Le Tour de France 1951 est la édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du mercredi 4 au dimanche , sur 24 étapes pour un total de 4 690 km. La course est remportée par le Suisse Suisse Hugo Koblet, second vainqueur suisse du Tour de France, après Ferdi Kübler l'année précédente.
Cette édition est marquée par un changement important dans le tracé du parcours qui visite à présent le centre du pays.
La course est notamment marquée par l'exploit en solitaire de Koblet vers Agen (étape 11), la chute spectaculaire du maillot jaune Wim van Est dans l'Aubisque (étape 13), et la prise de pouvoir définitive de Koblet à Luchon (étape 14).
Le Tour de France 1951 fait partie des épreuves comptant pour le Challenge Desgrange-Colombo.
Parcours
Le départ est donné à Metz (Moselle). C'est seulement la deuxième fois, après Évian (Haute-Savoie) en 1926, que le Tour part d'une ville de province.
Pour la première fois, le parcours ne colle plus aux frontières de la France mais visite le centre du pays.
Le parcours emprunte le territoire de trois pays : Belgique, France et Suisse.
En France, Le Tréport (Seine-Inférieure), La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), Limoges (Haute-Vienne), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Agen (Lot-et-Garonne), Dax (Landes) et Avignon (Vaucluse), ainsi que Gand en Belgique, sont villes-étapes pour la première fois.
C'est au cours de ce Tour de France 1951 que le Mont Ventoux est également escaladé pour la 1ere fois lors de la 17eme étape entre Montpellier et Avignon.
Les coureurs ont droit à deux jours de repos.
La vitesse moyenne de la course est de 32,949 km/h.
Participation Le Tour de France est disputé par équipes nationales et régionales (12 équipes au total). Sur les 123 coureurs qui prennent le départ, 66 rallient l'arrivée à Paris, aucune équipe ne ralliant l'arrivée au complet. Le plateau se compose de sept équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (12 coureurs chacune), ainsi que la Suisse, les Pays-Bas (qui quitteront la course à l'issue de la 13è étape) et l'Espagne (8 coureurs chacune) et enfin le Luxembourg (7 coureurs). S'y ajoutent quatre équipes régionales françaises de 12 coureurs chacune et, enfin, une équipe d'Afrique du Nord de 8 coureurs.
Fausto Coppi, vainqueur en 1949, participe à l’épreuve mais est affaibli moralement par la mort récente de son frère Serse. Il ne joue pas un rôle majeur dans la lutte pour le classement général et ne termine qu’à la dixième place, malgré une victoire d’étape obtenue en solitaire.
Déroulement de la course
Le grand départ de l'épreuve est donné hors de la région parisienne, à Metz. Durant la première moitié de l’épreuve, aucun coureur ne parvient à se détacher durablement et le maillot jaune change à plusieurs reprises de titulaire. Wim van Est s’en empare à l’issue de la douzième étape, mais abandonne le lendemain après une chute.
Gilbert Bauvin prend alors la tête du classement général, avant d’être rapidement supplanté par Hugo Koblet, qui s’empare du maillot jaune à Luchon après avoir distancé ses adversaires. Déjà vainqueur du premier contre-la-montre et de l’étape d’Agen à la suite d’une longue échappée, le Suisse contrôle ensuite la course jusqu’à l’arrivée à Paris, où il remporte le Tour. Raphaël Geminiani termine deuxième du classement général et remporte le classement de la montagne, tandis que le classement par équipes est gagné par l'équipe nationale de France.
Premières étapes : une course ouverte
1re étape (Metz – Reims) – Premier leader en province : Le départ donné hors de Paris sourit au Suisse Giovanni Rossi qui s'impose au sprint et endosse le premier maillot jaune. 2e à 10e étapes – Succession de leaders provisoires : Les premières journées voient se succéder plusieurs porteurs du maillot jaune au gré des échappées (Jean Diederich, Georges Meunier, Serafino Biagioni et Gilbert Bauvin), tandis que Fausto Coppi, affecté par le décès récent de son frère Serse, concède rapidement du retard. 7e étape (La Guerche – Angers, contre-la-montre individuel) – Première démonstration chronométrée : Hugo Koblet réalise une performance solide en remportant ce long chrono de 85 km, s'affirmant dès lors comme l'un des principaux prétendants au classement général.
