La Ronde est un film français de Max Ophuls sorti en 1950. Il est adapté de la pièce de théâtre homonyme de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler.
Synopsis Un narrateur, le , présente une série d'histoires tournant autour de rencontres amoureuses ou . La passe de la prostituée au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de famille, de celui-ci à Emma, la dame mariée, d'Emma à Charles son mari, de Charles à la grisette Anna qui tend la main au poète, qui l'abandonne pour la comédienne qui ne résiste pas au comte, lequel, retournant s'encanailler avec la prostituée, boucle le cercle.
Prologue Un personnage vu de dos monte un escalier puis passe devant un théâtre dont les rideaux de scène sont ouverts. Il se parle à lui-même en disant « Qu’est-ce que je viens faire dans cette histoire ? Je suis l’auteur, un compère, un passant ? Je suis vous… et votre désir de tout connaître. Mais où sommes-nous ici, dans un studio, dans une rue ? » Il quitte son manteau gris et change de costume pour être vêtu d’un habit élégant puis coiffé d’un haut de forme il dit « Nous sommes à Vienne dans le passé. Nous sommes en 1900. Le passé c’est tellement plus reposant que le présent et plus sûr que le futur. » Il dit qu’il va être question d’amour et il chante la valse de « La ronde de l’amour » en passant devant un manège qui tourne comme les personnages qui dansent tous au même pas. Il est abordé par la fille à qui il dit qu’il ne vient pas avec elle car il est « le meneur de jeu » et qu’il n’est pas dans la ronde qui va commencer avec elle car elle va rencontrer le soldat.
La fille et le soldat Des soldats passent devant la fille qui en interpelle un sixième en lui disant : « Tu viens beau blanc ? Tu veux pas venir, j’habite tout près, viens te réchauffer ? » Il lui dit qu’il n’a pas le temps et doit rentrer au quartier pour ne pas écoper de quatre jours. Elle lui dit « J’ai pas besoin d’argent ; pour les gars comme toi, c’est gratuit ». Quand elle lui dit qu’elle habite à dix minutes, il lui répond « Donne-moi ton adresse, je viendrais demain ». « Tu ne viendras pas » dit-elle et elle le fait descendre du rempart par un escalier de pierre jusqu’en bas où il l’entraîne dans une encoignure de muraille en lui disant « On n’a pas besoin de banc, on n’est pas dans le monde. » Le refrain de la ronde s’entend. Le clairon sonne qui est joué par le meneur de jeu dont c’est le premier déguisement de militaire et qui claironne l’appel. « Cavale pas. Je m’appelle Léocadie » lui dit la fille que le soldat Franz quitte très vite et il court. La fille le traite de radin et de salaud car il ne lui a même pas donné une cigarette. Le soldat fait le mur de la caserne… Une minute de plus et la ronde s’arrêtait. Le clairon meneur de jeu dit « Le soldat rentre à la caserne mais il ressort le samedi. Il va danser sous les lanternes et il rencontre Mamzelle Marie. »
Le soldat et la femme de chambre Au bal, le soldat danse avec Marie après qu’il a dansé avec une fille de ses relations qui a le visage de travers. Puis il l’entraîne dans un beau jardin rempli d’amoureux et il trouve un banc où ils s’assoient après qu’elle lui ait dit « Tu seras sage, tu promets ? » et une belle statue du dieu Pan apparaît. Puis tous deux sont debout et il la quitte pour revenir au banc rechercher son sabre. Un brigadier avec sa compagne le lui rend en lui disant « Un soldat ne doit jamais se séparer de son sabre » et lui-même se sépare de son sabre pour embrasser sa conquête. Le soldat revient vers Marie qui veut rentrer dans sa place mais il veut encore danser et il lui offre un demi de bière où il la laisse assise toute seule. Le meneur de jeu élégant s’approche ensuite de Marie qui lui dit qu’elle ne le connaît pas et lui demande « Qui êtes-vous ? » ; « Personne » répond-il en lui apprenant qu’elle a perdu sa place en rentrant trop tard mais il lui dit qu’elle en aura une autre en juillet. Il la raccompagne dans sa nouvelle place en faisant une petite marche dans le temps et puis lui dit « Vous y êtes déjà » où elle trouvera un nouvel amant. Elle découvre qu’elle est en belle tenue de bonne et elle monte l’escalier pour sonner à l’étage. La musique de la ronde reprend. Le meneur de jeu montre ensuite un clap de scène de cinéma qui porte écrit la scène suivante.
