Leçons sur la philosophie de l'histoire (en allemand : ) est une œuvre philosophique de Georg Hegel. Il s'agit de son principal ouvrage de philosophie de l'histoire.
Les Leçons ont été publiées de manière posthume, à partir de ses propres manuscrits et de notes de cours prises par ses élèves. Il s'agit de leçons données sur une période s'étalant de 1822 à 1830. Leur introduction est souvent publiée de manière séparée sous le nom de La Raison dans l'histoire.
Résumé
Chapitre 1. La réalisation de l'esprit dans l'histoire
La détermination de l'esprit : l'esprit Le philosophe précise dès le départ que, sous sa plume, l' ne doit pas seulement être compris comme le lieu de la nature physique, mais aussi et surtout de la nature psychique. L'histoire universelle se déploie dans le domaine de l'esprit car l'Esprit est . Toutefois, dans l'histoire.
Cette division entre le monde physique et le monde psychique est essentielle pour l'auteur. Selon lui, lorsque l'homme est créé, il et , qui est celui de l'esprit. En effet, .
Le royaume de l'esprit . Ceux qui croient en Dieu peuvent bien penser le royaume de Dieu, mais il s'agit inévitablement, en réalité, du monde de l'esprit. Fait partie du domaine de l'Esprit ; dans ce monde de l'esprit, . Il est d'autant plus actif que l'homme est précisément .
Par conséquent, connaître l'Histoire passe par la connaissance du mode d'existence de l'homme dans la nature, c'est-à-dire la manière dont l'Esprit s'unit avec la nature. Si le changement existe, il existe toutefois quelque chose de stable qui est la nature humaine, qui est .
L'Idée se manifeste sous forme de pensée, dans sa forme la plus pure. L'Esprit sur .
La détermination de l'esprit : la liberté L'Esprit, loin d'être une construction abstraite, est . L'Esprit est souvent défini par opposition à la matière. On peut dire que . Les propriétés de l'esprit ne subsistent que grâce à la liberté. Alors que , dans la mesure où la gravité s'exerce sur elle, l'Esprit est son propre centre, qu'il trouve en lui-même ; son unité est en lui-même. L'Esprit est donc libre : il ne se rapporte à rien qui ne soit pas à lui. L'Esprit est , il est , il est . La liberté, donc, .
L'Esprit est pour soi, contrairement aux choses naturelles qui sont en soi. Il est par conséquent libre. Quand l'Esprit ne sait pas qu'il est libre, .
L'individu, cherchant à se dégager de sa détermination, se divise avec lui-même. D'une part, il conserve son esprit ; de l'autre, il devient un être sentant. Ainsi il existe pour chacun . Le désir naît de ce que l'on se sent déficient, c'est-à-dire qu'on trouve en soi une contradiction. Désirer, c'est se maintenir à l'existence tout en cherchant à supprimer cette déficience. L'objet du désir est l'objet qui reconstitue l'unité.
La différence entre l'homme et le reste du règne animal est que l'homme, grâce à l'Esprit qui lui permet de savoir le réel comme idéel, . Il est conscience de ses désirs, et peut donc les refouler ; il . Chez les animaux, . Hegel conclut que .
La détermination de l'esprit : l'en soi et le pour soi La racine de la nature humaine est de et . Ainsi, . L'Esprit permet de sortir de l'immédiateté et de revenir en lui. L'homme ne devient ce qu'il doit être . Dans l'immédiat, il n'est qu'en puissance, c'est-à-dire une possibilité de devenir. Lorsqu'il naît, il n'est que ; il doit se débarrasser de l'élément naturel.
Le meilleur exemple d'Esprit, selon Hegel, est Dieu lui-même. Il ne s'agit pas de Yahweh, car . Ce n'est que dans le christianisme que . En effet, Dieu est, dans la Bible, d'abord Père, c'est-à-dire en puissance et caché ; il devient ensuite objet, c'est-à-dire , à savoir le Fils, et ce n'est qu'à la fin qu'il est Esprit.
La détermination de l'esprit : les peuples Le philosophe soutient que l'Esprit revêt sa forme concrète essentiellement dans l'individu. Toutefois, . L'esprit du peuple se dit Volksgeist. Les Esprits des peuples se distinguent , ainsi que . Selon Hegel, .