L'échappée d'Agen et le tournant des Pyrénées
11e étape (Brive - Agen) – L'avènement du « Pédaleur de Charme » : Hugo Koblet s'échappe seul à 135 km de l'arrivée. Malgré la chasse acharnée du peloton mené par les équipes de Louison Bobet et Fausto Coppi, il maintient son avance et s'impose à Agen avec plus de 2 minutes d'avance. À peine la ligne franchie, il sort un peigne pour se recoiffer avant l'arrivée de ses poursuivants, confirmant son élégance légendaire . 13e étape (Dax - Tarbes) – Le drame de Wim van Est : Le Néerlandais Wim van Est, alors maillot jaune, rate un virage dans la descente du col d'Aubisque et bascule dans un précipice de 70 mètres. Miraculeusement indemne, il est remonté par ses coéquipiers à l'aide d'une corde improvisée faite de boyaux de vélos noués entre eux. Contraint à l'abandon, son retrait pousse l'ensemble de l'équipe des Pays-Bas à se retirer par solidarité le lendemain . 14e étape (Tarbes - Luchon) – Koblet prend le pouvoir : Hugo Koblet et Fausto Coppi se livrent un combat royal dans le col de Peyresourde. Koblet gagne l'étape à Luchon et s'empare du maillot jaune au détriment de Gilbert Bauvin pour ne plus le quitter jusqu'à Paris .
Les Français attaquent et Kübler résiste
17e étape (Montpellier - Avignon) – La première du Ventoux : Pour la première fois dans l'histoire du Tour, le peloton affronte le Mont Ventoux. Louison Bobet passe en tête au sommet du « Géant de Provence » et l'étape est remportée par Bobet lui-même à Avignon, se replaçant ainsi au classement général . 20e étape (Gap - Briançon) – Le sursaut d'orgueil du Campionissimo : Loin au classement général après plusieurs défaillances, Fausto Coppi signe un exploit solitaire de grande envergure. Il s'isole en tête, franchit les cols de Vars et de l'Izoard au sommet d'une immense foule et s'impose magnifiquement à Briançon. Derrière lui, le maillot jaune Hugo Koblet contrôle les écarts sur ses rivaux directs
Dernières étapes : la confirmation
22e étape (Aix-les-Bains - Genève, contre-la-montre individuel) – La supériorité absolue : Ce contre-la-montre confirme la domination d'Hugo Koblet qui écrase la concurrence sur une distance de 97 km, reléguant Coppi à près de 7 minutes 30 et Bartali à 8 minutes sur cette seule étape . 24e étape (Dijon – Paris) – Le sacre helvétique : Adolphe Deledda remporte la dernière étape tandis qu'Hugo Koblet rallie Paris en grand vainqueur. Il devient le second coureur suisse de l'histoire à remporter la Grande Boucle, succédant à Ferdi Kübler .
