Vladimir Sviatoslavitch, dit « le Beau Soleil » (en vieux russe : ; , Vladimir Sviatoslavitch ; , Volodymyr Sviatoslavytch ; , Ouladzimir Sviataslavitch ; ; ), dit , mais plus connu sous le nom de Vladimir le Grand, le Soleil RougeDans les épopées. ou encore saint VladimirPar l'Église après sa mort., est un grand-prince de la Rus' de Kiev de la dynastie des Riourikides (né en 958Les sources divergent, mais indiquent toutes une date de naissance allant de 956 à 960. et mort le à Berestova, aujourd'hui Kiev), qui règne de 980 à 1015.

Fils cadet de et de sa concubine Maloucha, il est également prince de Novgorod à la mort de son père en 972, puis est forcé de s'enfuir pour la Scandinavie en 976 après l'assassinat de son frère Oleg par son autre frère pour la conquête du Rus' de Kiev. En Suède, avec l'aide du jarl de Norvège Håkon Sigurdsson, il rassemble une armée de Varègues et reprend Novgorod à son frère aîné Iaropolk et le tue (il devient alors ensuite officiellement grand-prince de Kiev).

Il est l'une des grandes figures de la Rus' de Kiev, tant d'un point de vue politique que spirituel. Il est fêté comme saint par l'Église catholique et l'Église orthodoxe le .

Biographie Jeunesse et installation au pouvoir Vladimir, né en 958 au village Budyatino, dans la région de Volyn, Ukraine, est le fils naturel de Sviatoslav le Brave et de MalouchaДиба Ю. Батьківщина святого Володимира: Волинська земля у подіях X століття (Міждисциплінарні нариси ранньої історії Руси-України). - Львів: Видавництво “Колір ПРО”, 2014. - 484 с.: іл. - (Серія “Невідома давня Україна”. - 1)., décrite dans certaines sagas nordiques comme une prophétesse qui vécut jusqu'à l'âge de 100 ans, ayant été amenée de sa cave jusqu'au palais princier pour prédire l'avenir. Le frère de Maloucha, (gouverneur de Novgorod), est le tuteur de Vladimir et l'un de ses meilleurs généraux (qui forma plus tard le fils de Vladimir, Iaroslav).

Transférant sa capitale à Pereiaslavets en 969, son père Sviatoslav le Brave désigne Vladimir en tant que prince de Novgorod la Grande mais garde Kiev pour son autre fils, Iaropolk.

À la mort de Sviatoslav en 972, une lutte fratricide s'installe jusqu'en 976 entre Iaropolk et un autre de leurs frères, Oleg, chef des Drevliens. En 977, après l'assassinat d'Oleg, Vladimir fuit chez un parent, Håkon Sigurdsson, jarl de Norvège. Il lève en Scandinavie une armée de mercenaires vikings qui l'aident l'année suivante à retourner sur les terres de la Rus' et à reprendre Novgorod, marchant contre Iaropolk son frère.

Sur le chemin de Kiev, il envoie des émissaires à Rogvold, prince de Polotsk, pour lui demander la main de sa fille Rogneda (en vieux norrois : Ragnhild). Devant le refus de la princesse de haut rang de se marier avec le fils d'une servante, Vladimir, fou de rage, attaque Polotsk, tue Rogvold et emmène Rogneda de force. Polotsk étant un point stratégique sur la route de Kiev, sa prise par Vladimir, ainsi que la prise de Smolensk facilitent la marche sur Kiev en 978.

En 980, après sa victoire par ruse sur Iaropolk Den hellige Vladimir av Kiev (~956–1015), Den Katolske Kirke., il le fait assassiner, et viole sa femme Julie (qui met au monde peu de temps après un fils, Sviatopolk, officiellement le fils de Iaropolk, mais certaines sources affirmant qu'il serait en réalité le dernier des fils de Vladimir). Le , il devient donc le nouveau « Grand-prince de toute La Rus' Kiévienne ».

Il commence son règne par une série de campagnes victorieuses contre les Viatitches, les , la Pologne, les Iotvinges de Lituanie et les Bulgares de la Volga (musulmans) (981-985).

