thumb|Le général Henri Giraud. Le Commandement en chef français civil et militaireOrdonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental, site de l'université de Perpignan.Le Commandement en chef civil et militaire, site de l'université de Perpignan., dit également Commandement en chef français ou Commandement civil et militaire d'Alger, est l'organe gouvernemental dirigé à Alger par le général Giraud à la suite de la libération d'une partie des territoires français d'Afrique du Nord lors de l'opération Torch des 7 et .

La structure créée par François Darlan après le débarquement porte d'abord le nom de « Haut-commissariat de France en Afrique » ; le nom de « Commandement en chef français civil et militaire » est adopté par Giraud, successeur de Darlan, en . Le Commandement en chef français civil et militaire exerçait son autorité sur l'Algérie française, le Protectorat français du Maroc, le Protectorat français de Tunisie (après son évacuation par les Allemands et les Italiens en ) et l'Afrique-Occidentale française. En , le Commandement fusionne avec le Comité national français, organe de direction de la France libre, pour donner naissance au Comité français de Libération nationale.

Historique

L'amiral François Darlan, après une opposition de quelques jours au débarquement allié en Afrique du Nord ordonnée par le maréchal Pétain et le régime de Vichy, se rend compte de la réalité du rapport de forces et bascule dans le camp des Alliés. Le , il est reconnu comme « Haut-commissaire de France résidant en Afrique du Nord » par le général Eisenhower. Le général Giraud devient de son côté commandant des forces militaires en Afrique du Nord. Sur les conseils du diplomate Robert Murphy, émissaire de Roosevelt, Darlan inclut à ce haut-commissariat les conjurés du , qui comprend en outre les grands feudataires. Le pouvoir est alors concentré entre ses mains et celles de son conseiller politique, le général Bergeret, ex-ministre de Vichy.

Mais le , Fernand Bonnier de La Chapelle, un des activistes du enrôlé dans les Corps francs d’Afrique, abat Darlan. Il sera exécuté, après un procès sommaire, le . La plus grande confusion règne. Des partisans du « comte de Paris », dont Henri d'Astier de la Vigerie, tentent de favoriser l'accession au pouvoir du prétendant orléaniste au trône de France..

Le , le général Giraud est élu haut-commissaire par les membres du Conseil impérial. La candidature du « comte de Paris » ne semble pas avoir été envisagée. Celle de Charles Noguès, préféré par les vichystes et que Giraud affirmera plus tard avoir pensé un moment soutenir, n'a pas l'agrément des anglo-saxons du fait de son attitude pendant le débarquement en Afrique du Nord. Par une ordonnance du , Giraud prend le titre de « Commandant en Chef civil et militaire ». Le Journal officiel du Haut-commissariat de France en Afrique est remplacé, à partir du , par celui du Commandement en chef français civil et militaireEugène-Jean Duval, Aux sources officielles de la colonisation françaises – Tome 2, Vers la décolonisation : 1940-2009, L'Harmattan, 2009, .. Giraud signe ses déclarations et ordonnances du titre suivant : .

Giraud exerce son autorité sur l'Algérie française et le Protectorat français du Maroc, pendant que les combats contre Allemands et Italiens se poursuivent dans le Protectorat de Tunisie ; Darlan ayant précédemment obtenu le ralliement de l’Afrique-Occidentale française, celle-ci est également dans le camp giraudiste, tandis que l'Afrique-Équatoriale française est dans le camp gaullistePierre Montagnon, La France coloniale, tome 2, Pygmalion-Gérard Watelet, 1990, ..

Giraud a conservé à ses côtés un certain nombre de collaborateurs de Darlan. Plusieurs des lois de Vichy se perpétuent momentanément, tolérées par les États-Unis malgré les protestations du général de Gaulle. Le , Bergeret fait arrêter « à titre préventif » plusieurs personnalités, pour la plupart gaullistes, ayant participé aux opérations alliées du .. Sous la pression alliée, les douze gaullistes arrêtés sont progressivement libérés, de même que les vingt-sept députés communistes précédemment internés en Algérie en . Le , Giraud nomme au poste de Gouverneur général Marcel Peyrouton, ancien ministre de l'intérieur de Vichy et acteur de l'abrogation du décret Crémieux.

Au début du mois de , plusieurs mesures annoncent une prise de distance avec Vichy. Les effigies du maréchal Pétain et les allusions à l'État français disparaissent progressivement des édifices publics et des documents officiels. Cette évolution est accélérée par l'arrivée, début mars, de Jean Monnet, envoyé par Franklin Delano Roosevelt pour épauler Giraud. Le , Giraud prononce un discours qu'il qualifiera plus tard de , par lequel il rompt avec Vichy en affirmant que l'armistice du 22 juin 1940 n'a pas engagé la France et que la législation promulguée depuis est sans effetAlfred Salinas, Les Américains en Algérie 1942-1945, L'Harmattan, 2013 , chapitre 3 : « La bataille d'Alger », ..

Jean Monnet pousse Giraud à négocier avec de Gaulle après que la conférence de Casablanca a constitué une première prise de contact. Plusieurs pans de la législation vichyste sont progressivement abandonnés. Giraud refuse cependant de revenir sur l'abrogation du décret Crémieux, ce qui aboutirait à rendre leur citoyenneté française aux Juifs d'Algérie, considérant qu'. Le décret ne sera rétabli qu'en octobre. De Gaulle arrive à Alger le (après la libération définitive de la Tunisie par les forces alliées, le ). Le 1943, le Commandement civil et militaire d'Alger fusionne avec le Comité national français de Londres, pour former le Comité français de Libération nationale. Cela constitue une première étape du général de Gaulle pour évincer le général Giraud à la tête de l'Afrique française du Nord.

Composition vignette|Les généraux Bergeret (à gauche) et Mendigal ( en partant de la gauche) avec les généraux américains Carl Spaatz et James Doolittle, en 1943. Haut-commissaire, puis commandant en chef français civil et militaire : général Henri Giraud Haut-commissaire adjoint : général Jean Bergeret Cabinet civil et militaire : Affaires civiles : Jacques Lemaigre Dubreuil Affaires militaires : André Beaufre Secrétaire aux affaires politiques : Jean Rigault Secrétaire aux affaires extérieures : Jacques Tarbé de Saint-Hardouin Secrétaire aux affaires économiques : Alfred Pose Secrétaire à l'Information : général René Chambe ( (décision du ) - ) puis André Labarthe Gouverneur général de l'Algérie française : Marcel Peyrouton Résident général au Protectorat du Maroc : Charles Noguès Commandant des forces navales : amiral Frix Michelier Major général des armées : général René Prioux Commandant des forces terrestres : général Alphonse Juin Commandant de l'aviation en AFN : général Jean Mendigal Secrétaire d'état "conseiller personnel" : René Chambe ( - )

Notes et références

Voir aussi Histoire de l'Empire colonial français pendant la Seconde Guerre mondiale

Catégorie:Histoire de la France pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Algérie française Catégorie:Protectorat français au Maroc Commandement en chef francais civil et militaire France, 1942