Les Přemyslides (en tchèque : Přemyslovci, en polonais : Przemyślidzi) forment une dynastie princière puis royale qui a régné sur la Bohême (dès le ) et la Moravie ( jusqu'en 1306) et sur la Pologne de 1300 à 1306, ainsi que sur des duchés en Silésie jusqu'en 1521.
Ancêtres mythiques Selon Cosmas de Prague, dans sa Chronica Boemorum, le nom de la famille provient du nom du fondateur (largement mythique) de la dynastie, Přemysl le laboureur, époux de Libuše. Cosmas nous a aussi laissé les noms d'autres Přemyslides païens : vers 720 : Přemysl et Libuše vers 745 : Nezamysl vers 780 : Mnata vers 805 : Vojen ou Woyen vers 830 : Vnislav ou Uneslav vers 835 : Křesomysl vers 850 : Neklan vers 870 : Hostivít ou GostivitKosmova Kronika česká. Paseka, Praha-Litomyšl 2005, ..
Cette liste, qui ne nous est connue que par la chronique de Cosmas de Prague, suggère une tradition familiale ancienne : on ne dispose d'aucun autre indice sur le rôle ou l'existence de ces huit personnages. Au , les Přemyslides étaient des chefs locaux (knes, équivalent au latin dux) de Bohême. Leur résidence était le fort de Levý Hradec. Vers la fin du , ils fixèrent leur résidence au château de Prague et étendirent ensuite leur autorité sur les autres barons de la vallée de la Vltava.
Ducs de Bohême C'est entre 882 et 885 qu'un premier Přemyslide est attesté historiquement : Bořivoj Ier de Bohême et sa femme Ludmila sont baptisés par Méthode de Salonique dans le royaume de Moravie voisin.
À la mort de Bořivoj, vers 889, la Bohême est gouvernée par le prince Svatopluk de la dynastie des Mojmirides, et annexée jusqu'en 894 à la Grande-Moravie. À la mort de Svatopluk, le fils de Bořivoj, Spytihněv Ier de Bohême, règne de 894 à 915 sur la Bohême et prend son indépendance vis-à-vis de la Grande-Moravie. En 895, il doit se reconnaître vassal de l'empereur Arnulf de Carinthie. À sa mort, son frère Vratislav poursuit la politique de Bořivoj jusqu'en 921.
Puis Venceslas , fils aîné de Vratislav , lui succède à son frère cadet mais il est assassiné en 929 (ou peut-être seulement en 935Le fait que Boleslav n'ait régné qu'à partir de 935 semble confirmé par le fait que ses premières campagnes militaires contre le roi de Germanie Otton (936-973) sont datées de 936. Ces guerres suggèrent l'émergence d'un État de Bohême unifié et centralisé.) avec ses barons sous le règne de son frère cadet Boleslav .
À partir de la seconde moitié du , Venceslas est révéré comme un saint et devient au le saint-patron du royaume : c'est pourquoi les futurs monarques de Bohême se présenteront désormais comme les représentants temporels de Venceslas. La couronne préparée pour le roi Charles (devenu l'empereur Charles IV) au est désignée comme couronne de Venceslas. vignette|La Bohême-Moravie au . Ce n'est qu'après 955 que les Přemyslides, outre leurs fiefs de Prague et de Bohême occidentale, parviennent à s'imposer aussi en MoravieLa Grande-Moravie dut résister longtemps, puisque l'évêché que Boleslav avait tenté d'y établir ne fut confirmé que l'année suivant son décès. Source: Michal Lutovský, Zdeněk Petráň: Slavníkovci ., une partie de la Silésie et de la Petite-Pologne jusqu'au -delà de Cracovie, ainsi que le rapporte l'émissaire juif Ibrahim ibn Ya'qub à son calife Abd al-Rahman III en 965, et même une petite partie de la SlovaquieCf. infra. 973. Quant à la Bohême orientale, elle demeurait aux mains des .
L’évêché de Prague fut institué sous le règne de Boleslav II (972–999) en 973. La nomenclature de l'évêché de Prague de 1086 (qui reprend vraisemblablement les termes de l'acte de fondation) lui subordonne la Bohême, la Moravie, la Silésie, le château de Cracovie « et toutes les régions attenantes » jusqu'au Boug occidental et à la Strypa, ainsi que la provincia Wag, c'est-à-dire les terres de la vallée de la Váh.
La Silésie, la Petite-Pologne et la Moravie furent conquis en 990 par le prince polonais Mieszko.
En 995, Boleslav II fait assassiner par ses hommes de main, les de Libice, les derniers , ce qui parachève l'unification de la Bohême.
