Le Tour de France 1950 est la 37ᵉ édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du jeudi 13 juillet au lundi 7 août 1950 sur 22 étapes pour un total de 4 773 km. La course est remportée par le Suisse Ferdi Kübler, premier coureur suisse vainqueur du Tour de France.

Cette édition est marquée par l’abandon collectif de l’équipe d’Italie au cours de la 12ᵉ étape. À la suite d’incidents impliquant des spectateurs et le coureur italien Gino Bartali, tous les coureurs italiens, dont Fiorenzo Magni, alors porteur du maillot jaune, quittent la course. Cet événement bouleverse profondément le déroulement du Tour et ouvre la voie à la victoire finale de Kübler.

Le Tour de France 1950 fait partie des épreuves comptant pour le Challenge Desgrange-Colombo. Il se distingue également par un nombre élevé d’abandons au fil des étapes, dans un contexte de course éprouvant, en raison de la forte chaleur.

Parcours Le Tour de France 1950 s’élance de Paris et effectue le tour de l’Hexagone dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avec un départ et une arrivée dans la capitale. Le parcours traverse le Luxembourg et la Belgique. Le passage initialement prévu en Italie est annulé en cours d’épreuve : l’étape devant arriver à Sanremo est raccourcie à Menton, qui devient également ville de départ de l’étape suivante.

Plusieurs villes accueillent le Tour pour la première fois, parmi lesquelles Niort, Saint‑Gaudens, Menton et Saint‑Étienne. Le tracé comprend également plusieurs cols empruntés pour la première fois, dont le col de la Cayolle, la croix de Chaubouret, la côte de Saint‑Nizier‑du‑Moucherotte, le col de la Sentinelle et le col du Vasson.

Participation Le Tour de France est disputé par équipes nationales et régionales. Sur les 116 coureurs qui prennent le départ, 51 rallient l'arrivée à Paris. Le plateau se compose de six équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (10 coureurs chacune), ainsi que la Suisse, le Luxembourg et les Pays-Bas (6 coureurs chacune). S'y ajoutent deux formations de jeunes (cadets italiens et aiglons belges) de 6 coureurs chacune, cinq équipes régionales françaises de 10 coureurs chacune et, enfin, une équipe d'Afrique du Nord de 6 coureurs.

Vainqueur de la précédente édition, Fausto Coppi ne peut participer au Tour de France 1950 en raison d'une grave blessure reçue lors du Tour d'Italie quelques semaines plus tôt. L'équipe d'Espagne est absente du Tour 1950 car elle n'a pas été invitée par l'organisateur Jacques Goddet, en sanction de son abandon collectif jugé injustifié lors de l'édition 1949. Enfin, l'équipe d'Afrique du Nord, composée de six coureurs tous nés sur place, est une formation mixte associant des cyclistes autochtones et des coureurs d'origine européenne vivant au Maghreb.

Déroulement de la course Les premières étapes sont marquées par une course ouverte et indécise, avant que les Pyrénées ne provoquent une rupture décisive. Les Alpes et les contre‑la‑montre confirment ensuite la supériorité de Ferdi Kübler, qui remporte le Tour à l’issue d’une édition marquée par de nombreux incidents et une forte exposition médiatique.

Premières étapes : une course ouverte

1re étape (Paris – Metz) : Jean Goldschmit s’impose au terme de la plus longue étape du Tour et endosse le premier maillot jaune, illustrant le caractère offensif du début d’épreuve. 2e à 4e étapes : les premières journées voient se succéder plusieurs leaders provisoires. Le Belge Stan Ockers et le Français Bernard Gauthier figurent parmi les coureurs les plus en vue, tandis que les principaux favoris restent prudents. 5e étape (Rouen – Dinard) : Giovanni Corrieri s’impose à l’issue d’une étape éprouvante. Le classement général demeure serré, sans hiérarchie clairement établie. 6e étape (Dinard – Saint‑Brieuc, contre-la-montre individuel) : Ferdi Kübler réalise une performance solide qui le place parmi les principaux prétendants au classement général, sans provoquer de rupture décisive.

Les Pyrénées : le basculement du Tour

11e étape (Pau – Saint‑Gaudens) : première grande étape de montagne, avec le passage du Tourmalet, de l'Aubisque et de lAspin. Gino Bartali s’impose au terme d’une journée marquée par un incident avec des spectateurs au col de l’Aspin, impliquant également le Français Jean Robic. À l’issue de l’étape, Bartali annonce l’abandon de l’ensemble des coureurs italiens, dont Fiorenzo Magni, alors porteur du maillot jaune, dans un contexte anti-italien croissant. Cet abandon collectif constitue un tournant majeur de l’épreuve et bouleverse profondément le classement général. 12e étape : à la suite du retrait italien, Ferdi Kübler prend la tête du classement général. Il diffère toutefois le port du maillot jaune, refusant de l’endosser immédiatement.

Kübler résiste : les Français attaquent

18e et 19e étapes : dans les Alpes, notamment lors des étapes arrivant à Briançon et à Saint‑Étienne, les Français Louison Bobet et Raphaël Géminiani multiplient les attaques afin de déstabiliser Kübler. Le Suisse, soutenu par une équipe réduite mais disciplinée, limite les écarts et conserve l’avantage.

Dernières étapes : la confirmation

20e étape (Saint‑Étienne – Lyon, contre‑la‑montre individuel) : Kübler s’impose et porte un coup décisif à ses adversaires directs, confirmant sa supériorité dans l’exercice chronométré. 22e étape (Dijon – Paris) : la dernière étape se conclut par un sprint remporté par Emile Baffert. Ferdi Kübler rallie Paris en tête du classement général et devient le premier coureur suisse vainqueur du Tour de France.

