Luc de Heusch, né à Bruxelles le et y décédé le ., est un réalisateur, écrivain et anthropologue belge, professeur émérite à l’Université libre de Bruxelles (ULB), docteur honoris causa de l’université Marc Bloch de Strasbourg et membreÉlu correspondant, le 8 janvier 1987 ; membre, le 6 mai 2004. Devenu membre émérite, le juillet 2006. Source: site Web de l'Académie consulté le 13 août 2013. de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique.
Biographie Luc de Heusch est titulaire d'un diplôme en Sciences Politiques et Coloniales délivré par l'ULB. Sa thèse de doctorat (ULB 1955) porte sur le symbolisme de l'inceste royal en Afrique Centrale.
Cinéma En 1947 et 1948, Luc de Heusch débute au cinéma comme assistant d’Henri Storck.
Luc de Heusch est président du Fonds Henri Storck.. Il a fréquenté régulièrement les festivals de cinéma documentaire et la Cinémathèque royale de Belgique.
En 1951, Luc de Heusch se fait connaître sous le pseudonyme Luc Zangrie en tournant, dans une maison abandonnée d’Anderlecht, le seul film du mouvement CoBrA : Perséphone, un essai poétique un peu nébuleux, aux accents surréalistes, renouant avec le cinéma d'avant-gardeCinéma : cent ans de cinéma en Belgique ; Jean Brismée ; page 98. Luc de Heusch va devenir comme Henri Storck (dont il est le biographe) et, dans une moindre mesure, Charles Dekeukeleire — un cinéaste documentariste ethnologue presque officielVoir le texte paru dans la Nouvelle Biographie nationale, éditée par l'Académie Royale des sciences, des Lettres et des beaux-arts, Belgique, Bruxelles, 2005.. Luc de Heusch est souvent comparé à Robert Flaherty et considéré comme le Jean Rouch belgeProfesseur d'anthropologie jusqu'en 1992 à l'Université libre de Bruxelles, et cinéaste depuis le début des années 1950, on a longtemps considéré ce spécialiste en africanisme, également passionné de peinture, comme le Jean Rouch belge : « Hommage à Luc de Heusch » sur le site de Paris Obs. Il fut secrétaire adjoint du CIFES (Comité International du Film Ethnographique et Sociologique).
Anthropologie En 1949, il fit ses débuts d'anthropologue comme boursier de la Fondation Jacques Cassel, en pays Babuye. En 1952, il part à nouveau au Congo-belge, avec son confrère Jacques Maquet et son épouse Marie Storck, sous mandat de recherche de l'Institut pour la Recherche Scientifique en Afrique Centrale (IRSAC). En 1953–1954, il effectue une recherche chez les Mongo du Kasai pour l’IRSAC. Il a poursuivi dans le même cadre institutionnel avec des recherches de terrain dans les sociétés hamba-tetelaPatrice Lumumba était d'origine Tetela du Congo belge. De 1955 à 1992, il est professeur d’anthropologie socio-culturelle à l’ULB. Il est spécialisé en africanisme, en vertu de son expérience et de sa connaissance du Rwanda.
Proche de Germaine Dieterlen, il participe à Paris aux travaux de son centre au CNRS, LA221 « Système de Pensée en Afrique Noire », dont il devient directeur en 1973.
Luc de Heusch insiste sur le processus historique du clivage entre les deux principales ethnies de ce pays. Il indique également que le Rwanda pré-colonial était une société de classes sociales opposant de manière dichotomique une aristocratie tutsi formée d'éleveurs à une masse paysanne hutu et analyse que cette société de classes devient une société de castes.
