Gilberte Côté-Mercier, né le 25 mai 1910 à Montréal et morte 21 juin 2002 à Rougemont, est une militante catholique québécoise et cofondatrice avec Louis Even, du périodique Vers demain et des Pèlerins de Saint-Michel.
Biographie
Jeunesse et études Née à Montréal au sein d’une famille catholique, elle reçoit le baptême à l’église de l’Immaculée-Conception et accomplit son instruction élémentaire auprès des sœurs de Jésus-Marie ainsi que de la congrégation de Notre-Dame. Elle poursuit ensuite ses études au collège Marguerite-Bourgeoys jusqu’à la dixième année avant de s’inscrire à l’Université de Montréal, occurrence alors rarissime pour une femme..
À l’université, elle étudie les sciences sociales et s’adonne aux débats oratoires, pour lesquelles elle se voit décerner une distinction par le ministre français des Affaires étrangères. Douée pour le piano, elle obtient un diplôme de l’École de musique de Chicago dirigée par Robert Schmitz. Elle s’adonne également à la lecture de Thomas d'Aquin et se consacre aux œuvres de bienfaisance de Noël.
Adhésion au crédit social Lors de la Grande Dépression, elle subit le deuil, en 1930, de son père, alors anéanti dans l’exercice de son métier de cordonnier. En quête de solutions propres à pallier la crise, elle fait la connaissance du père Alexandre Dugré et prend part aux conférences de Louis Even à l’église de la Nativité. Âgée de vingt-six ans, elle se résout à s’engager activement dans le mouvement du Crédit social. Louis Even, sollicité par sa mère, vient tenir des allocutions dans un salon du boulevard Saint-Joseph. Il les rejoint après s’être départi de l’imprimerie et de la Ligue du Crédit social. Plusieurs conférences, inaugurées par la récitation du chapelet, sont ainsi dispensées au Québec, à Ferme-Neuve, Mont-Saint-Michel et Mont-Laurier.
Mouvement créditiste À la différence de Réal Caouette, elle représente la droite intégriste. du parti créditiste.
Le mouvement créditiste de Gilberte Mercier et de Louis Even se trouve bientôt contesté par divers éléments de la société. Lorsque la guerre éclate en Europe en 1939, ils en sont saisis de consternation et perçoivent à cet instant la nécessité d’instituer un organe de presse.Vers demain est alors créé avec le concours de l’imprimeur de Beauceville, qui publie alors L’Éclaireur. Doté d’un tirage de vingt-cinq mille abonnés dès la deuxième année de publication, Mercier doit affronter les dispositions censoriales et les appréhensions du monde économique. D’après Édouard Cloutier et Daniel Latouche, Vers Demain devient un « feuillet orienté vers le mysticisme et l’anticommunisme »..
Après une campagne de recrutement conduite en 1941, elle bénéficie de l’appui des jocistes et fait la connaissance de Gérard Mercier, qu’elle épouse le 14 février 1946. Fortement engagée dans le mouvement, elle s’abstient de tout congé et impose des exigences élevées à ses collaborateurs et collaboratrices. Elle parcourt l’ensemble du Canada, plusieurs pays européens ainsi que le Brésil afin de présenter le Crédit social.
Pèlerins de Saint-Michel : extrême-droite, antisémitisme et catholicisme intégriste Conférencière à la radio et la télévision, elle établit en 1962 la maison Saint-Michel, puis celle de l’Immaculée en 1975. Selon sa conception, la doctrine sociale de l’Église trouve à s’exercer par le truchement du Crédit social. Animatrice des pèlerins de Saint-Michel et zélée dans sa foi, elle fustige le marxisme athée ainsi que le chardinisme qui s’introduit alors au sein de la société canadienne-française. En 1978, elle organise des récitations de chapelets devant le théâtre où se donne la pièce Les fées ont soif de Denise Boucher..
Gilberte Côté-Mercier décède le 21 juin 2002. Les funérailles se déroulent en l’église de Rougemont. Cinq prêtres y officient une cérémonie empreinte de solennité et d’une ampleur relative pour celle que l’on désignait comme l’« âme des Bérets blancs ». Le clergé catholique québécois, réputé comme étant l’un des plus progressistes au monde, qualifie le message des Bérets blancs d’extrême droite..
Selon certaines analyses, l’idéologie originelle des Pèlerins de Saint-Michel relève de l’extrême droite. Martin Geoffroy et Jean-Guy Vaillancourt les rangent parmi les « intégristes non schismatiques québécois ». Ils se voient également accusés d’antisémitisme en raison de certaines de leurs prises de position.
Notes et références
Liens externes
Site officiel du journal Vers Demain L'île des naufragés — Conte sur l'économie et le crédit social
Catégorie:Personnalité politique québécoise au provincial (par parti) Catégorie:Naissance à Montréal Catégorie:Naissance en mai 1910 Catégorie:Décès à 92 ans Catégorie:Décès en juin 2002 Catégorie:Crédit social