Beat Fidel Zurlauben, né le à Zoug, où il est mort le , est un militaire et historien suisse. Il fut lieutenant général des armées françaises, conseiller du roi, associé libre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres (en 1750), membre extraordinaire de la société d'histoire naturelle de Zurich et de celle des Arcades de Rome.

Biographie Beat Fidel (Béat Fidèle) Antoine Jean Dominique Zurlauben, né le à Zoug. Membre de la famille patricienne Zurlauben, il est le fils de Beat Ludwig/Béat Louis Zurlauben et de Maria Anna Burtz von Seethal.

Admis au nombre des gentilshommes pensionnaires au collège des Quatre-Nations, il fut confié à Charles Rollin, qui était l'ami intime du général Béat François Placide de la Tour-Châtillon de Zurlauben, son oncle.

Après avoir terminé ses études, il fit, dans le régiment de Zurlauben, les campagnes en Flandre et sur le Rhin, depuis 1742. Il se distingua comme commandant de la première compagnie aux batailles de Fontenoy et de Raucoux, aux sièges de Tournai, d'Audenarde et de Maestricht. Nommé, en 1748, brigadier des armées du roi, il obtint une compagnie dans le régiment de Zurlauben, en survivance de son oncle, colonel du régiment. En 1762, il défendit avec sa brigade les retranchements de Melsungen, sur la Fulda, et repoussa avec bravoure des attaques renouvelées pendant trois jours. En 1780, il obtint son congé avec le grade de lieutenant général, la croix de commandeur de Saint-Louis et une pension de douze mille livres.

Il se retira dans une maison de campagne qu'il avait près de Zoug, afin de se livrer à l'étude de l'histoire et des antiquités de sa patrie. C'est dans cette paisible retraite qu'il mourut à l'âge de 79 ans. Avec lui s'éteignit la descendance mâle de l'ancienne famille des Zurlauben.

Déjà, presque au sortir de ses études, il avait composé, sans doute sous la direction de son oncle, une histoire militaire des Suisses, qu'il annonça en 1749 et qu'il publia sous le titre Histoire militaire des Suisses au service de la France, avec les pièces justificatives dédiée à S. A. R, , colonel général des Cent-Suisses et Grisons, Paris, 1751 à 1753, 8 vol. in-12. Il y fait connaître l'ancienne constitution de la république helvétique, la position géographique et topographique des cantons et de leurs alliés, et donne ensuite l'histoire de la république, depuis son origine jusqu'en 1450. Il expose, selon l'ordre chronologique, les capitulations passées entre la France et la nation helvétique, ce qui le conduit à son sujet, qui est l'histoire des troupes suisses au service de la France. Après avoir dit ce qu'est un colonel général des Suisses et Grisons, il en explique les prérogatives et donne une notice sur les princes et sur les seigneurs qui en ont été revêtus. Puis il entre dans les mêmes détails sur le régiment des gardes suisses et sur les officiers supérieurs de ce corps. De là il passe aux régiments que les capitaines des gardes suisses ont levés ou possédés en propriété, et fait voir à quelles batailles, à quelles actions et à quels sièges ou événements de guerre ces corps ont pris part, quels officiers ou soldats se sont particulièrement distingués depuis le premier traité passé avec la France. À la fin de son ouvrage, l'auteur donne le recueil des ordres du jour, des brevets et lettres que les rois de France ont accordés pour récompenser la bravoure, le dévouement, la fidélité et les services des gardes et régiments suisses. Tous ces détails sont accompagnés de l'indication des ouvrages ou des archives dans lesquels l'auteur a puisé.

Zurlauben n'avait rien de ce qui plait en société. Il avait dans le maintien et dans l'esprit une gaucherie que la vie militaire n'avait pu modifier ; aussi mademoiselle de Lussan disait-elle de lui qu'il était « une bibliothèque immense, dont le bibliothécaire était un sot ». Zurlauben se montra l'un des ennemis les plus acharnés du duc de Choiseul, qui avait conservé, après sa retraite du ministère, la dignité de colonel des Suisses et Grisons. Il fit même un voyage dans sa patrie pour déterminer les cantons à demander un autre général, mais il ne réussit pas.