La femme de chambre et le jeune homme Marie lit une lettre du soldat Franz qui souhaite la revoir et à qui elle répond que sa lettre lui a fait un très grand plaisir. Elle se lève et part frapper à la porte de la chambre du jeune homme de famille qui l’a appelée en sonnant et qui lui demande de baisser les jalousies car il fera trop chaud. Puis il lui demande un grand verre d’eau bien fraîche. Il la raisonne et lui demande l’heure car il attend le professeur Schuller pour son cours de français qui le prépare à son examen. Alfred assis la félicite pour son corsage bleu puis la prend dans ses bras. « Il fait trop clair » dit-elle. Il ferme les rideaux et lui dit qu’il l’a vue la veille au soir parce que la porte de sa chambre était ouverte et qu’il a vu des tas de choses. Il ferme les volets. La ronde reprend. Le meneur de jeu croise un monsieur à barbe à qui il demande « Où allez-vous mon ami ? » « Au troisième »... « Il n’y a personne là-haut » lui dit le meneur de jeu car monsieur et madame sont à la campagne. « Mais c’est leur fils que je viens voir » dit le visiteur. « Il a dû changer d’avis » dit le meneur de jeu « car il n’est pas là, voyez d’ailleurs les volets qui sont sûrement fermés ». Il est remercié et le meneur de jeu lui dit « Ne me remerciez pas monsieur le professeur car il faut qu’elle continue à tourner ». « Oui qui ça ? » « La ronde monsieur le professeur ». Marie ouvre les volets et Alfred lui dit « Marie allez voir, je suis sûr qu’on a sonné ». Elle va voir et lui dit qu’il n’y a personne. Alfred part dehors en lui disant que c’est la providence, qu’il a besoin de marcher et qu’il a dix ans de plus. « Tu ne m’en veux pas », lui dit-il. Elle lui répond « Vous, je suis sûr de vous revoir ». Le meneur de jeu élégant est au centre du manège de la ronde dont il tourne le volant et dit « Tournent tournent mes personnages ». Il raconte la prochaine aventure du jeune homme qui a grandi et loué une garçonnière pour recevoir celle qu’il attend et qui lui a promis de venir. Elle descend très bien habillée d’un fiacre. Le meneur de jeu annonce « Le jeune homme et la femme mariée ».
Le jeune homme et la femme mariée La femme mariée entre et s’assoit chez lui. Elle le rassure en lui disant qu’elle n’a pas été suivie. Il lui fait enlever son collet et ses deux voilettes puis son chapeau. « Vous m’aimez ? », lui dit-elle. « J’espère que vous n’en doutez pas », répond-il. Elle répond « Alors, vous n’en doutez pas et vous allez me laisser partir ». Il lui demande de ne plus le torturer et il lui embrasse les mains. Elle lui caresse les cheveux et lui demande quelle est la pièce en face : « Un salon », dit-il. Puis, elle lui demande un verre d’eau et, lorsqu’il part en chercher, elle ouvre la porte en face et trouve un lit à deux places puis referme la porte. Elle le sonne car il tarde à revenir. Le meneur de jeu réapparaît pour redémarrer le manège en panne. Lorsqu’Alfred revient, il trouve le salon vide et craint qu’elle ne soit partie. Il ouvre la porte de la chambre et lui dit « Ah vous m’en avez donné des émotions Emma ! » Puis il s’assoit dans le lit près d’elle allongée et lui demande si elle a lu Stendhal dont souvent les personnages racontent la même chose que ce qui lui est arrivé à lui… « C’est si gentil au contraire de rester bons camarades », lui dit-elle, puis elle lui demande « Où est ta montre ? » et elle passe son bras autour de son torse. Ils s’embrassent. Puis, lorsqu’elle part en lui disant qu’elle l’appellera demain, Alfred tout heureux se dit « Me voici l’amant d’une femme mariée ». Le meneur de jeu remet le manège en route et ils valsent ensemble sur l’air de la ronde. Très belle et coquette, Emma porte en valsant une plume blanche dans ses cheveux. Le meneur de jeu annonce « La femme mariée et son mari ».
La femme mariée et son mari « Qu’est-ce que tu fais ? » demande le mari à Emma son épouse qui est dans son lit voisin du sien. « Je lis Stendhal », dit-elle tandis qu’il fait des calculs à haute voix. Puis elle lui demande « Qu’est-ce qu’il y a ? » et il lui répond que c’est à elle qu’il faut poser la question car « elle se transforme » dit-il. « Tu es bien galant ce soir », lui dit-elle. Comme Il reprend ses comptes en lui disant que les maris ont des soucis et n’ont pas toujours l’esprit libre. « Moi j’éteins » dit-elle et ils s’embrassent puis elle lui souhaite « bonsoir Charles ». « Tu te souviens de Venise, de notre voyage de noces ? » lui dit-il en lui demandant de rallumer la lumière. Il lui dit ensuite « Il y a dans le mariage une alternance entre les périodes calmes et d’autres moins calmes » puis il lui tient un long discours sur « le mariage qui est un troublant mystère ? Vous autres jeunes filles de bonne famille vous venez à nous ignorantes et pures. Nous autres nous savons et nous sommes condamnés à rencontrer des femmes… » dont il refuse de lui parler lorsqu'elle évoque « les créatures de sa jeunesse » dont il lui a parlé. Puis elle lui demande « Tu as été l’amant d’une femme mariée ? » Charles s’offusque puis lui dit ensuite « Oui une fois » puis « elle est morte car toutes ces femmes-là meurent jeunes ». Emma rallume et lui demande s'il l’aimait et il lui dit « Mon petit on n’aime pas ces femmes-là. Il y a une justice. Car on ne peut aimer réellement que dans la vérité, la pureté ». Ils ferment chacun leur lumières. Elle demande « Quelle heure est-il ? » et il répond « Qu’est-ce que ça peut faire nous avons la vie devant nous. Pense à Venise » dit-il puis « Donne moi la main » et ils se prennent la main tendrement dans le noir de la chambre. L’air de la ronde reprend et la voix du meneur de jeu annonce « Le mari et la grisette ».
Le mari et la grisette