Baptême et mariage En 987, l'empereur byzantin lui demande de l'aide pour mettre fin à la révolte de Bardas Phocas le JeuneHistoire de Yahya-Ibn-Said d'Antioche Continuateur de Sa'id-Ibn-Bitrik (texte arabe et français) éditée et traduite par I. Kratchkovsky et A. Vasilev, Patrologia orientalis ed par Graffin R et Nau F, , Paris, 1932.. Vladimir lui livre varègues et obtient en échange la main de la princesse Anna Porphyrogénète, sœur des empereurs. La princesse sera envoyée à Kiev malgré ses réticences avec une ambassade après que Vladimir eut assiégé et occupé la ville de Chersonèse devant les délais des Byzantins.

Après son mariage, il renonce au paganisme (notamment à la luxure, étant connu sous le terme de ) et à ses nombreuses concubines. Il reçoit le baptême en 988 sous le nom de Basile (baptême donné par le métropolite de Chersonèse ou le patriarche de Constantinople selon les sources Marc-Antoine-François de Gaujal, Études historiques sur le Rouergue : Volume 3, Paris, Paul Dupont, 1859, p. 216. .), et impose à son peuple le christianisme de rite byzantin.

Son baptême est rapporté selon deux traditions :

Dans la première, Vladimir, régnant à Kiev, fait appeler à lui les représentants des principales religions connues (ou envoie ses émissaires) : le christianisme de Rome, le christianisme byzantin ou orthodoxie, le judaïsme et l'islam. Il opte pour l'orthodoxie et fait baptiser son peupleChronique des temps passés de Nestor.....

Dans la deuxième, il demande le baptême à Chersonèse en Crimée en échange de la prise de la ville, de la main de la princesse byzantine et de la guérison de ses yeuxSelon l'historien slavophile Chermontov, qui a compilé les différentes sources, cette dernière interprétation, plus politique, serait un pamphlet grec du pour éviter la canonisation de Vladimir. Voir là-dessus: Michale Klimenko, Ausbreitung des Christentums in Russland seit Vladimir dem Heiligen bis zum 17. Jahrhundert: Versuch einer Übersicht nach russischen Quellen, Berlin & Hambourg, Lutherisches Verlagshaus, 1969, ..

Selon les chroniques russes, un missionnaire musulman fut envoyé auprès de Vladimir pour le convertir. Il lui vanta les joies éternelles du Paradis où chaque homme recevrait soixante-dix épouses. Vladimir fut séduit par cette promesse, mais quand on lui dit qu'un musulman doit renoncer au vin, il déclara : .

Le Grand-prince reçoit ensuite une délégation de catholiques romains. L'austérité du rite, notamment la pratique du jeûne, le rebute. Il dit : .

La troisième mission est celle de Khazars juifs. Vladimir chercha à connaître la raison pour laquelle les juifs avaient perdu Jérusalem. , lui répondirent les juifs, . Vladimir lança alors : .

Le missionnaire envoyé par les Grecs de Byzance laissa Vladimir dubitatif. Les enquêteurs qu'il dépêcha. ensuite pour observer les différentes religions lui rapportèrent que le culte byzantin était .

Au bout d'un an, il accepta finalement de recevoir le baptême en échange de la main de la princesse Anne, sœur des empereurs byzantins.

L'adoption du christianisme entraîna la construction de nouveaux édifices sacrés avec un programme iconographique de peintures monumentales..

Galerie

Après sa mort À sa mort, une guerre de succession fratricide (1015-1019) éclate entre son neveu Sviatopolk et plusieurs de ses nombreux fils, dont Gleb et Iaroslav.

Vladimir est enterré à l'église de la Dîme qu'il avait fait construire, comme sa femme et sa grand-mère. Considéré comme le principal fondateur de la « Sainte Russie », il est également un personnage récurrent des bylines russes qui se déroulent souvent sous son règne. Dans ces poèmes épiques, il est généralement représenté comme un souverain juste et respecté de ses sujets, à l'image du roi Arthur des légendes celtes.