Publications La Science du général d'armée, par Onosander, traduit du grec, Paris, et inséré à la suite de l'édition grecque d'Onosander, par Schwebel, Nuremberg, 1761. in-fol°. Mémoires et lettres de Henri, duc de Rohan, sur la guerre de la Valteline, publiés pour la première fois et accompagnés d'observations historiques, Genève/Paris, 1758, 3 vol. in-12. Code militaire des Suisses, pour servir de suite à l'Histoire militaire des Suisses au service de la France, Paris, 1758-1764, 4 vol. in-12. Principes du droit public d'Allemagne, par Johann Jacob Mascov, traduits du latin Jo. Jac. Mascovii Principia juris publici Imperii Romano-Germanici ex ipsis legibus actisque publicis eruta et ad usum rerum accommodata en français, Paris. Histoire diplomatique des commanderies de l'ordre de Saint-Lazare à Seedorf et Gefenn, en Suisse, 1769, in-fol°. Différentes pièces du Theuerdank, poème héroïque, appartenant aux anciens temps de la poésie allemande, traduites en français, avec des remarques, Paris, 1776. Bibliothèque militaire, historique et politique, Paris, vol. in-12, avec figures. L'auteur y a de nouveau inséré la Science du général d'armée, par Onosander. Mémoires sur l'origine de l'auguste maison de Habsbourg-Autriche, en français et en latin, Baden 1760, in-4°. Cet ouvrage se trouve aussi à la fin du traité diplomatique intitulé Charla qua probatur Adalbertum atavum imperatoris Rodolphi Ier fuisse IVerneri comitis ab Hapsburg filium. Lettre sur Guillaume Tell, adressée au président Hénault, Paris, 1767, in-12 de 60 pages. Table généalogique des maisons d'Autriche et de Lorraine et leurs alliances avec la maison de France, , in-8° Jean-Benjamin de La Borde (codir.), Tableaux topographiques, pittoresques, physiques, historiques, moraux, politiques et littéraires de la Suisse, , Paris, 1780 à 1786, vol. grand in-fol°., avec 420 gravures coordonnées par Clément-Pierre Marillier et François-Denis Née, représentant les vues les plus remarquables de la Suisse, réimprimés sous le titre Tableaux de la Suisse, où Voyage pittoresque fait dans les treize cantons du corps helvétique, , 1784 à 1788, vol. in-4°. Le Soleil adoré par les Taurisques sur le mont Gothard, Zurich, 1782, in-4° Mémoire sur l'inscription d'une colonne militaire au bourg de Saint-Pierre-Montjoux, en Valais, , in-fol°. Mémoire sur les Alpes pennines et sur le dieu Pennin ou Pœninus, avec vingt et une inscriptions inédites en l'honneur du dieu Pennin, sur le sommet du mont Pennin ou du grand Saint-Bernard, trouvées dans le temple de ce dieu, Mémoire sur deux documents passés sous Rodolphe II, roi de Bourgogne, ayant rapport à Genève, à Lausanne et au Pagus equestricus, avec des notes géographiques et diplomatiques, , 1784. Observations sur la Valteline et sur les terres que l'abbaye de Saint-Denis, en France, possédait dans ce pays sous l'empire de Charlemagne et de ses successeurs, dans les Preuves des tableaux topographiques, etc., de la Suisse, Paris ; in-fol°. Observations sur un titre original de l'an 1255, dans lequel sont nommées les villes de Zurich, de Lucerne, de Zug, de Klingenau et de Meyenberg, dans le Muséum de la Suisse, Zurich, 1787, in-8°, . Mémoires lus à l'Académie des inscriptions et belles-lettres Quelles étaient les différentes acceptions des titres de et Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderne. XLV (...) page 639, via Google books., que plusieurs villes prennent sur les médailles? Le droit d'asile devait-il toujours son origine à la religion? Son étendue était-elle partout la même ; à qui était confié le soin de le maintenir? Quels sont les asiles qui ont subsisté sous la domination des Romains et quand ont-ils été