Vers l'an mil, les tensions s'exacerbent avec la Pologne, une guerre de succession opposant les fils de Boleslav II à Boleslas Chrobry. En 1003-1004, Prague devint polonaise, sur quoi l’empereur décide d'intervenir et rétablit le duc Przemyslide.
Enfin en 1019, Ulrich (Udalrich ) met un terme à l'occupation polonaise de la Moravie, qui devient pour les siècles suivant une dépendance du royaume de Bohême.
Le fils d’Ulrich, Brzetislav , combat victorieusement la Pologne ; après avoir combattu l'empereur Henri III, il s'allie à lui contre la Hongrie. Brzetislav institue en 1055 le droit d'aînesse pour régler sa succession. Ses deux fils aînés, Spytihněv II et Vratislav II règnent successivement; le benjamin Jaromir devient évêque de Prague, et les autres fils deviennent princes de Moravie : Conrad régnant sur Brünn et Znaïm, Otton et ses descendants régnant sur Olmütz ; ils pouvaient toutefois toujours prétendre au trône de Bohême en cas d'extinction de la ligne aînée.
Au cours de l'hiver 1085–1086, le roi de Germanie Henri IV élève Vratislav au rang de roi, mais seulement à titre viager, en récompense de son appui dans la guerre contre les barons Saxons : ses successeurs, Conrad de Brünn et Brzetislav II, devaient pour cette raison se contenter du titre de duc de Bohême.
À partir du Enfin en 1099, Brzetislav II obtient de faire reconnaître son demi-frère Borivoj II (1101–1107 puis 1117–1120) comme son successeur, premier accroc au droit d'aînesse. Les tentatives pour substituer la primogéniture au droit d'aînesse devaient attiser les guerres de succession au début puis à la fin du . L'antagonisme au sein de la branche aînée des Přemyslides de Prague: celle des héritiers de (1109–1117 puis 1120–1125) avec Vladislav II de Bohême, Frédéric , Henri-Brzetislav III de Bohême et Ottokar et celle des héritiers de Sobieslav (1125–1140) avec Sobeslav II, Udalrich II et Venceslas II, eut des conséquences graves. Il provoqua l'intervention des Přemyslides de Moravie: Ulrich de Brno, Conrad II de Znaïm, Conrad-Otton II, et d'autres prétendants Děpold, Henri-Brzetislav III, etc.. Les Přemyslides de Moravie parvinrent à s'imposer au duché de Prague pour de courtes périodes (Svatopluk d’Olmütz de 1107 à 1109, Conrad-Otton II de 1189 à 1191, Brzetislav III de 1193 à 1197), mais ils furent toujours en butte à la résistance larvée des barons. Les empereurs germaniques finirent par s'immiscer dans ces guerres de succession, notamment sous le règne de Lothaire de Supplinbourg.Celui-ci connut une défaite retentissante en 1126 contre le duc Sobieslav à la Bataille de Chlumec, qui se termina par sa captivité. Vladislav II (1140–1172) obtint en 1158 à nouveau le titre de roi, mais encore à titre personnel viager.
Au , les Přemyslides ont noué des liens dynastiques avec les Piast polonais, les Árpád hongrois, les Wettin et les Babenberg, mais aussi avec les comtes bavarois de Bogen, les comtes francs de Berg et les Wittelsbach.
Rois de Bohême thumb|Ottokar II, Venceslas II et Venceslas III dans la Zbraslavská kronika 1140-1173 : Vladislav II, duc puis roi en 1158, fils de Vladislav 1173-1178 : Sobeslav II le Prince des Paysans, duc, fils de Sobieslav , 1178-1189 : Frédéric , duc fils de Vladislav II, 1189-1191 : Conrad II, duc, arrière-petit-fils de Conrad 1191-1192 : Venceslas II, duc, fils de Sobieslav La lignée de Sobieslav s'éteint avec le règne de Venceslas II (1192), et vers 1200 toute la lignée des Přemyslides de Moravie, dont l'ultime représentant est Siffrid († 1227, chanoine d'Olmütz). C'est ainsi que, par la grâce de l’empereur germanique, le duc Přemysl-Ottokar (1192–1193 puis 1197–1230) obtient en 1198 le titre de roi de Bohême. Sa politique habile auprès des rois des Romains puis empereurs Philippe de Souabe, Otton IV et Frédéric II lui permet d'obtenir en outre, par la bulle d'or d'Eger l'hérédité du titre royal, accordée par Frédéric II en 1212. Après la mort, sans enfant, de son frère Vladislav III († 1222), margrave de Moravie, et l'expulsion de son cousin Děpold III (vers 1223), mort en exil, ses enfants obtiennent l’exclusivité des titres de la famille, si bien que dès 1228, Ottokar peut faire couronner son fils Venceslas .