La vitesse moyenne de ce Tour est de .

Particularités vignette|gauche|redresse|Gino Bartali et Orson Welles.

Réglement : sur décision de Jacques Goddet, les délais à l'arrivée sont raccourcis et les bonifications au sommet des cols sont supprimées, en réaction au déroulement de l'édition 1949. Média : après des résumés quotidiens en 1949, l'édition 1950 est la première de l'histoire à faire l'objet d'une retransmission télévisée en direct. Départ : le départ fictif est donné par l'artiste américain Orson Welles. Crise italienne : à la suite de l'abandon collectif de l'équipe d'Italie au matin de la 12e étape, incluant le maillot jaune Fiorenzo Magni, le nouveau leader Ferdinand Kübler refuse de porter la tunique distinctive par respect durant l'étape suivante. Anecdote : L'Algérien Abdel-Kader Zaaf s'illustre lors de la 13e étape : après une longue échappée sous une chaleur caniculaire, il s'effondre, accepte des boissons alcoolisées et repart désorienté en sens inverse de la course, ce qui le contraint à l'abandon. Parcours et diplomatie : La 15e étape, qui devait initialement arriver à Sanremo, est écourtée en raison des vives tensions avec le public ; l'arrivée est jugée à Menton, d'où repart la 16e étape le lendemain. Changement de nationalité : Gino Sciardis (équipe Ouest) commence l'épreuve sous nationalité italienne et est naturalisé français le , en pleine course. Il succède à Giuseppe Tacca, qui avait connu la même situation en 1948.

Étapes

| || jeu. || Paris - Nogent-sur-Marne – Metz || || align=center|307 || Jean Goldschmit || Jean Goldschmit |- | || ven. || Metz – Liège (BEL) || || align=center|241 || Adolfo Leoni || Jean Goldschmit |- | || sam. || Liège (BEL) – Lille || || align=center|232 || Alfredo Pasotti || Bernard Gauthier |- | || dim. || Lille – Rouen || || align=center|231 || Stan Ockers || Bernard Gauthier |- | || lun. || Rouen – Dinard || || align=center|316 || Giovanni Corrieri || Bernard Gauthier |- | || mar. 18 juillet || Dinard || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mer. || Dinard – Saint-Brieuc || || align=center|78 || Ferdi Kübler || Jean Goldschmit |- | || jeu. || Saint-Brieuc – Angers || || align=center|248 || Nello Lauredi || Bernard Gauthier |- | || ven. || Angers – Niort || || align=center|181 || Fiorenzo Magni || Bernard Gauthier |- | || sam. || Niort – Bordeaux || || align=center|206 || Alfredo Pasotti || Bernard Gauthier |- | || dim. || Bordeaux – Pau || || align=center|202 || Marcel Dussault || Bernard Gauthier |- | || lun. 24 juillet || Pau || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mar. || Pau – Saint-Gaudens || || align=center|230 || Gino Bartali || Fiorenzo Magni |- | || mer. || Saint-Gaudens – Perpignan || || align=center|233 || Maurice Blomme || Ferdi Kübler |- | || jeu. || Perpignan – Nîmes || || align=center|215 || Marcel Molinès || Ferdi Kübler |- | || ven. || Nîmes – Toulon || || align=center|222 || Custodio Dos Reis || Ferdi Kübler |- | || sam. || Toulon – Menton. || || align=center|206 || Jean Diederich || Ferdi Kübler |- | || dim. || Menton – Nice || || align=center|96 || Ferdi Kübler || Ferdi Kübler |- | || lun. 31 juillet || Nice || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || mar. || Nice – Gap || || align=center|229 || Raphaël Géminiani || Ferdi Kübler |- | || mer. || Gap – Briançon || || align=center|165 || Louison Bobet || Ferdi Kübler |- | || jeu. || Briançon – Saint-Étienne || || align=center|291 || Raphaël Géminiani || Ferdi Kübler |- | || ven. 4 août || Saint-Étienne || || colspan="3" align=center|Journée de repos |- | || sam. || Saint-Étienne – Lyon || || align=center|98 || Ferdi Kübler || Ferdi Kübler |- | || dim. || Lyon – Dijon || || align=center|233 || Gino Sciardis || Ferdi Kübler |- | || lun. || Dijon – Paris - Parc des Princes || || align=center|314 || Émile Baffert || Ferdi Kübler

Classements Classement général final

Classements annexes finals

Prix du meilleur grimpeur

Challenge international

Évolution des classements +Évolution des leaders des classements par étape Étape Vainqueur Classement général Classement de la montagne Challenge international 1 Jean Goldschmit Jean Goldschmit Non décerné Luxembourg 2 Adolfo Leoni 3 Alfredo Pasotti Bernard Gauthier Sud-Est 4 Stan Ockers 5 Giovanni Corrieri 6 Ferdinand Kübler Jean Goldschmit Belgique 7 Nello Lauredi Bernard Gauthier Sud-Est 8 Fiorenzo Magni 9 Alfredo Pasotti 10 Marcel Dussault 11 Gino Bartali Fiorenzo Magni Louison Bobet Italie 12 Maurice Blomme Ferdinand Kübler France 13 Marcel Molinès Belgique 14 Custodio Dos Reis 15 Jean Diederich 16 Ferdinand Kübler 17 Raphaël Géminiani Jean Robic 18 Louison Bobet Louison Bobet 19 Raphaël Géminiani 20 Ferdinand Kübler 21 Gino Sciardis 22 Émile Baffert Classements finalsFerdinand Kübler Louison Bobet Belgique

Liste des coureurs La liste ci-dessous présente les coureurs inscrits par numéro de dossard.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

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