La matière de l'incarnation de l'Esprit dans le monde est la conscience générale, c'est-à-dire la conscience du peuple, qui . C'est donc l'Esprit qui . Le rapport de l'individu à la conscience de son peuple n'est pas un simple rapport de transmission. En effet, .
L'individu est impuissant face à l'Esprit de son peuple, car l'Esprit lui assigne des limites. L'individu "peut être plus intelligent que les autres, mais il ne peut pas surpasser l'Esprit de son peuple", ni s'en distinguer. En revanche, il existe des grands hommes, qui conduisent le peuple selon l'Esprit général du peuple. L'Esprit du peuple ; dès lors, , et ils .
L'Esprit du peuple est, essentiellement, un Esprit particulier, mais il est aussi partie de l'Esprit universel absolu. L'Esprit du Monde (Weltgeist) est de tous les humains. L'Esprit du Monde est conforme à l'Esprit divin (qui est absolu), . L’Esprit d’un Peuple est donc . Il est différent car il existe, et ce qui existe est particulier. La particularité de l'Esprit d'un peuple .
La détermination de l'esprit : le progrès de la conscience L'histoire universelle est . Il y a un lien direct entre le fait de savoir et le fait d'agir : ainsi, parce que les Orientaux ignorent que l'homme (l'Esprit) est , ils ne le sont pas. Les Grecs ont été les premiers à être libres car ils avaient conscience de la liberté, mais, comme les Romains, ils n'ont pas compris que l'homme en tant qu'homme est libre ; seuls quelques hommes ont donc été libres, et les Grecs avaient des esclaves. Dès lors, selon Hegel, .
Si la religion a en effet permis de comprendre la liberté comme être de l'homme, . Cela explique que et que . Le sens de l'histoire, son processus, est précisément cette application du principe de liberté aux affaires du monde : l'acquisition par le sujet d'.
La liberté est, selon Hegel, le . La polysémie du terme entraîne toutefois .
La détermination de l'esprit : grandeur et décadence des peuples Hegel considère que l'Esprit de chaque peuple est . Ayant conscience de leur propre pensée, les peuples sont . Pour Hegel, chaque peuple a un principe propre, . Ainsi, .
L'Esprit du peuple n'est pas clair dès l'origine. Le principe est , et opère , avant de s'expliciter et devenir un objectif. L'Esprit d'un peuple s'accomplit lorsqu'il sert de transition à un autre peuple, et ainsi de suite de la naissance à la dissolution des principes des peuples.
Les peuples connaissent trois phases : celle de la culture (Bildung), de l'excès de culture (Uberbildung), et de la perversion de la culture (Verbildung). L'homme cultivé, selon Hegel, . La culture peut se définir comme , ce qui fait que l'homme .
L'âme substantielle d'un peuple s'éteint : En effet, ; l'Esprit du peuple n'est plus jeune. Or, c'est durant sa jeunesse que ; ce n'est que lorsque tout cela est accompli qu'apparaît l'habitude. .
Ce cycle est ce qui produit la succession des peuples. Chaque peuple décline à un moment ou à un autre. Le peuple qui domine à chaque époque est . Un des indices de la décadence d'un peuple est que .
La détermination de l'esprit : la fin ultime Poussé par une , l'Esprit se propose d'accomplir l'objectif de l'humanité qui est la liberté. Pour ce faire, , c'est-à-dire le transformer en réalité dans le monde. Ainsi, toute l'histoire est une étape dans la connaissance de soi. Chaque peuple historique, à son tour, exprime une étape. Ces peuples, donc, .
Hegel rejette l'égocentrisme qui donne, chez certains individus, la folie des grandeurs, qui est d'autant plus risible qu'elle n'est pas l'histoire universelle. Selon lui, .
Le philosophe rejette également la critique facile. Il reconnaît qu'il y a, lorsqu'on regarde les , . Il s'agit toutefois de , qui sont sujettes au hasard, et qui ne sont donc pas essentielles. Hegel souligne que certains utilisent la critique négative pour se sentir exister, alors que ces gens ne connaissent pas la Raison universelle ; cela . Ainsi, . Il conclut que , et que la sagesse de l'âge permet généralement de gommer ce défaut.
