La rivière Saint-Maurice, ou le Saint-Maurice, compte parmi les principaux affluents du fleuve Saint-Laurent après l'Outaouais et le Saguenay, ce grand cours d'eau long de , qui draine une superficie de , touche, au nord, au bassin hydrographique du lac Saint-Jean, au nord-ouest à celui de la rivière Nottaway, grand tributaire de la baie James, et au sud-ouest, aux affluents de l'Outaouais. Le Saint-Maurice se situe sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, au Québec, au Canada.
Toponymie Le père jésuite Paul le Jeune écrit en 1635, que les Algonquins et Montagnais (Innus) de la région, appellent cette rivière Métabéroutin''Relations des Jésuites", , (éd. 1858, disponible en format numérique au catalogue de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BANQ); Cependant, J.A Cuoq, dans son Lexique de la langue algonquine Montréal, Chapleau 1886, à la page 213, dit métabinotin, même chose pour George Lemoine, dans son Dictionnaire Français-Algonquin, Québec, L'Action nationale, 1911, n.p., au mot "Trois-Rivières";, les Attikameks de la Haute-Mauricie l'appellent Tapiskwan Sipi, la rivière de l'enfilée d'aiguille. Les Hurons-Wendats, quant à eux, la nomment Oquintondili, qui signifie « qrivière qui se jette dans une autre plus grosse ». Les Abénaquis la nomment Madôbaladenitekw, « la rivière qui finit ». Cependant, ce livre ne fait qu'indiquer l'usage de ces noms par les nations citées, sans autre référence. En effet, on ne sait pas depuis quand ces nations la nomment ainsi, puisqu'aucun document de l'époque de la Nouvelle-France ne mentionnent ces noms.(atikamekw : , abénaqui : , wendat : ). Le nom Métabéroutin, mot algonquin, signifie « décharge du vent ».
Aujourd'hui, les Attikameks réclament comme leur territoire ancestral (le Nitaskinan) tout le bassin hydrographique de la rivière Saint-Maurice, qu'ils appellent . Cependant, on ne sait pas comment et quand ils ont pu substituer au nom montagnais, Metabéroutin, connu de cette rivière dans les premiers temps de l'histoire de la Nouvelle-France, celui de Tapiskwan Sipi, qui n'apparaît nulle part dans les documents de l'époqueRelations des Jésuites, éd. 1858, disponibles en format numérique sur le site de Bibliothèque et Archives Nationales du Québec (BANQ). Relation de 1635, p. 13. Rel. 1640, p. 11. Rel. 1641, p. 32. Particulièrement: Rel. 1658, p. 20;. Par ailleurs, sur une carte de 1755, le cartographe français Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville nomme Chabetsiouatagan la rivière Saint-Maurice Le titre de la carte est: Canada Louisiane et Terres Angloises par le Sr D'Anville 1755. Elle sera reprise par le cartographe britannique Thomas Jefferys sous le titre: North America From the French of Mr d'Anville improved with the Back Settlements of Virginia and the Course of Ohio Illustrated with Geographical and Historical remarks. Dans le coin droit inférieur de la carte, il est écrit: May 1755 Printed for Robert Sayer and Thomas Jefferys. Plusieurs éditions de cette carte ont été produites au cours des années suivantes, reflétant les modifications de frontières des colonies britanniques après la Guerre de la conquête et la Révolution américaine.. Ce nom semble provenir d'une carte manuscrite supposée de 1731 du père jésuite Pierre-Michel LaureLe titre de la carte est : Carte du domaine du Roy En Canada dédiée à Monseigneur le Dauphin Par le père Laure Jésuite Missionnaire de ces endroits. qui sur autre carte datée de la même année la nomme cependant MétabéroutinouchipiouLe titre de cette carte est : Carte du domaine du Roy en Canada Dressée par le P. Laure miss. Jés. 1731 augmentée de nouveau, reveue et corrigée avec grand soin en attendant un exemplaire complet l'automne 1732..
Jacques Cartier la nomme « rivière de Fouez » () en l'honneur de la maison de Foix en 1535. En 1598, l'auteur anglais Richard Hakluyt publie une carte du monde sur laquelle la rivière Saint-Maurice est nommée Saint-MalloMieux connue sous le nom de Wright-Molyneux Map, Map of the World ou Universal Map. Publiée pour la première fois dans Hackluyt, Richard, The principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation, London, 2e éd., 1598, vol. 1, à la fin.. Le cartographe Guillaume Levasseur, en 1601, la nomme aussi rivière Saint-MaloCarte de l'océan atlantique, 12 juillet 1601.. Cependant, ces noms furent abandonnés au début du pour le nom de rivière des Trois Rivières. Cependant, la rivière Saint-Maurice a bien failli s'appeler aussi rivière d'Enghien Voir note 3: Relation de 1635, p. 21 et Relation de 1636, p. 3, en l'honneur de Henri II de Bourbon-Condé,duc d'Enghien, qui fut vice-roi de la Nouvelle-France de 1612 à 1620. À ne pas confondre avec son fils dit le Grand Condé.. Son nom actuel fut donné au début du en référence au fief Saint-Maurice, nom usuel de la seigneurie située sur sa rive ouest et concédée vers 1668 à Maurice Poulin de Lafontaine, procureur du gouvernement des Trois-Rivières. Le nom « Saint-Maurice » est attesté pour la première fois dans un jugement daté de 1723 et a définitivement supplanté les Trois Rivières entre 1730 et 1740.