Luc de Heusch publie en 2000 chez Gallimard Le Roi de Kongo et les monstres sacrés, le troisième volume de ses Mythes et rites bantous, une série inaugurée en 1972 par Le Roi ivre ou L’Origine de l’État. L’auteur est fidèle au même principe que dans les deux volumes précédents : découvrir dans le domaine bantou les systèmes de pensée sous-jacents à un certain nombre de pratiques rituelles et les discours susceptibles de les éclairer. En exergue à l’introduction il a placé une déclaration de Merleau-Ponty : « la structure n'ôte rien à la société de son épaisseur ou de sa pesanteur ». C'est l'épaisseur de l'histoire qui l'intéresse de plus en plus dans les analyses, il continue à s'inspirer de la méthode proposée par Lévi-Strauss. Il est persuadé que les structures globales de sociétés voisines peuvent être déchiffrées dans un certain nombre de cas comme système de transformations. Cette fois, pour affirmer la démarche il a choisi d'explorer une aire linguistique et culturelle continue, celle des Kongo d'Afrique centrale, dont certains aspects nous sont connus grâce aux chroniques anciennes du . Le critique a été maintes fois lancée au structuralisme d'être indifférent à la dimension diachronique des sociétés sans écriture. Il salue, dans plusieurs publications, les récents développements de l'ethnohistoire mais il est persuadé qu'elle ferait fausse route si elle avait l'ambition se substituer complètement à l'anthropologie qui, traditionnellement s'est intéressée presque exclusivement à la synchronie et qui ne peut ignorer la diachronie, là où il est possible de la reconstituer.
Il s'est intéressé aussi à la transe, au sacrifice, à l'anthropologie politique, à l'ethnie et au nationalisme. Il a connu le Rwanda à la fin de l'époque coloniale et lui a consacré divers ouvrages mythologiques. Curieux de la jeune République, il revisita le pays en 1963 et fut épouvanté par la terreur que le gouvernement Hutu faisait peser sur les Tutsi qui n'avaient pas pris la fuite lors des événements tragiques de 1959. Il découvrit avec stupeur le rôle funeste que jouait la coopération militaire belge chargée de mettre sur pied l'Armée nationale rwandaise. Un premier massacre de populations civiles fut perpétré la veille de Noël après le retour en Belgique de Luc de Heusch. Il dénonça devant la Ligue belge des Droits de l'Homme la responsabilité des coopérants militaires belges mais sa voix resta sans écho, d'où sa colère devant le génocide qui se déroula trente ans plus tard et son désir de témoigner par un film accusateur.
Vie privée Luc de Heusch s'est marié quatre fois, la première en 1952 avec Marie Storck, fille de son mentor..
Rayonnement Ont été ses élèves et sont connus aujourd'hui :
Filmographie sélective
Bibliographie sélective
Citations « L’absence d’archives nous rend aveugles aux bouleversements sociaux et politiques que nombre de sociétés africaines ont connus depuis des siècles ».
Voir aussi Cinéma belge Anthropologie Liste d'anthropologues par nationalité
Liens externes
Courte biographie avec photographie du réalisateur sur le site de la Communauté française de Belgique In Memoriam Luc de Heusch, par Sophie Accolas et Jacob Durieux, Journal des anthropologues 130-131, pp. 7-13, Paris 2012. Son point de vue sur le génocide au Rwanda tel que retranscrit par la revue Toudi Tutsis, Hutus et histoire.
Sources , Ceci n'est pas un ethnologue. Luc de Heusch ou l'éloge de la bâtardise. par Freddy Raphael, revue des Sciences Sociales, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, , . 2000, Luc de Heusch entre nó, par Vítor Oliveira Jorge, Trabalhos de Antropologia e Etnologia, Revista inter e transdisciplinar de Ciëncias Sociais e Humanas, vol. XL, fasc.1-2, Porto, Sociedade Portuguesa de Antropolgia e Etnologia, . Luc de Heusch, une pensée sauvage, fim de Karine de Villers, 50 min, 2007. Apocalypse sur trois rochers Apocalypse sur trois rochers, court-métrage expérimental avec la participation de Luc de Heusch, 9 min 09 s., 2013.
Notes et références
Catégorie:Naissance en mai 1927 Catégorie:Naissance à Bruxelles au XXe siècle Catégorie:Réalisateur belge Catégorie:Documentariste belge Catégorie:Anthropologue belge Catégorie:Ethnologue africaniste Catégorie:Personnalité bruxelloise Catégorie:Professeur à l'université libre de Bruxelles Catégorie:Docteur honoris causa Catégorie:Réalisateur de film expérimental Catégorie:Collaborateur de la revue Le Débat Catégorie:Décès en août 2012 Catégorie:Décès à Bruxelles Catégorie:Étudiant de l'université libre de Bruxelles Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Verrewinkel Catégorie:Décès à 85 ans Catégorie:Lauréat du prix Auguste Beernaert