar, Straus, Giroux, 2012 , , .Drawing, Art of Love: Nearly 100 Sex Positions and Wealth of Illustrated Material from Foreplay to Anatomy, e-book, Mobilereference.com, 2007 , n.p.. L'autocunnilingus n'a pas été documenté de façon fiable en rechercheWilliam Guy and Michael H. P. Finn, "A Review of Autofellatio: A Psychological Study of Two New Cases", 41 (1954) 354–58.. Cependant, cette pratique a été rapportée comme étant un fantasme auto-destructifFear of Being Fat: The Treatment of Anorexia Nervosa and Bulimia, ed. C. Philip Wilson with Charles C. Hogan and Ira L. Mintz, Classical psychoanalysis and its applications, New York: Aronson, 1983 , ..
Risques médicaux vignette|Une digue dentaire.|alt=Sachet plastique dans lequel est conservé une digue dentaire.
Infections sexuellement transmissibles Comme dans toute pratique sexuelle, il existe un risque d'infection sexuellement transmissible, principalement pour la personne qui l'administre.. Dans le domaine du sexe oral, la fellation est une pratique sexuelle plus à risque que le cunnilingus.
Les risques de transmission sont élevés pour l'herpès, la syphilis, le papillomavirus humain, moyens pour la chlamydia, la gonorrhée, l'hépatite B, absents pour l'hépatite A.. Cette pratique semble favoriser le cancer buccopharyngé à cause de la transmission des papillomavirus humain et particulièrement du HPV-16« Prevalence of Oral HPV Infection in the United States », 2009-2010, Maura L. Gillison et al.. Le risque de transmission du VIH est très faible... Il peut survenir, par exemple, en cas de saignements chez les deux partenaires..
Il est possible de se protéger en découpant un préservatif masculin vaguement parfumé et non lubrifié pour la bouche, avec un préservatif féminin ou avec des digues dentaires à poser sur la bouche ou la vulve... Un lubrifiant à base d’eau, ou compatible avec la matière de la digue, notamment sans huile, peut être apposé sur la vulve avant d’y poser le carré en latex.
Pneumopéritoine De l’air peut pénétrer dans le vagin, par insufflation volontaire lors d’un cunnilingus par le partenaire, provoquant parfois des complications graves. Il peut alors se produire un pneumopéritoine massif, causé par l’entrée d’air dans la cavité péritonéale via la cavité vaginale. La présence d’air provoque l’irritation du péritoine, la fine membrane qui tapisse les parois de la cavité abdominale et enveloppe les organes abdominaux, ce qui entraîne des douleurs abdominales diffuses.
Évolution des perceptions sociales de la pratique dans le monde occidental
Préhistoire Le cunnilingus a pu être pratiqué au cours de la Préhistoire par les premiers représentants de l'humanité, l'absence de code moral, leur posture relevée et leurs mains libres leur permettant de s'y adonner plus facilement. Les raisons qui ont pu aboutir à ces pratiques restent purement spéculatives.
Antiquité grecque et romaine