Jacques-Christophe Valmont de Bomare, né le à Rouen et mort le à Paris, est un naturaliste français, connu notamment pour avoir donné une encyclopédie en 6 volumes prépondérante dans l’histoire naturelle des années 1760, le Dictionnaire raisonné universel d’histoire naturelle.

Biographie Il est le fils de Jacques François Valmont de Bomare, avocat au parlement de Rouen, et de Marie Rose Chantin. Sa famille est très pieuse: son parrain est un prêtre« BOMARE (Jacques Christophe VALMONT de) », dans Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire. Errata et supplément, Paris, Henri Plon, 1867, p. 244-245. Numérisé., sa sœur Reine Angélique Valmont de Bomare devient religieuse au couvent des Bénédictines de Bellefonds à Rouen en 1768Archives départementales de Seine-Maritime, 4 E 2221, registre des professions et vêtures de communauté des Bénédictines de Bellefonds, vue 18/33. Numérisé..

Il commence ses études chez les jésuites de sa ville natale et fait de rapides progrès dans la langue grecque. Son père le destine au barreau mais les inclinations du jeune Valmont le portent à l’étude de la nature. Il commence par apprendre l’anatomie sous le chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen, Claude-Nicolas Le Cat, et s’adonne ensuite à la pharmacie et à la chimie. Monté, en 1750, à Paris, il devient marchand épicier et se marie en 1754 avec Jeanne Madeleine Houdry, fille d'un limonadier devenu épicier. De leur union naissent deux enfants: Charles Christophe en 1756 et Abraham Claude en 1762. Devenu veuf en 1780, il se remarie en 1792 avec Marie Catherine Jobar.

Il noue des relations avec Buffon, Daubenton, Réaumur, Nollet, Rouelle, D'Holbach, D'Alembert et Diderot, qui l’aideront à suivre la carrière à laquelle il se destinait, il se consacre, pendant plusieurs années, à l’étude des sciences naturelles. Il nourrit pour ce domaine une telle passion qu’il conçoit dès ce moment l’idée de donner des cours d’histoire naturelle. Il communique ce projet au marquis d’Argenson, alors ministre de la Guerre, qui lui donne la commission de voyager au nom du gouvernement.

Valmont visite les principaux cabinets de l’Europe, examine les ateliers métalliques, les gisements des mines et la profondeur de leurs excavations, pour rassembler les éléments et les matériaux de ses leçons. Il propose à son retour, en 1756, un cours sur les différentes branches de l’histoire naturelle, cours renouvelé jusqu’en 1788. En 1767, il devient membre de la Société royale d’agriculture de Paris. En 1769, il accepte la direction du cabinet de physique et d’histoire naturelle du prince de Condé à Chantilly.

Son premier ouvrage est le Catalogue d’un cabinet d’histoire naturelle, ébauche du Dictionnaire universel d’histoire naturelle (1764), auquel l’Europe fait le meilleur accueil, sans nouvelle approche, mais avec le mérite de la clarté et de la compréhension, à propos duquel Michaud a écrit :

Il se rend en Laponie et en Islande, fait une exacte description des volcans de ce dernier pays et rassemble dans l’un et dans l’autre de précieux matériaux, avec lesquels il revient à Paris. Ses résultats sont bien accueillis par les savants et les érudits, si bien que le , il ouvre un cours sur les différentes branches d’histoire naturelle qu’il professe pendant trente-deux ans, jusqu’en 1788. Ceux-ci répandent bientôt le goût de l’histoire naturelle et celui des voyages destinés à l’étude de la nature. C'est en 1763 qu’il fait paraître son Traité de minéralogie suivi, en 1764, du Dictionnaire d’histoire naturelle, ouvrage qui fut traduit dans presque toutes les langues.

Un grand nombre de sociétés savantes, dont les académies de Caen, de La Rochelle et de Rouen, l’admirent dans leur sein. Il eut même de pressantes invitations pour donner des cours en Russie et au Portugal mais il refusa toutes ces offres, ne pouvant se résoudre à quitter son pays. En 1793, il fut appelé à l’Institut comme membre associé et, peu après, il fut nommé professeur d’histoire naturelle à l’École centrale et censeur des études au lycée Charlemagne, fonctions qu’il remplit avec le plus grand zèle jusqu’à sa mort. Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Une rue de Rouen porte son nom.

Publications Catalogue d’un cabinet d’histoire naturelle, Paris, 1758. Extrait nomenclateur du système complet de minéralogie, Paris, 1759. Minéralogie, ou Nouvelle exposition du règne minéral, Paris, 1761-1762. ; ; ; ; . Trois nouvelles éditions avant la fin du siècle: la première en 1768, la deuxième en 1775 (chez Brunet, Paris, neuf volumes) et la troisième en 1791 (chez Bruyset, Lyon, quinze volumes).

Notes et références

Bibliographie « BOMARE (Jacques Christophe VALMONT de) », dans Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire. Errata et supplément, Paris, Henri Plon, 1867, p. 244-245. Numérisé. (excellente notice qui cite des sources) . . . Stéphane Schmitt, « Jacques-Christophe Valmont de Bomare’s Dictionnaire raisonné universel d’histoire naturelle (1764) », in Jeff Loveland et Stéphane Schmitt (éd.), Specialized dictionaries and encyclopedias, 1650-1800, Oxford, Oxford Studies on the Enlightenment, 2024, p. 201-226.

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