Théodose Morel, dit Tom Morel, né le à LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, année 1915, acte de naissance , cote 2E3745 et mort le à Entremont (Haute-Savoie), est un officier et résistant français, compagnon de la Libération.
Biographie
Jeunesse et carrière militaire Il naît dans une famille de la bourgeoisie lyonnaise ; son père est le fils d'un industriel lyonnais de la soierie, sa mère issue d'une famille de juristes et de militaires savoyards.
Il fait de brillantes études chez les jésuites dans la région lyonnaise, au lycée Notre-Dame de Mongré puis à l'externat Saint-Joseph, où il est scout de France et chef de la patrouille des cigognes, puis s'oriente vers la carrière militaire. Il prépare, à Sainte-Geneviève à Versailles, le concours de Saint-Cyr où il entre en 1935 (promotion 1935-1937 Maréchal-Lyautey). Lors de sa scolarité à Saint-Cyr, il est encadré par une autre future personnalité des troupes alpines et de la résistance : Jean Bulle. À sa sortie, en 1937, nommé sous-lieutenant, il choisit d'être affecté au BCA d'Annecy. Il suit alors une formation de haute montagne à Chamonix et devient chef de la section d'éclaireurs skieurs (S.E.S.) du bataillon, dont il fait un instrument de combat de premier ordre. En , il épouse une Annécienne, Marie-Germaine Lamy.
En , le BCA est stationné sur la frontière italienne, la S.E.S. commandée par Tom Morel se trouvant juste au-dessus de Val d'Isère. En , tandis que son bataillon part pour le front de l'Est, la section de Tom Morel, promu lieutenant, reste à la garde de la frontière italienne. Deux jours après l’entrée en guerre de l'Italie, le , il se distingue dans la bataille des Alpes. Exploitant avec décision le succès de l'une de ses patrouilles, il fait cinq prisonniers et s'empare d'un matériel important. Il est décoré de la croix de Guerre et obtient sa première citation. Blessé le , il reste à la tête de sa section. Les 20 et , il se bat près du col du Petit-Saint-Bernard où son action contraint les troupes italiennes à se replier. Il reçoit une seconde citation, puis est fait chevalier de la Légion d’honneurBiographie, Ordre de la Libération.. Il n’est alors âgé que de 24 ans.
Tom Morel sert ensuite dans l'armée d'armistice à Annecy sous les ordres du commandant Vallette d'Osia et participe au camouflage d'armes et de matériel. En 1941, il est nommé instructeur à Saint-Cyr, alors repliée en zone sud à Aix-en-Provence, où il encourage implicitement ses élèves à entrer dans la Résistance.
Résistance et plateau des Glières
Après l'invasion de la zone sud par les Allemands en , Tom Morel passe dans la clandestinité et entre dans la Résistance en Haute-Savoie où il retrouve le commandant Vallette d'Osia, organisateur et chef de l'Armée Secrète (AS) pour ce département. Il va alors s'attacher, avec le capitaine Maurice Anjot, ex-adjoint de Vallette d'Osia, à organiser l'AS dont le nombre de volontaires se multiplie après la mise en œuvre du service du travail obligatoire (STO) en Allemagne en février 1943.
En , le commandant Vallette d'Osia est arrêté par les Allemands qui viennent de remplacer les Italiens dans l'occupation de la Savoie. C'est le capitaine Henri Romans-Petit, organisateur et chef de l'AS de l'Ain qui lui succède à la tête de l'AS de Haute-Savoie. Celui-ci nomme Tom Morel chef des maquis du département et lui donne pour mission d'organiser la réception des parachutages alliés sur le plateau des Glières.
Le , Tom Morel s'installe sur le plateau avec 120 maquisards. À la fin février, il a sous ses ordres environ 300 hommes qu'il a organisés en trois compagnies, dont un bataillon espagnol. Tom Morel s'illustre par ses talents de chef et d'entraîneur d'hommes venus d'horizons géographiques, sociaux et politiques très divers. Il adopte la devise « vivre libre ou mourir » et instruit son bataillon pour en faire une unité homogène et opérationnelle en vue des combats de la libération. En février et en mars, de nombreux accrochages se produisent avec les groupes mobiles de réserve (G.M.R.) et avec la Milice du régime de Vichy qui encerclent alors le plateau.
Le , Tom Morel décide une opération commando contre l'hôtel Beau Séjour à Saint-Jean-de-Sixt où sont cantonnés des G.M.R. Trente d'entre eux sont faits prisonniers. Ils doivent servir de monnaie d'échange contre Michel Fournier, étudiant en médecine et médecin auxiliaire du maquis, arrêté au Grand-Bornand quelques jours plus tôt. Les prisonniers sont libérés, mais, malgré l'accord sur l'honneur de l'intendant de police d'Annecy, Michel Fournier reste détenu.