abolis? Examen critique de l'histoire de Marie d'Aragon, femme d'Othon III. Histoire d'Arnaud de Cervole dit l'Archiprêtre. Abrégé de la vie d'Enguerrand VIIe du nom, sire de Coucy, avec un détail sur son expédition en Alsace et en Suisse. Ce mémoire, lu en 1757, est inséré dans le tome 25, . Sur une défense antique. Ce mémoire, lu en 1763, est inséré dans le tome 31, . Observations critiques sur la notice des diplômes, publiée par l'abbé de Foy, lues en 1766 et insérées dans le tome 34, . Zurlauben fait voir que l'auteur a copié aveuglément les Stemmata Lotharingiœ ac Barri ducum, Paris, 1580, in-fol°., par Rosières, et que la plupart des pièces diplomatiques sont, dans l'un et l'autre compilateur, ou d'une origine douteuse, ou falsifiées. Charte de l'an 1553, qui prouve qu'Adalbert, comte de Habsbourg, bisaïeul de l'empereur Rodolphe , était fils de Werner, comte de Habsbourg, avec une dissertation historique et critique, lue au mois de et insérée dans le tome 35, . Observations historiques sur l'origine et le règne de Rodolphe , roi de la Bourgogne transjurane, et sur l'étendue de ce royaume, insérées dans le tome 36, . Sur le tombeau du duc Conrad, fondateur du chapitre de Limbourg sur la Lahn, lu en 1768 et inséré t. 36, . Sur une inscription dédiée à Mercure Marunus, découverte à Baden, en Argovie, , . Sur une traduction allemande d'Onosander, imprimée à Mayence, 1532, in-fol°. Cette traduction, que Schwebel n'a point connue, a un chapitre entier qui n'est ni dans les éditions du texte grec ni dans les versions publiées jusqu'à présent. Sur une traduction française de Valère-Maxime, Sur un titre original de l'an 913, donné par Hatton , archevêque de Mayence, , . Observations sur le recueil qui a pour titre : Formulas Alsaticœ, d'après un manuscrit de l'abbaye bénédictine de Rheinau, , . Vision de Charles le Gras, roi de France et d'Italie, lu le et inséré, , . Observations sur un manuscrit de la bibliothèque du Roi qui contient les chansons des trouvères ou troubadours de la Souabe ou de l'Allemagne, depuis la fin du jusque vers 1330, lu en 1773 et inséré t. 40, . Ce recueil est le célèbre manuscrit de Manesse ( de la bibliothèque de Paris), dont Zurlauben donne l'histoire, avec ses détails bibliographiques et littéraires. Mémoire sur le traité de Dijon, lu en 1774 et inséré t. 41, . Manuscrits Phalantide, ou les Aventures de Phalantus, législateur de Tarente, poème en douze chants, d'après le Télémaque allemand. Histoire des Suisses et de leurs alliés, avec des notes historiques et critiques, depuis l'origine de ce peuple jusqu'à la mort de Rodolphe III, dernier roi de la Bourgogne transjurane, et continuée jusqu'à la fin du .

Voir Monumenta anecdota historiam Germaniae illustrantia ; Leonhard Meister, Hommes célèbres de l'Helvétie ; Meister, Notices biographiques, Zurich, 1784, , et surtout l'historien de la Suisse, Jean de Millier, qui a su, mieux que personne, apprécier les services que Zurlauben a rendus aux lettres et aux sciences.

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

Les illustrations et les textes de Tableaux topographiques, pittoresques… de la Suisse de Jean-Benjamin de Laborde et Béat Fidèle de Zurlauben, sur le site www3.unil.ch/viatimages.

Notes et références

Catégorie:Colonel de l'armée suisse Catégorie:Historien suisse Catégorie:Traducteur suisse du XVIIIe siècle Catégorie:Traducteur depuis l'allemand vers le français Catégorie:Académie des inscriptions et belles-lettres Catégorie:Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Naissance à Zoug Catégorie:Naissance en août 1720 Catégorie:Décès en mars 1799 Catégorie:Décès à 78 ans Catégorie:Militaire suisse du XVIIIe siècle