Particularités²
Premier maillot jaune néerlandais – En s'emparant de la tête du classement général à l'issue de la 12e étape, Wim van Est entre dans l'histoire du cyclisme en devenant le tout premier coureur néerlandais à revêtir le maillot jaune. Visite de Sugar Ray Robinson – Star mondiale de la boxe, l'Américain Sugar Ray Robinson rend visite au peloton lors de la 11e étape au départ de Brive-la-Gaillarde. Venu dans une voiture américaine rose bonbon pour inaugurer le square Marcel-Cerdan, il suscite une immense ferveur populaire et pose aux côtés d'Hugo Koblet. Le Classement international (par équipes) – Ce classement (officiellement nommé Challenge de la vitesse et de la constance) repose sur une méthode bien précise : à chaque fin d'étape, on additionne uniquement les temps des trois meilleurs coureurs de chaque équipe nationale. L'équipe qui obtient le temps total le plus faible sur l'ensemble du Tour remporte le classement. En 1951, c'est l'équipe de France qui s'impose. Paris, une étape intermédiaire – Exceptionnellement, Paris n'est pas uniquement la ville d'arrivée finale du Tour. La capitale accueille l'arrivée de la 4e étape (Le Tréport - Paris-Longchamp), remportée par Roger Lévêque, avant que le peloton ne reparte le lendemain de Paris pour rejoindre la Normandie. L'impasse payante de Ferdi Kübler – Tenant du titre et vainqueur de l'édition 1950, le Suisse Ferdi Kübler décide de faire l'impasse sur ce Tour de France pour se concentrer sur les championnats du monde sur route. Un choix payant puisqu'il décrochera le maillot arc-en-ciel quelques semaines plus tard à Varèse, en Italie. Destin tragique du vainqueur – Cette édition consacre le talent pur d'Hugo Koblet. Cependant, la destinée de ce champion restera marquée par une fin prématurée : l'élégant « Pédaleur de charme » meurt tragiquement en 1964, à l'âge de 39 ans, dans un accident de voiture resté mystérieux.
Étapes
| || mer. || Metz – Reims || || align=center|185 || Giovanni Rossi || Giovanni Rossi |- | || jeu. || Reims – Gand (BEL) || || align=center|228 || Jean Diederich || Jean Diederich |- | || ven. || Gand (BEL) – Le Tréport || || align=center|219 || Georges Meunier || Jean Diederich |- | || sam. || Le Tréport – Paris - Longchamp || || align=center|188 || Roger Lévêque || Jean Diederich |- | || dim. || Paris - Chatou - Le Vésinet – Caen || || align=center|215 || Serafino Biagioni || Serafino Biagioni |- | || lun. || Caen – Rennes || || align=center|182 || Édouard Muller || Roger Lévêque |- | || mar. || La Guerche-de-Bretagne – Angers || || align=center|85 || Hugo Koblet || Roger Lévêque |- | || mer. || Angers – Limoges || || align=center|241 || André Rosseel || Roger Lévêque |- | || jeu. 12 juillet || Limoges || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || ven. || Limoges – Clermont-Ferrand || || align=center|236 || Raphaël Géminiani || Roger Lévêque |- | || sam. || Clermont-Ferrand – Brive-la-Gaillarde || || align=center|216 || Bernardo Ruiz || Roger Lévêque |- | || dim. || Brive-la-Gaillarde – Agen || || align=center|177 || Hugo Koblet || Roger Lévêque |- | || lun. || Agen – Dax || || align=center|233 || Wim van Est || Wim van Est |- | || mar. || Dax – Tarbes || || align=center|201 || Serafino Biagioni || Gilbert Bauvin |- | || mer. || Tarbes – Luchon || || align=center|178 || Hugo Koblet || Hugo Koblet |- | || jeu. || Luchon – Carcassonne || || align=center|213 || André Rosseel || Hugo Koblet |- | || ven. || Carcassonne – Montpellier || || align=center|192 || Hugo Koblet || Hugo Koblet |- | || sam. 21 juillet || Montpellier || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || dim. || Montpellier – Avignon || || align=center|224 || Louison Bobet || Hugo Koblet |- | || lun. || Avignon – Marseille || || align=center|173 || Fiorenzo Magni || Hugo Koblet |- | || mar. || Marseille – Gap || || align=center|208 || Armand Baeyens || Hugo Koblet |- | || mer. || Gap – Briançon || || align=center|165 || Fausto Coppi || Hugo Koblet |- | || jeu. || Briançon – Aix-les-Bains || || align=center|201 || Bernardo Ruiz || Hugo Koblet |- | || ven. || Aix-les-Bains – Genève (SUI) || || align=center|98 || Hugo Koblet || Hugo Koblet |- | || sam. || Genève (SUI) – Dijon || || align=center|197 || Germain Derijcke || Hugo Koblet |- | || dim. || Dijon – Paris - Parc des Princes || || align=center|354 || Adolphe Deledda || Hugo Koblet
Classements Classement général final
Classements annexes finals
Prix du meilleur grimpeur
Challenge international
Évolution des classements