Selon la Chronique de Nestor, Vladimir . L'évêque allemand Thietmar le décrit comme , tandis que les chroniqueurs font référence à plusieurs centaines de concubines qu'il gardait dans son palais de Vychgorod. De ses différentes épouses, il eut au total onze fils.

Vladimir sera ensuite considéré comme par l’Église Orthodoxe, du fait de son après sa conversion (moins violent, vie plus austère). Le pape , à la fin du , fera à son tour entrer ce roi slave dans le Martyrologe de l’Église catholique.

Tropaire, ton 1 : Grand-prince Vladimir (baptisé Basile), égal aux Apôtres, sur azbyka.ru.

Famille Unions et postérité thumb|180px|Vladimir et Rogneda (par Anton Lossenko, 1770).

On ne connaît pas le nombre exact de ses enfants, ni même si certains d'entre eux sont réellement ses enfants (plusieurs de ses enfants ont également une mère supposée) :

De sa première épouse Rogneda de Polotzk il a quatre fils et deux filles : Iziaslav (mort en 1001), prince de Polatsk. Son fils Bryatchislav, mort en 1044, poursuit la lignée des princes de Polotzk, Iaroslav le Sage, prince de Rostov puis de Novgorod après la mort de Vycheslav, Mstislav, prince de Tmoutorakan puis de Tchernihiv, Vsevolod, prince de Vladimir ;

Anna Porphyrogénète en 988, sans enfant ;

Il a d'une Tchèque (Malfrida) : Vycheslav (mort en 1010), l'aîné de tous, prince de Novgorod ;

d'une autre : Sviatoslav (tué en 1015), prince des Drevlianes, Stanislav, prince de Smolensk, Pozvizd, Soudislav (mort en 1065), Maria Dobroniega, (v.1015 - 1087), épouse de ;

d'une Bulgare (Adela) : Boris, (v.985 - 1015), prince de Rostov, Gleb (v.985/90 - 1015), prince de Mourom.

Les Russes ont canonisé ce prince isapostole et l'honorent le , jour de sa mort. L'impératrice a institué en son honneur l'Ordre de Saint-Vladimir.

Ancêtres

Hommages vignette|170px|Statue de Vladimir le Soleil rouge à Sébastopol. La ville Volodymyr-Volynskyï, aujourd'hui en Ukraine, est renommée Vladimir aux alentours de 988-990 en l'honneur de Vladimir le Grand. En 1782, l'impératrice de Russie créa l'Ordre de Saint-Vladimir. En 1957, l'Église orthodoxe russe fonde l'Ordre du Saint grand-prince Vladimir. Un golfe de la mer du Japon est nommée la baie de Vladimir, dans la région russe du Kraï du Primorie. Le , Vladimir Poutine inaugure au pied du Kremlin une statue monumentale (18 mètres de haut) du prince VladimirPierre Avril, « Poutine mobilise la patrie russe », Le Figaro, samedi 5 / dimanche 6 novembre 2016, page 8.. Le Détachement frontalier de Tchernihiv porte son nom depuis 2019.

Filmographie Viking, la naissance d’une nation de Andreï Kravtchouk.. Prince Vladimir, dessin animé de Iouri Koulakov.

Galeries Galerie de portraits

Galerie de monuments

Galerie numismatique

Galerie philatélique

Notes et références Notes

Références

Annexes

Bibliographie Michel Heller : Histoire de la Russie et de son Empire, 2015, Éd. Tempus Perrin, , Francis Dvornik, « La Russie de Kiev » dans le livre : Les Slaves : histoire et civilisation, de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine, Paris, Seuil, 1970, p. 171-228. Vladimir Volkoff, Vladimir, le Soleil rouge (traduit de l'anglais par Gérard Joulié), Julliard et L'Âge d'Homme, Paris et Lausanne, 1981, 410 p. . Boris Vassiliev, Владимир Красное Солнышко (Vladimir le Beau Soleil), Litres, 2020 .

Articles connexes Liste des souverains de Kiev Saints Boris, Vladimir et Gleb

Liens externes

Le prince Vladimir le Grand, saint et égal aux apôtres, sur pskoviana.ru

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