1192-1197 : Brzetislav III-Henri, duc, petit-fils de Vladislav 1197-1197 : Vladislav III, duc, fils du Vladislav II 1197-1230 : Ottokar le Victorieux, duc puis roi en 1198, frère du précédent
La politique expansionniste des Přemyslides s'amorce sous le règne de Venceslas (1230–1253), qui a épousé Cunégonde de Souabe, fille de Philippe de Souabe et nièce du roi de Hongrie Béla IV. La dynastie atteint son apogée avec le règne d'Ottokar II de Bohême (1253–1278), demi-frère du précédent, dont le mariage avec Marguerite de Babenberg rendait possible l'accession au trône d’Autriche ; ils annexèrent plus tard la Styrie, le diocèse d'Eger, la Carinthie et la Carniole. Přemysl dut affronter une forte opposition de la noblesse de Bohême, d’Autriche et des cantons alpins. Il fut vaincu par Rodolphe de Habsbourg en 1276 et trouva la mort deux ans plus tard à la Bataille de Marchfeld. Venceslas II (1278 puis 1283–1305), le fils d'Ottokar II, sut tirer parti des déchirements entre nobles de Bohême au terme de ces combats, pour renforcer le pouvoir central de la Couronne. Entre 1278 et 1283, la régence du prince Venceslas fut partagée entre Othon de Brandebourg pour la Bohême, et Rodolphe de Habsbourg pour la Moravie. En 1300, Venceslas devint pour peu de temps roi de Pologne et l'année suivante il réunissait même sous son sceptre le royaume de Hongrie (qu'il transmit à son fils Venceslas III) ; mais d'une part les conflits entre la noblesse de Pologne et celle de Hongrie, d'autre part la rancune de l'empereur allaient provoquer la chute des princes de Prague : le fils de Venceslas, Venceslas III (1305–1306) dut renoncer à la Hongrie en 1304, car il ne disposait que de l'appui des comtes de Güssing, de la maison de Héder dans l'ouest du royaume, et de celui de Máté Csák en Slovaquie. La mort prématurée de son père, en 1305, le porta au trône de Bohême ; mais dès le , il était assassiné à Olmütz au cours d'une campagne militaire contre la Pologne. Désormais, aucun des nombreux princes přemyslides ne faisait l'unité sur son nom. Henri de Lipa, dont l'arrière-petit-fils, (1404-1444) deviendra régent de Bohême, aurait fait un prétendant sérieux, mais en tant que chef des Hussites, il était l'ennemi des princes de Habsbourg et du pape. C'est finalement son beau-père Georges de Poděbrady qui en 1456 devint roi de Bohême.
Le mariage de la fille de Venceslas II, Élisabeth, avec Jean de Luxembourg en 1310, marque l'avènement des princes de Luxembourg en Bohême et en Moravie.
Ducs de Troppau, Ratibor, Jägerndorf, Leobschütz Nicolas (tchèque: Mikuláš ; allemand: Nikolaus) mort en 1318 fils légitimé du roi Ottokar II, est à l'origine d'une branche de la dynastie des Přemyslides qui règne sur divers duchés de Silésie jusqu'au début du : Duché d'Opava (allemand: Troppau), Duché de Ratibor, Duché de Krnov (Jägerndorf), Głubczyce (Leobschütz) et Duché de Münsterberg.
1278-1307 : Mikulas duc de Troppau 1318-1365 : Mikulas II de Troppau duc de Ratibor en 1336 son fils ; 1366-1381 : Jean de Troppau son fils Ratibor, Jägerndorf et Freundenthal ; 1381-1424 : Jean II de Troppau/Ratibor son fils ; 1385/1405-1406 : Mikulas IV son frère associé à Freudenthal.
Ducs de Opava (Troppau) 1366-1381 : Venceslas fils de Mikulas II ; 1366-1433 : Premysl son frère ; 1433-1452 : Guillaume d'Opava son fils ; 1452-1456 : Venceslas III d'Opava, († 1474), son fils ; 1452-1456 : Frédéric d'Opava († 1470), son frère; 1452-1456 : Przemko III le Jeune († 1493), son frère ; 1452-1464 : Arnost frère de Guillaume ; 1433-1456 : Przemko II l'Aîné, († 1478), son frère.
Ducs de Głubczyce (Leobschütz) 1366-1394 : Mikulas III fils de Mikulas II ;