La rivière a donné son nom à la région administrative de la Mauricie.
Géographie
Le Saint-Maurice naît de la confluence des eaux du réservoir Gouin et de la rivière Wabano, située aux mêmes latitudes que le lac Saint-Jean, il parcourt dans le sens nord-sud et présente une dénivellation totale d'environ , pour finalement rejoindre le fleuve à Trois-Rivières.
Les principaux tributaires de la rivière Saint-Maurice sont : Rivière Matawin qui se déverse juste au sud de Rivière-Matawin ; Rivière Vermillon (La Tuque) qui se déverse à environ (par l'eau) en amont (au nord) du barrage Beaumont de La Tuque ; Rivière Manouane (La Tuque) qui se déverse à environ (par l'eau) au nord de La Tuque ; Rivière Trenche qui se déverse dans le lac Tourouvre formé artificiellement par la Centrale de la Trenche ; Rivière Croche qui se déverse à cinq km au nord de La Tuque.
Entre Wemotaci et Trois-Rivières, la rivière Saint-Maurice comporte 27 tributaires jadis identifiés comme suffisamment important pour la descente du bois par flottaisonJournaux de l’Assemblée législative du Canada, 11 (1852). : Wemotaci, Manouane, Petit Rocher, Petit Flamand, Windigo, Flamand, Coucoucache, la Grande Pierriche, la Petite Pierriche, La Trenche, Vermillon, Croche, au Lait, Bostonnais, Petite Bostonnais, Petit Ruisseau, Montagne, des Caribous, aux Rats, Wessonneau, Petit Batiscan, à l’Oiseau, Bêtes Puantes, Matawin, Mékinac, Rivière à la Pêche et Shawinigan.
Première voie de communication dans cette région, la rivière était utilisée par les Amérindiens locaux bien avant l'arrivée des Européens sur place. Dès le début de la colonisation française, elle fut l'une des routes primordiales de rivières du Québec pour la traite des fourrures avec les amérindiens du Haut Saint-Maurice.
Plusieurs municipalités ont été établies sur ses rives en profitant par là même de son énergie hydroélectrique là où les chutes étaient suffisamment hautes pour y installer un barrage. Entre autres villes, La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivières sont les plus connues et sont elles-mêmes situées le long de la route 155, qui relie le fleuve Saint-Laurent au lac Saint-Jean.
Villes et villages adjacentes
À partir de l'embouchure, en remontant la rivière, les villes et villages riverains sont :
Trois-Rivières Notre-Dame-du-Mont-Carmel Saint-Étienne-des-Grès Saint-Boniface (Québec) Shawinigan Grand-Mère (Québec) Grandes-Piles Saint-Roch-de-Mékinac Grande-Anse (Mékinac) Rivière-Matawin Rivière-aux-Rats La Tuque Wemotaci et Sanmaur
Ponts et autres traverses
Les ouvrages d'art traversant la rivière sont répertoriés de l'aval vers l'amont.
Trois-Rivières Sur le territoire de la ville de Trois-Rivières, les ouvrages d'art traversant la rivière sont : Pont ferroviaire de Chemin de fer Québec-Gatineau reliant la rive est à l'île de la Poterie Pont routier reliant l'île Saint-Quentin à l'île Saint-Christophe Pont routier reliant l'île Caron à l'île Saint-Christophe Pont Duplessis Pont ferroviaire du Chemin de fer Québec-Gatineau reliant les deux rives Pont Radisson
Les Chenaux Sur le territoire de la MRC des Chenaux, les ouvrages d'art traversant la rivière sont : Barrage de La Gabelle, de Saint-Étienne-des-Grès à Notre-Dame-du-Mont-Carmel Pont ferroviaire du Chemin de fer Québec-Gatineau reliant les deux rives, de Saint-Étienne-des-Grès à Notre-Dame-du-Mont-Carmel
Shawinigan Sur le territoire de la ville de Shawinigan, les ouvrages d'art traversant la rivière sont : Pont ferroviaire du Chemin de fer Québec-Gatineau reliant les deux rives, Shawinigan (de Shawinigan-Sud à Shawinigan) Pont Marc-Trudel Pont René-Hamel Pont reliant l'île Banane à l'île Melville Pont ferroviaire du Canadien National reliant les deux rives Pont de Grand-Mère Bac pour vélo et piéton Pont des Piles
Mékinac Sur le territoire de la MRC de Mékinac, les ouvrages d'art traversant la rivière sont : Bac pour vélo et piéton, Shawinigan à Grandes-Piles Pont Mékinac, Lac-Normand à Trois-Rives
La Tuque Sur le territoire de l'agglomération de La Tuque, les ouvrages d'art traversant la rivière sont : Pont de Rivière-aux-Rats Barrage La Tuque Pont de la Rive-Ouest Pont de la Rivière-au-Lait Barrage Beaumont Barrage de la Trenche Pont du Rapide-Blanc Centrale de Rapide-Blanc Centrale des Rapides-des-Cœurs Pont ferroviaire du Canadien National reliant les deux rives Centrale de la Chute-Allard Pont ferroviaire du Canadien National reliant les deux rives à Wemotaci Pont routier reliant les deux rives à Wemotaci Pont routier reliant les deux rives au rapide de la Loutre Barrage Gouin
Principaux tributaires
Les principaux tributaires de la rivière Saint-Maurice sont présentés de l'amont vers l'aval.