L'auteur revient sur le rôle de la philosophie : il s'agit non pas d'une consolation, mais comme une réconciliation, car .
Les moyens de la réalisation : les mobiles historiques Le cœur du phénomène historique réside dans ce que la liberté se crée un monde. Les moyens qu'elle utilise sont tout ce qui est extérieur à elle, qui . Cela correspond aux images que l'histoire nous offre, à savoir les actions humaines, qui . La seule chose que l'on voit, en tant que spectateur de l'histoire, est bien souvent l'ensemble des mobiles qui font se mouvoir les hommes.
Hegel ne nie pas que les individus veuillent faire le Bien, mais cette volonté est souvent limitée ; les vertus, telles que la fidélité aux amis et l'amour envers sa famille, . Certes, il est possible que la destination de la raison soit réalisée dans ces sujets vertueux, . Par conséquent, . Cela est aussi dû au fait que, non seulement les passions ont pour caractéristique de ne respecter , mais, en plus, .
Le philosophe s'attarde sur le caractère attristant de l'histoire. Les ruines des empires, les malheurs à répétition, nous montrent la caducité de toute chose (). Cela est d'autant plus vrai qu'on peut . Ce spectacle risque, dit-il, ; alors, pour se consoler, . Toutefois, soutient Hegel, ceux qui s'attardent sur cette tristesse passent à côté de l'essentiel, qu'ils confondent avec les moyens de l'Esprit. Beaucoup font cette erreur, mais la perpétuer serait .
Les moyens de la réalisation : passions et intérêts Un moment essentiel de la liberté où celui où le sujet trouve satisfaction dans son travail ; il est nécessaire pour cela que l'individu puisse y participer activement. Certes, chacun cherche son bénéfice personnel dans ses actions, . Mais en réalité, . Cela signifie que .
Quelles sont les conditions pour qu'un individu agisse ? Il faut, dit Hegel, que l'action passe par , mais aussi . Hegel y voit là une caractéristique essentielle de la modernité : .
Les moyens de la réalisation : la ruse de la Raison Comme les matériaux qui sont les moyens de bâtir une maison, les passions , et en même temps, . Cela peut sembler paradoxal, car c'est précisément dans la société humaine qu'elles sont encadrées ; le droit à la sécurité les oblige à se réfréner, et ce droit .
Les passions ne sont pas toujours opposées à l'ordre éthique, car elles réalisent l'Universel. Elles , ce qui fait qu'elles sont souvent considérées comme . C'est une erreur : certes, je cherche à accomplir mon propre but, . L'Universel doit précisément se réaliser par le particulier, alors l'intérêt particulier n'est pas toujours qu'égoïste. Hegel redéfinit alors ce qu'il entendait par passions : il s'agit des intérêts particuliers, ou des fins spéciales, ou encore des intentions égoïstes, par lesquelles . Dès lors, .
L'auteur aborde une première fois la question de la relation entre l’État et la finalité de l'Esprit. Un État doit de l'Esprit s'il veut être . Une telle situation, en effet, arrive lorsque .
Hegel réaffirme toutefois que l'histoire universelle, si elle est gouvernée par l'Esprit, . Les premières sociétés sont créées avec comme fin de préserver la vie et la propriété, mais la fin générale, qui est de donner satisfaction au concept de l'Esprit, , c'est-à-dire que c'est . L'histoire universelle fait émerger ce désir à la conscience.
L'homme, à ses débuts, est un . Il a une qui constituent . En d'autres termes, .
Il y a, dans l'action des hommes, une . Cela signifie qu'. Ainsi, César s'est certes emparé du pouvoir pour défaire ses adversaires politiques qui menaçaient sa prédominance politique, mais en ce faisant, il a unifié l’État romain, détermination nécessaire dans l'histoire de Rome et du monde. Hegel exprime alors une partie de sa théorie des grands hommes : ils sont . Les peuples , et les peuples .
Les moyens de la réalisation : l'individu, le bonheur et la moralité