En mars, le maquis des Glières bénéficie de l'arrivée de 120 maquisards du Chablais et du Giffre. Tom Morel décide alors de mener une autre opération, plus importante et plus risquée, contre l'état-major du G.M.R. Aquitaine à Entremont au pied du plateau des Glières. En effet, l'officier de paix Robert Couret, commandant par intérim du G.M.R., n'a pas respecté ses engagements à l'égard de la Résistance et son chef, le commandant Grégoire LefèbvreGrégoire Lefèbvre, né le 19 novembre 1892 à Felce en Corse, est le fils de Léon Théodore Lefebvre, gendarme à pied à Valle-d'Alesani en Corse, et de Marie Xavière Felce. Il participe à la Grande Guerre dans l'artillerie lourde. Il est cité à l'ordre de l'armée en décembre 1918 et décoré de la croix de guerre 1914-1918 avec palme. Promu capitaine en 1938, il participe à la bataille de France en juin 1940. Il est cité à l'ordre de la 14e division d'infanterie par le général de Lattre de Tassigny le 25 juin 1940 et décoré de la croix de guerre 1939-1945 avec étoile d'argent. Après l'armistice, il poursuit sa carrière dans la police et intègre les GMR en juillet 1941 avec le grade de « commandant des gardiens de la paix ». Il est affecté au commandement du Groupe Aquitaine le 1er décembre 1943. Le groupe quitte Toulouse pour la Haute-Savoie le 12 février 1944 et reçoit la mission de contrôler le haut de la vallée de Thônes. Il installe son poste de commandement à La Clusaz. Le 10 mars 1944, lors de l'attaque de l'Hôtel de France, siège de l'état-major des GMR, par les maquisards des Glières, Lefèbvre tue Tom Morel avant d'être lui-même abattu à son tour. Source : (en ligne), (en ligne), arrivé le , a refusé toute discussion avec le maquis. Plus d'une centaine d'hommes participent à l'opération dans la nuit du 9 au . Un des groupes, commandé directement par Tom Morel, réussit à prendre l'hôtel de France, siège de l'état-major des G.M.R. Les maquisards désarment leurs prisonniers, mais le commandant Lefèbvre - qui avait gardé un révolver 6,35 mm sur lui - tire sur Tom Morel Claude Barbier, Le Maquis de Glières, Perrin, 2014, p.216.
thumb|L'hôtel de France, ancien siège de l'état-major des G.M.R. (Entremont).
Le corps du lieutenant Théodose Morel est remonté sur le plateau des Glières, où il est enterré le après une cérémonie religieuse. Le suivant, son corps est descendu dans la vallée et il est aujourd'hui inhumé au cimetière militaire de Morette, devenu la nécropole nationale des Glières, en Haute-Savoie.
thumb|Tombe de Tom Morel à la nécropole de Morette en 2009.
Famille Tom Morel épouse Marie-Germaine Lamy. Ils ont trois enfants : Robert Morel (1939-1961), saint-cyrien de la promotion "Terre d'Afrique", lieutenant au 27 BCA tué accidentellement à Ifigha (Algérie) le ; Philippe Morel (1940-2010), amiral, président de l'Association des familles des compagnons de la Libération et vice-président de l'Association des Glières ; François Morel (1941-1944).
Marie-Germaine Lamy est décédée le .
Son petit-fils, le colonel Ivan Morel, est le chef de corps du bataillon de chasseurs alpins de 2019 à 2021.
Décorations 106px 106px106px (prise de rang le ) à titre posthume par décret du (2 citations).
Postérité Le , le général de Gaulle lui décerne à titre posthume la croix de la Libération. Voici le texte de la citation du lieutenant Théodose Morel pour la croix de la Libération :
En son honneur, la de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1987-1990) a été baptisée Lieutenant-Tom-Morelvoir présentation de la promotion Lieutenant Tom Morel sur le site de La Saint-Cyrienne.
Voici, pour tenter de caractériser en quelques mots la personnalité de Tom, une citation de Pierre Golliet tirée de Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance - - de Golliet, Pierre, Helfgott, Julien et Jourdan, Louis (1946) :
La salle des fête de Thorens-Glières porte son nom en son honneur.
En , le bâtiment de cours des classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr est baptisé « bâtiment Tom-Morel »« PERSONNALITÉS » sur « LE SITE DES ANCIENS DU LYCÉE MILITAIRE DE SAINT-CYR ».
La salle de travail de la compagnie du lycée militaire d'Aix-en-Provence est nommée « salle Tom-Morel » en son honneur.
Le nouveau quartier du 27 BCA (de Cran-Gevrier, puis d'Annecy avec la réunification des communes en 2017) porte le nom de Tom Morel. Et depuis 2022, le lycée d'enseignement professionnel « LEP Carillon » qui fait face au Quartier militaire a été rebaptisé, à la suite d'importante transformation des bâtiments, en lycée professionnel Tom-Morel.
À Lyon, une place dans les pentes de La Croix-Rousse porte le nom de place Lieutenant-Morel.
Au campus universitaire d'Annecy, la résidence universitaire porte son nom.
Pierre Schoendoerffer fait référence à Tom Morel dans son film L'Honneur d'un capitaine (1982). Des images des Glières, tournées sur place, y sont insérées, notamment celles de la tombe du lieutenant Morel. Au travers de l'évocation du héros de fiction du film, le capitaine Caron (Jacques Perrin) alias « le petit Bara », qui fut un jeune résistant au plateau des Glières, Schoendoerffer évoque deux figures bien réelles et marquantes de sa jeunesse :
Le gymnase Tom Morel est inauguré au Lycée privé Sainte-Geneviève le .
Filmographie
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . .
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Articles connexes Famille Morel-Journel
Liens externes
Tom Morel sur le site de l'ordre de la Libération Site de la promotion Lieutenant-Tom-Morel de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr La bataille des Glières par Alain Cerri
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